Test : Akiba's Trip : Undead & Undressed


Akiba's Trip : Undead & Undressed
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Note des joueurs :
4/5 - 2 notes
Note des platineurs :
4/5 - 3 notes

Akiba's Trip : Undead & Undressed

vita


46 trophées au total
19 trophées cachés

93 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 17 joueurs (18 %)
100% par : 17 joueurs (18 %)
Note du jeu
8/20
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Test du jeu
Akiba's Trip : Undead & Undressed [US]

  • Test rédigé par Miflin111 le 25-02-2015 - Modifié le 07-12-2016


Introduction


Shizuku Tokikaze, jeune fille menue qui vous a sauvé la vie, sera une alliée de choix tout au long de vos déambulations.
Si vous êtes amoureux du Japon et de sa culture, vous n'êtes pas sans savoir qu'il existe un quartier de Tokyo dont raffolent les gens que l'on désigne par l'appellation 'Otaku' : Akihabara.
Véritable temple numérique au Japon, on y déniche énormément de choses : jeux vidéo, matériel électronique, cosplay, musique et bien plus encore; c'est un microcosme où les affiches publicitaires se marient avec les grands immeubles contenant des boutiques s'étalant sur plusieurs étages. Mais plus que les produits, la popularité de ce quartier tokyoïte est due à la diversité des passants et habitués qui peuvent - si la loi le permet - laisser libre court à leur imagination et envies. Un lieu où tous les rêves et désirs se réunissent et se concrétisent dans une ambiance cosmopolite et fédératrice.

C'est dans cet univers singulier et aguicheur que l'éditeur-développeur Acquire a donné naissance à Akiba's Trip, un jeu d'aventure où l'on incarne un jeune otaku qui doit déshabiller des passants qui sont contrôlés par une mystérieuse organisation afin de sauver Akihabara. Un concept déjanté sur PSP dont la séquelle est sortie sur PS Vita, PS3 et PS4 au Japon, États-Unis et Europe - évidemment, ils ont sous-titré la suite avec un Undead and Undressed pour éviter d'avoir à justifier l'absence du premier opus, encore un coup façon Dragon Quest VIII par des marketeux sans scrupule! - pour notre plus grande curiosité. Bien que le jeu ait reçu un mauvais accueil des critiques journalistiques, on salue la prise de risques à éditer le jeu chez nous avec un postulat de départ aussi culotté - c'est le cas de le dire - que distrayant, mélangeant exploration, aventure, combat et même visual-novel.

Contenu du jeu


Le souci du détail pour reproduire Akihabara : on y retrouve des célèbres marques japonaises à tous les coins de rues.
Aussi riche que fidèle à son quartier

Savourer le quartier d'Akibahara doit se faire seul; en effet, qui se risquerait à être accompagné subirait des contraintes alors qu'en solo vous êtes libre de vos mouvements. C'est dans cet état d'esprit que vous découvrirez une reproduction très fidèle de la célèbre zone de la capitale : les publicités gigantesques, les salles de jeux SEGA, le Gundam Café et Super Sonico sont autant de références nippones qui ne recouvrent qu'une infime partie des références que contient ce jeu au niveau visuel, les dialogues aussi sont empreints de beaucoup de références et d'expressions recherchées appartenant à la pop-culture - prenons pour exemple le fameux "Well excuuuuuuse me princess !" que les internautes reconnaîtront entre mille - toujours dans un souci du détail. Poussant la fidélité jusqu'au bout, on y retrouve des rues remplies de citoyens ou de touristes pour retranscrire la vitalité des lieux.

L'histoire ? Ma foi, il fallait bien trouver un prétexte alors le voici : piégé par un vil faquin du nom de Zenya Amo, vous êtes sauvé par une mystérieuse jeune fille du nom de Shizuka Tokikaze qui vous explique la situation. Devenu un Synthister, vous êtes sensible à la lumière du soleil et devez impérativement rester vêtu pour ne pas mourir. Le sang de votre protectrice vous permet de garder votre raison et de dominer vos désirs ; elle ajoute alors qu'elle combat les Synthisters qui se nourrissent des désirs des passants, les transformant en coquilles sans émotion. Le commencement d'une longue bataille contre vos ennemis qu'il faudra dévêtir sans vergogne pour découvrir la vérité et protéger votre habitation chérie.

Acquire a eu la prodigieuse idée de mêler différents genres du jeu vidéo en vogue dans l'Archipel; en premier l'action ressemblant à s'y méprendre à la célèbre franchise Yakuza -Ryu Ga Gotoku dans sa langue d'origine, encore une référence ! - avec des combats où vous serez souvent en infériorité numérique avec votre seul courage et vos techniques d'effeuillage pour seules armes sans jamais virer dans le salace ou le graveleux. Vient ensuite l'exploration où vous patrouillerez/déambulerez dans les rues en aidant la population à travers des missions annexes qui viendront casser un peu la routine. Enfin l'aspect visual-novel est bien présent grâce à un système de choix qui détermineront la fin obtenue parmi une large gamme et est un habile stratagème pour faire avancer l'histoire grâce à des longs dialogues et qui différeront selon la route sélectionnée selon vos décisions. Rien de tel que l'imagination débordante pour ne pas avoir à faire de la narration avec des cinématiques et c'est une bonne chose. Encore une fois, on remerciera les développeurs de ne pas verser dans une simulation de drague mais bel et bien de pouvoir débloquer des fins avec le personnage avec qui les affinités sont les plus grandes dans la joie, la bonne humeur et la bienséance. Bien que les personnages soient assez clichés, ils sont suffisamment attachants pour passer outre.

Un sentiment d'inachevé

Dès lors que nous prenons plaisir à s'émerveiller face à une telle richesse qu'est Akihabara, on regrette que cette logique ne soit pas poussée encore plus loin. Hormis un mini-jeu à faire dans le MOGRA et entrer dans un magasin pour face à un menu d'achat/vente, il est impossible de pouvoir se mouvoir dans une salle d'arcade SEGA, tous les étages de G-potato ou même de découvrir tous les coins et recoins. Quand on sent tous les efforts déjà fournis, une légère amertume vient en bouche lorsqu'on se met à imaginer toutes les possibilités offertes et qui ne sont pas exploitées. On reprochera aussi son histoire assez classique qui ne change pas des canons japonais et une durée de vie assez courte, bien qu'avec une bonne replay-value.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Le Unisson Strip sera salvateur pour retourner la situation lorsque l'I.A. , en plus d'être douée, sera en surnombre.
Un gameplay rafraîchissant et une intelligence artificielle satisfaisante

Le système de combat est constitué du saut, de la garde, de l'esquive ainsi que de 3 boutons d'attaque pour viser la partie du corps concernée ainsi que des variantes pour venir à bout de vos ennemis qui fondront/s'enfuiront après les avoir mis en sous-vêtements. À force de maîtrise et d'expérience, vous parviendrez à enchaîner le déshabillage multiple et même à enlever les sous-vêtements avec un finisher si votre chaîne est élevée. Bien entendu, les ennemis tenteront de vos mettre à nu pour vous neutraliser et disposeront, à l'exception de l'Unisson Strip et de la chaîne strip, des mêmes habilités que vous et c'est sur ce point que le jeu devient intéressant : à une difficulté élevée, les ennemis vous contreront souvent, frapperont fort et seront plus résistants; il sera alors nécessaire d'aborder les combats avec tactique et sans précipitation pour en venir à bout, la moindre erreur pouvant se révéler critique pour ne pas dire fatale, à plus forte raison contre un immense groupe AKW composé de 48 idols prêtes à en découdre. Un gameplay simple et riche allié à une I.A. compétente, voilà une chose agréable qu'on ne voit pas souvent.

Quelque chose de pourri au royaume d'Akihabara

Tout semble trop beau pour être vrai et passé la cinématique d'introduction et la composition du personnage, nous sommes frappés par une difficile réalité virtuelle : le jeu est graphiquement indigne de la console. Que ce soit pour les détails, les textures ou l'aliasing omniprésent, tout suinte le manque de budget qui crée un contraste en comparaison des images fixes lors des dialogues; de quoi déchirer le cœur des aficionados et des joueurs pressés de découvrir Akihabara sous un jour nouveau.

Concernant la bande son, les bruitages et effets sonores manquent de variété bien qu'en accord avec l'esprit du Japon mais on ne retiendra pas les musiques qui pêchent par manque d'audace malgré des hommages à certains sons 8-bit qui auraient pu être tellement mieux exploités; l'honneur est sauf parce qu'elles sonnent juste dans chaque contexte où elles seront utilisées.

Nous continuons à nous enfoncer dans les gros problèmes avec cette fois-ci l'intégralité des textes en anglais. Certes nous ne pouvions pas espérer un miracle de ce côté-là sachant que ce jeu peut être considéré comme 'de niche' mais le revers de la médaille, c'est que non seulement il y a ÉNORMÉMENT de dialogues mais en plus il sera impossible de déceler toutes les subtilités, familiarités et références des phrases si on ne possède ni un très bon niveau d'anglais, ni une véritable culture japonais et internet. Bien que cela n'empêche en rien de finir le jeu, il est regrettable de ne pas savourer pleinement les séances en loupant des éléments drôles et souvent importants dans les relations entre les protagonistes.

La palme revient à un aspect qui pourtant fait une partie de sa force : le gameplay. Vous souvenez-vous que les ennemis possèdent une palette de mouvements aussi grande que la vôtre ? Et bien multipliez la difficulté par une myriade d'adversaires qui vous encerclent et dont vous ne pourrez sortir de ce piège qu'au prix d'une longue série de coups si vous échouez votre contre et c'est là que nous touchons au plus gros problème du jeu : la lenteur et la latence des animations. Vous pensez arracher les vêtements d'un adversaire ? Trop lent, il vous défroque plus vite ! Vous voulez vous remettre en défense après avoir asséné un contre? Tant pis pour vous, un ennemi a sorti une attaque imparable ! Vous avez perdu deux de vos trois vêtements et votre personnage s'offusque face à cette situation ? Dommage, un ennemi vient de saisir le dernier vêtement et vous l'arrache sans que n'ayez pu faire quoi que ce soit.
Ce genre de situation arrivera très souvent et sera la cause de nombreux game over et agacements et c'est sans compter sur la portée hallucinante de certains attaques imparables, la hitbox parfois douteuse qui empêche d'enlever le chapeau après un contre lorsque l'adversaire fait une attaque basse et l'allonge des ennemis lorsqu'ils se saisissent de vous, même en plein saut ! La cerise sur le gâteau, c'est qu'ils ont tellement bien géré la collision entre vos alliés qu'ils seront parfois un obstacle pour donner des coups ou saisir des opposants, augmentant encore plus la frustration. Une véritable désolation que de voir un tel gâchis au niveau de la jouabilité par souci d'équité, équité qui se retourne contre vous par la force des choses et contre laquelle vous ne pourrez absolument rien. La caméra est aussi contre vous, prenant parfois des angles improbables lors d'un début d'affrontement et on perd bêtement deux secondes à la recadrer manuellement.

Vous en voulez encore ? Si vous pensiez avoir vu le pire, attendez de voir les chargements, longuets et très nombreux. Comment se fait-ce ? Par la grâce de la bonne idée des développeurs de mettre des chargements entre chaque zone et vu que les missions principales et annexes exigent de vous déplacer très souvent d'une zone à l'autre et par conséquent de subir toujours encore et toujours plus de chargements. Une dernière pour la route ? La distance d'affichage des personnages est ridiculement petite et surtout immonde. Il suffit d'observer le temps passé à attendre l'apparition des personnages-clés pour la quête qui attendent discrètement dans un coin de rue, ce qui allonge la phase de recherche inutilement. Je ne parle même pas des silhouettes humaines censées s'afficher mais qui finalement disparaissent quand on s'en approche. Cette absence de logique a de quoi saper le moral du plus résistant des otakus...

 

Note : 1/5

Plaisir à jouer et à rejouer


La personnalisation des vêtements ne cachera pas la pauvreté graphique du jeu.
Un plaisir mi-figue, mi-raisin

Force est de constater qu'il est laborieux d'évaluer le plaisir de jeu : avec un tutoriel lapidaire qui explique très mal les subtilités du jeu qui cause une prise en main difficile et une durée de vie assez faible relevée par une difficulté progressive et très satisfaisante, que reste-t-il alors pour savourer ce jeu atypique ? La réponse est simple : déambuler dans un célèbre quartier tokyoïte en découvrant ses rues, ses boutiques et sa population sera la raison qui nous poussera à en vouloir toujours plus, sachant que le jeu se targue d'avoir au minimum cinq fins différentes avec des conclusions assez différentes et un déroulement de l'histoire qui sera influé selon vos choix. La première partie sera donc assez agréable et dense.

Ce ne sera malheureusement plus la même chose lorsqu'il faudra au minimum finir le jeu 4 fois, en raison d'une sensation de déjà-vu et surtout le sentiment de nouveauté aura totalement disparu surtout au début du jeu où on doit répéter encore et encore le même schéma de progression. Un bon niveau d'anglais sera également conseillé afin de profiter au mieux de l'histoire et des dialogues pleins à craquer de références et d'humour, faute de quoi le jeu sera extrêmement rébarbatif. La seule explication plausible est que le joueur reste sur sa faim, s'attendant à en voir bien plus que ce qu'il désirait, créant un sentiment de frustration qui ne partira pas malgré les nombreux new game +.

En somme, un gros potentiel gâché par un bâclage dont on se serait bien passé.

 

Note : 2/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Après une série d'effeuillages, vous pourrez exécuter un coup final afin d'enlever les sous-vêtements et prouver que vous êtes un digne héritier du Hokuto de lingerie.
Une longue, très longue route

Si le plupart des trophées concerne la collecte et la progression de l'histoire qui se fera sans douleur, quelques trophées demanderont en revanche un peu de technique et des réflexes, notamment pour les enchaînements et le rang S de l'arène tandis que finir le jeu en difficulté maximale apporte un bon challenge.

Les choses vont se corser lorsqu'il faudra finir une trentaine de missions secondaires qui consisteront la plupart du temps à faire le pigeon voyageur et à tabasser des gens douteux, rendant la tâche très longue mais pas dénuée d'intérêt. En revanche, devoir obligatoirement finir 4 fois le jeu va se révéler lassant car on doit se retaper les dialogues qu'on ne peut pas passer est un sacré tour de force. On remerciera néanmoins les développeurs de ne pas obliger les joueurs à collecter tous les vêtements, flyers et objets du jeu ce qui aurait multiplié les heures de jeu de manière drastiquement artificielle.

Comme dirait Shion Kasugai, "the great next stage" qu'on a vite envie d'atteindre !

 

Note : 2/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
8/20

Un énorme potentiel gâché : cette phrase résume à elle seule Akiba's Trip deuxième du nom.
Si les amoureux du Japon seront contents de (re)découvrir Akihabara sous un aspect virtuel avec des genres mixés et une vision du combat inattendue et drôle, nous sommes obligés d'admettre que le résultat n'est pas à la hauteur de nos espérances.
Graphismes datés, gameplay confus, redondance des missions, musique anecdotique et histoire bancale. Reste une expérience peu commune dont vous pourrez vous dispenser.

Je recommande ce jeu :
Aux curieux, À un public averti