What Lies in the Multiverse

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 04/03/2022
Genre(s) : Plates-formes, Puzzle-Game, Indépendant
Territoire(s) : FRANCE

1 joueur possède ce jeu
43 trophées au total
0 trophée online
27 trophées cachés

Platiné par : 1 joueur (100 %)

100% par : 1 joueur (100 %)


Pas de note
des joueurs

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par Pelotedeneige le 15-03-2022 - Modifié le 18-03-2022

Introduction

Image

Ben ouais, si ça se trouve, j'regarde l'image de c'feu alors qu'il est déjà éteint. - Perceval de Galles

Loin des mastodontes de la publication de jeux vidéo indépendants que sont Devolver Digital ou Annapurna Interactive, l'éditeur Untold Tales a su mettre en avant quelques petites pépites ces dernières années, à l'image de Golf Club Wasteland, Aspire: Ina’s Tale ou encore le fameux Arise: A Simple Story. Parmi le catalogue qui s'étoffe peu à peu de productions méritant notre attention, vient s'insérer What Lies in the Multiverse (WLITM), premier titre d'un studio de développement chilien, Studio Voyager, composé seulement de deux personnes, qui axe son expérience sur la manipulation de dimensions. Un terrain certes fertile mais auparavant conquis par les très ingénieux Braid et Fez, devenus cultes au fil du temps. Pas facile pour les artisans de marcher dans de telles traces.

Plongé dans de minutieuses recherches élaborées sur l'ordinateur de sa chambre, un jeune garçon au nom mystérieusement inconnu parvient enfin à créer un programme visant à simuler différentes réalités. Malheureusement pour lui, l'outil fonctionne trop bien et le propulse dans un autre univers, attirant ainsi l'attention d'un homme au chapeau aussi disproportionné que son ego : Everett, lui aussi adepte des voyages parallèles. Intrigué par le phénomène et désireux d'en savoir plus à ce sujet, le gamin décide d'accompagner le scientifique dans ses péripéties jusqu'à ce qu'ils tombent sur les membres d'une organisation, le Zénith, bien décidés à leur faire payer leurs extravagances temporelles et à mettre la main sur le chapelier qu'ils semblent connaître. Ainsi commencent vos tragiques et comiques aventures à travers de multiples dimensions.
Contenu du jeu
Cosmo-logiquɘ

What Lies in the Multiverse se présente comme un puzzle-platformer en 2D tout ce qu'il y a de plus classique. Chaque monde se compose de petits tableaux qui demandent un brin de réflexion pour passer à l'écran suivant. La structure de l'aventure revêt une forme relativement simple. On découvre un nouvel environnement au détour de quelques dialogues entre les protagonistes, on apprend la nouvelle mécanique implémentée et spécifique à cet univers et on l'applique au sein de petits casse-têtes à la difficulté croissante sans pour autant devenir écrasante. Au total, le jeu se découpe en huit chapitres auxquels s'ajoutent un prologue et un épilogue.

À votre excursion principale, viennent s'imbriquer quelques collectibles qui émaillent votre parcours. S'ils ne demandent pas un investissement considérable pour être dénichés, il faut tout de même s'écarter un brin du chemin initial pour mettre la main dessus. Certains ne sont d'ailleurs visibles et tangibles que dans une seule des deux dimensions ou après avoir réalisé une action spécifique. Les documents viennent apporter un peu de lore et expliquer ce qui se passe de l'autre côté du miroir. Rien d'essentiel dans l'absolu mais pas inintéressant pour autant. Au final, il faut compter environ 7-8 heures pour tout boucler et tout ramasser. Dans les standards du genre.

Malheureusement, la production ne propose pas de contenu alternatif, malgré la thématique abordée. En effet, les dimensions parallèles représentent une bonne occasion de développer des visions et événements différents en fonction des actions réalisées. Des choix auraient pu être implémentés ne serait-ce qu'en vue de modifier la conclusion et ainsi ajouter de la rejouabilité et de l'intérêt à relancer une nouvelle boucle de l'histoire. Il n'en est rien. C'est d'autant plus dommage que dès les premières lignes de dialogue le titre nous parle clairement de « plusieurs événements, plusieurs possibilités, plusieurs conséquences ». Tant pis.
Aspect technique du jeu
Sliders : Lɘs Mondes parallèlɘs

Visuellement, WLITM affiche un pixel art somme toute assez simple, surtout pour les personnages, mais très efficace. Les environnements montrent une véritable démarcation entre eux et tout changement de dimension retient grandement l'attention tant le paysage en est bouleversé, aussi bien à travers la richesse de la palette de couleurs que dans les détails restitués. De leur côté, les animations se mettent au diapason et contribuent à la touche humoristique apportée par le studio. Enfin, la musique s'avère très bien intégrée puisqu'elle reste agréable à l'écoute sans être trop présente au point de distraire. Précisément ce que l'on attend d'un jeu qui demande de la réflexion.

L'expérience de jeu à deux boutons se veut des plus sommaires. La résolution des puzzles s'effectue par l'intermédiaire de sauts et par l'emploi d'une touche permettant de changer de dimension parmi deux prédéfinies, à l'image de Guacamelee. Toute permutation devient l'occasion de visualiser une nouvelle architecture de l'environnement qui nous aide à progresser. En passant d'un univers à un autre, on dégage certains passages bloqués, on déclenche l'apparition de blocs à escalader ou de lianes à utiliser pour grimper. Malgré cette apparente simplicité, le gameplay parvient à se renouveler car chaque monde dispose de sa propre mécanique (glace, poison, gravité...).

Les énigmes demeurent bien construites puisqu'elles se dénouent par tâtonnement et par actions empiriques. Dommage qu'elles ne montrent pas un peu plus de complexité car on ne bloque jamais véritablement dessus. Heureusement, on ne se retrouve jamais en situation de softlock (progression impossible) et les checkpoints généreux encouragent l'expérimentation. Il est à noter que l'on rencontre quelques problèmes d'accroche ou de réactivité dans les sauts. Cela reste toutefois très rare et très peu dommageable. Précisons enfin que la production bénéficie d'une traduction française, appréciable sur le papier, mais de qualité médiocre qui tend à impacter négativement l'histoire (traduction mot à mot).
Plaisir à jouer et à rejouer
True Liɘs

Globalement, WLITM se révèle très plaisant à jouer. La mécanique de basculement entre deux mondes se montre on ne peut plus efficace, aussi bien dans la résolution des énigmes que dans la narration. Même si le titre emprunte brièvement quelques éléments de jeu à Celeste ou Limbo, il parvient à se les approprier suffisamment pour rester unique. La production réalise même un tour de force en ayant le courage d'abandonner le changement de dimension sur certains passages, pourtant sa pierre angulaire. Le niveau qui en est entièrement départi demeure tout aussi brillant. Le studio nous prouve qu'il maîtrise ses énigmes et qu'elles ne s'effondrent pas sans l'élément de permutation.

Le duo de personnages se révèle tout aussi efficace avec le gamin curieux associé à Everett, le scientifique excentrique. Une dynamique Doc Brown et Marty ou Rick & Morty qui fait mouche. Malgré tout, l'énergie chaotique d'Everett tend à le rendre détestable, de même que les antagonistes paraissent fades. En effet, les personnages naviguent entre la gentillesse, l'humour et l'agressivité au point de ne jamais les rendre attachants ou dangereux. A trop vouloir jouer entre le tragique, le dramatique et la comédie, le récit et ses acteurs peinent à trouver leur place. Pourtant, l'histoire contient son lot de surprises et de rebondissements qui méritent de visualiser la conclusion.

Et c'est là le principal problème de WLITM : son écriture. L'introduction nous promet des thématiques sombres (mort, suicide, harcèlement) et elles sont bien là mais trop atténuées par l'omniprésence de la légèreté de ton et les personnages frivoles. Backbone, pourtant raté sur son gameplay, se montre bien plus prégnant sur cette approche. Nul doute que la qualité de la traduction s'en ressent ici (comme ce fut partiellement le cas sur Spiritfarer). En outre, le jeu se montre très verbeux au point de casser le rythme des puzzles par des dialogues trop fréquents. Malgré ce petit lot de reproches, WLITM mérite qu'on lui porte attention car son expérience demeure agréable à parcourir.
Chasse aux trophées
Théoriɘ du chaos

La liste des trophées s'avère globalement aussi amusante que le ton humoristique du jeu. Outre les récompenses liées à l'histoire qui clôturent toute fin de chapitre, on trouve une médaille pour chacune des morts qu'il est possible de rencontrer. Noyade, asphyxie, écrasement... représentent autant d'occasions de se satisfaire de notre ding pavlovien. Ces breloques sont d'autant plus appréciables que les décès surviennent naturellement la plupart du temps et se reçoivent après avoir tenté de résoudre un puzzle maladroitement. Un bon moyen d'en rire doublement. A côté de cela, on recense quelques breloques pour réaliser des actions spécifiques ou pour ramasser une poignée de collectibles, faciles à obtenir en cas de loupé grâce à la sélection de chapitre. Rien ne pouvant être manqué... en théorie.

Malheureusement, le trophée nécessitant de réaliser tous les trépas doit être réalisé sur le même cheminement, sans passer par le chapitrage, et d'une seule traite. Donc sans repasser par le menu. Vous n'avez donc pas le loisir de faire une pause ou de jouer à autre chose entre temps. Ceci est très pénalisant pour un jeu de réflexion car s'oxygéner le cerveau s'avère bien souvent nécessaire et productif en vue de repartir de plus belle. Même son de cloche pour la fin alternative. Si vous ne disposez pas de tous les objets au moment de parvenir à l'épilogue, vous devez recommencer depuis le début. Il faut alors soit réaliser deux parties soit se contraindre à la découverte avec une vidéo à côté de soi en permanence. Ce n'est pas le genre de parallèle que l'on apprécie.
Conclusion
S'il pêche par excès dans l'humour au point de casser partiellement ses thématiques et ses personnages, What Lies in the Multiverse reste solide sur ses puzzles, son visuel et ses mécaniques de changement d'univers. Peut-être est-il parfait dans une autre dimension.
J'ai aimé
  • Le changement de dimension
  • Humour omniprésent...
  • Puzzles bien pensés...
  • Pixel art efficace
  • Les animations
Je n'ai pas aimé
  • Trop verbeux
  • ... mais qui affaiblit le récit
  • ... mais souvent trop simples
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Je recommande ce jeu : Aux spécialistes du genre, Aux chasseurs de trophées/platine facile

Pelotedeneige (Pelotedeneige)

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