The Suicide of Rachel Foster

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 09/09/2020
Genre(s) : Aventure
Territoire(s) : FRANCE

32 joueurs possèdent ce jeu
12 trophées au total
0 trophée online
11 trophées cachés

Platiné par : 30 joueurs (94 %)

100% par : 30 joueurs (94 %)


Note des joueurs :
3/5 - 1 note

Note des platineurs :
3/5 - 1 note

Test rédigé par matrobymat le 28-09-2020 - Modifié le 12-10-2020

Introduction

The Suicide of Rachel Foster fait partie de ces jeux qui font parler d'eux, pas forcément pour leurs qualités vidéoludiques, mais surtout par les thèmes qu'ils abordent. Avant même sa sortie officielle, TSORF a été énormément critiqué pour aborder des sujets de société que le monde du jeu vidéo prend bien soin d'éviter habituellement. Étudions tout cela ensemble afin de voir si ce flot de critiques est justifié ou non.

Contenu du jeu

TSORF est un jeu d'aventure à la première personne. Vous incarnez Nicole, fille de Léonard, récemment décédé, de retour dans l'hôtel qui appartenait à ses parents afin de régler la succession du bâtiment. L'hôtel est abandonné depuis de nombreuses années, à la suite d'une affaire de mœurs qui a ruiné aussi bien la réputation que les finances de la famille. En effet, Léonard à été mis en cause dans une affaire sexuelle avec une adolescente de 16 ans, affaire qui a mené au suicide de la jeune fille. Le ton est donné, et le flot de haine peut se déverser sur le jeu.

Dans son approche, The Suicide of Rachel Foster se veut très proche d'un Gone Home ou d'un What Remain of Edith Finch. Vous déambulez seule, dans des lieux abandonnés, en proie aux souvenirs et avec pour but de faire la lumière sur des événements troublants. L'héroïne, d'abord désireuse de vite quitter les lieux pour reprendre sa vie, va se retrouver coincée sur place par une tempête, avec rien d'autre à faire qu'essayer d'éclaircir les circonstances du drame.

Il est difficile d'en dire plus sur le jeu sans spoiler. Je me contenterai donc de spécifier qu'il est court, très court (l'histoire peut être bouclée sans aucun problème en 5 heures environ) mais surtout qu'il est cloisonné comme rarement un jeu l'a été. Vous ne pourrez jamais, oh grand jamais, dévier de la route tracée par les développeurs (j'en dirai un peu plus dans les sections suivantes). Ceux-ci ont voulu raconter leur histoire. Ils l'ont fait, en oubliant totalement qu'il s'agit d'un jeu. Ils se sont même éparpillés vers la fin en lui donnant une dimension ... que je ne préfère pas spécifier pour vous laisser la surprise. L'histoire est bonne, avec quelques surprises fort bienvenues, mais elle a bien trop pris le pas sur l'objet vidéoludique.

La suite de cette section contient des spoilers, ne lisez pas si vous avez l'intention d'y jouer.

Pourquoi se tirer une balle dans le pied ? Pourquoi choisir d'aborder des thèmes aussi clivants que la prédation sexuelle, la pédophilie et le suicide ? Le lynchage était inévitable, surtout que les développeurs les posent sur la table, et nous laissent avec, sans essayer le moins du monde de les étayer par des analyses psychologiques, ou même de tout simplement les dénoncer. À aucun moment il n'est question de regret, de punition, de sanction. Aucune trace non plus d'un semblant d'explication, de justification, si tant est que cela ait été possible. Qu'ont cherché à faire les développeurs à part s'attirer les foudres de la société ? L'histoire aurait été tout aussi plausible avec une toute jeune adulte majeure. Et elle aurait été moins gênante. Ou alors il aurait fallu dénoncer d'avantage, de manière bien plus cinglante et sans ambiguïté.
Note : 1/5

Aspect technique du jeu

Comme tout est minimaliste dans ce jeu, il est difficile de juger la qualité technique du titre. Un seul environnement existe : l'hôtel. Il est vide, donc le jeu n'est pas encombré par les PNJ. Il est vide, donc les sons ne sont pas non plus légions. Vous avez quelques contacts extérieurs, mais sans plus. Il n'y a pas non plus de gameplay à proprement parler : vous déambulez dans les couloirs (avec une touche vous permettant d'accélérer le pas ce qui est une bonne chose) et interagissez avec les objets qui s'y trouvent. Voilà tout ce que vous aurez à faire.

Alors oui, le jeu n'est pas laid, mais on ne peut pas dire qu'il y ait une grande diversité dans les décors. Oui, la bande son n'est pas mauvaise, mais c'est surtout parce qu'elle est quasiment inexistante. Le gameplay n'est pas mauvais, mais c'est parce qu'il n'y a rien à faire à part suivre l'histoire.

Je n'ai rencontré qu'un seul bug, lors de la petite cut-scene qui se lance chaque fois que vous franchissez le pas d'une porte auparavant cachée. Le jeu a freezé, puis planté, m'obligeant à reprendre le jeu au début de la journée, puisque c'est au début de chaque journée que la sauvegarde automatique est faite, et qu'il est impossible de faire une sauvegarde manuelle dans TSORF.
Note : 2/5

Plaisir à jouer et à rejouer

Jouer à The suicide of Rachel Foster est plus proche d'une expérience de lecture d'un livre que de celle d'un jeu vidéo. Vous lisez le scénario, vous y prenez part, mais vous ne pourrez jamais en dévier d'un millimètre.

Imaginez : vous êtes seule dans un hôtel abandonné, et vous y restez coincé à cause d'une tempête. Soit, vous décidez donc d'explorer un peu plus. Vous voulez visiter un peu, vous essayer d'ouvrir les portes que vous rencontrez. Les portes fermées resteront fermées jusqu'à ce que le jeu ait décidé qu'il est temps que vous y entriez. Attention, ce n'est pas que la porte est fermé et que vous n'avez pas la clé. Non, vous obtenez le trousseau de clé du manager dès le prologue. C'est juste que le scénario est comme ça, un point c'est tout.

Idem pour les objets. Dans la Master Suite (la suite de l'hôtel réservée aux propriétaires de celui-ci), se trouve une sorte de débarras encombré de cartons. Sur l'un de ces cartons on voit clairement un vieil appareil photo polaroid. Vous ne pouvez pas vous en saisir. Par contre, au début de la troisième journée, le scénario a décidé qu'il était temps de le faire, alors là vous pouvez le prendre.

De la même façon, vous avez bien vu qu'il y avait quelque chose de bizarre sous l'escalier. On voit qu'il y a une forme de trappe, ou de porte. Impossible d'interagir avec tant que le scénario ne l'a pas décidé. Pour l'ouvrir il suffit juste d'appuyer dessus. Pas besoin de clé, ni d'outil, ni quoi que ce soit. Juste la nécessité d'attendre qu'il soit le moment de faire l'action juste au moment juste.

Vous aurez bien sûr compris que la rejouabilité du titre est totalement inexistante. A peine existe-t-il "deux fins" au jeu, la différence se faisant sur la toute dernière action, juste avant les crédits, et n'ayant de par le fait, quasiment aucune incidence. Juste spirituelle, et encore.

Ceci dit, le scénario est dérangeant (comme je l'ai évoqué précédemment) mais pas mauvais. Encore heureux, car c'est bien là l'unique chose que le jeu ait à proposer.
Note : 2/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%

Avec seulement douze trophées (dont le platine), la liste des récompenses est très courte. Ils sont tous d'or, et ne demandent aucune dextérité, aucune recherche vraiment approfondie, et pas de farm intensif. A partir de là, on peut voir les choses de deux manières : il s'agit d'un platine facile, rapide, et agréable à avoir, ou alors les développeurs ne se sont pas foulés. Les deux affirmations sont vraies à mon avis, mais au moins ont-ils eu le mérite de ne pas rendre le platine désagréable.

Il est vrai que le jeu est tellement dirigé par son scénario qu'il est difficile, juste pour les trophées, de déroger à cet état de fait. Six des onze trophées sont liés à l'histoire, et ne demandent donc aucun investissement de votre part. (Or) Cutepie vous demande d'interagir avec un objet à un moment précis, mais celui-ci est vraiment sur votre route, et difficile à manquer, même si cela est possible. (Or) Spicy et (Or) GhostHunsters demandent de se rendre à deux endroits précis à un moment précis, mais rien de bien méchant. Enfin, (Or) Pack Rat demande de récupérer les douze objets ramassables du jeu, en sachant que neuf d'entre eux sont liés à l'histoire et donc immanquables. Les autres ne sont pas cachés, bien souvent sur votre route, il faut juste penser à s'en emparer.

Je regrette, en tant que chasseur, que cette liste n'apporte pas de challenge, ou ne permette pas d'explorer un peu plus l'hôtel. Comme je le disais, le jeu étant tellement dirigiste que ce n'est pas vraiment étonnant.
Note : 3/5

Conclusion

L'histoire de TSORF est dérangeante, mais plutôt bonne. Raconter, plutôt que dénoncer est un pari risqué, qui n'a pas manqué de produire un retour de bâton dans la tête des développeurs. Il demeure malgré tout que l'objet vidéoludique est trop pauvre, et uniquement centré sur l'histoire contée, sans rien d'autre à se mettre sous la dent. C'est trop peu pour en faire un bon jeu.
Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
8
Je recommande ce jeu : À un public averti, Aux chasseurs de trophées/platine facile

matrobymat (matrobymat)

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