The Caligula Effect 2

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 22/10/2021
Genre(s) : RPG
Territoire(s) : FRANCE

7 joueurs possèdent ce jeu
49 trophées au total
0 trophée online
9 trophées cachés

Platiné par : 1 joueur (14 %)

100% par : 1 joueur (14 %)


Pas de note
des joueurs

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par AntoineTyrex le 23-11-2021 - Modifié le 23-11-2021

Introduction

Image

Alors que la licence Persona de chez Atlus venait à peine de percer dans notre jolie contrée, The Caligula Effect fut publié par NIS America en 2016 dans une certaine indifférence. Malgré la présence de Tadashi Satomi au scénario (connu pour les premiers Persona) et de Tsukasa Masuko à la bande son, le jeu n’avait connu qu’un succès d’estime. Pourtant, le titre avait tiré son épingle du jeu en traitant de sujets beaucoup plus matures que les traditionnels jeux de rôle japonais. Dans le premier opus, une idole virtuelle μ (prononcé Miyu), avait créé un monde appelé MOBIUS où elle avait enfermé les âmes de nombreuses personnes et leur avait imposé une utopie sans fin en leur faisant revivre leurs années de lycéens. Avec l’aide d’une autre idole virtuelle Aria, le protagoniste principal avait fini par mettre fin à toute cette comédie.

Tout comme les films MATRIX, se posaient ici de réelles questions sur la légitimité de la chose, sur le fait d’être prisonnier pour être heureux, sur la question du libre arbitre ou autres. Le premier The Caligula Effect avait réussi à me surprendre, mais surtout à me lasser, avec une technique à la traine, des problèmes de narration, ou un système de jeu finalement pas si novateur que ça. C’est donc avec surprise que fut annoncé The Caligula Effect 2. L’histoire se veut plus travaillée, mais nous replonge dans un schéma quasi similaire. Une idole appelée REGRET a créé un monde (le bien nommé REDO, donc "refaire" dans notre langue) afin de continuer à sauver les âmes et les plonger dans une vie rêvée. X, la fille de μ, ne compte pas laisser cette comédie recommencer, et viendra réveiller notre héros ou héroïne. A première vue, la formule reste inchangée, quitte à repousser les fans du premier opus qui ne s’attendaient sûrement pas à une suite vue que l’histoire du premier épisode se suffisait à elle-même. Cet opus est-il indispensable ? C’est ce que nous verrons dans ce test.
Contenu du jeu
Le titre, s’il s’inspire beaucoup des Persona et autres Shin Megami Tensei, en plongeant ses héros au cœur du lycée japonais, s’en éloigne suffisamment dans sa construction. Le lycée n’est ici finalement que le point central du titre, et la vie étudiante n’est que le prétexte à amener le titre vers telle ou telle direction. Nous sommes donc bien loin de la complexité d’un Persona où il faut vivre chaque jour et prendre les bonnes décisions d’une vie de lycéen, tout en étant tiraillé par l’intrigue principale. Pas de cours ici, ou d’activité annexe, le lycée et ses environs ne sont finalement que des gros hubs où une fois le boss vaincu, se réuniront de nombreux PNJ. Vous devrez d’ailleurs gagner l’amitié de ces nombreux personnages en acceptant leurs demandes, et en remplissant une multitude de quêtes FedEx jusqu’à l’écœurement, vous demandant pratiquement tout le temps d’aller à tel ou tel endroit. Si dans le premier opus, il suffisait de parler aux PNJ plusieurs fois pour devenir leurs amis, ce n’est pas forcement mieux de ne proposer que des quêtes génériques.

Pourquoi devoir se lier d’amitié avec tous ces PNJ ? Tout simplement pour améliorer vos personnages, et leur permettre de traverser les nombreux niveaux et battre les boss de chaque zone. Le titre se veut plus inspiré dans sa narration cette fois-ci, et réussit à faire mieux que le premier opus en confrontant les protagonistes sur des sujets beaucoup plus profonds encore : une vieille dame proche de la mort, une fille voulant être un homme, un enfant ayant peur de mourir… Beaucoup de protagonistes ont de vraies raisons de ne pas vouloir quitter ce monde virtuel, et cela explique parfaitement par exemple les affrontements dans le titre, même au sein de votre équipe. La réalité est dure, donc pourquoi quitter ce monde où finalement tout va bien ? Chaque boss protégeant la responsable de ce monde apporte sa pierre à l’édifice.

Le jeu se divise donc en 2 gameplays principaux : de l'exploration sur des cartes, et des combats au tour par tour. Le protagoniste se ballade sur les différentes cartes où il pourra dénicher de nombreux trésors contenant des items ou des équipements. Chaque équipement a des atouts propres que vous pourrez conserver une fois la capacité apprise grâce à l’expérience glanée au combat. Si le système n’est pas nouveau, il est efficace et pousse les joueurs à améliorer au mieux l’ensemble de ses personnages.
Lorsque le personnage principal touche un des nombreux ennemis peuplant la carte, un combat se lance. Déjà novateur dans le premier opus, les affrontements reprennent ici le principe de temporalité de l’action. En gros, à chaque tour d'un membre de l’équipe, vous aurez la possibilité de choisir à quel moment déclencher l’action voulue. Le titre vous montre alors visuellement sur un axe temporel l’action à venir de l’adversaire et des autres joueurs. Par exemple, si l’ennemi attaque à x moment, alors il suffira de placer l’action du personnage pile au moment afin de contrer l’ennemi, ou se protéger de son attaque. Les possibilités sont innombrables, entre les contres, la défense, les actions conjointes ou les déplacements sur la carte… Il faudra sans cesse jouer avec les actions des ennemis pour en venir à bout, d’autant plus que les ennemis font vite très mal. Les bons tacticiens prendront facilement à revers les ennemis en les contrant au bon moment, afin de permettre une action décisive par la suite. Sachant que chaque ennemi à une jauge qui une fois remplie grâce à des attaques spéciales le met en état catatonique pour un tour (et sans défense donc, mais cette même jauge se vide dès que l’ennemi n’est plus attaqué, ce qui rend son obtention difficile), ou qu’il est possible d’activer un bonus spécial pour l’ensemble de l’équipe une fois une autre jauge remplie (au fil des coups donnés), le joueur devra sans cesse planifier ses combats face aux ennemis les plus coriaces.

Le jeu se veut en revanche très classique autrement, le jeu n’a aucune dimension sociale contrairement à Persona par exemple et est totalement offline. Un comble pour un jeu se passant dans une dimension virtuelle.
Aspect technique du jeu
Techniquement, le jeu est clairement resté coincé dans un bug temporel. Ne faisant pas mieux que son prédécesseur sorti en 2016, le jeu a l’air d’être tout droit sorti sur PlayStation Vita. Les niveaux sont des couloirs quasi vides qui se répètent jusqu’à l’écœurement, avec des textures basiques et très peu d’éléments de décors. Rien n’est suffisamment joli ou marquant pour faire oublier la pauvreté de l’ensemble, et même le level design est sans intérêt. De ce point de vue, le titre est totalement raté, et si cela était excusable en 2016, aujourd’hui la concurrence ne laissera aucune chance à ce titre.
C'est tout aussi pauvre en terme d'animation de personnages, que ce soit lors des déplacements sur la carte, que lors des combats. Le personnage principal est pataud et se déplace de façon un peu robotique. Certains jeux sur la VITA faisaient déjà mieux en terme d'animation des personages. Une fois en combat, c'est heureusement mieux, sans non plus briller. On regrettera du coup que les animations ne soient pas passables en mode combat, ce qui ralentit inutilement le rythme des combats déjà pas spécialement rapides, et dont la vitesse ne peut pas être modifiée.

De plus, le design des différents personnages laissera de nombreux fans sans voix, tant ils pèchent par rapport à ceux du premier opus déjà pas très inspirés. Le design du protagoniste principal est juste incompréhensible, avec sa sorte de surveste à fleurs ignoble, et son charisme digne d’un pot de fleurs. L’animation des personnages n’aide pas d’ailleurs à s’attacher à eux, tant elle est rigide et d’un autre temps.

Heureusement, la bande son vient sauver le jeu du naufrage technique, tant elle est fort à propos, voire même exceptionnelle à certains moments. La déesse x étant une pop idole, de nombreux titres chantés se font entendre lors des nombreuses rixes, et vous resteront en mémoire même une fois la console éteinte. Même les autres titres sortent du lot, et collent parfaitement au ton de l’aventure. Si on ajoute un doublage de qualité, bien que le titre soit entièrement en anglais (voix et textes), le jeu est à ce niveau proche du sans faute.
Plaisir à jouer et à rejouer
Le jeu est-il du coup plaisant à jouer, voire à refaire ? La réponse est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait.

Si le gameplay fait tout le sel du jeu, celui-ci devient totalement obsolète et inutile une fois vos personnages améliorés en mode facile ou normal. Les combats s’enchainent alors sans aucune difficulté ni préparation, et vous aurez vite fait de mettre les combats en mode automatique afin de ne pas spammer le même bouton. La courbe de difficulté est très mal gérée sur ce titre, et le mode difficile est vite trop difficile, alors que les autres modes ne proposent plus de challenges. Les combats perdent vite en intérêt, et la lassitude pointe vite le bout de son nez. Les quêtes FedEx des PNJ, les niveaux génériques, ou encore le fait de revenir sans cesse dans les mêmes niveaux lasseront la majorité des joueurs les moins patients. Heureusement, le jeu propose 8 chapitres et voit sa durée de vie atteindre facilement les 40 heures pour les plus completionnistes. Hélas, le jeu se veut très (voire trop) bavard, quitte à passer volontairement certaines scènes absolument sans intérêt. Ce problème de narration et de rythme impacte sévèrement le jeu qui manquera finalement d’un je-ne-sais-quoi pour être aussi marquant que le premier opus, ou que des JPRG comme les Final Fantasy, Persona et autres.

La présence d’un New Game Plus étonne d’ailleurs au début, car rien ne semble motiver vraiment à recommencer l’aventure même en gardant le niveau des personnages, les items et autres avantages. Incarner une fille ou un garçon n’a aucun impact sur l’histoire. En fait, vous découvrirez assez tard dans le jeu que seul un seul choix dans l’histoire motive vraiment ce New Game Plus, car selon votre choix à ce moment-là, l’histoire se verra transformée. Rien d’indispensable donc, mais cela a le mérite d’exister, et propose une autre lecture des évènements.
Chasse aux trophées
Les trophées, au nombre de 49, ne sont pas particulièrement surprenants pour un titre de ce genre. Ils sont même un peu trop classiques et manquent d'originalité ou de folie là où le thème de monde virtuel l'aurait parfaitement autorisé.

11 trophées s’obtiennent facilement en complétant les 8 chapitres du titre, et le reste en complétant par exemple l’ensemble des quêtes annexes, en effectuant un certain nombre de fois telle ou telle action de gameplay, ou encore en améliorant au maximum les capacités de l’idole x. De nombreux trophées demandent donc beaucoup de temps, voire trop, pour être obtenus. Personnellement, je n’ai obtenu que 50% d’entre eux lors de ma première session. Il faudra trouver tous les coffres et fouiller de fond en comble les niveaux à de nombreuses reprises pour finir le titre à 100% vu que certains coffres renferment des éléments utiles à la conclusion des quêtes secondaires.

Si l'ensemble reste très accessible, il faudra être particulièrement patient et refaire le jeu une seconde fois pour pouvoir tout obtenir. Par exemple, il sera quasi impossible de décrocher le trophée vous demandant d'améliorer au maximum votre idole lors de votre première partie, tant le nombre de points demandé est conséquent, et demanderait autrement de très longues heures de farming.

Cette chasse au trophée est donc très classique et de difficulté moyenne, mais demandera beaucoup de patience.
Conclusion
The Caligula Effect 2 est donc une bonne surprise, mais plombée par des graphismes d’un autre temps, une difficulté mal gérée et quelques problèmes de rythme. Rien de bloquant pour les fans de JRPG, mais l’intrigue finalement trop proche du premier opus ne motivera pas forcement à l’achat. Un bon RPG pour les fans, un jeu à oublier à prix fort pour les autres.
J'ai aimé
  • Une bande son excellente
  • Des thèmes matures abordés
  • Un système de combat complexe
Je n'ai pas aimé
  • Graphiquement très pauvre
  • Une difficulté mal gérée
  • Des problèmes de rythme
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Je recommande ce jeu : À un public averti

AntoineTyrex (Pampiluluu)

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