Soul Hackers 2

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 26/08/2022
Genre(s) : RPG
Territoire(s) : FRANCE

116 joueurs possèdent ce jeu
47 trophées au total
0 trophée online
15 trophées cachés

Platiné par : 6 joueurs (5 %)

100% par : 6 joueurs (5 %)


Note des joueurs :
5/5 - 1 note

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par AntoineTyrex le 20-09-2022 - Modifié le 20-09-2022

Introduction

Image

Après une sortie plutôt discrète en 1997 sur Saturn, le spin-off de la saga des Shin Megami Tensei s’est vu porté 16 ans plus tard sur Nintendo DS afin de toucher le public occidental qui n’avait pas eu la chance de connaître ce jeu du même studio que les Persona fort populaires chez nous. Les Shin Megami Tensei sont des jeux de rôle au tour par tour où vous affrontez des démons issus des mythes et folklores du monde entier, que vous pouvez également recruter et même fusionner afin de gagner en puissance.

Après le succès retentissant de Persona 5, Atlus a décidé de sortir de plus en plus de titres issus de sa licence phare avec notamment Shin Megami Tensei 5 sur Switch, mais c’est avec surprise que nous découvrons aujourd’hui la sortie d'un deuxième épisode de Soul Hackers, alors que les fans de la première heure attendent patiemment des remasters des anciens titres.

Une histoire de fin du monde...

Dans Soul Hackers 2, L’humanité a cessé d’évoluer lorsque la technologie a atteint un niveau avancé. Aion, être conscient formé par la multitude de données qui transite sur les réseaux informatiques, se voit doté peu à peu du don d’anticiper l’avenir. Alors que la fin du monde semble inévitable, il décide de créer deux êtres avec un corps physique, Ringo et Figue, pour qu'elles s'infiltrent parmi les humains et empêchent la catastrophe en sauvant deux personnes dont le décès mènera inexorablement à la fin du monde. Ringo, notre héroïne principale, se verra entraînée dans une intrigue où elle sera confrontée à une organisation désirant la réunion de cinq covenants permettant d’invoquer l’Être suprême et ainsi d’exaucer un vœu. En effet, cette organisation appelée la Société Fantôme désire détruire le monde et en créer un nouveau sur de nouvelles bases.
Contenu du jeu
Soul Hackers 2 est un pur J-RPG dans la même veine que ses cousins Persona ou Shin Megami Tensei, avec des combats au tour par tour, une intrigue demandant à un groupe de personnes de sauver le monde, ou encore la possibilité de monter en puissance en sélectionnant les bonnes aptitudes.

En cela, le titre se révèle être assez classique et vous met aux commandes de quatre personnes avec chacune leur propre intrigue mais réunis dans le but de contrer la Société Fantôme désirant la destruction du Monde. Aucun cliché ne vous sera épargné entre les trahisons, les révélations pas si surprenantes ou encore les états d’âme de vos héros. Tout y passe, mais tout est fait avec maîtrise, si bien que l’histoire se laisse suivre avec plaisir, et que vous aurez plaisir à détester les différents antagonistes du jeu. Le seul problème vient de la courte durée du jeu, moins de 25 heures, qui oblige forcément à accélérer le rythme là où nous aurions aimé plus de profondeur dans l’écriture. Le titre reste tout de même plaisant même si nous regretterons vite le manque d’enjeu dans l’écriture, là où les autres titres du même studio amènent toujours une véritable réflexion sur la société qui nous entoure et sur le comportement des individus. Ici, cela reste à peine effleuré, là où il aurait pu être facile à l’aide de Ringo de poser un autre regard sur notre société actuelle, Ringo venant juste d’être créée et découvrant le monde comme une enfant en quelque sorte.


Un jeu divisé en 2 types de Gameplay

En termes de gameplay, le titre se révèle par contre être particulièrement généreux. Le jeu se divise en 2 phases distinctes :

Une phase dite narrative vous fera explorer la ville de Tokyo afin de suivre les aventures de notre groupe à la recherche de ces fameux covenants. Cette phase vous permettra tout d’abord d’équiper vos personnages en achetant dans les boutiques de la ville de l’équipement ou des items utilisables en combat. N’espérez pas ici un équipement très complet, le jeu ne vous permettra finalement que de vous équiper de COMP à équiper sur votre arme (qui ne changera pas) et qui vous donneront des caractéristiques utiles en combat. Ces même COMP ne s’obtiennent d'ailleurs qu’en ville ou en faisant évoluer vos démons dont nous parlerons plus tard. Vous pourrez également prendre des sous-quêtes en ville (souvent des quêtes de chasse ou des quêtes FEDEX) ou encore améliorer vos armes. Le magasin le plus important reste le cirque, qui vous permettra de fusionner les démons récoltés lors de vos sessions. En effet, les personnages étant des invocateurs, ils se battent à l’aide de démons que les fans de la licence reconnaîtront directement. Ces mêmes démons prenant également de l’expérience lors des combats, ils gagneront de nouvelles compétences que vous pourrez transférer lors de la fusion et créer un démon encore plus puissant. Cette feature est vraiment la clé pour avancer tranquillement en jeu, car cela vous permettra de doter un démon d’attaques élémentaires différentes pour être plus polyvalent.

Vous pourrez également améliorer la relation entre vos personnages en partageant un verre avec eux. Cette entente est primordiale, car elle permet l’accès au donjon optionnel du jeu qui représente la psyché des compagnons de Ringo. Plus vous avancerez dans leur inconscient, plus vous pourrez débloquer des compétences indispensables et d'autres avantages. Si ce donjon peut être mis de côté logiquement, vous comprendrez vite que les meilleurs démons et compétences ne se trouvent que dans ce donjon. Sachant que la psyché se divise en 5 niveaux par personnage, l’essentiel du jeu se trouve bien ici et tranche violemment avec le reste du jeu dont les niveaux se révèlent être particulièrement courts.


La deuxième phase est donc l’exploration de donjons/couloirs où vous contrôlerez toujours Ringo, mais qui pourra croiser cette fois des ennemis sur la carte. La première feature intéressante est que Ringo peut assommer les ennemis sur la carte soit pour les éviter, soit pour enclencher, une fois l’affrontement débuté, une attaque bonus en début de partie. Cette attaque bonus se révélant vite essentielle pour accélérer le rythme des combats en tuant plus facilement les ennemis, vous userez et abuserez de cette fonction dans votre avancée. Cependant, les ennemis les plus coriaces ne pourront être affectés par cette attaque et seront juste repoussés.
Une fois l’affrontement enclenché, le jeu se présente comme un jeu de rôle classique, avec la possibilité de combattre avec l’aide de capacités, d’utiliser des objets, de se défendre ou encore de fuir. Vos personnages combattant à l’aide de démons, vos capacités changeront selon le démon équipé. Certains affrontements vous demanderont donc de la préparation pour être sûr de posséder les compétences les plus utiles face à tel ou tel boss. Le jeu reste très accessible aux néophytes, et une action permet au jeu de choisir lui-même quelle compétence utiliser contre l’ennemi. Cela peut sembler gadget vu que les faiblesses des ennemis apparaissent directement lors du combat, mais cela reste tout de même appréciable dans un jeu qui permet de base de choisir sa difficulté au début et en cours de partie. Une fois battus, les ennemis vous donneront des items et de l’expérience permettant d’augmenter le niveau de vos personnages, qui deviendront de plus en plus fort au fil du temps. Le niveau des démons est moins impactant en termes de puissance directe, mais permettra surtout de débloquer de nouvelles compétences et de nouveaux COMP à équiper. Le jeu vous poussera de toute façon à changer régulièrement de démons vus que vous les fusionnerez souvent.

La principale nouveauté du titre vient de la conjuration. Lorsqu’un ennemi est touché par un des éléments contre lequel il est faible, l’ombre du démon apparaîtra derrière l’ennemi une fois celui-ci touché. A la fin du tour, Ringo lancera la conjuration et tous les démons apparus attaqueront les ennemis en place. Plus qu’une attaque bonus, cette conjuration devient vitale lors des affrontements les plus coriaces, car les démons font alors beaucoup plus de dégâts qu’à l’accoutumée. Ces conjurations deviendront la clé de vos victoires et devront être déclenchées un maximum.


Ces deux phases qui s’alternent régulièrement dynamisent le titre qui ne souffre d’aucune longueur. Même les cinématiques sont maîtrisées et ne rallongent pas inutilement le propos. Personnellement, je n’ai été lassé que vers la toute fin de l’aventure, car certains niveaux vous demanderont de déclencher tel ou tel mécanisme pour avancer par exemple. L'intérêt se renouvelle également grâce aux démons de votre équipe partis en éclaireurs que vous rencontrerez aléatoirement dans ces couloirs et qui vous donneront des objets ou de nouveaux démons en échange d’argent, de vie ou d’un objet spécifique. Grâce à eux, la chasse aux démons se révèle de plus bien plus facile que dans les autres titres de la licence et ils ne s’obtiendront plus en combat, mais bien en explorant un maximum les différents donjons.
Aspect technique du jeu
Une technique un peu datée

Graphiquement, le jeu souffle littéralement le chaud et le froid. Si les personnages et les démons bénéficient de graphismes léchés, le reste demeure bien trop old school pour convaincre. Tout d’abord, les donjons sont d’une banalité affligeante dans leur design, et sont bien trop peu nombreux : c’est simple, ils se comptent sur les doigts d’une main, et tout se ressemble. Aucun soin n’a été réellement porté à cette partie, et rien ne différencie un point A d’un point B. Un couloir de métro ressemble à un couloir d’usine, un port ressemble à une zone industrielle, et je ne parle même pas du donjon optionnel qui n'a tout simplement aucun décor. Même s’il est difficile d’innover dans ce genre de jeu, il apparaît clairement qu’aucun effort n'a été fourni à ce niveau et que les développeurs ne se sont pas embarrassés à rendre vivantes les différentes instances. Saviez-vous qu’il y avait des pièces vides et des longs couloirs inutiles entre les tunnels dans le métro japonais ? Moi non plus. Mais les endroits dans la ville ne sont pas beaucoup mieux lotis : n’imaginez pas vous retrouver dans un quartier de la ville comme dans les Persona par exemple. Ici, il s’agit juste d’une petite zone ou un couloir, avec quelques PNJ fixes. Il ne se dégage absolument aucune vie ou aucun charme, au point de ne finalement plus utiliser que les voyages rapides afin de ne pas perdre de temps inutilement. Seules les boutiques se démarquent un peu, avec un écran fixe de qualité et des personnages travaillés. Il semblerait donc que le budget soit vraiment passé dans le chara-design, car aucun personnage ne fait pâle figure comparé à un autre. Ils dégagent tous une véritable personnalité qu’on aurait aimé découvrir également dans les différents niveaux.

Les menus sont également indignes des jeux actuels tant l’ergonomie n’a pas été travaillée. Que ce soit les requêtes ou le compendium des démons, tout a été mis dans un simple tableau sans saveur. Cette même fainéantise se retrouve même à l’intérieur des donjons, où les ennemis sont représentés par la même forme étrange, rendant impossible le choix de ne combattre que tel ou tel démon puisqu’ils n’apparaîtront qu’une fois le combat lancé. Cela pouvait être acceptable dans les Persona, ici rien ne justifie cet état de fait.


Techniquement, le jeu est également à la traîne. Alors que l’ensemble reste pourtant daté, vous aurez de nombreux écrans de chargement impensables à l’heure de la SSD. Je me suis mis à douter que le jeu ait bénéficié d’un réel soin sur PS5 tant la version PS4 doit lui être similaire. Que ce soit engager un combat ou changer de zone, tout demande un chargement plus ou moins long. Heureusement, la partie sonore s’en sort beaucoup mieux avec un doublage de qualité pour l’ensemble des protagonistes et une bande son très agréable. Même si nous sommes loin des musiques d’un Persona, elles ne dénotent pas de l’ensemble et s’écoutent sans déplaisir. Il faut de toute façon noter que vous serez plus à l’affût des commentaires de votre équipe que du reste de la bande son. Encore une fois, les personnages ont bénéficié d’un sans-faute, en particulier l’héroïne principale Ringo dont le doublage colle parfaitement à la personnalité du personnage. Le fait que tout soit traduit en français est d’ailleurs à souligner car le premier titre ne l’était pas, et la traduction est de plus très correcte pour un jeu de ce style.

Heureusement, le jeu ne souffre d’aucun bug ou freeze. L’IA des ennemis reste dans la moyenne de ce qui se fait dans les jeux de ce genre, donc n’espérez pas de grands combats tactiques. Vous n’aurez qu’à déceler les points faibles des ennemis et agir en conséquence. Eux-mêmes ne se protégeront pas et continueront le plus souvent d’attaquer bêtement. Ils changeront cependant parfois leurs affinités élémentaires (et donc leurs faiblesses), ce qui vous demandera de devoir switcher entre vos démons afin de les attaquer avec la bonne attaque. Tout cela n’entache en rien le plaisir de jeu, et les combats restent vraiment une grande réussite du titre.
Plaisir à jouer et à rejouer
Soul Hackers 2 a le bon goût de proposer plusieurs modes de difficulté afin de se rendre accessible pour tous les joueurs. Même s’il sera nécessaire de faire monter un minimum le niveau de son équipe afin de voir le bout de l’aventure, l’aventure pourra être terminée assez aisément en mode facile pour les joueurs les plus néophytes. Il faut d’ailleurs noter que le joueur n’est jamais abandonné, que ce soit à l’aide de tutoriels vous expliquant bien les particularités de gameplay, ou encore la présence de résumés lors des temps de chargement. La vraie déception vient surtout de la durée de vie du jeu, puisque le jeu se termine en moins de 25h. Réaliser les requêtes annexes et les donjons optionnels vous demandera une dizaine d’heures supplémentaires, ce qui reste assez court face à la concurrence dont la moyenne d’heures de jeu avoisine plus facilement les 40 heures en ligne droite.
La collection de démons est par contre toujours aussi addictive malgré une mécanique de fusion vue et revue dans les autres titres du studio. Il y a par contre moins de démons qu’à l’accoutumée à collectionner, et quelques démons qui ne se différencient que par une couleur différente. Recruter un démon se veut maintenant beaucoup plus facile que dans les Persona car, outre le fait qu’ils ne sont plus recrutables en combat mais introduits par vos éclaireurs, ils demandent maintenant uniquement un objet, de l’argent, de la vie ou du mana pour rejoindre votre équipe. Sachant que tel ou tel démon ne se trouve que dans tel donjon, il sera aisé d’en recruter un maximum afin de les faire fusionner.

Il n’y a pas de dimension multijoueur dans ce titre contrairement à d’autres titres du même studio qui proposaient quelques features intéressantes. Soul Hackers 2 ne bénéficie pas du même soin, et restera un jeu solo à 100%. Cela aurait pu étoffer le jeu dont les mécaniques restent beaucoup trop old school face à la concurrence. Pourtant, le jeu se révèle fort plaisant à jouer, et l’histoire même si elle reste sommaire, vous passionnera suffisamment pour terminer le titre. Même si le scénario manque d’enjeu et d’une écriture plus profonde au contraire des autres jeux du studio, les personnages sont suffisamment bien développés et auront chacun leur moment de gloire dans l’aventure. Vous vous attacherez donc facilement à leurs personnalités et à leurs histoires. Personnellement, j’ai adoré l’écriture des personnages principaux, aux antipodes des héros des autres titres qui restent beaucoup plus effacés.

Le jeu est donc un succès sur ce point, surtout qu’il a été entièrement traduit en français, ce qui lui permet d’être encore plus accessible à tous les joueurs.
Chasse aux trophées
Au nombre de 47, dont 15 cachés, les trophées de Soul Hackers 2 ne sont pas particulièrement désagréables à obtenir.

Outre les habituels trophées liés à l’histoire (dont un ne sera obtenable qu’en terminant le jeu une deuxième fois), beaucoup d’entre eux récompensent des actions in game, que ce soit en explorant entièrement les donjons optionnels (plusieurs trophées annexes s’obtiendront facilement rien qu’en les terminant), en tuant un certain nombre d’ennemis ou en utilisant les subtilités de gameplay telle que la conjuration. Beaucoup de ces actions se feront naturellement lors de votre partie, puisqu’elles sont nécessaires pour pouvoir progresser facilement. Il reste cependant quelques trophées plus pénibles à obtenir, comme le fait de devoir battre le dernier boss en mode difficile, de remplir 85 requêtes (consistant pour la plupart en de simples quêtes FEDEX à réaliser dans les donjons) ou encore de récupérer l’ensemble des démons présents en jeu. Cela vous demandera de nombreux allers-retours et un farming intensif des instances. Ainsi, beaucoup de chasseurs de trophées préfèreront les obtenir lors de la seconde partie en New Game Plus lorsque vos personnages rouleront littéralement sur le jeu.

Il faut toutefois noter que ce platine sera plus facilement obtenable que celui d’un Persona par exemple, car rien n’est vraiment manquable ou irrécupérable une fois un certain point passé. Il demande juste beaucoup de temps à s’y consacrer et un minimum de deux parties pour l’obtenir.
Conclusion
Dernier spin-off en date de la saga Shin Megami Tensei, Soul Hackers 2 revient en force presque 20 ans après le premier titre. Hélas, le titre ne cherche ni à révolutionner le genre, ni à réellement surpasser son aîné. Résultat, le titre se laisse parcourir avec plaisir, mais sera vite oublié au fond de votre ludothèque. Il restera cependant une jolie porte d'entrée pour les néophytes, mais nul doute que ceux-ci préféreront se tourner vers la licence des Persona beaucoup plus médiatisée et aboutie aujourd'hui.
J'ai aimé
  • Un bon J-RPG
  • Des personnages travaillés et charismatiques
  • Les démons à recruter et fusionner
  • Un système de combat travaillé et prenant
  • Un titre accessible même aux moins aguerris du genre et de la licence
Je n'ai pas aimé
  • Graphiquement et techniquement indigne d'une PS5
  • Énormément de quêtes FEDEX heureusement facultatives
  • Une histoire moins impactante que d'habitude
  • La ville de Tokyo terne et sans vie
  • Une durée de vie un peu faible
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