Solar Ash

ps4

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 02/12/2021
Genre(s) : Aventure, Indépendant
Territoire(s) : FRANCE

6 joueurs possèdent ce jeu
33 trophées au total
0 trophée online
14 trophées cachés

Platiné par : 0 joueur (0 %)

100% par : 0 joueur (0 %)


Pas de note
des joueurs

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par Pelotedeneige le 12-12-2021 - Modifié le 03-01-2022


Introduction

Image

Si quelqu'un pouvait voyager à la vitesse de la lumière, dans le sens inverse de sa rotation, il pourrait remonter le temps. - Perceval de Galles

En 2016, Heart Machine surprenait son monde avec Hyper Light Drifter, un action-RPG 2D en pixel art autant salué pour sa direction artistique, ses mécaniques de combats que pour son propos sous-jacent, allégorie du combat face aux maladies graves. Cinq années plus tard, sous l'égide d'Annapurna Interactive, découvreur de talents au même titre que Devolver Digital, le studio quadruple de taille et revient avec de plus grandes ambitions : un projet qui s'étoffe d'une dimension supplémentaire, abandonne le rétro pour du low-poly et nous place aux commandes d'une patineuse hors-pair avec une vue à la troisième personne. Inspiré de grands noms du jeux vidéo tels que Shadow of The Colossus, Journey, Jet Set Radio et Sonic, sous certains aspects, Solar Ash est-il à la hauteur de la réputation de ses géniteurs ?

Dans un paysage onirique, peuplé de ruines de grandes civilisations passées, depuis longtemps abandonnées, vous incarnez Rei, une jeune femme Coureur du Vide déterminée à ne reculer devant rien pour sauver sa planète des griffes de l'UltraVide, un trou noir glouton à la faim insatiable. Son seul espoir de mettre fin au cataclysme se présente sous la forme d'une machine géante appelée Graine d'étoiles. Malheureusement, l'appareil est défectueux et nécessite de se débarrasser d'Anomalies pour le remettre en état de marche.
Contenu du jeu
Ultra Vide

Solar Ash se présente comme un jeu d'action-aventure situé dans un monde semi-ouvert, découpé en six environnements distincts à la superficie relativement limitée. Ceux-ci se débloquent au fur et à mesure de votre progression, selon un schéma identique. Vous commencez d'abord par purger un certain nombre d'Anomalies, des amas de gelée noire poisseuse, réparties de part et d'autre de la carte. Une fois ces barrières visqueuses expurgées, vous réveillez le boss de la zone qu'il faut désormais vaincre pour passer à la suivante et ainsi de suite jusqu'à arriver à l'ultime confrontation. L'aventure principale se boucle en à peine six heures de jeu, même en prenant le temps d'explorer les alentours.

A côté de cela, viennent se greffer trois quêtes annexes, à l'intérêt plutôt limité car ne demandant que de se rendre dans des lieux précis et ne rapportant aucune récompense à votre personnage, si ce n'est un brin de lore. Les collectibles, en revanche, montrent un peu plus d'intérêt. Si les journaux ne font qu'ajouter un peu de profondeur à l'univers, les caches des Coureurs du Vide permettent de se confectionner des tenues qui attribuent un bonus supplémentaire au héros qui les revêt (mais non cumulables). Ces à-côté étoffent la durée de vie d'environ deux heures, ce qui demeurera insuffisant pour certains pour un tarif appuyé de 40 €. Même si le prix ne doit pas nécessairement être corrélé au temps de jeu, la facture reste salée.

Cela étant, le titre bénéficie d'un doublage intégral de tous les personnages en anglais ainsi que d'une traduction écrite française. Un effort technique et financier qu'il convient de saluer. Mentionnons enfin la présence de pas moins de quatre modes de difficulté allant de Facile à Hardcore. Ce dernier échelon ne se débloque qu'après avoir terminé l'histoire principale une première fois. Il se caractérise notamment par des affrontements de boss aux timings extrêmement serrés et à l'exécution absolument parfaite. Un bon moyen d'inciter les amateurs à repousser leurs limites.
Aspect technique du jeu
Tout le monde Solar Ash

Esthétiquement, Solar Ash est à couper le souffle et affiche une direction artistique sublime. Les panoramas désolés et dévastés fascinent autant qu'ils attristent et on ne peut s'empêcher de les contempler à la moindre prise d'altitude. La partie sonore se met au diapason, aussi bien du côté du sound design que de la bande-son, impeccable. Au départ très discrète, surtout lors de l'exploration, l'OST s'affirme peu à peu pour prendre une toute autre dimension lors des combats de boss. Les graphismes, pourtant en low-poly, retranscrivent à merveille l'univers du jeu, les personnages et les créatures qui le peuplent. Tous ces éléments s'imbriquent parfaitement entre eux et créent une impressionnante cohésion.

Le gameplay s'articule autour de deux composantes. D'une part, l'exploration qui demande de repérer de petites Anomalies pour les détruire. Cela nécessite de briser une série d'énormes seringues pour parachever son œuvre par un planté de bâton dans un œil géant, le tout sous une contrainte de temps. D'autre part, les affrontements d'Anomalies gigantesques (boss), entièrement chorégraphiés. Ils se décomposent en trois phases au cours desquelles il faut exploser les points faibles de leur système nerveux, le plus rapidement possible, en courant et en slalomant sur leur carcasse tout en évitant les parties engluées, pour déboucher sur la zone névralgique et y porter le coup final.

De fait, le titre mise toute son expérience sur la vitesse, l'accélération et l'enchaînement. L'héroïne dispose ainsi dès le départ d'une course glissée, d'un dash, d'un double saut, d'une attaque semi-circulaire et d'un zappe-temps, un objet qui autorise un ralentissement du temps et confère une portée un peu plus élevée à son grappin. Si on ne déplore aucun problème de fluidité ou de ralentissement, on peste assez souvent sur le mauvais positionnement de la caméra et la prise en main plutôt imprécise. Votre jauge de santé, quant à elle, se matérialise par deux boucliers et s'agrandit en dépensant du plasma disséminé un peu partout dans le décor. Récupérer des points de vie nécessite de briser des coffres dédiés, disponibles en grande quantité sur la map.
Plaisir à jouer et à rejouer
Aime si Solar

La production est aussi plaisante à jouer qu'elle peut paraître frustrante. D'abord, elle affiche une répétitivité un peu lassante dans sa structure. A chaque environnement, on ressasse le même schéma : identification des Anomalies, nettoyage, boss. Si on recense bien quelques éléments de nouveauté (champignons, acide, lave), la boucle de gameplay reste globalement inchangée car on n'acquiert aucun nouveau pouvoir. On aurait aimé disposer d'un dash dans les airs, d'ailleurs. Son absence se ressent assez nettement, d'autant que rien ne la justifie. En outre, l'exploration tend vers la monotonie. Les ennemis ne montrent aucune véritable dangerosité et on s'en débarrasse uniquement car ils nous gênent et nous empêchent de profiter du level design, intelligemment construit avec ses mini-puzzles.

Mais là où le bât blesse véritablement, c'est dans cette imprécision des contrôles et dans le positionnement de la caméra. Il n'est pas rare de tomber du dos d'un boss colossal, de rater une plate-forme à cause d'un saut trop long ou court, de ricocher à cause d'une vitesse excessive, d'atterrir au mauvais endroit car gêné par la perspective, de dévier de trajectoire à cause d'un repositionnement de la vue en catastrophe tout en rebondissant en pleine accélération... Bref, impossible de conserver sa vitesse et d'enchaîner les cabrioles sans interruption à cause de ces angles mal pensés ou de la maniabilité dans les airs. Toute l'expérience est intégralement fondée sur ce momentum, à conserver pour profiter pleinement des sensations du jeu, et celui-ci disparaît bien trop souvent à la défaveur d'un souci de lisibilité ou d'appréciation.

Et pourtant, qu'il est agréable de jouer à Solar Ash. Ces moments d'émerveillement devant un nouveau paysage écorché aux stigmates pleinement visibles, cette glissage grisante à la fois aérienne et aqueuse d'une fluidité exemplaire, cette musique qui prend son envol en même temps que nous, au gré de nos rebonds sur l'ossature d'un boss et qui rend nos déplacements et notre exécution si enivrante, ce finish visuellement cosmique et satisfaisant lorsque le coup final se plante dans la cible. Solar Ash parvient à créer des moments de grâce comme peu de jeux vidéo en sont capables. Dommage qu'il se plaise à arracher son cadeau de nos mains et nous le reprendre comme s'il ne nous était pas destiné.
Chasse aux trophées
Des astres naturels

L'obtention du Platine demande pas moins de trois cheminements complets, un parcours plus pénible que véritablement long, eu égard à la durée de vie auparavant mentionnée. La première partie nécessite de compléter l'aventure à 100 % ce qui se traduit par la finalisation de trois quêtes annexes rébarbatives et le ramassage de tous les collectibles, 15 journaux et 28 caches. Une tâche moins pénible que prévue puisque la présence de caches est matérialisée par un symbole dans le décor, grisé quand découverte et brillante quand intacte. Par ailleurs, une des tenues de Rei permet de les afficher clairement au loin lorsque la jeune femme utilise son radar. En outre, rien ne peut être manqué ici car le jeu nous renvoie juste avant le boss final une fois les crédits déroulés. A noter qu'une sauvegarde à 100 % donne accès à un costume inédit sur les deux autres emplacements, qui cumule tous les bonus des autres accoutrements. De quoi aider pour la suite.

Le véritable problème réside dans les deux autres parcours. L'un d'eux doit être réalisé en difficulté maximale. Les timings pour se départir des Anomalies et se défaire des boss deviennent extrêmement serrés au point de demander une précision chirurgicale, exigence particulièrement compliquée quand on se heurte aux problèmes de caméra et de déplacements aériens évoqués plus haut. En outre, chaque coup encaissé, même sur un ennemi standard, nous renvoie au checkpoint précédent. Il faut alors tout parcourir à nouveau, juste à cause d'une petite erreur. Le challenge devient dès lors artificiel. Enfin, la dernière partie demande d'accomplir un speedrun en moins de 3 heures. Si le chronomètre n'est pas inaccessible, cette nouvelle mode des développeurs devient pénible. Le speedrun est une discipline, dans laquelle on se lance volontairement, et il reste toujours aberrant de demander aux chasseurs de se plier à l'exercice. Pour avoir été pratiquant, cela reste inconcevable.

Si la liste des trophées ne semble comporter aucune action rocambolesque ou excessivement fastidieuse, elle recèle deux médailles particulièrement ardues dont l'obtention s'en trouve entachée par des problèmes d'exécution. Le Platine en devient détestable.
Conclusion
Solar Ash fait partie de ces jeux que l'on a envie d'aimer mais dont les quelques imperfections de caméra, de précision et de lisibilité nous en éloignent. Sans elles, le titre passe de jeu tout juste sympathique à une pépite exceptionnelle. Une anomalie.
J'ai aimé
  • Les combats de boss, magistraux ...
  • Direction artistique sublime
  • Sound design impeccable
  • Bande-son prenante
  • Atmosphère unique
  • Sensations grisantes
  • Level design intelligent
Je n'ai pas aimé
  • ... mais incroyablement frustrants par moment
  • Caméra parfois mal ajustée
  • Contrôles imprécis
  • Manque de lisibilité sur certaines phases
  • Prise en main
  • Mobs pénibles et inutiles
  • Durée de vie
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Je recommande ce jeu : Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine difficile

Pelotedeneige (Pelotedeneige)

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