Jusant

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 31/10/2023
Genre(s) : Action , Aventure, Indépendant
Territoire(s) : FRANCE

186 joueurs possèdent ce jeu
22 trophées au total
0 trophée online
4 trophées cachés

Platiné par : 110 joueurs (59 %)

100% par : 110 joueurs (59 %)


Note des joueurs :
4.3/5 - 4 notes

Note des platineurs :
4/5 - 4 notes

Test rédigé par jackajmm le 02-11-2023 - Modifié le 02-11-2023


Introduction

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  • Jusant (n.m) : terme maritime qualifiant la
    période pendant laquelle la marée est
    descendante.

Difficile de commencer ce texte sans parler d’atmosphère, d’ambiance. Car Jusant n’est pas un jeu comme les autres, quoique si on y pense… on peut en trouver des références. Les artistes de chez Don’t Nod ont choisi de laisser libre-court à leur créativité dans cette aventure où il faudra gravir une Tour pour entrevoir la vérité. Pas n’importe laquelle, non, non, non ! Savez-vous ce qu’est le Jusant ? En dialectique marine, dira-t-on, il s’agit de la marée descendante.

Mais il serait faux de considérer Jusant comme un simple jeu d’escalade ; on s’y engouffre, on s’y perd, on s’y balade. Tel le destin de la nébuleuse Bianca, nous semblons égarés et ne comprenons pas ce qu’il se passe là-bas, ou plutôt là-haut, si vous voulez. C’est ce que ce jeu méditatif nous propose de découvrir au cours d’un périple, à la fois dangereux et envoutant, il vous prendra forcément par les tripes. Jusant, c’est l’histoire d’une histoire que l’on apprend à découvrir, Jusant c’est l’histoire d’un jeu que l’on voudrait toujours avoir pour souvenir.


‘’ À tes côtés je veux rester
Avec toi l’aventure est toujours là,
Prête à nous embarquer
À tes côtés je veux rester, oh
Si tu veux bien de moi
‘’
Contenu du jeu
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Il marche, seul, sur cette plage abandonnée. Il marche seul, ou pas tout à fait. Notre héros déambule au cœur de ce cimetière de bateaux, avec une étrange créature qu’il porte sur son dos. Se dresse devant eux un roc, un pic, que dis-je, c’est une tour, la Tour, immense et fière, sur cette grève isolée. Notre héros se lance pour l’ascension d’une vie pendant que nous nous enquérons de cette épopée. Sur son chemin, des lettres disséminées ici et là nous apprennent qu’il y eut une vie au cœur de ces rochers humides, vestiges d’un passé que l’on ne connait pas encore mais qui attise notre curiosité morbide.

Au milieu de camps de fortune et autres statuettes de pierres nous découvrons le début d’une conversation épistolaire, plutôt le journal de bord d'une certaine Bianca, partie chercher des réponses crépusculaires. Une expédition vers les nuages pour trouver l’espoir et surtout l’eau qui vivrait dans le ciel, sauver la Tour grâce aux ballasts, ces créatures d’eau immenses qui n’existent que dans les contes-à-sommeil. Nous comprenons bien vite qu’après le Jusant, la vie a changé sur ce monde, et que prospérité n’est désormais plus qu’une vague idée vagabonde. Serait-ce là, la quête de notre protagoniste ? La créature d’eau sur son épaule, c’est avec courage et abnégation qu’il s’élance pour une entreprise dont on ne connaît pas la conclusion.


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Préparez-vous, avec Jusant, à vivre une aventure que l’on pourrait qualifier de contemplative, méditative. Il nous est impossible de mourir, la difficulté n’est pas très élevée et tout est fait pour que la progression soit laudative. Le cheminement est linéaire, et les rares écarts se réservent pour les secrets, qu’il faudra, à l’instar des lettres, trouver et collecter pour en apprendre plus sur les arcanes de cet exposé. Outre les parois à grimper, les crevasses à passer et les bourrasques à braver, il vous faudra découvrir fresques, autels et coquillages, mais aussi des cairns à compléter. Quant aux écrits, témoignages du passé, ils sont de deux types : les lettres, échanges d’individus en quête d’interactions, et le journal de Bianca, véritable guide sur lequel semble reposer votre mission. Jusant c’est une épopée singulière et anagogique, à l’image de ces lignes, quoi de plus logique ?
Aspect technique du jeu
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Tout ici est question de paradoxe, ou plutôt de singularité. Car si Jusant se démarque par sa direction artistique particulière et enchanteresse, la qualité de ses graphismes nous renvoie directement sur la génération précédente, à n’en point douter. Si le titre était sorti au début de la vie de la PS4, cela ne nous aurait pas choqué. Les textures, loin d’être vilaines, manquent de finesse et de sensationnel, à l’ère PS5, la proposition est tout juste acceptable. Mais la beauté d’un jeu ne réside-t-elle que dans la finesse de son visuel ? Plus encore quand la technique est contrebalancée par une DA remarquable. Hélas, au moment de tester Jusant, les soucis de collision liés aux décors furent nombreux ; pénibles pour la progression mais sans jamais obliger à relancer le jeu. Pour finir sur l’aspect visuel, sachez que si Jusant ne brûle pas la rétine, il saura vous faire voyager ; son ambiance et ses paysages ne manqueront pas de vous faire croire, profondément, à cette histoire aux mille dangers.


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Si vous ne jouerez pas au plus beau jeu du monde, visuellement parlé, préparez-vous à être envouté par les compositions hallucinantes de Guillaume Ferran, s’il-vous-plaît. L’artiste néo-classique réalise ici des mélodies à la fois captivantes et déchirantes, véritables hymnes au voyage et à la méditation ; courts instants de tendresse parfois, d’inquiétude aussi, elles accompagnent notre chemin procurant énormément d’émotions. C’est simple, rares sont les moments où le tapis musical est absent ; aussi, il eut fallu être d’une justesse exemplaire dans les arrangements. Force est de constater que le pari est réussi, valeur ajoutée considérable à notre excursion ; encore bien après avoir terminé le jeu, nous relançons régulièrement la bande-son.
Plaisir à jouer et à rejouer
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Quand vient le temps de mettre la main sur ce Jusant, annoncé comme jeu d’escalade méditatif, on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. En réalité, bien qu’elle soit l’essence même du titre, la grimpette ne représente pas le seul élément de gameplay. C’est ce qui fait la saveur de Jusant, sa force : ne pas se limiter. Mais le parcours sur les murs de cette Tour est convaincant et terriblement réaliste, à s’y méprendre. Au milieu des prises et autres aspérités, nous rencontrons des plantes mouvantes grâce à l’écho de notre petit ballast sur lesquelles nous accrocher, ou bien les Caillasses, ces petites pierres mobiles qui nous transporteront où nous souhaiterons aller.

Sur ces parois abruptes, l’ascension se fait à l’aide des gâchettes (L2) (pour la main gauche) et (R2) (pour la main droite), à la manière du singe grimpeur dans Astro’s Playroom. Cela fonctionne à merveille car instinctif, et la difficulté étant croissante, on a le temps d’appréhender le gameplay sans risque le badaboum. On apprend vite à gérer le saut, puis le double-saut ; l’accroche principale de corde puis l’utilisation maline des pitons. On apprivoise son environnement tel un alpiniste chevronné, on utilise les accroches comme si, toutes déjà, nous les connaissions. Que ce soit à l’extérieur ou dans les entrailles de la Tour, escalader murs et parois a rarement été si grisant dans un jeu vidéo. Sorte de communion entre l’Homme et la nature, équilibre nécessaire à notre quête, son aboutissement.


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Jusant n’est pas difficile. Il est impossible de mourir ou d’échouer. La progression est assez linéaire et les rares énigmes n’ont rien de compliqué. Aussi, comme ce fut dit plus tôt, nous sommes là avant tout pour la balade, le voyage. Tenter de retrouver quelque chose que l’on a perdu mais qu’on ignorait. Comme Bianca, cette ascension, lointaine déjà, nous aura appris à exister dans le présent. Il aura fallu du temps, mais nous avons fini par prendre racine, contre marées et vents. Durant les 6 ou 7 heures que l’on passera sur et dans cette Tour, nous aurons le temps de nous questionner sur la nature des choses, tout ce qui nous entoure. À nouveau la pluie, la vie à nouveau. Elle se rassemble, grossit les torrents, elle gonfle la terre, plonge dans l’océan. À nouveau la pluie, la vie à nouveau.




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On va oublier les rimes un instant pour se livrer personnellement quant à ce Jusant. Comprenez que l’aventure est relativement courte, relativement simple. Le challenge n’est pas de mise ici, il faut chercher ailleurs. À l’image de notre chère Bianca, qui nous narre ses péripéties dans son journal, l’idée de « se retrouver soi-même » prend sens au cours du jeu. On ne sait pas de quoi il s’agit, rien n’est dit. Ce sont les lettres, les vestiges de ce passé dont on ne sait rien, les fresques ou ces instants de communion avec les coquillages qui nous affranchissent de cette ignorance. Les instants de magie sont nombreux. On se surprend à sourire, à être ému, à sembler heureux. Jusant me fait beaucoup penser à ces livres pour enfants qu’on leur lit le soir, et qui nous émeuvent : je pense par exemple au Secret du Rocher Noir de Joe Todd-Stanton, ou encore à La baleine qui voulait voir la mer, de Troy Howell. Ces livres, superbement illustrés qui encrent leurs histoires abstraites on ne sait où, on ne sait quand, mais qui vous happent indubitablement. Il serait malhabile de parler de Jusant sans évoquer la symbolique écologique, prépondérante à notre époque, et qui trouve là une place centrale, évidente et subtile. Des valeurs qui me parlent et qui sont présentes ici avec élégance et délicatesse. Le rapport que j’ai eu avec Jusant était étrange : subjugué, déçu, emballé, puis intrigué, perturbé, enchanté. Un enchainement de sentiments, qui fut assez perturbant, mais qui fait, à mon sens, le charme de ce genre d’expériences. À la fois une relation très personnelle avec le jeu, mais aussi une distance qu’il ne faut pas oublier.
Chasse aux trophées
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À l’image de l’aventure principale de Jusant, la quête au (Platine) Platine ne sera pas très inquiétante. Le titre possède 22 trophées en tout dans sa besace, il s’agit d’une mission qui s’avère simple et fugace. Car hormis une légère difficulté sur les secrets du jeu à ne pas louper, le reste, prenez-le pour acquis, est une formalité.

Abstraction faite de (Or) Sonneur d'eau qui vous demande de terminer le jeu, aucun trophée n’est lié à l’histoire, et c’est tant mieux. Au cours de votre aventure dans Jusant, vous trouverez des secrets, parfois bien gardés, et des actions à réaliser : lettres, fresques, autels, cairns et coquillages, tous seront les sujets de collections poussées, et à chacune son trophée.

Puis il vous faudra réaliser des actions spécifiques à des moments donnés, ou non. Très simples, ces besognes sont avant tout des tâches amusantes plus que de vraies préoccupations. Une petite dizaine de trophées y est consacrée, de quoi glaner quelques points avec facilité.

Sachez qu’une fois le jeu terminé, un sélectionneur de chapitres sera débloqué. Ainsi, aucun trophée ne peut être manqué. En somme, la chasse à ces médailles se révèle globalement simple, bien qu’elle puisse vous obliger à revenir dans les entrailles de l’odyssée. Mais Jusant est assez court, à aucun moment cet ouvrage ne sera perçu comme compliqué.
Conclusion
Depuis notre départ dans ce Jusant, l’impression de découvrir la Tour n’a jamais été aussi grande. La perspective change à mesure que nous prenons de l’altitude, non pas pour un mal mais bien question de complétude. Jusant est un jeu d’éveil, une ode à la contemplation, un voyage à travers le passé, Jusant c’est le gage de vivre un récit fort, éloquent et ancré. Plus que d’autres titres qui ne misent que sur leur ambiance et leur fable, l’ascension de cette Tour propose un véritable jeu au gameplay simple mais efficace, et à l’histoire formidable.

Court, certes, Jusant est avant tout une expérience qu’il faut vivre pleinement et intensément, c’est en tout cas la recette parfaite, à notre avis, pour passer de bons moments. Prendre conscience des enjeux écologiques de notre époque, tel est le message, modeste et subtil que Jusant évoque. Dans les nuages nous nous sommes égarés. Des ravines à la grisaille des cols gelés, dans les nuages, l’eau nous regarde passer. Allons-nous un jour retrouver nos aimés ?

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J'ai aimé
  • Un voyage qui marque
  • La grimpette, agréable et bien pensée
  • La musique envoutante
  • Le message écologique subtil et pertinent
  • Le journal de Bianca, passionnant
Je n'ai pas aimé
  • Des graphismes jolis mais un peu datés
  • Des soucis de collisions
  • Ni danger, ni difficulté
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Je recommande ce jeu : À tous, Aux enfants, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile

jackajmm (Jackajmm)

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