Gylt

ps4

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 06/07/2023
Genre(s) : Action , Aventure
Territoire(s) : FRANCE

15 joueurs possèdent ce jeu
30 trophées au total
0 trophée online
16 trophées cachés

Platiné par : 8 joueurs (53 %)

100% par : 8 joueurs (53 %)


Pas de note
des joueurs

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par Flitterbloom le 10-07-2023 - Modifié le 18-07-2023


Introduction

Image

Le temps presse.


C'est le 6 juillet 2023 que GYLT, titre anciennement exclusif à feu la Stadia, arrive sur nos consoles PS4 et PS5. Développé conjointement par les studio Parallel Circles (Flat Heroes) et Tequila Works (RiME, The Sexy Brutale, Groundhog Day : Like Father Like Son...), GYLT vous propose de découvrir une aventure narrative horrifique.

Avant toute chose, sachez que le jeu traite d'un sujet pour le moins sensible et qui peut s'avérer difficile pour certains joueurs : le harcèlement scolaire. Étant donné le caractère véhément du sujet, il me semble de bon ton de vous prévenir au plus tôt.

Vous incarnez Sally, une petite fille de 11 ans qui continue de chercher sa cousine de 7 ans disparue, Emily, même après que le reste de la ville de Bethelwood (ville minière fictive du Maine) ait abandonné les recherches.

Chichement équipée, d'une simple lampe-torche, Sally se retrouve sans trop savoir comment dans une Bethelwood étrange, peuplée de monstres et... Emily ?!
Contenu du jeu
Vous commencez votre aventure en accrochant des affiches, et c'est l'occasion pour le joueur de découvrir dans quel contexte l'histoire se déroule grâce au monologue intrapersonnel de Sally : Emily, votre cousine, a disparue il y a de cela un mois, et plus personne ne la recherche. Enfin, plus personne à part vous, bien sûr.

Alors que vous recouvrez autant de surfaces que possible de vos affiches, quelques éléments perturbateurs se manifestent et vous vous retrouvez poursuivie par des "caïds", vous fuyez sur votre bicyclette et dans la précipitation vous chutez et cassez votre vélo. Vous voilà bien. Loin du chemin le plus court, vous n'avez d'autre choix que de déambuler jusqu'à l'usine pour votre solution de secours : emprunter le funiculaire pour pouvoir rejoindre la ville.

Une fois arrivée à la station, vous avez la bonne surprise de voir un homme étrange (et peut-être un peu effrayant ?) qui vous annonce la bonne nouvelle : vous pouvez prendre le funiculaire. Si vous trouvez un ticket. "Est-ce bien indispensable ?". Il semblerait, vous n'y couperez pas : pas de ticket, pas de trajet ; et une fois le billet en votre possession, non pas sans remarquer que l'homme a disparu, vous montez dans la cabine, et le téléphérique démarre.

Après quelques secousses, vous revoilà enfin sur le plancher des vaches, et pourtant quelque chose ne va pas. Bethelwood a changé, on dirait même qu'un séisme a bien amoché la ville pourtant si monotone ce matin encore. Et vous vous rendrez compte bien vite que ce n'est pas la seule chose étrange qui se trame dans le coin.

Le décor est posé, c'est maintenant que vos péripéties commencent. GYLT est une aventure narrative à parcourir en solo. Équipée de sa lampe-torche (rassurez-vous, vous trouverez quelques autres accessoires pour vous faciliter l'exploration au fur et à mesure de votre progression), Sally devra traverser l'école Bachman ainsi que ses différents bâtiments, et ses environs, à la recherche d'Emily, qui semble avoir trouvé refuge dans la zone.

Le jeu se compose principalement de phases d'infiltration (ou de fuite si la discrétion n'est pas votre fort) mais propose également quelques phases de puzzle aussi bien pour progresser que pour "récolter" les quelques 53 objets (21 livres, 10 hommes-pierres, 6 oiseaux en cage, 6 tableaux et 10 quartz de sang) répartis dans les différentes zones. Heureusement vous pouvez suivre la progression (globale, et par zone) de votre collection via les compteurs sous la carte en appuyant sur le pavé tactile.

Maintenant que vous savez que GYLT parle de harcèlement scolaire, vous ne serez pas surpris que l'action se déroule, majoritairement, dans une école (vous aurez également l'occasion de visiter une salle d'arcade et une mine). Et si je n'ose m'étaler, ne serait-ce qu'un peu plus, sur l'histoire afin d'éviter tout spoiler, je peux tout de même vous affirmer que l'ambiance y est vraiment glauque, en particuliers si vous avez une hantise des mannequins/pantins/poupées. Vos tribulations vous rendront témoin de nombreuses scènes (trop) typiques d'intimidation, d'abus et de violence : moqueries, tête dans les toilettes et j'en passe. Les monstres, malgré un bestiaire peu varié, ajoutent d'ailleurs énormément à l'ambiance.

... En tout cas au début. Difficile de nier (surtout après avoir fait 2 parties entières) que l'IA des monstres laisse à désirer. Une fois habitué vous vous rendrez compte que leur zone de détection est ridicule. Ridiculement petite. Résultat, on passe assez rapidement de la crainte à la (quasi, si vous vous retrouvez encerclé ça peut rapidement être le drame) promenade ; de l'infiltration accroupie à juste courir une fois qu'on connaît suffisamment la carte, même si le jeu fait tout pour vous mettre en difficulté : les emplacements des monstres sont régulièrement modifiés lorsque vous progressez dans l'histoire, servant, j'imagine, principalement à vous décourager de rebrousser chemin et à vous montrer quelle route vous devez suivre pour continuer d'avancer. À ces ennemis errants s'ajoutent quelques boss, ils sont peu nombreux mais chacun vous demande de recourir à une stratégie différente, de quoi varier un peu les plaisirs.

Enfin, sachez que vous n'êtes pas tout-puissant dans cet environnement. En plus de votre barre de points de vie, introduite rapidement des suites de votre accident de vélo, vous possédez une barre d'énergie qui vous empêchera de courir trop longtemps ; cette dernière se recharge avec le temps, votre vie dépend, elle, de consommables : vous trouverez des objets de soin sous forme d'inhalateurs. Pour autant vous n'êtes pas qu'une petite fille qui doit à tout prix se cacher, vous trouverez sur votre route quelques objets pour vous défendre et même une amélioration pour votre lampe-torche qui vous permet, purement et simplement, d'éliminer définitivement les monstres (au prix de piles que vous trouverez sur le chemin, et en quantité limitée, comme les inhalateurs ; l'éclairage est quant à lui illimité).

Vous pourrez parcourir l'histoire de GYLT en un laps de temps assez court ; comptez environ 3h en sachant globalement où aller, forcément plus lors de la découverte, surtout si vous fouillez bien, ma première partie a duré environ 6 heures. Notez également que le jeu possède trois fins différentes, la narration et le gameplay sont bien construits, suffisamment pour que vous compreniez rapidement comment débloquer chacune d'entre elles sans difficulté.
Aspect technique du jeu
Les graphismes plutôt enfantins contrebalancent la thématique abordée dans l'histoire de GYLT, sans jurer, la renforçant même. Les monstres ne sont pas agréables à l’œil sans pour autant être totalement répugnants, et c'est sur cet équilibre que l'ensemble du jeu semble construit au point de rappeler parfois l'univers Burtonien. Les petites cinématiques dessinées, également, m'ont chaque fois ravi par leur joliesse.

L'ambiance sonore est particulièrement marquante. Sans surprise, jeu horrifique oblige, les effets sonores, bruits des monstres et autres chutes de décor donnent le frisson ; et la musique n'est pas en reste : sans s'imposer, on se rend compte qu'elle nous accompagne au rythme de l'atmosphère, tantôt discrète lors de l'infiltration, soudain pressante lorsque Sally se fait repérer, tantôt mystérieuse, ou abrupte, lorsque l'ambiance d'une cinématique s'y prête. Elle renforce même ce ressenti "d'ambiance à la Burton" : lorsque j'ai entendu Lost in the Woods pour la première fois je n'ai pas pu m'empêcher de penser à L'Étrange Noël de Mr Jack.

Notons également qu'en plus d'être traduit, le jeu est entièrement doublé en français (enfin presque, l'un des caïds, durant le prologue, nous lance un superbe "Che lei fatto ?", mais c'est franchement négligeable). Le doublage est d'ailleurs de très bonne facture, rendant le jeu particulièrement immersif.

Côté gameplay je ne reviendrai pas sur l'IA qui nous facilite souvent un peu trop la tâche (certains monstres n'osent même pas passer les portes ! Ce qui peut, cela dit, s'avérer traître puisque d'autres ne s'en priveront pas), ce point a déjà été abordé plus haut. On peut cependant noter que la prise en main est plutôt aisée, bien aidée par le fait qu'on découvre les "outils" graduellement, on n'est jamais submergé d'information ou de touches à retenir, ce qui nous laisse le temps de nous habituer à chaque nouveauté.

Enfin, je n'ai rencontré aucun réel souci durant mon temps de jeu ; le seul "bug" (si l'on peut le qualifier ainsi) que j'ai pu constater est un petit problème d'animation sur Sally lorsque l'on veut ramasser un objet trop vite, et je n'ai aperçu ces petites saccades que lors de ma seconde partie. Connaissant les emplacements des objets, je me suis peut-être un peu trop précipitée... On notera aussi des temps de chargement parfois un peu longs.
Plaisir à jouer et à rejouer
C'est avec une joie non dissimulée que j'ai entamé mon aventure sur GYLT après plus de 3 ans et demi d'attente à guetter la fin de l'exclusivité Stadia. Ayant un attrait particulier pour ce genre de thématique, et d'ambiance, on partait plutôt d'un bon pied, le jeu et moi. J'ai accompagné Sally par deux fois dans sa quête de sauver Emily.

Ma partie découverte, bien que plus longue, fut loin d'être fastidieuse. On est forcément plus poussé à progresser lorsqu'on a une histoire à découvrir et j'ai pris énormément de plaisir à frissonner aux côtés de cette petite fille aux yeux vairons, au point d'être particulièrement investie aussi bien dans l'idée de ne pas la mettre en danger que dans sa mission de sauver sa cousine. Je me suis vite prise au jeu, j'ai passé la carte au crible en quête de chaque petit objet à collecter, de chaque homme-pierre à libérer, de chaque secret à trouver et j'ai également pris le temps d'écouter chaque dialogue d'interaction, aussi anodin puisse-t-il être. J'étais happée, attentive à chaque cinématique, habitée par l'envie de connaître la suite. Je trouvais la narration captivante et, aussi émotionnellement investie, j'ai eu quelques moments de stress un peu plus intenses, particulièrement une fois arrivée dans le Centre Artistique. Rien que d'y penser, j'entends encore les petits "Besoin d'aide... ?" qu'on entend pour la première fois dans ce bâtiment. Puis-je vous rappeler que le doublage est excellent ?

Il faut bien avouer que les "combats" de boss se sont avérés plutôt décevants. Puis la narration a commencé à prendre un tournant qui me plaisait de moins en moins ; mais qu'à cela ne tienne, il fallait sauver Emily et, tout comme Sally, il n'était pas question de l'abandonner à son sort. Une fois toute la carte accessible, j'ai décidé de revisiter chaque zone en quête des collectibles que j'aurais pu manquer.

Le moins que l'on puisse dire c'est que mon aventure dans Bethelwood ne m'a pas laissée indifférente. J'ai adoré le jeu dans sa globalité, son ambiance en particulier, le seul reproche que je puisse faire au jeu tient purement du ressenti personnel : je n'ai pas aimé la tournure que prend l'histoire. La thématique m'a semblé mal traitée, et, en conséquence, malgré un bon jeu, je ne pouvais m'empêcher d'être (un peu) déçue.

Il n'y a pas de réel intérêt à refaire une partie entière : le jeu vous permet de retourner visiter l'école et de changer le choix qui détermine quelle fin vous obtenez via une option "continuer". L'histoire reste la même en dehors de la dernière cinématique.
Chasse aux trophées
GYLT propose un platine (et 29 autres trophées) accessible et rapide, en particuliers si vous optimisez votre première partie.

Vous obtiendrez naturellement 10 trophées au cours de votre aventure et atteindre la fin du jeu vous en donnera au moins un onzième, un trophée étant lié à chacune des 3 fins. Seuls 2 trophées sont liés aux objets à collecter bien qu'ils vous demandent, au final, de récolter la majorité d'entre eux puisque seules les photos semblent dispensables : trouvez tous les oiseaux, (Or) Aidez les disparus en utilisant les quartz de sang pour libérer les hommes-pierres, et récoltez les livres d'Emily pour comprendre (Or) Ce qu'elle ressent.

2 autres sont liés à des niveaux de boss, pour l'un (Argent) Ne vous faites pas repérer, pour l'autre (Argent) Évitez la violence. Un autre encore vous demande de faire une partie sans éliminer le moindre monstre (sauf les boss, qu'il vous faudra forcément combattre pour progresser), (Or) Évitez tout conflit mais notez que 2 trophées lui sont antagonistes et vous demandent de tuer un monstre avec la lampe-torche et avec une attaque furtive.

Le reste de la liste est composé d'actions spécifiques à réaliser, comme rester au sec dans le prologue. Un trophée vous demandera de jeter une cannette sur un monstre (qui l'avait très certainement mérité !) ; pour un autre, toujours avec une cannette, il vous faudra faire un panier, par exemple.
Conclusion
Le titre s'apparente à un conte moderne avec sa thématique on ne peut plus actuelle. On est facilement happé dans cet étrange Bethelwood, et si on ne peut que se montrer de plus en plus audacieux face à ce jeu plutôt facile à appréhender, l'ambiance reste angoissante et prenante. Nul doute que GYLT trouvera sa place dans les bibliothèques des fans du genre "narratif horrifique".
J'ai aimé
  • Les cinématiques, très jolies
  • Une thématique d'actualité...
  • Un doublage en français de qualité
  • L'ambiance, malaisante à souhait
Je n'ai pas aimé
  • L'IA laisse à désirer
  • ... mais traitée trop en surface.
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Je recommande ce jeu : À tous, Aux curieux, À un public averti

Flitterbloom (Flitterbloom)

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