Grim Fandango Remastered

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 27/01/2015
Genre(s) : Aventure, Point&Click
Territoire(s) : FRANCE

2767 joueurs possèdent ce jeu
48 trophées au total
0 trophée online
42 trophées cachés

Platiné par : 1354 joueurs (49 %)

100% par : 1354 joueurs (49 %)


Note des joueurs :
3.5/5 - 111 notes

Note des platineurs :
3.7/5 - 91 notes

Test rédigé par matrobymat le 18-02-2016 - Modifié le 07-12-2016

Introduction

Sorti initialement en 1998 par le studio LucasArts, Grim Fandango nous revient dans une version remasterisée pour le plus grand plaisir des trentenaires ayant encore la possibilité de manipuler leur manette malgré leurs vieux doigts plein d'arthrite. Mais, dix-sept ans après, la production de Tim Schafer a-t-elle encore ce qu'il faut pour séduire les joueurs, notamment les plus jeunes n'ayant pas connu la version originale ?

Contenu du jeu

Many Calavera est un passeur. Coincé dans l'entre deux mondes, il a pour fonction d'aller chercher les âmes dans les corps encore chauds et de leur offrir le meilleur moyen de transport possible dans ce qui sera leur dernier voyage, dont le but final est de rejoindre le pays des morts pour y gagner le repos éternel. Destin cruel que de devoir offrir aux autres ce qui lui est refusé, Many espère payer sa dette le plus rapidement possible afin de pouvoir lui aussi quitter l'entre deux mondes. Pour cela, il espère tomber sur des "bons clients", des morts dont la vie irréprochable leur permet de s'offrir un ticket à bord du neuf express, un train tout confort amenant les morts rapidement à destination. Mais Many semble avoir la poisse, et ne tomber que sur des clients "moyens" dont les trop nombreux péchés les empêchent d’accéder à ce droit. Many va découvrir qu'il est en fait victime d'un complot, et l'aventure sera l'occasion de l'accompagner dans une espèce de road movie à la sauce mexicaine dont la destination finale sera l'apogée d'une histoire d'amour au pays des morts.

Vous l'aurez remarqué, le scénario de Grim Fandango est pour le moins étrange. Il s'agit bien là de la plus grande force du titre. En manipulant Many, vous n'aurez jamais l'impression de jouer à un jeu déjà fait. Point and click dans la plus pure tradition de ce qui se faisait dans ces années-là, Grim Fandango ne prend pas les joueurs par la main. Ici pas d'objets en surbrillance dans les écrans pour vous signifier qu'il y une interaction possible. Ici, pas d'aide d'aucune sorte, et vous devrez vous débrouiller par vous-même pour trouver les solutions des énigmes.

Au cours des quatre longs chapitres que propose le jeu, vous devrez donc tout explorer, tout fouiller et tout essayer par vous-même, vous fiant aux seuls minimes indices que vous donnera Many lorsque vous essaierez un des objets de votre inventaire pour résoudre une situation donnée. Vos méninges seront parfois mises à rude épreuve, certaines énigmes n'étant franchement pas simples à résoudre. Cela est probablement dû au scénario loufoque et aux situations étranges que cela implique. Chaque chapitre correspond à une année passée dans l'entre deux mondes, et à un endroit différent. Chaque lieu est assez vaste et assez riche en pièces et objets différents pour que le joueur ait un panel d'actions possibles et réalisables afin de se retrouver dans l'incertitude. Les solutions des énigmes ne sautent pas immédiatement aux yeux, et il faudra tout de même se creuser la tête pour tout résoudre par soi-même, ce qui est une bonne chose.

La durée de vie est donc bonne pour le genre, sans dépasser les standards, mais pratiquement sans aucune redondance.
Note : 4/5

Aspect technique du jeu

Soyons clairs, le terme "Remastered" accolé à la version 2015 de ce jeu est largement usurpé. Dans les faits, il ne s'agit pas d'une version remasterisée, mais bien d'un simple portage, bête et méchant. A peine les cinématiques sont-elles un peu plus belles, et encore, en plissant les yeux. Les textures quant à elles ont soi-disant été passées en HD, mais en toute honnêteté, de HD je n'ai pas vu. Le tout est franchement moche et les animations sont saccadées. Old school, Grim Fandango nous permettra de nous rendre compte des évolutions graphiques qui ont bénéficié à nos expériences de joueur en une quinzaine d'année, et ce sera son seul point positif du côté graphique.

Côté sonore, même si là encore, rien n'a été retouché pour cette version, la limonade (ou plutôt la tequila) n'est pas la même. L'ambiance est un pur bonheur. Les dialogues doublés entièrement en français sont superbes (à part pour Glotis qui surjoue systématiquement et qui finit par énerver à la longue) et l'accent mexicain des personnages est charmant et nous met parfaitement dans l'ambiance. On s'y croirait. Les musiques d'accompagnement sont elles aussi parfaites, collent bien aux situations et ne sont jamais entêtantes dans le mauvais sens du terme, même lorsque l'on reste plusieurs minutes au même endroit, coincé par une énigme récalcitrante. Une franche réussite.

Volontairement, je ne parle pas du gameplay ici, j'y reviendrai dans la partie "Plaisir à faire les trophées".
Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer

Grim Fandango n'a rien perdu de sa superbe. L'humour noir est maîtrisé ici à la perfection, tant dans les dialogues que dans les situations. Les personnages sont bien travaillés et immédiatement attachants. On se prend d'amitié avec notre Many qui se lance à la poursuite de son âme sœur et qui fait preuve d'une adaptabilité impressionnante à toutes les situations. Vous vous amuserez à découvrir tous les personnages qui ont chacun une touche personnelle et une histoire à raconter. L'ambiance est légère et bien travaillée.

Le joueur pestera tout de même contre un inventaire pas franchement agréable à utiliser. En effet, en pressant la touche de l'inventaire, le jeu zoome sur la veste de Many, de laquelle il sort ses objets un par un. En utilisant les flèches directionnelles, Many présente les différents objets, mais il est impossible d'avoir une vue d'ensemble de ceux-ci pour choisir directement celui qui nous intéresse. S'ensuivent de longues secondes à chercher le bon objet. C'est un détail, mais ce n'est pas vraiment pratique.

Enfin la rejouabilité est quasiment nulle, mais cela est plutôt logique dans ce genre de productions. Bien sûr, une fois les solutions des énigmes connues, et l'intrigue résolue, il n'y aura plus aucune surprise et plus d’intérêt à rejouer le jeu une seconde fois.
Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%

En 1998, les trophées n'existaient pas. Les développeurs de Double Fine ont certainement voulu punir Sony de les avoir obligé à en implémenter dans leur version de Grim Fandango. Je ne vois pas d'autre explication à ce massacre en règle. Rarement des trophées ont été aussi inutiles, hors de propos et malavisés dans un jeu d'aventure. Je vous retranscris donc la réunion de travail de l'équipe de développement concernant les trophées, dans son intégralité :

"Bon, les gars, vous le savez, les trophées sont obligatoires maintenant, donc... Qu'est-ce qu'on fait ? Quelqu'un a une idée ?
- ...
- ...
- ...
- Pas tous en même temps les gars...Ppersonne n'a d'idée ? Vraiment ?
- ...
- ...
- Hmm je ne sais pas patron, on pourrait peut-être ajouter des c..
- Hé, je sais, et si on se contentait de déclencher des trophées lorsque le bon dialogue serait choisi par le joueur ?
- Waou, super comme idée ça ! Allez, pause déjeuner pour tout le monde !"

Point à la ligne. Trois lignes de code plus tard, les trophées de Grim Fandango étaient bouclés. En effet, tous les trophées du jeu se débloquent soit automatiquement lors de la progression de l'histoire, soit lorsque vous sélectionnerez un commentaire précis dans les dialogues. Qui plus est, la plupart du temps, il ne s'agira par de trouver le bon dialogue faisant avancer le schmilblick, mais souvent un dialogue tapant à côté de l'intrigue.

Tous les trophées ? Noooon, pensez-vous. Non content de manquer totalement d'idée pour les récompenses, Double Fine a carrément réussi à saper la seule et unique amélioration apportée au jeu : les déplacements ! En effet, la version originale souffrait de déplacements chaotiques, lourds, et imprécis. Many ne pouvait pas tourner lorsqu'il avançait. En gros, à l'arrêt, vous l'orientez, et une fois dans la bonne direction, vous avancez. Le joueur s'arrachait régulièrement les cheveux pour diriger Many dans le bon sens, et dès que la caméra changeait d'angle, il commençait à grignoter sa manette tellement il fallait redoubler d'effort pour aller dans la direction souhaitée. Double Fine, dans sa version remasterisée, a amélioré ceci, offrant enfin à Many des mouvements digne de sa classe et de sa prestance. Il devient ainsi, même si ce n'est pas encore parfait, bien plus simple qu'avant de déplacer notre héros. Sauf que, chose totalement incompréhensible, un trophée oblige le joueur à faire toute l'aventure, dans son entièreté, avec les contrôles à l'ancienne.

Comme le dirait l'une des plus grandes philosophes de notre siècle : "non mais, allô quoi ? Tu t'es déjà pas foulé pour les améliorations dans ton jeu, en plus tu annihiles la seule qui existe ? Allô quoi !"
Note : 1/5

Conclusion

La mode des versions remasterisée a encore frappé. Dans celle-ci, ne cherchez pas la moindre trace de nouveauté, d'amélioration ou d'upgrade, vous n'en trouverez pas. Clairement destinée aux fans les plus anciens d'entre nous, cette version de Grim Fandango aura certainement du mal à trouver un nouveau public tellement elle est dépassée et montre un manque total d'ambition et d'idée de la part de l'équipe de développement. Heureusement que l'aventure originelle était, elle, excellente, car sinon ce chef d'oeuvre du genre aurait été bien mal servi par cet opus.
Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
12
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matrobymat (matrobymat)

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