Flipping Death

ps4

1
10
2
0
13
2

Infos complémentaires

+ -
Date de sortie : 07/08/2018
Genre(s) : Aventure
Territoire(s) : FRANCE

78 joueurs possèdent ce jeu
13 trophées au total
0 trophée online
0 trophée caché

Platiné par : 58 joueurs (74 %)

100% par : 58 joueurs (74 %)


Note des joueurs :
4/5 - 3 notes

Note des platineurs :
4/5 - 3 notes

Test rédigé par WhiteRabbitHunter le 02-05-2021 - Modifié le 02-05-2021

Introduction

Image

Habitué de l’industrie, le studio indépendant suédois Zoink! n’en est pas à son premier coup d’essai sur les consoles de tonton Sony. En 2016, ils ont notamment été les premiers à intégrer le programme EA Originals en 2016 en développant Fe. Cependant, Flipping Death se rapproche bien plus de leur premier titre sur Playstation à savoir Stick It to the Man sorti en 2013. En effet, mêlant des éléments de jeu d’enquête aux influences très prononcées du point’n’click dans sa façon d’appréhender les solutions, le jeu se démarque par un univers particulièrement loufoque et absurde. Le tout s’en voit accentué par une direction artistique en 2D très particulière.

Sorti en 2018, Flipping Death continue donc dans la droite lignée de son prédécesseur en proposant un jeu d’enquête humoristique en 2D et sur le même ton graphique (que l’on évoquera ci-dessous dans la section « Aspect technique »). Ici, nous suivrons les pérégrinations de Penelope Doewood aka Penny. Après s’être faite une énième fois virer de son petit boulot aux pompes funèbres, elle décide de lâcher la pression en allant en soirée avec son petit ami. Manque de bol, la téméraire jeune femme meurt accidentellement et se retrouve dans le monde des morts. Suite à un quiproquo improbable, elle est embauchée par la Mort elle-même pour aider les âmes en peine, lui permettant de prendre des vacances bien méritées sur la Lune.
Contenu du jeu
En termes de contenu, Flipping Death se constitue du plus simple appareil. Composé uniquement d’un mode Histoire, le titre nous conte les péripéties de Penny en tant que faucheuse intérimaire sur une totalité de sept chapitres. Ceux-ci sont très plaisants à parcourir et s’enchaînent très bien. Il faut cependant compter cinq heures grand maximum pour en atteindre le bout (en occultant les défis optionnels). Autant dire que le CDD de notre héroïne est bien court. Nous verrons plus bas si c’est un contrat renouvelable.

Ceci étant, Flipping Death nous offre une pléthore de personnages plus déjantés les uns que les autres. Les dialogues entre Penny et chacun d’eux sont drôles et fournis, nous permettant d’apprécier leur absurdité caricaturale. En plus des personnages que l’on peut posséder dans le monde des vivants, Penny fera la rencontre des âmes en peine du côté du monde des morts. À contrario des vivants, ces fantômes constituent plus des PNJ qui nous donneront différentes missions à compléter pour leur permettre de rejoindre le repos éternel.

Chaque chapitre correspond à un gros puzzle où s’enchevêtrent des plus petits. À la manière des point’n’click des années 1990, il sera donc nécessaire d’explorer l’étendue des deux mondes et d’exploiter les caractéristiques de chaque personnage vivant pour parvenir à trouver les solutions. Malgré le fait que ces énigmes soient bien ficelées, leur difficulté est très faible et il sera donc aisé de les résoudre. Si chaque chapitre est plus fourni et plus étendu que le précédent, la difficulté ne croît absolument pas tout le long du jeu.

Constitué d’une galerie de personnages excentriques, il aurait été dommage de ne pas faire honneur à leur écriture. Ainsi, au-delà des missions principales, le joueur pourra relever différents défis au sein d’un chapitre et dont la récompense sera une « carte spectrale » permettant d’en connaître plus sur un personnage en particulier (et aux développeurs de s’en donner à cœur joie sur les vannes). N’ayant aucun indice sur la nature de chaque défi hormis par son intitulé, ce sera à nous d’explorer la carte et les possibilités offertes par les personnages et l’environnement, permettant de rallonger la durée de vie du titre. Pour autant, ceux-ci ne sont pas un bien gros obstacle et cela étirera la durée totale à 10 heures grand maximum.

Pour conclure cette partie, Flipping Death possède un contenu bien léger malgré un narrative design fourni compte tenu de la durée du jeu. Les énigmes sont assez variées mais ne constituent pas un challenge important. Les défis optionnels permettent tout de même de rendre l’ensemble plus consistant.


Trophee
Aspect technique du jeu
Image
Commençons par ce qui frappe en premier lorsqu’on s’attaque à Flipping Death : sa Direction Artistique (DA). Si certains ont joué à Stick It to the Man, ils ne seront pas dépaysés. Toutefois, force est d’admettre que la DA est particulièrement atypique et fonctionne très bien. Elle se corrèle parfaitement à la narration loufoque et délirante qui nous porte tout le long de l’aventure. Les membres des sprites de personnages très désarticulés renforcent l’aspect grotesque de chacun d’entre eux, rendant l’ensemble cohérent et très sympathique à l’œil. Il est indéniable que ce style très original ne conviendra pas à tout le monde. Mais ici, nous sommes face à une particularité visuelle vraiment réussie.

Malheureusement, d’un point de vue technique, le tout est gâché par une gestion des collisions entre les environnements et les sprites de personnage très chaotique. Ainsi, là où il sera nécessaire de pousser un objet pour avancer dans la quête, on sera face à des collisions très disgracieuses voire par moment entravantes entre le personnage et l’objet en question. À d’autres moments, on peut carrément flotter dans le vide car la box collision de la plateforme est plus large que le visuel (Cf. Photo 2 de cette partie). J’ai pu également constater, lors d’une de mes sessions de jeu, des bugs au niveau des animations. Plus précisément, celles-ci ne se déclenchent tout simplement pas lorsqu’on marche avec le personnage que l’on possède (constaté avec Tina). Cela n’affecte en rien l’expérience de jeu et peut très certainement paraître comme du pinaillage, mais avoir une DA jouant sur le grotesque ne justifie pas de lésiner sur les finitions graphiques.

Image
La mécanique principale du jeu est celle du switch entre les deux mondes, entre celui des vivants et celui des morts. En d’autres termes, le monde que l’on parcoure est comme les deux faces d’une même pièce, permettant l’interconnectivité entre les deux. Ce principe de base va ainsi permettre à Penny de débloquer des situations en se baladant entre chacun. Mettant en scène des énigmes à résoudre via un enchaînement de situations grotesques, on peut très nettement considérer Flipping Death comme étant par essence un puzzle-game en 2D.

Si dans le domaine des morts elle peut se balader librement, de l’autre côté, elle ne pourra faire de même qu’en possédant un être vivant. Pour ce faire, Penny doit dépenser différents types de ce que j’appellerais du « plasma fantomatique ». Au nombre de trois, ils ont des manières différentes d’être collectés. La forme de base ressemble à des petites bulles qui se baladent en amas à des endroits précis et fuient notre héroïne lorsqu’elle approche. Le second type correspond à un parcours à effectuer dans le temps imparti pour être récompensé de plusieurs unités de plasma une fois achevé. Enfin, le troisième type correspond à une sorte de méduse qu’il faut éviter durant un certain temps jusqu’à ce qu’elle explose. Le plasma récolté, on peut alors posséder les êtres vivants contre un nombre d’unités variable. Et là, nous touchons à un véritable problème de gameplay dans Flipping Death. Ces phases de récolte n’ont strictement aucun impact sur notre façon d’appréhender la narration ou la mécanique de base. Elle ne constitue aucun challenge et paraît comme une façon maladroite de combler le vide structurel du game design du jeu.

Cela ternit un level design qui, malgré sa simplicité, est bien organisé et cohérent. Les solutions sont logiques et s’enchaînent sans risquer d’être au point mort car bloqué par une situation non prévue par le jeu ou autre. La carte se parcourt facilement en nous laissant la possibilité de se téléporter vers les personnages déverrouillés, permettant d’aller d’un bout à l’autre de la carte très rapidement. Pratique pour ne pas s’ennuyer à se retaper les mêmes trajets entièrement (même si la carte n’est pas bien grande).

Les contrôles de Penny répondent correctement. Pouvant lancer sa faux en orientant (stickD) puis en appuyant sur (R2) , cela permet d’effectuer des sortes de dashs en se téléportant au point où la faux est lorsqu’on appuie de nouveau sur (R2) . Si l’on effectue l’opération alors que la faux est en l’air, un élan propulse de façon assez imprécise Penny. Cela peut se révéler pratique pour atteindre des plateformes élevées plus rapidement mais c’est bien plus embêtant lorsque la récolte du deuxième type de plasma joue sur cette mécanique. Le contrôle des êtres possédés par Penny sont quant à eux encore moins ergonomiques. Pour orienter le pouvoir du personnage, il existe deux possibilités : soit l’activer avec (R2) , soit orienter (stickD) dans une direction (en sachant que les pouvoirs nécessitant d’appuyer sur (R2) demandent aussi de manipuler dans une direction avec (stickD)). La touche (croix) permettant de sauter, on se retrouve alors avec trois commandes principales pour seulement deux doigts disponibles à la main droite. Notre pouce se retrouve donc surchargé si l’on veut orienter le pouvoir et sauter en même temps.

Plus embêtant encore, il m’est arrivé par deux fois de me retrouver bloquée lors d’un switch entre les deux mondes, Penny ayant disparu (Cf. Photo 3 de cette partie). Seule solution, quitter la partie et la relancer…

Image
L’ambiance sonore de Flipping Death accompagne avec justesse les situations. La musique de fond joue sur des sonorités très jazzy et se complète très bien avec le style visuel très atypique du titre. On peut seulement regretter des boucles assez répétitives qui deviennent lassantes à la longue.

Côté doublage, rien a redire. Les voix correspondent très bien à chaque personnalité et renforcent leur aspect caricatural. Le jeu possède uniquement des voix anglaises, avec présence de sous-titres en français. Petit bémol sur ce point qui ne ravira pas les non-anglophones : la synchronisation entre les voix et les sous-titres est par moment mauvaise.


En bref, Flipping Death est techniquement un jeu perfectible, parsemé de vilains défauts de finition qui gâchent une mécanique centrale pourtant très intéressante et une DA originale qui assume à 100% son esthétique grotesque.


Trophee
Plaisir à jouer et à rejouer
Malgré les différentes coquilles techniques que nous avons évoqué précédemment, Flipping Death est un jeu vraiment sympa à parcourir. Chaque personnage possède sa propre histoire, son propre background que l’on prend plaisir à découvrir en lisant dans leurs pensées lorsqu’on les possède avec Penny en appuyant sur (L1) . Même si l’histoire principale ne casse pas trois pattes à un canard, on s’amuse tout autant que devaient l’être les développeurs en nous concoctant les dialogues humoristiques qui parsèment le titre. Très clairement, l’écriture est le point fort du jeu.

C’est donc dommage qu’il possède une durée de vie très minime. De plus, les énigmes n'étant déjà pas bien compliquées à la base, les astuces présentes dans le menu pause pour nous aider en cas de blocage donne le coup de grâce à une difficulté déjà presque inexistante. Pour autant, les personnages sont très divers et tous très étoffés. Peut-être n’était-il pas nécessaire d’en rajouter plus au détriment de la qualité narrative de ceux déjà présents ? Après tout, nous sommes ici face à un petit jeu indépendant qui se fait un plaisir de parodier et détruire les différentes techniques de narration (sur la notion de flashback, le 4ème mur,…).

En termes de re-jouabilité, celle-ci semble bien faible. L’histoire ne possédant qu’une fin unique, il n’y a aucun intérêt à relancer le jeu pour en voir d’autres. D’autant qu’après avoir terminé le jeu une fois, on peut se replonger dans chaque chapitre via un menu dédié dans le menu principal. Donc partir à la recherche des cartes spectrales en relevant les différents défis ne demandera même pas de relancer l’entièreté du jeu, mais uniquement de recommencer un chapitre dès le début (en sachant donc qu’ils ne sont vraiment pas longs à finir).

Au final, on prend plaisir à jouer au titre de Zoink! mais une fois le périple accompli, le CDD de Penny n’est pas vraiment renouvelable.


Trophee
Chasse aux trophées
Tout comme le jeu dans sa globalité, la chasse au précieux (Platine) ne sera pas bien difficile ici. Comptant une petite liste de 12 trophées, ceux-ci sont uniquement des trophées (Argent) et majoritairement des trophées (Or) , pas de trophée (Bronze) au programme. Toutefois, les trophées sont très divers et nécessiteront de réaliser différentes performances comme par exemple le trophée (Or) Problème cardiaque éventuel qui consiste à effrayer un personnage pendant 60 secondes.

Globalement, cette chasse nous pousse à explorer en profondeur le titre comme le trophée (Or) Maître-télépathe qui se déverrouille après avoir lu dans les pensées de 40 personnages. Bien entendu, le classique trophée des collectibles est présent. Nommé (Or) Attrapez-les tous, il vous demandera de collecter l’ensemble des cartes spectrales du jeu. Etant donné que celles-ci se déverrouillent en accomplissant des défis et nous en apprennent plus sur les personnages barrés de Flipping Death, son obtention n’est pas rédhibitoire.

En somme, une petite chasse aux trophées sympathique, sans prise de tête et offrant un (Platine) facile à ajouter à sa collection, d’autant plus si vous suivez le super guide de l’ami JohnBuckheart.


Trophee
Conclusion
Mais alors, que peut-on retenir de ce Flipping Death ? Et c’est ici une question bien difficile à se poser. Si le jeu est vraiment très fun grâce à une écriture et un narrative design soignés, on ne peut outrepasser ses petits problèmes de finitions. Pire encore, on ne peut pas fermer les yeux sur les mécaniques de jeu dépourvues d’intérêt qui démontrent d’une certaine faiblesse du côté du game design. Pour conclure, il vaut mieux prendre ce titre du studio suédois comme une bonne tranche de rigolade qui nous donnera le sourire pendant plusieures heures, un divertissement agréable et barré. Bref, l’intention des développeurs en somme…
J'ai aimé
  • Une Direction artistique originale
  • Une histoire simple mais bien écrite, loufoque et drôle
  • Des personnages excentriques agréables à découvrir
  • Une chasse aux collectibles qui se complète bien au jeu
  • Un sound design très sympa...
Je n'ai pas aimé
  • ...mais vite répétitif
  • Une gestion des collisions foireuse
  • Des briques de gameplay assez inutiles
  • Une difficulté quasi-inexistante avec les astuces
13
Je recommande ce jeu : Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile

WhiteRabbitHunter (FunkyWhiteRabbit)

63
289
811
2308