Final Fantasy VII Rebirth

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 29/02/2024
Genre(s) : RPG
Territoire(s) : FRANCE

3511 joueurs possèdent ce jeu
61 trophées au total
0 trophée online
33 trophées cachés

Platiné par : 155 joueurs (4 %)

100% par : 155 joueurs (4 %)


Note des joueurs :
4.9/5 - 51 notes

Note des platineurs :
4.6/5 - 12 notes

Test rédigé par Magmarex le 05-03-2024 - Modifié le 11-04-2024

Introduction

Image

Cela fait maintenant quatre ans que Final Fantasy VII Remake est sorti. Quatre années passées à théoriser sur la suite des événements. Il faut dire que loin d'être un simple remake, ce jeu n'était que la première pierre d'un vaste chantier de réécriture visant à étoffer le matériau de base tout en raccrochant tous les wagons des multiples œuvres composant l'univers étendu du septième Final Fantasy. Un projet colossal de la part de Square Enix car touchant là à un titre considéré comme légendaire.

Deuxième épisode de cette nouvelle trilogie, et exclusif à la PS5, Final Fantasy VII Rebirth a pour mission de répondre aux promesses de Remake, maintenir l'intérêt des nouveaux joueurs et satisfaire les attentes des anciens. Pari réussi ?
Contenu du jeu
Avant toutes choses, reposons les bases. Final Fantasy VII Rebirth est la suite de Final Fantasy VII Remake. Il s'inscrit dans un projet de trilogie visant à réécrire et réactualiser le Final Fantasy VII original sorti en 1997 sur PS1. S'il est donc plus que recommandé d'avoir fait Remake, il n'est en revanche pas obligatoire d'avoir joué au titre original ou à ses multiples spin-offs (Crisis Core, Dirge of Cerberus, Ever Crisis...) pour pleinement apprécier le scénario.

Final Fantasy VII Rebirth reprend là où nous avions laissé Remake. Installés dans l'auberge de Kalm, Cloud raconte à ses compagnons les événements ayant fait basculer Sephiroth, l'antagoniste principal, du côté obscur. Ainsi, l'entièreté du premier chapitre – sur les quatorze que compte le jeu – consistera en un long flashback servant de tutoriel. Suite à cela, l'aventure de nos héros reprendra et les fera voyager dans de très nombreux endroits à la poursuite de l'ancien SOLDAT légendaire. Difficile d'en dire plus sans risquer le spoil mais sachez que vous rencontrerez de nouveaux personnages, en retrouverez des anciens mais serez aussi amenés à (re)faire connaissance avec certaines têtes connues d'autres œuvres rattachées à FF VII. Ainsi, et même si ce n'est pas primordial à la compréhension générale du titre, être au fait des événements des précédentes œuvres liées à cet univers sera un plus pour saisir toutes les références et les relations entre les personnages. Un moyen de satisfaire les fans hardcore donc sans pour autant dérouter ou perdre ceux qui prennent le train en marche.

Concernant le rythme du titre, l'aventure gère plutôt bien la balance entre moments scénaristiques forts et séquences plus calmes voire loufoques – Costa del Sol ou le Gold Saucer sont de vraies réussites d'ailleurs – puisque dans tous les cas le joueur en apprendra plus sur les personnages, leurs objectifs ou le fonctionnement du monde qui les entoure. Il en ressort un scénario captivant du début à la fin, plaisant à suivre et réussissant à nous faire passer du rire aux larmes en l'espace de quelques scènes. On peut féliciter pour cela le travail d'écriture des personnages qui s'avère excellent. L'intégralité du casting se voit attribuer plusieurs séquences explorant leur passé et renforçant leurs liens avec les autres – notamment au travers de passages purement humoristiques qui fonctionnent très bien – mais aussi avec le joueur qui aura forcément ses favoris. Dommage que les antagonistes ne puissent en dire de même et soient un peu laissés sur la touche durant une partie de l'aventure.

Dans tous les cas, le scénario se suit avec l'envie d'en voir toujours plus et il est bien difficile de poser la manette à la fin d'une session de jeu tant le titre ne cesse de nous surprendre. Il est de plus assez remarquable que le jeu ne s'essouffle jamais vraiment. Certes, il y a quelques événements un poil moins intéressants pour la trame générale mais ces derniers contribuent à enrichir l'univers en nous faisant interagir avec les habitants de cette planète phagocytée par la Shinra. Il en ressort une véritable empathie pour ces femmes et hommes qui luttent pour vivre décemment dans un monde en danger. De plus, conscient que tous les joueurs ne sont pas fans de ce genre de passage, le titre vous propose d'écourter certains de ces segments en vous contentant du minimum syndical. Par exemple, lors d'un moment clef du chapitre 5, il vous sera demandé de réunir dix groupes mais seuls cinq suffisent pour progresser. Une bonne initiative si vous souhaitez aller au plus vite. Mais tout faire à fond vous récompensera avec des objets et des petites saynètes amusantes. Quant à la fin de cet épisode, tel Remake à l'époque, il n'est que l'amorce d'un nouveau départ – le dernier – et risque d'enflammer les internautes durant plusieurs mois, voire années. Une fin qui m'a personnellement laissé un peu circonspect, notamment à cause de quelques circonvolutions scénaristiques prises par les développeurs pour essayer de répondre à un maximum de questions et surtout de relier tous les jeux entre eux. En témoigne un retournement de veste arrivant très tôt dans l'aventure, comme pour se débarrasser d'un élément finalement plus encombrant qu'autre chose... Encore une fois, seule l'ultime partie nous dira si c'était le bon choix.

Dans le Final Fantasy VII de la PS1, Midgar n'était que le prologue. Un début dirigiste, en marche forcée, mais qui fonctionnait très bien. En prenant le parti d'en faire un jeu à part entière pour Final Fantasy VII Remake, Square Enix a risqué de décevoir une frange de joueurs s'attendant à quitter les murs de l'oppressante cité puisque le jeu commence véritablement une fois sur la carte du monde. Se sachant attendu à ce niveau, les développeurs prennent un malin plaisir à retarder notre envol en nous cantonnant à la ville de Kalm. Un lieu fourmillant de vie, de PNJ, de détails et autres secrets cachés. Parcourir les rues, outre pour la beauté des lieux, est un moyen de découvrir les différentes boutiques – dont les bibliothèques que nous aborderont plus loin – mais aussi les nouvelles activités annexes comme de (très) nombreux mini-jeux ou bien les panneaux de quêtes de mercenaires. Ces quêtes scénarisées vous demanderont diverses tâches et vous récompenseront toujours avec des objets intéressants, des séquences de jeu inattendues ou des retrouvailles avec d'anciens personnages. Cependant, le jeu ne nous force absolument pas à réaliser tous ces à-côtés dès que vous les voyez. Cela reste du contenu optionnel, qui plus est non limité dans le temps. Libre à vous donc de vous consacrer entièrement au scénario et de revenir plus tard pour réaliser ces tâches. Se faisant, vous pourrez tester le mode de difficulté dit « dynamique » qui adapte le niveau de vos adversaires au vôtre, évitant ainsi qu'une équipe surentraînée de fin de jeu atomise une troupe d'Eskuriax niveau 10...

Une fois votre visite terminée, le jeu vous laisse enfin faire vos premiers pas sur les plaines verdoyantes entourant Kalm et on ne peut que constater l'immense travail accompli pour rendre vivant ce qui n'était qu'un triste terrain plat verdâtre sur PS1. Du relief, de la végétation, des animaux vaquant à leurs occupations mais aussi des ruines et autres bâtiments abandonnés témoins d'un violent passé, tout est mis en place pour se perdre dans la contemplation des lieux. Puis arrive Chadley. Dans Remake, il vous donnait accès au simulateur de combat tout en vous confiant plusieurs missions annexes nous rappelant que nous étions dans un jeu vidéo. Il est de retour dans Rebirth pour remplir le même rôle mais à cela s'ajoutent les « rapports d'exploration ». Ces rapports ne sont ni plus ni moins que des tâches somme toute basiques dans un monde ouvert : activer des tours pour marquer sur votre carte les événements environnants, affronter des ennemis rares, trouver des puits d'énergie ou des sanctuaires d'Esper... Rien de bien original. Si des récompenses sont à la clef, ces activités restent un poil redondantes et peuvent casser le rythme global de la trame principale. Une exception toutefois pour les quêtes liées aux protoreliques. Ces dernières proposent du contenu scénarisé intéressant et sont l'occasion de réaliser des combats très cools, de jouer à des mini-jeux uniques ou de découvrir des zones cachées riches en lore.

Concernant la structure même du jeu, nous ne sommes pas en présence d'un monde ouvert mais plutôt face à une succession de régions semi-ouvertes indépendantes les unes des autres. Ce n'est qu'à la fin du jeu, que vous pourrez explorer librement l'intégralité de la carte. Cette segmentation répond à plusieurs impératifs dont le principal est la conservation d'un rythme agréable et un minimum soutenu. Afin de garder une certaine intensité dans le scénario, les développeurs ne pouvaient pas laisser vagabonder les joueurs jusqu'au bout du monde. Au final, Rebirth reprend la même structure que le jeu original à ce niveau là et nous oblige à progresser zone par zone. En faisant ainsi, le joueur n'est pas surchargé d’icônes ou de quêtes secondaires – les régions en comptent finalement assez peu – et les développeurs ont pu offrir une véritable identité à chaque région en leur conférant des spécificités ludiques uniques grâce aux chocobos. Ces gros volatiles, mascottes de la série, se déclinent en plusieurs couleurs selon leurs capacités. Ainsi, les chocobos noirs de Junon peuvent escalader les parois abruptes tandis que l'espèce endémique de la région de Nibelheim, caractérisée par son plumage bleu, peut nager. De quoi constamment renouveler le plaisir de jeu.

Il y a donc à boire et à manger dans le monde de Rebirth et si certains seront chafouins face aux activités proposées ou le manque de vie, n'oubliez pas que rien ne vous oblige à les faire et que vous êtes dans un monde se faisant aspirer toute son essence vitale. Reste que la simple traversée pour aller d'un objectif principal au suivant est agréable, la sensation de voyage est grisante et finalement, c'est tout ce qui compte. On pourrait même arguer que les séquences ouvertes du titre sont optionnelles et servent simplement de sas de décompression – que vous pouvez réduire au maximum – avant la prochaine avancée majeure du scénario. Le jeu ne se prive d'ailleurs pas de vous ôter par moments votre liberté pour vous remettre sur les rails de l'histoire. Rendossant de ce fait sa casquette de jeu narratif et nous rappelant que l'objectif premier du titre n'est pas d'être un open-world mais bien un RPG basé sur son scénario avant tout.
Aspect technique du jeu
Gambader dans la cambrousse, c'est chouette mais c'est s'exposer à des rencontres avec les monstres du coin. Fort heureusement, le système de combat efficace de Remake, mêlant temps réel et pauses tactiques, fait son retour avec de nombreux ajustements. S'il faudra toujours switcher entre nos trois personnages pour remplir les jauges ATB – c'est grâce à elles que l'on peut utiliser magies et techniques spéciales –, nos héros ont de nouvelles capacités visant à pallier certains défauts du jeu précédent. Ainsi, tous ont désormais accès à des compétences infligeant des dégâts élémentaires sans user de PM, ce qui évite de rester bloqué face à un ennemi si l'on n'a pas la magie adéquate. Mais le plus gros ajout reste les attaques combinées. En gardant enfoncée la touche de garde – qui peut annuler totalement les dégâts si déclenchée au bon moment – vous aurez accès à quatre techniques différentes suivant le personnage contrôlé et les coéquipiers à vos côtés. Ne requérant ni PM, ni ATB, ces attaques combinées permettent de réaliser des combos aériens, de faire des esquives parfaites ou d'utiliser de la magie avec un personnage n'en ayant plus. À cela s'ajoutent les techniques synchronisées, sorte de super attaque en duo, offrant divers bonus comme un rallongement de la durée de choc ou une annulation provisoire des coûts en PM.

Indépendamment de ces ajouts, chaque membre du groupe a vu son gameplay peaufiné. Tous ont leurs forces et faiblesses et sont spécialisés dans un rôle particulier. Red XIII assume le rôle de tank et détruira vos ennemis avec ses contres alors que Yuffie alternera entre attaques au corps-à-corps et magies à distance. Les développeurs ont réussi le tour de force de rendre tout le casting fun à contrôler et c'est très compliqué de choisir une équipe fixe. À ce propos, Rebirth reprend l'idée de Remake de nous faire jouer d'autres personnages que Cloud mais pousse le concept plus loin. Tous les héros auront leur propre séquence de jeu avec des gimmicks de gameplay adaptés. La plupart du temps, ça marche très bien mais, je dois avouer avoir grincé des dents face à la mécanique associée à Cait Sith... Il n'empêche que diriger nos compagnons est un plaisir et donne lieu à certaines compositions d'équipes amusantes. Mais aussi quelques combats de boss bien ardus !

Car oui, les boss sont bien évidemment présents et en plus grand nombre qu'avant. Loin d'être de simples sacs de frappe, ils vous demanderont de l'analyse et une vraie stratégie pour en venir à bout. Certains joueront sur votre placement quand d'autres refuseront de tomber si vous n'usez pas des bonnes techniques. Comme précédemment, passer vos adversaires en choc s'avérera crucial rendant presque leur barre de vie anecdotique. Outre une mise à l'épreuve de vos talents de stratège, les boss sont aussi une nouvelle démonstration des équipes de Square Enix en termes de mise en scène. Même lorsque c'est l'apocalypse à l'écran, tout reste parfaitement visible et les passages d'une phase à l'autre sont dignes, voire surpassent, les chorégraphies du film Advent Children. Bref, c'est encore et toujours du plaisir.

En bon RPG, Rebirth fait la part belle aux menus remplis de statistiques et autres paramètres de personnalisation. Et vous allez y passer du temps tant il y a de choses à prendre en compte. Outre le niveau de vos personnages, il y a aussi le niveau d'équipe qui augmente lorsque vous faites des quêtes annexes. Ce niveau vous donne accès à de nouvelles techniques dans vos codex. Nouveauté de cet épisode, les codex sont des sortes d'arbres de compétences qui débloquent des assauts combinés, des bonus passifs ou bien de nouvelles compétences d'armes. Vos armes possèdent elles aussi un niveau qui augmente au fil des combats ce qui améliorera leurs statistiques. Là encore, chacune est unique et toutes restent viables jusqu'à la fin du jeu. Viennent enfin les matérias. Tout au long de votre aventure, vous trouverez ces sortes de billes de différentes couleurs. Chacune renferme une magie, une technique ou un effet passif et il faudra les insérer dans les emplacements de vos armes et armures pour en bénéficier en combat. Sachant que les matérias gagnent en puissance au fil des utilisations et qu'en associer certaines crée de nouveaux effets (immunité à un élément, absorption de PV, sorts de zone...), vous allez passer énormément de temps à ranger, classer et modifier vos matérias. Intimidant au début, ce système est finalement simple à appréhender et d'une efficacité sans pareille. Remarquable pour des mécaniques datant de 1997 !

La maniabilité générale et l'ergonomie du titre ne sont que rarement prises en défaut. Les combats sont d'une fluidité grisante et on se surprend à voler d'un personnage à l'autre pour optimiser chaque barre d'ATB, chaque point de magie. Et comme toutes nos actions sont récompensées par une tonne d'effets visuels, c'est un bonheur. Concernant les déplacements, petit bémol sur le « parkour ». En maintenant la touche (rond) enfoncée, Cloud peut automatiquement enjamber certains obstacles. Le souci, c'est qu'il ne sont jamais clairement définis occasionnant quelques blocages dans le décor. Rien de dramatique, surtout que l'on finit par différencier ce qui est franchissable ou pas, mais cette mécanique manque encore un peu de peaufinage pour être pleinement satisfaisante.

Techniquement parlant... Le constat est mitigé. Indépendamment de la direction artistique, qui est une réussite et dont je reparlerai plus loin, FF VII Rebirth n'est pas une claque graphique. S'il reste très joli à l'œil, notamment ses modèles de personnages ou les ennemis, on ne peut que constater certaines textures datées ou un peu de clipping que l'on remarque surtout dans les zones ouvertes. Ce constat est aggravé en mode Performances qui tient les 60 FPS au prix d'un effet de flou quelque peu désagréable. Dans ces conditions, je ne peux que vous recommander le mode Résolution bien plus agréable. Le moteur du titre commençant à accuser son âge, les développeurs n'ont eu d'autre choix que de faire quelques sacrifices visuels. Les choses s'arrangent cependant dans les environnements plus fermés comme les villes et les donjons qui s'avèrent bien plus jolis. Même remarque pour les cutscenes et les quelques scènes en images de synthèse qui sont irréprochables. En dehors de cette technique un peu vieillotte, je n'ai déploré absolument aucun bug en plus de 50 heures de jeu. Et lorsque l'on a connu les déboires de Final Fantasy XV, ça fait plaisir !

Si les questions de technique m'importent peu – aucun bug à déplorer et jeu parfaitement jouable sont suffisants pour moi –, il est indéniable qu'en passant au monde presque ouvert, Rebirth est un peu moins beau techniquement. En revanche, je me dois de chanter les louanges de la direction artistique. Visuellement, absolument tout est parfait. Les lieux sont magnifiés – ce plan de Junon avec le soleil couchant...–, les designs de personnages modernisés juste ce qu'il faut tout en gardant le côté décalé de certains d'entre eux (Dio est fantastique). J'ai également adoré les designs des monstres qui sont une retranscription fidèle de leurs modèles PS1. Bref, du tout bon. Quant aux nouveaux venus, ils ne dénotent pas et s'intègrent parfaitement au paysage. Mais là où le jeu fait un sans-faute incontestable, c'est au niveau de la musique. La bande son du titre est juste parfaite. Véritable mélange de style et de genre, elle mêle jazz, rap, rock, techno et pistes plus classiques pour former un tout étonnamment cohérent sublimant absolument chaque seconde de jeu. Impossible pour moi de ne retenir qu'une seule piste et je n'ai qu'une hâte : me ruer sur la playlist lorsqu'elle sera rendue publique. Ce melting-pot musical est finalement à l'image même du jeu : généreuse, riche, aux multiples influences mais pourtant avec son identité propre. Dernier point concernant le doublage. J'ai testé la VF, la VA et entendu la VO et mon choix s'est porté sur l'anglais. Simple question de préférence mais toutes restent de qualité. C'est juste que j'ai personnellement plus d'affinités avec cette version, le casting anglais bénéficiant d'une profusion d'accents différents que l'on ne retrouve pas en français.
Plaisir à jouer et à rejouer
Final Fantasy VII Rebirth est une véritable réussite. En tant que jeu vidéo, mais surtout en tant que nouvel épisode d'une série de plus de 35 ans. Après des années à se chercher en expérimentant divers gameplays et approches, Square Enix semble avoir trouvé l'équilibre parfait entre hommage et modernité. Car si dans ses visuels ou ses mécaniques, Rebirth est un digne représentant de la génération de console actuelle, son cœur est bel et bien celui d'un RPG old-school. Un titre qui n'hésite pas à changer de ton en cours de route, à faire de l'humour ou à proposer des séquences que d'aucuns qualifieraient de ridicules. Mais pourtant, ça fonctionne. De même, l'association entre l'action et la stratégie de l'ATB trouve un équilibre qui n'est que très rarement pris en défaut. Et je n'ai pas peur de dire qu'il s'agit là de l'un des meilleurs, si ce n'est LE meilleur, système de combat de la série. Certains pourront préférer le tour-par-tour mais ce serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas reconnaître toute l'ingéniosité du système mis en place par les développeurs. C'est aussi un titre qui renoue avec énormément de traditions qui semblaient perdues depuis un moment et il est impossible de ne pas avoir un petit sourire, voire une larme d'émotion face à quelques séquences ou phases de jeu. 

Si vous avez joué à l'original, vous savez à peu près à quoi vous attendre. Toutefois, Rebirth prend quelques libertés avec le déroulé d'origine et n'hésite pas à étoffer de nombreuses séquences et à en tordre d'autres. Ainsi, le trajet en bateau jusqu'à Costa del Sol est bien plus long et il en est de même pour d'autres séquences anecdotiques, voire optionnelles – comme Gongaga –, qui se voient ici retravaillées et enrichies. Si certains accuseront Square Enix d'utiliser la technique de l'élastique, il y a deux paramètres à prendre en compte : la présence de doublages et d'une mise en scène réactualisée qui rallongent forcément la durée des dialogues mais aussi et surtout la volonté de mieux aborder ou présenter certains éléments qui n'étaient que succinctement survolés dans l'original faute de temps ou de moyens. Ainsi, tout ce qui se déroule durant les 45 heures du scénario a sa place et son utilité. Quant à certains passages loufoques ou « détachés », n'ayez crainte, ils y sont aussi. Le côté farfelu de FF VII a été conservé malgré l'esthétique plus réaliste et c'est un véritable bonheur que d'assister aux déboires de Red XIII ou aux rencontres avec Cait Sith, Dio ou Vincent. Mention spéciale également pour le rôle de Tifa qui s'avère bien plus important ou pour Barret qui s'effaçait un peu une fois sorti de Midgar mais qui continue ici de briller au sein de ce casting hétéroclite. Au final, tel Remake, Rebirth navigue en eaux connues mais se permet des écarts afin de captiver même les anciens et ce jusqu'à la dernière seconde.

Avant de conclure, j'aimerai aborder un point important : Final Fantasy VII Rebirth tient-il ses promesses pour quelqu'un n'ayant pas joué au jeu d'origine ? Car si un fan de la première heure pourra se réjouir de retrouver un monde et des personnages de son enfance/adolescence, quid de ceux ayant découvert Cloud avec le Remake ? Eh bien, sachez que le jeu fonctionne tout aussi bien. Et peut-être même mieux. Ayant fait le jeu aux côtés d'une personne n'ayant suivi que le Remake, j'ai pu voir que n'avoir aucune attente particulière permettait de se laisser porter plus librement par les événements sans se poser en permanence la question : "Mais s'ils font ça là, comment ils vont faire pour ça ?". Petite nuance toutefois pour la fin qui, sans rentrer dans les détails, sera beaucoup plus difficile à appréhender et comprendre sans avoir vécu les événements de l'époque. Le pari de proposer une nouvelle porte d'entrée n'en reste pas moins réussi. Difficile en revanche de pleinement mesurer l'impact de certaines retrouvailles sans de solides bagages. Et ce même si le jeu repose quelques bases et use de flashbacks.
Chasse aux trophées
Si vous aimez les chasses longues, difficiles et qui vous demandent d'absolument tout faire dans un jeu, vous allez être servis ! Final Fantasy VII Rebirth propose pas moins de 61 trophées dont certains sauront mettre vos nerfs à rude épreuve. En vous concentrant sur le scénario, vous devriez débloquer facilement une vingtaine de breloques. Pour le reste, il vous faudra réaliser certaines actions en combat, mais surtout réaliser l'intégralité des quêtes annexes, faire le meilleur score dans tous les mini-jeux (et il y en a beaucoup), remporter une série de combats spéciaux vraiment difficiles et refaire le jeu entièrement en mode difficile. Un mode qui vous interdit l'utilisation d'objets et limite votre regain de points de magie, ce qui demande une planification très poussée en amont. Le point positif, c'est qu'aucun trophée ne peut être manqué puisque que vous aurez accès à la sélection des chapitres une fois le scénario terminé.

Au vu de la structure du jeu et des premiers retours, il semblerait que cette chasse requiert entre 150 et 200h. Un chiffre qui peut faire peur mais qui est à relativiser. En effet, contrairement à de nombreux RPG ou Open-World, FF VII Rebirth ne vous demandera pas de farmer de manière bête et méchante ou de réaliser un tas de tâches répétitives. Ici, presque tout est assez unique. Que ce soit des courses de chocobos, des combats spéciaux, des boss cachés, de l'exploration ou des quêtes annexes, rien ou presque ne vous demandera de refaire deux fois la même chose. De plus, chasser le platine vous fera découvrir énormément de secrets et retrouver des personnages du jeu précédent. Un vrai plaisir donc mais qui demandera du temps.

Ainsi, (Argent) Bretteur légendaire vous demandera de terminer les six quêtes de Protoreliques – ce qui prend un certain temps – puis réussir une succession de combats corsés contre des duos d'Espers avant de terminer par un affrontement sans pitié face à un féroce adversaire. Autant vous dire que ce ne sera pas une partie de plaisir et qu'il sera obligatoire d'avoir maximisé vos personnages ! Chronophage mais pas forcément compliqué, (Argent) Créateur de matéria requiert la complétion de l'intégralité des activités annexes – les rapports d'exploration de Chadley. Tout est indiqué sur la carte et il n'y a aucune difficulté particulière. En revanche, leur nombre est conséquent. Deux options ici : en réaliser au fil de votre aventure ou tout garder pour la fin une fois l'histoire finie !

Mais les deux trophées les plus ardus sont sans conteste (Or) Gîte balnéaire 7 étoiles qui vous demande de quasiment TOUT faire dans le jeu et (Argent) Combattant virtuel. Ce dernier vous entraînera dans une suite de combats tous plus ardus les uns que les autres jusqu'à un ultime affrontement que seuls les plus persévérants remporteront.
Conclusion
Final Fantasy VII Rebirth est un excellent jeu d'une générosité ahurissante. Continuant la voie ouverte par Remake, le titre enrichit l'univers créé en 1997 pour le sublimer, le réactualiser mais aussi le modifier par moments afin de garder captivés les joueurs jusqu'à la fin. Si certains changements ne plairont pas à tout le monde, il est incontestable que le titre reste une expérience de jeu jubilatoire que l'on connaisse l'opus original ou pas. Une réussite qui va rendre l'attente de la dernière partie insoutenable.
J'ai aimé
  • La musique exceptionnelle
  • Incroyablement généreux en contenu
  • Un scénario prenant et bien mis en scène
  • Un système de combat proche de la perfection
Je n'ai pas aimé
  • Des soucis techniques en mode Performances
  • Une fin qui va diviser
  • Le parkour pas encore au point
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Je recommande ce jeu : À tous, Aux spécialistes du genre, Aux fans de la série, Aux chasseurs de trophées/platine difficile

Magmarex (Magmarex)

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