FAR : Changing Tides

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 01/03/2022
Genre(s) : Action , Aventure
Territoire(s) : FRANCE

8 joueurs possèdent ce jeu
35 trophées au total
0 trophée online
23 trophées cachés

Platiné par : 0 joueur (0 %)

100% par : 0 joueur (0 %)


Pas de note
des joueurs

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par jackajmm le 04-03-2022 - Modifié le 04-03-2022


Introduction

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Sorti en 2018 comme l’aboutissement d’un projet étudiant, FAR: Lone Sails se voulait être un jeu d’aventure/plateforme/puzzles, s’inspirant de Journey et Inside, à l’aspect contemplatif.

Son créateur, Don Schmocker souhaitait une approche particulière de l’utilisation des véhicules dans le jeu vidéo, créant une symbiose avec le personnage incarné par le joueur. Ce personnage (un humain, probablement le dernier de son espèce) conduisait une locomotive à travers des paysages de fin du monde afin d’arriver à une destination inconnue.

Sa suite n’est autre que FAR: Changing Tides. Mais ici, point de locomotive, point de terre ferme. Notre véhicule ? Une sorte de vaisseau pouvant s’immerger ou rester en surface. Notre voyage ? Un périple à travers les mers et des paysages de fin du monde afin d’arriver… à une destination toujours inconnue.
Contenu du jeu
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Une aventure. Un voyage. FAR: Changing Tides se parcourt seul(e). Un seul mode de jeu, une seule partie. Si on pense forcément à Inside, difficile de résumer le jeu d'OKOMOTIVE à une simple copie de ce dernier, tant il diffère dans son message, son univers et ses mécaniques.

Au début, un petit bonhomme, dont on ne connait rien. On avance, logiquement vers la droite, pour découvrir une ville submergée et déserte. Aucune âme qui vive dans ces terres désolées post-apocalyptiques. On avance toujours, en enjambant les décombres des bâtiments ou en passant par-dessous, par la mer. On progresse, mais toujours personne. Le mystère, l'inquiétude... Soudain, on découvre un vieux navire en métal, avec un mât et une voile, tel un présage salvateur. On quitte la ville à l'aide de ce vaisseau des mers, à la recherche d'une destination qu'on ne connaît pas encore, qu'on ne connaîtra peut-être jamais.

FAR: Changing Tides ressemble à son aîné, FAR: Lone Sails en tout point. Mais au lieu d'être sur terre à contrôler une locomotive, c'est désormais un navire qui devient notre espace de jeu. Et cet espace est probablement l'élément central du jeu, puisque nous devons véritablement pallier tous les problèmes de fonctionnement de l'engin, de la gestion de sa voile aux réparations de son moteur. La majorité du jeu, nous la passerons à l'intérieur du navire, mais de temps en temps, il faudra en sortir. Soit parce que des obstacles se dresseront sur notre route (barrages, hangars, cascades...) et amèneront pléthore d’énigmes, soit pour explorer les fonds marins (à la nage) afin de récupérer du carburant ou dégoter un énième indice. FAR: Changing Tides ne diffère que très peu de FAR: Lone Sails, et si tant est que vous ayez déjà joué au premier, vous ne serez pas perdu ici. Pour les nouveaux joueurs, les surprises seront magnifiques.

Et tout est bien pensé ! Pas le moindre texte ou la moindre voix, le gameplay et le level design seront nos uniques guides. Nous apprenons au fur et à mesure que nous progressons, sans jamais ressentir la moindre frustration. Rien n'est dit, mais tout est explicite. On se surprend à en apprendre encore sur l'utilisation de la machine des heures après avoir débuté, voire de n'avoir jamais découvert une mécanique précise (le sonar, pour ma part). Ce navire est le vrai protagoniste de FAR: Changing Tides.
Aspect technique du jeu
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Le jeu brille par son univers (loin d'être brillant, paradoxalement) grâce à sa direction artistique. Juste et marquante, elle s'avère bien souvent somptueuse, avec ses couleurs pastelles et la finesse de ses décors. Nous avons en permanence l'impression d'évoluer au cœur d'une fresque, ornement de notre monde tel qu'il peut le devenir, qui passe sans forcément avancer. Graphiquement, FAR: Changing Tides est superbe. Sinistre mais magnifique. La dualité air/mer est, quant à elle, illustrée par une ligne de surface qui nous fait passer d'une ambiance à l'autre (que nous soyons à la nage ou en vaisseau). À ce propos, sachez que l'intégralité du jeu est accessible aussi bien à l'air libre que sous l'eau ; tout a été modélisé et réfléchi.

Autre élément important, la musique est à tomber à la renverse. Les thèmes créés par Joel Scoch (déjà à l'œuvre sur FAR: Lone Sails) tapent juste à tout instant, et certains moments marqueront fort, ne serait-ce que grâce à leur habillage sonore. Mais au-delà d'un simple habillage, le son peut aussi servir le gameplay, comme le vent qui nous empêche d'avancer lors de tempêtes, et qui se fera plus silencieux dès que le chemin sera accessible.

Afin de progresser, il faudra donc contrôler ce petit être, ce personnage humain que nous avons découvert au début. La maniabilité est à la fois souple et fluide, sommaire et efficace. C'est encore plus notable sous l'eau. Toutefois, on notera quelques soucis quand il s'agit d'agripper des objets : on peste régulièrement et il faut s’y reprendre à plusieurs reprises ; et le bouton de la chaîne de carburant, mal positionné, sera activé bien souvent sans le vouloir, consommant à notre désespoir les précieuses denrées. Le véhicule, lui, se manie plutôt bien, et il faudra prendre en compte ses caractéristiques (élément propre au gameplay du jeu).
Plaisir à jouer et à rejouer
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Nous débutons l'aventure avec une simple voile sur ce navire. Il faudra bien sûr mâter, border la voile et changer d'amure afin que le vent nous emmène. Plus loin, nous faisons l'acquisition d'un moteur, qui apporte son lot d'améliorations mais aussi de soucis. En effet, pour l'alimenter, il faudra utiliser des objets trouvés en chemin, et les brûler pour créer l'énergie nécessaire au fonctionnement du moteur. Sauf que ce carburant de fortune, il nous faudra en trouver suffisamment. Quant au moteur, il pourra s'abîmer, et le réparer demandera d'avoir l'outil adéquat. Ceci est valable également pour d'autres éléments du navire (mât, treuil...). Le fait de pouvoir avancer à la fois à l'air libre et sous l'eau offre deux perspectives tout aussi intéressantes l'une que l'autre, et porte aux nues la notion de choix. Une notion que vous n'aurez pas ailleurs dans le monde de FAR: Changing Tides.

Autre mécanique notable : lorsque nous sommes dans le navire ou dans un bâtiment, la « façade » de front disparaît pour laisser le champ de vision sur le personnage. Ainsi, nous serons amenés très souvent à voir disparaître puis apparaître le premier plan. Visuellement déroutant les premières fois, on s’y fait vite et cela devient même une habitude.

Parcourir le jeu est très agréable. Véritable conte dystopique, postapocalyptique, nous ne cessons de croire en un avenir meilleur au fur et à mesure de notre progression ; une issue qui s'avérera positive, à l'image de cette fleur qui nous accompagne dans le navire. La réflexion écologique est évidente, omniprésente ; les enjeux, nous les devinons aisément. Notre personnage semble être à la recherche de quelque chose de perdu, ou qui semble ne jamais avoir été là. Telle est sa quête, et la nôtre. Car si le jeu ne nous prend pas par la main, sans doute est-ce là notre tâche à nous, vis-à-vis de notre avatar.

Le voyage dure entre 5 et 7 heures. Nous n'y reviendrons que pour certains trophées, car si l'aventure est marquante, elle n'a pas d'intérêt à être rejouée. Des points de sauvegarde automatique seront disséminés tout au long du périple, à des moments clés, que nous pourrons relancer en passant par la case "CHARGER" du menu (à la manière d’Inside). Une chose est sûre : une fois commencé, on ne lâche FAR: Changing Tides qu'une fois terminé.
Chasse aux trophées
La quête des trophées de FAR: Changing Tides est particulièrement sympathique, sans être difficile. Nous en avons 35 à débloquer, dont 19 liés à la progression dans l’histoire.

Le reste est un mélange d’actions spécifiques assez cool (traverser une grotte sans en toucher les parois, brûler tous les objets présents sur le bateau ou encore parcourir 10.000 mètres avec le navire submergé). Un trophée nous demandera de terminer le jeu en moins de 210 minutes, ce qui nous obligera à le refaire (ou le faire avec soluce la première fois, et à fortiori passer à côté de toute découverte).

Une quête donc somme toute agréable et un platine (Platine) plutôt simple à décrocher.
Conclusion
Dans la droite lignée de FAR: Lone Sails, son aîné, FAR: Changing Tides propose un voyage passionnant et émouvant à travers un monde qui n’est plus. Troquant la terre ferme pour des étendues d’eau, et une locomotive pour un sous-marin, la nouvelle production de OKOMOTIVE possède toujours une direction artistique inspirée et dévoile une bande son à tomber. On ressort enchanté de notre aventure, sensible à son message. Le jeu ne prend jamais le joueur pour un imbécile et le confronte à ses propres déductions et discernement. Un conte à la fois moderne et uchronique, sombre et positif, joyeux et triste. Un voyage qui marque, indubitablement.
J'ai aimé
  • Une direction artistique marquante
  • Des thèmes matures, sombres et forts
  • La gestion du navire
  • La musique, envoutante
Je n'ai pas aimé
  • Quelques soucis de maniabilité (agripper les objets, échelles)
  • Pas assez d’énigmes
  • Il vaut mieux avoir joué à LONE SAILS avant (on n’en dit pas plus)
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Je recommande ce jeu : Aux spécialistes du genre, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile

jackajmm (Jackajmm)

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