Crusader Kings III

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 29/03/2022
Genre(s) : RPG, Simulation, Stratégie
Territoire(s) : FRANCE

90 joueurs possèdent ce jeu
54 trophées au total
0 trophée online
0 trophée caché

Platiné par : 1 joueur (1 %)

100% par : 1 joueur (1 %)


Note des joueurs :
5/5 - 2 notes

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par Bas ^ le 02-04-2022 - Modifié le 02-04-2022

Introduction

Image

De Rome au Nouveau Monde !

Connu des joueurs PC pour ses jeux de grande stratégie (Europa Universalis, Hearts of Iron, Victoria), Paradox Interactive n'est pas un studio qui parle énormément aux joueurs consoles, malgré une percée assez récente sur nos plateformes (Stellaris, Empire of Sin, Surviving Mars pour n'en citer que quelques-uns). Aujourd'hui, c'est l'un des monuments du studio qui a été adapté de la version PC par l'équipe de Lab42, à savoir Crusader Kings III.

Véritablement encensé par la critique à sa sortie il y a bientôt 2 ans sur PC, CK3 (pour les intimes) est la suite de Crusader Kings 2, un jeu de gestion/stratégie qui vous place dans la peau d'un dirigeant au Moyen-Âge, luttant pour faire prospérer sa dynastie et étendre son domaine. Reprenant les mécaniques et améliorant grandement les graphismes, CK3 a su convaincre en ajoutant lui-même pléthore de nouvelles options. Le portage PS5 est-il à la hauteur des attentes ? Réponse dans ce test.
Contenu du jeu
600 ans pour tout conquérir !

Jeu de gestion, jeu de stratégie, jeu de rôle, Crusader Kings III est un peu tout ça à la fois et plus encore. Dans les (très) grandes lignes, vous êtes chargé de faire vivre et prospérer une dynastie à travers les âges – de l’an 867 jusqu’à 1453 – en contrôlant la vie de certains de ses membres, les héritiers du personnage que vous aurez choisi en début de partie. Si vos origines pourront être modestes, rien ne vous empêchera de transformer l’histoire pour recréer par exemple l’Empire Romain, disparu quelques siècles plus tôt, ou accélérer la formation de l’Empire Napoléonien en contrôlant tout, de l’Europe jusqu’à l’Oural.


Plusieurs façons de jouer

Si, bien sûr, il sera possible d’agrandir son domaine grâce à la guerre et aux batailles, ne vous attendez pas à microgérer des unités en jouant à Crusader Kings : les combats se jouent automatiquement dès que deux armées se rencontrent et vous n’avez que peu d’influence sur l’issue de ceux-ci, en dehors de quelques facteurs initiaux (composition des troupes, choix de vos commandants, « choix » du terrain). Si vous vous attendiez à la suite de Command and Conquer au Moyen-Âge, vous risquez d’être très déçu.

Si CK3 n’est pas un simulateur de batailles, il privilégie d’autres approches pour arriver à dominer les seigneurs voisins : du mariage conduisant à une alliance jusqu’à l’assassinat pur et simple, tous les coups sont permis au Moyen-Âge pour vous rapprocher du titre convoité. C’est en rentrant dans tous ces mécanismes d’influence et de complot que vous découvrez la richesse de Crusader Kings : oui, il est possible d’envahir militairement le voisin pour lui piquer ses terres, mais c’est encore plus jouissif de se placer dans la ligne de succession et de faire disparaître les prétendants devant soi… jusqu’à ce que le titre vous échoie.


Une dynastie à bâtir

Si vos conquêtes vous en laissent le temps, vous devrez également penser à assurer votre descendance, pour léguer votre domaine et vos titres. Vous devrez aussi vous assurer de la loyauté de vos sujets, en construisant de nouveaux bâtiments ou en adoptant des politiques à leur égard. La dimension RPG de CK3 apparaît assez rapidement quand vous vous penchez sur tout ça, puisque beaucoup d’interactions vous proposent des choix de résolution, même si certaines solutions – contraires à vos traits de personnalité – conduiront à l’augmentation de votre stress, stress qui conduira inéluctablement à des crises si vous vous entêtez à aller contre votre personnalité : rarement sans gravité, très exceptionnellement bénéfiques, ces évènements pourront mener à la mort de votre personnage si vous ne faites rien pour y remédier. Sans être les Sims, CK3 offre un degré d’interactions assez poussé et permet une vraie immersion.


Une approche multijoueur timide

Bien que ce ne soit pas forcément le cœur du jeu, Crusader Kings offre la possibilité de jouer en ligne à plusieurs, chacun jouant un dirigeant sur la carte du monde. Rien ne sépare vraiment ces parties d'une campagne solo, en dehors de règles que peuvent s'imposer les joueurs entre eux (une sorte de gentlement's agreement informel), et le fait que les propositions faites entre deux joueurs humains peuvent être acceptées ou refusées indépendamment de toutes les considérations que pourrait avoir l'IA par exemple : on peut imaginer qu'une alliance pourra se former alors que les deux dirigeants ont chacun une opinion négative de l'autre, ce qui serait impensable avec l'ordinateur.
Aspect technique du jeu
Une belle tranche de vie

Pour un jeu de stratégie/gestion, Crusader Kings III est plutôt agréable à regarder, avec une carte du monde parfois réaliste, parfois colorée, selon votre niveau de zoom, de la diversité et des détails (oh, tiens, une montagne, oh, des forêts, ah, du désert, etc.) et des animations sympathiques. Ce n’est toutefois clairement pas l’argument phare du jeu, même s’il n’existe pas grand-chose à lui reprocher. Dans la même veine, pas de ralentissements à prévoir sur PS5, et des temps de chargement assez réduits pour être soulignés. Côté bande son, si vous aimez les musiques traditionnelles médiévales, vous serez servi, le jeu en regorge et elles viennent plutôt bien rythmer votre aventure.


Une IA pour plusieurs adversaires

Occupant une place assez centrale dans le jeu, l’IA est relativement bien équilibrée et ne présente pas de défaut majeur. Elle respecte assez bien les traits de chaque personnage non joué et elle prend des décisions assez crédibles vis-à-vis de vos agissements : j’ai évoqué plus haut l’acceptation, cela correspond à un système de score qui calcule si vos propositions (mariage, alliance, etc.) vont être acceptées ou non en fonction de votre côte auprès du dirigeant, mais aussi de votre culture, de votre foi, de vos faits d’armes (et j’en passe). Cela rend le jeu plus réaliste, dans le sens où l’on ne joue pas contre une seule IA, mais contre différents personnages autour de soi, avec sa personnalité et son bon vouloir. Côté militaire, les mouvements d’armées sont plutôt intelligents et l’IA essayera souvent de vous prendre en défaut si elle vous juge inférieur et à l’inverse fuira l’engagement si vos propres troupes la surclassent.


Pas assez d'options !

Malgré tous ces bons points, des ombres au tableau viennent un peu gâcher la fête. Quelques bugs subsistent en effet, comme l’impossibilité d’afficher certaines informations (les titres, les revendications, les alliances…) alors que ce souci n’est pas présent dans la version PC. Dans la même veine, certains onglets semblent disparaître lorsqu’on défile vers le bas et restent bloqués quand on remonte ou qu’on change de page. Pas forcément gamebreaking, cela empêche certaines actions. À n'en pas douter, des patchs viendront corriger ça, mais on se serait sans doute passé de ça pour le lancement.

Il aurait aussi sans doute été génial de pouvoir configurer l'interface, en particulier pour réduire la taille de certains menus qui obstruent tout l'écran, mais il est possible avec (L2) + (R2) d'afficher de nouveau la carte, ce qui compense un peu ce point.
Plaisir à jouer et à rejouer
Un début abrupt

Pour un public non initié, CK3 peut paraître assez rebutant. Il y a en effet beaucoup de concepts à assimiler (la succession, les hiérarchies entre les différents titres, la notion de jure pour ne citer que les plus élémentaires) et le tutoriel, bien qu’éclairant, ne permet pas de lever le voile sur tout. Si vous n’avez jamais joué à CK3 ou CK2, vous risquez donc de trouver le jeu très difficile à aborder. Pour pallier ça, les développeurs ont ajouté des aides (l’encyclopédie, les info-bulles notamment) pour vous permettre de mieux cerner tous ces points, mais vous risquez de passer beaucoup de temps à lire durant vos premières parties, sans vraiment trouver de l’intérêt. Je ne suis pas objectif quand je dis ça, mais à mon avis Crusader Kings mérite vraiment qu’on s’accroche et qu’on pousse l’exploration un peu plus en avant.


Une rejouabilité infinie

De simple comte à empereur, de l’Islande à l’Inde en passant par l’Afrique, du guerrier sournois au diplomate habile, les possibilités et les façons de jouer sont infinies et elles offrent une richesse incomparable au jeu. Bien que chaque partie commence de la même façon (la situation aux deux dates est normalement une représentation assez fidèle de la réalité historique), l’instant où vous enlevez la pause transforme votre partie en quelque chose d’unique où vous pouvez aborder les conflits de la manière qui vous plaît le plus.

En plus de tout ça, il est possible de régler certaines options pour pimenter le jeu, notamment avec l’activation du mode Ironman, qui empêche la sauvegarde manuelle et où on doit donc assumer toutes les décisions prises sans rechargement possible ! Obligatoire pour certains trophées, il n’est pas indispensable pour jouer et ceux qui cherchent à se détendre pourront l’enlever, en activant au contraire un mode facile. D'autres mécaniques du jeu sont aussi personnalisables, comme les vitesses de conversion (culturelle ou religieuse), l'activation ou non certaines invasions historiques ou encore la modification intégrale du monde de départ pour le rendre semi-aléatoire. Par ailleurs, si Paradox suit la logique habituelle, CK3 devrait bénéficier d’un support et de l’ajout de DLC dans le futur, avec beaucoup de nouvelles fonctionnalités très plaisantes à venir : la version PC bénéficie par exemple déjà de la création de dirigeant, pour créer le personnage de votre choix au départ, ou encore un DLC qui inclut une mécanique de Cour Royale, pour afficher votre prestige de par le Monde.


Un portage correct

Bien qu’il s’agisse d’un jeu PC au départ, l’adaptation est relativement réussie, avec des commandes faciles à utiliser et plutôt logiques. Il existe évidemment des défauts, le plus notable étant le choix d’afficher les info-bulles complètes en maintenant (L3) qui est – à mon avis – un peu poussif, mais pour le reste le jeu s’en tire honorablement. On aurait peut-être aimé une utilisation plus poussée du pavé tactile, pratiquement absent, mais pour le reste c’est très convenable.
Chasse aux trophées
Une découverte, pour tous !

Contrairement à l’autre adaptation de jeu Paradox qu’est Stellaris, Crusader Kings III offre un petit répit pour les joueurs qui ne souhaitent pas activer le mode Ironman : une (très courte) majorité des trophées du jeu peut en effet se faire en partie normale, sans la contrainte de la sauvegarde automatique. Bien entendu, ce mode sera indispensable pour obtenir le (Platine), mais la possibilité de commencer à engranger des trophées dès le départ, en commençant doucement, permet à mon avis de ne pas trop brusquer les joueurs et de leur permettre de découvrir le jeu en confiance.


Des défis, à la pelle !

Pour parler plus en détails de la liste, elle est constituée de nombreux trophées d’actions basiques à réaliser (se marier, avoir des enfants, assassiner des adversaires…) et de défis en jouant certains personnages mis en avant, comme réussir à conquérir l’Angleterre en incarnant Guillaume le Conquérant ou restaurer l’Empire Romain, en jouant un dirigeant catholique ou orthodoxe. Ayant beaucoup joué sur PC à des jeux Paradox, je suis sans doute biaisé, mais je trouve ces défis particulièrement stimulants, puisque même si certains sont difficiles (unifier l’Afrique puis convertir tous les territoires à une foi spécifique par exemple), ils représentent un vrai stimulus pour les joueurs aguerris et permettent aux plus débutants de se fixer des objectifs.

En un mot, je trouve la liste de trophées très agréable, même si elle reprend en grande partie les succès Steam du jeu de base. La chasse nécessitera forcément un investissement en temps (pour apprendre les mécaniques du jeu, entre autres) mais les passionnés apprécieront sans doute de pouvoir obtenir un (Platine) sur un jeu qui mérite qu’on s’y intéresse.
Conclusion
Malgré quelques petits défauts et une ergonomie diminuée, CK3 offre un portage de très bonne facture et donne la possibilité aux joueurs PS5 de découvrir cet excellent opus de la série. Si vous êtes curieux et que vous aimez la stratégie, cet OVNI vidéoludique, mélangeant les genres mais sans être indigeste, est à découvrir sans modération.
J'ai aimé
  • Un univers immense et riche
  • Énormément de façons de jouer
  • C'est beau et ça ne rame pas !
Je n'ai pas aimé
  • Une ergonomie pas forcément parfaite
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Je recommande ce jeu : Aux acharnés, Aux fans de la série, Aux curieux

Bas ^ (Basseuh)

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