Carrion

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 22/10/2021
Genre(s) : Action 
Territoire(s) : FRANCE

49 joueurs possèdent ce jeu
22 trophées au total
0 trophée online
21 trophées cachés

Platiné par : 38 joueurs (78 %)

100% par : 38 joueurs (78 %)


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des joueurs

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des platineurs

Test rédigé par Pelotedeneige le 06-12-2021 - Modifié le 03-01-2022

Introduction

Image

Ouais j'savais pas c'que c'était, dans le doute j'les ai bouffés. - Karadoc de Vannes

Secourir un prince ou une princesse, restaurer la paix dans le monde, sauver la Terre de l'annihilation… nombreuses sont les productions à nous placer dans le camp du bien sous les traits d'un héros ou d'une héroïne à la morale plus ou moins exacerbée. Si quelques titres ont fait le pari inverse en nous permettant d'incarner un personnage aux aspirations moins reluisantes, Carrion décide de jouer cette carte à fond en nous plaçant directement dans la peau visqueuse et globuleuse d'un monstre aux multiples mâchoires et tentacules dont le seul objectif n'est autre que terroriser pléthore d'êtres humains avant de s'en repaître goulûment. Cette petite perle atypique, nous la devons à Phobia Game Studio, petite structure polonaise de quatre personnes, et à l'inénarrable découvreur de talents, Devolver Digital.

J'étais là. Au fond de ma grotte. Je ne demandais rien à personne. Puis, ils sont venus. Ils m'ont capturé. Testé. Analysé. Humilié. C'en est trop. Leur curiosité m'anéantit. Après des heures et des heures d'expérimentation, je vais enfin me libérer de cette prison métallique sordide. Aujourd'hui, tout ça prend fin. C'est l'heure. Je suis affamé. VENGEANCE !
Contenu du jeu
♪ Carrion my wayward son ♫

Carrion se présente comme un jeu d'horreur inversé. Vous n'êtes désormais plus la proie mais bel et bien le prédateur, en l'occurrence une créature difforme d'origine inconnue retenue captive dans un centre de recherche qui accueille personnel de maintenance, scientifiques et service de sécurité. Votre objectif : vous échapper de votre prison en n'oubliant pas de dévorer vos geôliers au passage ou en semant la terreur auprès de quiconque croise votre chemin. Au cours de votre évasion, vous ingurgitez de l'ADN qui vous permet de grandir, de grossir, de gagner en mobilité et en force via des capacités particulièrement dévastatrices ou retorses.

L'exploration se calque sur un même schéma qui se répète à l'identique. Il faut d'abord rejoindre une crevasse afin de s'y faufiler pour répandre ses appendices et ainsi déverrouiller l'un des segments d'une porte métallique. Une fois l'ouverture totalement débloquée, on s'y engouffre pour se téléporter dans un nouveau décor et on recommence. Accéder à ces cavités nécessite de se déplacer dans des cavernes, grottes, surfaces aquatiques, aux multiples entrées et sorties tout en résolvant des énigmes environnementales ou en se débarrassant des faibles créatures de chair et de sang qui autrefois vous auscultaient.

Bien que l'on recense pas moins de onze biomes (écosystèmes) à explorer, l'aventure se termine très vite et ne propose aucune rejouabilité. Il faut compter environ cinq heures pour venir à bout de l'histoire principale auxquelles on ajoute une heure supplémentaire pour l'unique série de collectibles que l'on recense. Le tarif de 20 € pourrait, en conséquence, effrayer certains. Aucune difficulté recensée ici, volontairement, puisque vous incarnez la destruction. Ne comptez pas non plus sur le scénario pour vous accrocher à la manette. Celui-ci n'est que prétexte au déferlement de violence auquel vous allez vous adonner, la bave aux lèvres.
Aspect technique du jeu
♪ Harder, Better, Faster, Stronger ♫

Graphiquement, Carrion paraît assez soigné. Si le pixel art n'est pas des plus fins, il restitue très bien les divers environnements parcourus ou encore les animations des personnages ainsi que les mouvements du monstre, toujours grouillant et visqueux. La physique en temps réel délivrée par un moteur de jeu loufoque retranscrit à merveille la violence des coups portés et permet de profiter de ragdoll (animations procédurales) parfois hilarants. De son côté, le sound design se montre impeccable, notamment à travers les cris délivrés par les humains apeurés suivis des bruits de déchiquetage et de mastication du monstre qui s'en nourrit. En revanche, on ne peut s'empêcher de délivrer un carton rouge pour la bande-son du jeu qui ne comporte qu'une seule et unique musique, certes efficace mais qui tend dès lors à passer inaperçue.

Le gameplay s'articule autour de deux composantes. D'une part, les combats qui vous mettent aux prises tantôt à des humains, tantôt à des machines. Vous affrontez différents archétypes allant du simple garde aux CRS munis d'un bouclier électrifié et d'un lance-flammes en passant par des drones. Il est possible de s'en débarrasser soit de manière frontale soit de façon insidieuse, en attirant les ennemis via des bruits et en se faufilant de l'autre côté. La résolution est libre. L'IA réagit d'ailleurs très bien, à la fois réactive au son et très agressive frontalement. D'autre part, l'exploration qui comporte son lot d'énigmes. Il est alors nécessaire d'utiliser des pouvoirs spécifiques pour débloquer un passage, activer à distance un levier inaccessible ou absorber l'explosion d'un missile.

Ces pouvoirs, ils s'obtiennent via de l'ADN contenu dans des capsules biologiques. Au départ chétif, vous ne disposez que de vos tentacules comme seul moyen de défense. Par la suite, vous gagnez en puissance et en poids pour disposer de trois niveaux de carrure. Plus le monstre est gros, plus il possède de points de vie et plus il bénéficie de capacités létales. En fonction de votre forme, vous pouvez alors devenir invisible, balancer une toile incapacitante ou déployer des pics dévastateurs. A chaque dégât que vous recevez, vous perdez de la masse et donc de la force. Pour la récupérer, il faut alors se régénérer auprès d'un point de sauvegarde ou grignoter un humain, tout simplement.

Plaisir à jouer et à rejouer
♪ Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi ♫

Qu'on se le dise, Carrion est un régal à jouer. Le plaisir se ressent immédiatement, dès les premières secondes, aux commandes de cet amas gélatineux qui se déplace avec une fluidité exemplaire. La sensation de supériorité rend l'expérience jouissive et la montée en puissance de la créature ne fait que la renforcer tout du long. On éprouve un plaisir malsain à se déchaîner sur ces faibles humains et à se venger de nos expériences vidéoludiques passées où les ennemis nous ont harcelé. Qu'il est agréable de cogner un drone de mur en mur pour l'envoyer valdinguer ou de déchiqueter sa proie pour l'engloutir férocement.

Même si les combats paraissent parfois brouillons, ils demeurent sources d'intérêt. Les multiples approches permettent de fomenter son plan et de décider comment lancer l'offensive ce qui est très appréciable. Bien que les affrontements restent impitoyables du fait des dégâts importants occasionnés à la créature, ils restent bien souvent à votre avantage, eu égard à votre statut. Cette supériorité reste bien retranscrite et la générosité dans la disposition des checkpoints pallie à toute frustration. A l'heure où certaines paroisses prêchent pour la difficulté excessive, on se délecte devant de telles largesses, en cohérence avec le pitch du jeu, naturellement.

Mais la production n'est pas exempte de tout défaut. Avec son level design tentaculaire, elle tend parfois à nous perdre, surtout en l'absence de toute carte des lieux. Il arrive que l'on erre sans trop savoir où aller. En outre, même si l'ambiance SF s'avère très bien retranscrite, on déplore une direction artistique assez quelconque. Malgré la variété des décors sur le papier (jungle, montagne, bunker), on peine à les distinguer entre eux, faute à une palette de couleurs qui lorgne un peu trop sur les tonalités beiges et grisâtres. Enfin, on note une aventure à la structure un brin répétitive et très dirigiste qui laisse peu de place à la liberté d'action et se renouvelle peu dans la progression.
Chasse aux trophées
♪ Because I'm bad, I'm bad ♫

Si Carrion dispose de bien des qualités, sa liste des trophées n'en fait pas partie. En effet, la catalogue est minimaliste et partisan du moindre effort. La quasi-totalité des récompenses est liée à l'histoire et nécessite seulement de compléter l'aventure. Le reste est lié à la récolte des neuf collectibles, mentionnés dans la section « Contenu ». Si certains se ramassent immédiatement, d'autres nécessitent de récupérer un pouvoir au préalable avant d'y revenir, ce qui peut s'avérer fastidieux lorsque les zones tendent à se ressembler et que l'on ne possède pas de carte, comme explicité plus haut. Sans support vidéo, on déambule au hasard et on se perd rapidement.

A coté de cela, on ne recense aucun trophée pour avoir dévoré X humains inoffensifs, tué un ennemi en lui envoyant une porte sur la tronche, occis un humain en prenant possession d'un autre, parcouru X mètres sous l'eau… Au fur et à mesure de la progression, on entrevoit toute une série de petits défis que les développeurs ont occulté et auraient pu inclure à la feuille de route. Entre les studios qui demandent des tâches rébarbatives aux chiffrages parfois astronomiques et ceux qui négligent complètement cet aspect, on aimerait disposer d'un juste milieu. Le répertoire de récompenses reste toutefois en cohérence avec l'expérience proposée et les amateurs de Platine facile s'en trouveront ravis.
Conclusion
Véritable hommage à The Thing de Carpenter, Carrion réussit son pari en nous transformant en monstre à l'appétit insatiable et à la puissance démesurée. Un plaisir certes fugace mais ô combien cathartique qui se déguste comme un apéritif.
J'ai aimé
  • Prise en main immédiate
  • Sensation de puissance jouissive
  • Évolution progressive du monstre
  • Les différents pouvoirs
  • Sound design impeccable
  • La qualité des animations
Je n'ai pas aimé
  • Un peu répétitif
  • Durée de vie trop courte
  • Combats parfois brouillons
  • Bande-son quasi inexistante
  • DA assez quelconque
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Je recommande ce jeu : À tous, Aux chasseurs de trophées/platine facile

Pelotedeneige (Pelotedeneige)

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