La formule « simulateur de vie d'une jeune fille japonaise » résume assez bien une bonne moitié du contenu du jeu. L'action se situe essentiellement dans le lycée, et sur la douzaine de chapitres qu'il comporte, les neufs premiers vous permettront de faire progressivement la connaissance d'autres lycéennes. L'avancement dans la trame narrative ne pourra se faire qu'en discutant avec elles, après les cours. Outre que cela permet de récupérer leurs numéros de téléphone afin d'échanger quelques mots avec une application de messagerie instantanée, vous gagnerez également un de ces fragments, utiles pour les phases de combats. Pour approfondir vos relations et renforcer vos liens, vous devez sortir avec chacune d'entre elles après les cours. Vous vous rendrez alors aléatoirement au temple, dans un parc, au
konvini, dans une boutique quelconque, ou encore au karaoké quand il ne s'agira pas du cinéma. Chaque sortie se résume à une petite scène avec quelques lignes de texte. Cette sociabilisation, plus ou moins intéressante suivant votre interlocutrice, est le cœur du jeu puisque c'est par elle que passe le développement de votre héroïne et de ses deux acolytes. En effet, le renforcement des liens permet de gagner des points de croissance pour monter le niveau de vos
Reflectors et débloque de nouveaux évènements afin de gagner plus de fragments pour être plus efficace en combat.
Chaque nouvelle lycéenne rencontrée montrera un comportement émotionnel instable, toujours pour une raison différente. C'est là que vos pouvoirs entrent en jeu, en sautant dans le
Common pour identifier la source du mal-être et ainsi trouver les mots afin de stabiliser votre interlocutrice. À cette fin, il faudra d'abord, au sein de ce monde particulier, chercher la présence du fragment émotionnel défaillant en se frayant un chemin au milieu des ennemis. Ceux-ci, tout comme l'environnement, dépendent du type d'émotion dont il est question, joie, peur, colère ou tristesse. Les combats se déroulent au tour par tour en fonction de la position des
Reflectors et des monstres sur une ligne temporelle. Quelques attaques permettent de faire reculer les ennemis sur la ligne, retardant leur tours, parfois significativement. Le système de combat est assez dynamique et possède une certaine profondeur, notamment du fait de la possibilité d'ajout de fonctionnalités à des sorts en y plaçant les fragments récupérés. Cette richesse est toutefois occultée par le fait que la plupart du temps on en viendra à utiliser toujours le sort de zone le plus puissant pour éliminer les ennemis d'un coup, car les points de magie sont récupérés entre les combats. Cela pourra en déranger certains, mais votre serviteur préfère nettement cette configuration à celle empêchant l'utilisation des attaques puissantes par manque constant de points de magie. En outre l'importance des combats peut apparaître limitée dans la mesure où ils ne procurent aucune expérience, celle-ci s'acquiert uniquement par la sociabilisation. Les objets récupérés en fin de combat servent à l'amélioration des fragments, ce qui est, malgré tout, toujours bon à prendre.
Le soir venu, vous aurez l'occasion de choisir d'aller dans le bain, d'étudier, ou de vous étirer afin de bien préparer la journée du lendemain. Suivant l'activité réalisée, une scène se lancera à l'issue de laquelle, les premières fois, vous gagnerez un bonus de quelques points pour une statistique. Pouvant être bouclé en une vingtaine d'heures en se concentrant sur la trame principale, le contenu textuel du jeu est important et inviterait presque à demander quelques éléments
actifs supplémentaires. Presque, car il serait dommageable de déséquilibrer la fragile harmonie dont semble être empreint
Blue Reflection, servie par la poésie des sentiments humains de l'adolescence et une narration mélancolique parsemée de combats plutôt dynamiques.
On notera enfin que le jeu possède des DLC permettant d'obtenir des costumes supplémentaires. Au vu du modèle économique, on sent la patte de Kōei Tecmo pas très loin. Les possesseurs de DLC pourront se rendre dans la salle d'habillage pour y contempler les costumes sur les différentes filles, mais la fonctionnalité est censurée sur la version européenne. On appréciera, ou non, le travail de « culturalisation » effectué.