Balan Wonderworld

ps4

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 26/03/2021
Genre(s) : Aventure
Territoire(s) : FRANCE

42 joueurs possèdent ce jeu
47 trophées au total
0 trophée online
16 trophées cachés

Platiné par : 8 joueurs (19 %)

100% par : 8 joueurs (19 %)


Note des joueurs :
2.3/5 - 3 notes

Note des platineurs :
1/5 - 2 notes

Test rédigé par JohnBuckheart le 01-04-2021 - Modifié le 07-05-2021

Introduction

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Salut les Chasseuses et les Chasseurs. Aujourd'hui, nous allons nous pencher sur Balan Wonderworld, un plate-formeur édité par Square Enix, créé par le studio Balan Campany, le tout sous la direction de Yûji Naka, l'un des programmeurs principal de Sonic The Hedgehog (celui de 1991, pas l'opus de 2006 sur PS3).

Balan Wonderworld fut annoncé le 23 juillet 2020 lors du Xbox Games Showcase et il vient se présenter, au prix de 59,99€, sur nos Playstation 4 et 5 le 26 mars 2021. Le studio Balan Campany, interne à Square Enix, doit avec ce premier jeu démarrer une spécialisation dans le genre action/plate-forme.

Une belle communication markéting fut réalisée par Square enix, montrant des scènes cinématiques très jolies, un scénario intéressant et un gameplay classique mais maîtrisé avec une gestion de costume pour notre personnage qui agira, à la manière d'un Mario, sur le gameplay. Ce point a même été mis en avant par Naoto Ohshima, le concepteur de personnages de Balan Wonderworld, puisqu'il a créé le 27 janvier 2021 un article sur le sujet via Playstation.Blog.

En parallèle de ça, afin de bien préparer la sortie du jeu, une démo est arrivée sur notre store Playstation en ce début d'année. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'accueil de la communauté fut... tiède. Problèmes de caméra, rigidité des contrôles, graphismes anciens, difficulté mal ajustée. De quoi rester dubitatif. Square Enix annoncera alors dans la foulée un patch day one qui corrigera tout ça.

Le jeu est dorénavant entre nos mains et il est temps de se faire un avis définitif. Est-ce que le trailer ci-dessous correspond réellement au jeu final ? Que vaut la pièce de théâtre originale que nous propose Balan ? Un nom qui représente à la fois le personnage mystérieux mis en avant sur la jaquette, le titre du jeu et le nom de son studio créateur. Prenez un siège, nous allons regarder tout ça.

Le jeu a été testé sur une Playstation 4 pro.
Contenu du jeu
Mise en scène

Le jeu installé, nous nous retrouvons dans un menu principal coloré montrant une salle de spectacle avec son rideau fermé. Il y a le choix entre une nouvelle partie et "partie à deux". Commençons déjà par jouer en solo.

Balan Wonderworld va vous proposer de choisir un personnage entre Leo Craig et Emma Cole, avec la possibilité d'une variation dans la couleur des cheveux et de la peau. Très exactement quatre choix pour chaque héros, ce qui est complétement anecdotique. On notera toutefois que cette sélection se verra dans les cinématiques mettant en avant nos personnages.

Léo sélectionné de notre côté, nous le découvrons dans une très belle scène cinématique en train de danser dans les rues de la ville près de quelques adolescents. Alors que ces derniers l'applaudissent, il se met à bouder, ignore tout le monde et s'en va. Pendant que l'opening se lance, Léo se promène jusqu'à tomber au détour d'une ruelle sur le théâtre de Balan. Nous observons en parallèle qu'Emma arrive exactement au même endroit mais que les deux adolescents ne peuvent pas se voir.

Une fois dans le théâtre, Balan, le personnage mystérieux, débarque et tout s'accélère. Danse, chant, lumière, spectacle, musique, magie, deux phrases de dialogues floues et bam ! Désillusion immédiate. La belle scène cinématique beaucoup trop expédiée vous expulse sans explication dans le jeu. Vous êtes au contrôle de votre personnage, sur une petite île entièrement vide qui semble voler au milieu de nulle part. Un gros numéro "1" apparaît devant vous avec un socle. Comme il n'y a rien d'autre à faire, on s'y positionne et nous pouvons entrer dans le premier niveau du jeu.

La désillusion va alors continuer et une question va revenir sans cesse : "Mais qu'est ce que je fais là ?". Si Balan viendra juste expliquer deux trois choses du gameplay par une bulle de dialogue sans vie en plein milieu de l'écran, le scénario a totalement oublié de se présenter à vous.


L'expérience du niveau 1

Forcément, vous allez chercher à comprendre et à avancer dans ce premier niveau centré sur le thème de la ferme. Vous ramassez des cristaux colorés, vous voyez pleins de petits personnages qui dansent et un fermier de la taille d'une maison. Naturellement, on s'approche d'eux : quelle stupeur de les voir tous disparaître immédiatement à notre approche, en voyant bien les pixels s'effacer. Si vous vous éloignez, ces personnages reviennent tout de suite mais vous comprenez alors qu'ils ne font que partie du décor et que vous ne pourrez parler à personne. Jamais.

Visitons les lieux dans ce cas. Le niveau, et tous les autres ensuite, est pensé à la façon d'un Mario 64. Des statuettes dorées sont réparties un peu partout et il faut les récupérer bien entendu. Certaines seront inaccessibles pour l'instant, réclamant un pouvoir précis afin de les atteindre. C'est ici qu'entrent en jeu les costumes. Au fur et à mesure de votre aventure, votre personnage trouvera de nombreux déguisements offrant une action précise. Par exemple, le tout premier que vous obtenez permet de faire une attaque tourbillon en sautant. Vous avez intérêt à bien retenir quel costume donne quel pouvoir parce qu'il y en a 80 en tout ! Ce qui va très vite être beaucoup trop, surtout que certains d'entre eux seront utiles une seule fois, voire pas du tout, et que plusieurs auront les mêmes pouvoirs, à quelques fines variations près. Ici, la quantité des déguisements a été privilégiée plutôt que la qualité des techniques qu'ils proposent.

Après avoir ramassé vos premières statuettes, le niveau étant assez court, vous atteignez rapidement la sortie. Près d'elle, vous voyez un chapeau haut de forme en or. En s'approchant, Balan apparaît ! Joie, peut-être un dialogue, une explication ? Il dit que nous allons être content, on peut s'amuser et le jouer lui. Nous sommes alors transportés dans la "Bataille de Balan" et, que cela n'en déplaise à Balan, vous n'allez vraiment pas être content. Dans une sorte de scène cinématique, vous le verrez voler et taper des trucs en souriant. Le choix du mot "truc" n'est pas anodin, on ne distingue même pas contre qui ou quoi il se bat. Vous n'êtes toutefois pas inactif puisque vous devez appuyer sur (croix) quand c'est le bon moment afin que Balan puisse frapper. Il faudra quand même le faire quatre fois ! Si vous actionnez à la perfection ces quatre fois, vous gagnez une statuette dorée et vous revenez dans le niveau. Sincèrement, vous sortirez de là en vous demandant "Qu'est ce que c'était que ce foutoir ?" Mais retenez bien cette "bataille", nous y reviendrons plus tard dans la partie plaisir à jouer ainsi que dans les trophées. Quittons d'abord les lieux.

Ce premier monde n'était en fait que l'acte I du niveau 1. Toujours sans scénario ou personnage qui explique pourquoi on est là, nous terminons l'acte II. Ce n'est qu'à la fin de ce dernier qu'il y a enfin une scène cinématique mettant en scène le fameux fermier. Si elle est plutôt jolie et réussie, elle montre un événement où personne ne parle. Il faut laisser libre court à son imagination pour comprendre ce qu'il se passe. Nous y voyons le "méchant" du jeu, qui ne s'est pas présenté, maudire le fermier. Il s'appelle Lance mais ça, nous le savons parce qu'il y a un trophée qui dit "battre Lance", on ne nous le présente pas. Autrement, il pourrait tout aussi bien s'appeler "Dark Shadow" aux vues de son design. Quoi qu'il en soit, ce dernier disparaît et s'enchaîne alors un combat contre un boss fort sympathique avec une belle musique épique. Une joie de courte durée hélas puisque la bataille se terminera très rapidement, votre adversaire n'ayant besoin que de trois coups pour être vaincu.

Une nouvelle scène s'enclenche, le fermier est sauvé, il est content et vous revenez sur l'île du début qui sert en fait de hub central. Vous débloquez le niveau 2 ainsi que le 3 et aux vues du compteur de statuettes dorées, vous comprenez qu'il faudra en rassembler plus pour accéder à l'ensemble du jeu. Notons une nouvelle fois que l'on ne vous explique toujours pas pourquoi vous êtes ici et que le vide sidéral du hub n'aide pas à mieux comprendre.

Bon, pourquoi j'ai pris autant de temps pour vous expliquer le début du jeu et son niveau 1 ? Parce que vous allez faire ça douze fois. Vous découvrez un nouveau niveau, toujours pensé avec un thème plus ou moins original (il y en a avec de très bonnes idées, comme le monde sur le thème d'un peintre), vous découvrez des nouveaux costumes, vous terminez les deux actes en rassemblant les statuettes, on vous met une cinématique avant le boss pour vous montrer l'inconnu qu'on aide plus ou moins, vous battez l'adversaire, on passe à la suite.

Si les niveaux ont du charme, la majorité reste très classique. Le contenu du jeu va alors se limiter à son principe de base : c'est un plate-formeur et vous devrez rassembler tous les collectibles du coin. Pour citer le Joueur du Grenier qui a trouvé le nom parfait pour ce genre, c'est un jeu à pattounes. Ce qui sort vraiment du lot, ce sont les boss que l'on découvre avec plaisir mais on ne peut que regretter la facilité avec laquelle on expédie les combats.


Où est le scénario ?

Sérieusement, où est-il ? Si on peut comprendre que le but était de faire marcher notre imagination en ne mettant pas de dialogues, il faut clairement le dire, ça ne fonctionne pas. Si les cinématiques sont belles, elles racontent beaucoup trop tard ce qu'elles ont à dire !

Le niveau 1 est sur le thème de la ferme, on traverse les deux actes et ce n'est qu'une fois arrivé au boss qu'on vous montre que le fermier est maudit par le méchant après avoir perdu ses champs de blés suite à une tornade. Vous battez le boss, c'est terminé. Le semblant de scénario arrive alors que c'est la fin et c'est à chaque fois pareil. Vous arriverez dans les douze niveaux, sans le pourquoi du comment, et on vous parlera d'un personnage avant de combattre un gros adversaire afin de passer tout de suite au chapitre suivant. Surtout que nous n'en avons pas parlé avant, mais une fois le boss vaincu, vous vous mettez à danser avec le personnage "sauvé". C'est mignon mais pourquoi ? Pour quelle raison ? Qu'est ce qu'il se passe ?

Cela met en lumière le véritable problème du jeu, au-delà même de l'aspect technique que nous verrons plus tard. L'idée de base, je pense, était de faire marcher notre imagination en nous racontant une histoire par les images. Sauf que c'est totalement mal amené et mal organisé. Nous sommes propulsé dans un monde magique dont nous ne comprenons pas le fonctionnement, face à un méchant sans intérêt qui apparaît comme ça alors que l'on ne sait même pas ce qu'il veut. Et surtout, Balan... C'est qui ? D'accord, il semble être magicien, nous étions dans son théâtre et il nous envoie dans son univers pour, on dirait, aider des gens. Mais pourquoi ? Pour quelle raison ? Qu'est ce qu'il se passe ?

Et enfin, pourquoi notre personnage ? Si on analyse la scène d'opening, Léo n'arrive pas à créer un contact avec les gens de son âge malgré son talent de danseur ? En même temps quand on vous applaudit mais que vous partez en ignorant tout le monde et en faisant une tête d'enterrement, c'est compliqué forcément. Mais c'est ça qui justifie que Balan nous fait aller dans son monde ? Des questions qui vous feront totalement sortir du jeu dès les premières minutes de gameplay et c'est bien le problème.

Pourtant, en jouant, l'idée d'origine nous vient en tête. On se dit que les créateurs voulaient laisser la magie opérer via notre imaginaire enfantin, ou tout simplement viser un public jeune. Sauf que la suspension consentie de l'incrédulité ne marche pas. Ce terme à rallonge décrit le fait que nous acceptons de mettre de côté notre scepticisme afin d'embrasser pleinement l'œuvre à laquelle nous jouons, tout en acceptant les règles de l'univers proposé. Clairement, vous serez sceptique tout le long de l'aventure et que ce soit destiné aux enfants ne change rien, il faut mettre les bouchées doubles dans le scénario et/ou la magie afin de faire briller leurs yeux.

Quand nous allons voir une pièce de théâtre, le scénario n'est-il pas indispensable ?


Le jeu dans sa globalité

Par contre, si vous arrivez à passer au-delà de ce qui vient d'être écrit, vous pourriez très bien apprécier ce plate-formeur. S'il reste très classique en effet, ses douze niveaux divisés en deux actes chacun gardent un charme indéniable, le tout soutenu par une excellente bande son.

Afin d'atteindre le boss final, vous devez rassembler 110 statuettes dorées sur les 228 disponibles au début, ce qui permettra d'accéder à la fin du jeu sans trop se perdre dans la collecte des collectibles. Une fois votre terrible adversaire terrassé et ses douze sous-fifres vaincus, vous débloquerez les actes III de chaque niveau avec 72 nouvelles statuettes à récupérer. Au total, vous aurez 36 mondes à terminer, 13 boss à battre, 300 statues à collectionner et 80 costumes à mettre dans votre garde robe. En somme, il vous faudra une dizaine d'heures pour terminer le jeu, entre le double et le triple afin de le compléter à 100%.

Chaque monde sera à traverser avec les nouveaux déguisements obtenus, ce qui permet de renouveler le gameplay au fur et à mesure. Certains costumes permettront même de prendre de la hauteur et vous pourrez traverser les mondes plus facilement en passant par le haut du décor par exemple.

Ajoutons à cela le hub central qui va au fur et à mesure prendre un peu de vie avec les "tims". Des petits poussins colorés tout mignon que vous pourrez nourrir avec les cristaux obtenus dans les niveaux. Ces tims s'obtiennent via des œufs trouvés durant votre périple et ils servent à fabriquer une sorte d'aire de jeu. À force de les nourrir, ils jouent et avec la magie des lieux, cela construit une tour où il peuvent s'occuper. Si cela met un peu d'animation dans le coin, ainsi que de l'utilité aux cristaux que vous ramasserez dans l'aventure, l'intérêt que cela apporte est nul. Ce n'est que lorsque vous vous pencherez sur les trophées et sur un guide de soluce que vous comprendrez qu'ils serviront à obtenir le dernier costume du jeu, mais c'est tout.

Enfin, comme indiqué au début de ce test, il y a la possibilité de jouer à deux en local. Un joueur prend Léo, l'autre Emma. Essayez ce mode, il faut vraiment se retrouver manette en main pour s'en rendre compte. La caméra ne suit que le joueur 1 et elle n'est contrôlée que par lui. Le joueur 2 peut se retrouver hors champ et continuer à se déplacer longtemps avant d'être ramené près du héros principal, s'il n'est pas mort d'ici là. C'est tout simplement injouable et vous aurez très vite fait de revenir à une partie solo.

Trophee
Aspect technique du jeu
Graphiquement en retard

Ce jeu sort sur Playstation 4 et 5 mais côté graphisme, on pourrait se croire sur Wii. Si les scènes cinématiques sont très jolies et fluides, le reste tranche complétement et donne un côté plate-formeur vieux et rétro alors qu'il arrive en 2021. Certes, un jeu n'a pas besoin d'être beau pour être bon mais quand même, on s'attend à mieux de la part d'un titre sorti d'une branche de Square Enix et surtout sur Playstation. Il faut cependant noter que Balan Wonderworld est coloré tout en arrivant quand même à faire ressortir son côté mignon. Ce qui sauve, graphiquement parlant, ce sont les thèmes sur lesquels sont centrés les niveaux. Mention spéciale au monde du peintre à nouveau, mais aussi à celui sur le garçon et le vent.

Le jeu dégage un certain charme indéniable, avec des belles idées graphiques, mais la qualité n'est pas à la hauteur du rêve qu'on nous a vendu. Le pire, c'est que Balan Wonderworld se permet des ralentissements et des chutes de framerates lorsque des petits monstres de "Dark Shadow", les négatis, vous attaquent dans les niveaux. Vous pouvez en plus coupler à cela des temps de chargement tout de même assez long pour aller dans un niveau (sur PS4 en tout cas).


Une manette à une touche

Il faut que nous parlions des costumes. Comme dit plus haut, chacun d'entre eux a un pouvoir. Cela peut passer par une attaque tourbillon, un double saut, un jet de peinture, une invisibilité temporaire, etc. Plusieurs variétés en somme.

En 2021, nous avons tout de même des manettes avec assez de touches pour diversifier les contrôles d'un jeu. Nous ne sommes plus à l'air de la Game Boy où les programmeurs devaient paramétrer toutes les actions sur les pauvres boutons A et B.

Quel est le lien entre ces deux points ? Les touches (croix), (carre), (triangle), (rond), (R2) et (L2) servent à faire la même chose : le pouvoir du costume De plus, comme certains déguisements permettent de frapper ou de faire un pouvoir précis, vous vous retrouvez avec l'action saut supprimée. Vous avez donc des tenues qui vous empêchent de sauter ! En voilà une excellente idée sur un jeu de plates-formes. Il n'y avait pas assez de boutons sur la manette pour programmer le saut à chaque fois ?

Quant à (L1) et (R1), ils servent juste à switcher entre les 3 costumes que vous pouvez avoir sur vous. Oui, 3 sur les 80 disponibles. Si vous souhaitez un pouvoir précis à un moment T mais que vous n'avez pas la bonne tenue, vous devez aller chercher un checkpoint du niveau afin de pouvoir changer. L'ergonomie des contrôles est complétement ratée.


Un level design classique et un gameplay mou

On s'ennuie dans les niveaux et cela très tôt dans l'aventure. Certes, le scénario mal expliqué n'aide pas, mais il n'y a pas que ça. Pour commencer, les personnages dansant qui s'effacent à votre approche, cela donne une sensation de vide incommensurable puisque vous ne pouvez interagir avec personne. Ensuite, votre personnage est lourd dans ses déplacements, ses contrôles et ses animations. Son saut de base n'est pas très agréable et le changement des costumes via (L1) ou (R1) entraîne une animation qui va vous sembler interminable lorsque vous êtes en pleine action. Pensez aussi qu'il faudra faire plusieurs aller-retours vers les checkpoints pour changer les tenues de votre inventaire afin d'accéder à certains endroits, ce qui rallonge inutilement votre temps passé dans les niveaux. Balan aurait pu avec sa magie nous créer un inventaire de RPG pour ranger tout sur soi.

De plus, comme nous sommes face à un plate-formeur particulièrement classique que nous avons déjà vu 1000 fois (Mario 64, Banjo-Kazooie, Jak and Daxter, Yooka-Laylee, Donkey Kong 64, etc), nous savons d'avance comment évoluer dans les niveaux. Certes, les costumes à débloquer permettent de varier un peu mais aucun pouvoir n'est original. Heureusement que les thèmes des niveaux sauvent le tout.

Soulignons aussi que la caméra rigide n'aide pas non plus, surtout dans les endroits exigus. Heureusement, il y en a peu et la Balan Company a préféré travailler principalement sur des niveaux à ciel ouvert. Exit aussi d'un monde sous l'eau, dieu merci. Avec le gameplay et la caméra, cela aurait très certainement été un calvaire.


Une bande-son magnifique

Le véritable point positif de Balan Wonderworld, c'est vraiment sa musique. Magnifiquement composée par Ryo Yamazaki (à qui l'on doit pas mal de notes de plusieurs Final Fantasy), elle colle à tous les mondes que l'on traverse. Si vous arrivez à entrer dans la magie que propose ce jeu, ça sera surtout grâce à elle. Les notes vous accompagnent et participent pleinement à votre jeu.

C'est encore plus vrai quand vous affrontez un boss. Je me suis surpris à faire durer le combat contre l'adversaire du niveau 2 sans l'achever afin de continuer à profiter de la musique. L'air semblait se coller au déhanché de mon ennemi. Clairement, c'est un excellent travail de composition qui a été fait là pour Balan Wonderworld et tous les jeux n'ont clairement pas cette chance.

Trophee
Plaisir à jouer et à rejouer
Un jeu comme les autres qui peut être agréable

Pour le coup, c'est vraiment difficile de définir le plaisir à jouer ici. On se rend compte que Balan Wonderworld est un jeu comme on en a vu partout depuis 25 ans. En soit, on peut totalement accrocher au type et s'amuser, ce n'est pas un soucis. Si vous avez l'âme complétionniste, une fois les bons costumes débloqués, il va être très agréable de rechercher les 300 statuettes du jeu. De plus, le jeu n'étant pas avare en nombre de mondes, il y a de quoi passer du temps à fouiller les moindres recoins.

La bonne surprise reste la découverte des boss, de la musique et des petites scènes cinématiques. Nous avons quand même envie de les voir parce qu'on sait qu'ils sont plus travaillés que le reste. Par ailleurs, il reste une bonne partie du jeu à faire une fois le boss final vaincu puisque vous aurez tous les actes 3.

C'est juste qu'il faut aimer le style. Pour beaucoup, cela sera très vite rébarbatif et on tournera rapidement en rond. Un niveau, deux actes, statuettes, boss et on recommence. Peut-être que l'on fera le troisième acte plus tard. Si on se laisse prendre au jeu, le voyage peut être agréable, surtout avec un costume permettant de planer ou de marcher temporairement dans les airs.


Les Batailles de Balan

Mais dans tout ça, il y a quelque chose d'insupportable. Vraiment, c'est le bon mot, insupportable, et je parle des "batailles de Balan". Dans les actes 1 et 2 de chaque monde, il y a ces chapeaux hauts de forme en or qui enclenchent ces étranges moments où on "contrôle" Balan. C'est mauvais, extrêmement mauvais. Ce n'est qu'une suite de scènes tirées aléatoirement du chapeau où vous aurez 4 à 6 QTE très faciles où il faut appuyer sur croix quand l'ombre de Balan se superpose avec lui. Si on ne voit pas "Dark Shadow" venir le défier, Balan se bat avec des... des trucs, je n'ai vraiment pas d'autre mot. Le pire dans tout ça, c'est que dans la même "bataille de Balan", vous pouvez avoir deux ou trois fois la même QTE avec la même animation ! Par exemple, Balan frappe un rocher avec son poing gauche : vous pouvez très bien revoir exactement la même scène, au pixel près, pile juste après.

Bon d'accord, c'est mauvais, au pire, ces chapeaux ne sont pas obligatoires pour finir le jeu. Sauf que si vous voulez tout faire à 100% et obtenir toutes les statuettes, il faut réussir tous les QTE avec le mot "fabuleux" , ce qui signifie appuyer au bon moment. Il y a 48 chapeaux hauts de forme, QUARANTE-HUIT, et vous ne pouvez pas recommencer en direct si vous vous ratez : le chapeau disparait. Même pas la possibilité de faire start puis recommencer. Pour qu'il réapparaisse, vous devez quitter l'acte, battre le boss du niveau puis revenir et retourner à l'emplacement du haut-de-forme. Insupportable.


Pas ou peu de difficulté

À part les "batailles", au moins, l'aventure se fait sans prise de tête. Vous ne pouvez pas perdre dans Balan Wonderworld. Quand vous prenez un dégât ou que vous tombez dans le vide, vous perdez simplement le costume que vous avez sur vous. Heureusement, ces derniers réapparaissent à volonté dans les niveaux et vous pouvez en cumuler le nombre que vous souhaitez dans votre garde-robe. Il faut juste aller les chercher au checkpoint s'ils sont rangés.

Vous avancerez niveau par niveau sans aucun problème. Si le gameplay est classique, il n'en reste pas moins logique. Pour un gameur hardcore, le jeu sera plié sans problème, pour les curieux, vous n'aurez pas non plus de difficulté. C'est là que l'on sent véritablement que les développeurs ont voulu un univers accessible à tous. Balan Wonderworld peut être une occasion de faire découvrir à un enfant un premier jeu de plates-formes par exemple.

Trophee
Chasse aux trophées
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Des trophées poussant le jeu à 100%

La liste des trophées vous propose très exactement 1 (Platine), 2 (Or), 13 (Argent) et 31 (Bronze). Soulignons que les images les représentant sont vraiment très agréables, j'en ai même utilisé quelques unes pour agrémenter ce test.

Pour commencer, 30% de la liste tombera sans que vous n'y fassiez attention. Entre les trophées liés à l'histoire et ceux qui tombent directement lors du premier ramassage d'une statuette ou au cours d'une action courante, cela sera rapidement plié. En vérité, ce n'est qu'une fois le scénario terminé que votre chasse commencera réellement. Déjà, vous débloquerez tous les actes III des niveaux et forcément, il sera nécessaire de tous les compléter.

Vous devrez aussi vous occuper de vos tims dans le hub central. En vue du platine, rassemblez-en au moins 100. En parallèle, nourrissez-les avec les cristaux ramassés dans les différents niveaux afin qu'ils construisent la tour appelée "horloge du bonheur'". Très exactement, cela vous demandera 24 000 cristaux. Ce montant n'est pas trop élevé mais impliquera peut-être un peu de farming. Mais en vérité, avec les trophées suivants, cela ne sera pas un problème.

Comme vous vous en doutez, il sera obligatoire de rassembler les 228 statuettes dorées ainsi que les 72 multicolores. Une quête qui peut être très sympa avec le bon costume afin d'accéder à l'ensemble des niveaux. Néanmoins, si c'est le genre de challenge auquel on peut s'attendre dans un tel jeu, vous devez bien comprendre que cela vous obligera à terminer les 48 "batailles de Balan" en ne réalisant que des "fabuleux" aux QTE. Encore une fois, le problème n'est pas que c'est difficile mais que ce n'est juste pas du tout agréable à jouer. Sans parler de la galère pour faire réapparaître le défi si vous vous ratez. C'est à se demander qui a bien pu se dire lors du développement que ce serait une bonne idée. Rien qu'à cause de cela, beaucoup de chasseurs passeront leur chemin.

Cependant, si c'était le seul frein face au platine, la note de cette section ne serait pas aussi basse. Non, le problème est encore ailleurs, à deux endroits même.


Quand l'aléatoire et le hors sujet s'invitent au théâtre

Déjà, vous allez devoir trouver le tim suprême, appelé très sobrement l'ul-tim. Comment faire ? Avec une méthode beaucoup trop complexe et aléatoire pour la situation. Sachez que dans le hub central, il y a une statue d'un tim ancien à qui vous pourrez donner des cristaux arc-en-ciel trouvés dans les niveaux. Une fois fait, cette même statue vous demandera de lui apporter un tim avec une couronne, le tim roi : c'est là que la galère commence. Choisissez n'importe quel tim et nourrissez-le avec 50 cristaux rouges, 50 violets et 50 bleus afin que trois badges de chaque couleur apparaissent sur lui. Ensuite, continuez à lui donner à manger jusqu'à ce qu'il devienne obèse. Prenez n'importe quel autre tim, jetez-le sur son gros compère et ce dernier va pondre un œuf. Vous aurez alors une très mince chance de faire apparaître le tim roi (il m'a fallu 15 essais de mon côté lors du test). Nourrissez ensuite ce dernier afin de pouvoir le porter et le ramener à la statue de l'ancien afin de faire ENFIN apparaître l'ul-tim. Tout un bazar qui est obligatoire pour en plus récupérer le dernier costume du jeu.

Bon, c'était lié au hasard, d'accord, mais au moins, à ce stade de votre chasse, vous avez terminé les 36 niveaux, battu les 13 boss, rassemblé les 300 statuettes, construit la tour des tims et récupéré les 80 costumes. Vous avez donc fini le jeu à 100% ! Mais vous n'avez pas le platine. Non parce qu'il reste cinq trophées : (Argent) Lance-Infiniti, (Argent) Lance-Multipli, (Argent) Lance-Quantiti, (Argent) Lance-Nessi et (Argent) Ectoplasmi.

Chacun d'entre eux vous réclame de battre un adversaire précis... que vous n'avez jamais rencontré depuis le début de l'aventure et cela n'était prêt d'arriver. La démarche pour les trouver est tellement à des années lumières de ce que propose le jeu de base qu'on ne s'attendait pas à devoir faire ce genre d'actions dans Balan Wonderworld. Accrochez-vous bien : il faut entrer dans le monde de votre choix et éliminer 100 monstres du coin sans se faire toucher (donc ne pas perdre de costume). Si vous remplissez ces conditions, vous allez enclencher le mode caché du jeu, une difficulté rehaussée. Tous les monstres seront alors de couleur rouge, plus agressifs et plus nombreux.

Toujours sans vous faire toucher, il faut quitter le niveau et aller chercher les mini-boss de Balan Wonderworld, ceux qui gardaient certaines portes des actes I et II. Ce n'est que dans ces conditions que vous aurez une chance de faire apparaître l'une des cibles des trophées. Autrement, vous ferez venir juste la version rouge du mini-boss. Si c'est le cas, il faut fermer le jeu sans sauvegarder puis revenir, toujours en faisant attention à ne pas se faire toucher par un ennemi parce que sinon, le mode "difficile" se stoppe. Bon après, avec le dernier costume du jeu, esquiver tous les adversaires jusqu'à atteindre les mini-boss sera une promenade de santé. Heureusement.

En tout cas, si on peut éventuellement comprendre la quête annexe autour de l'ul-tim mais regretter son côté aléatoire, on est en droit de se demander ce qu'un tel mode obscur fait ici dans Balan Wonderworld. Pourquoi devoir effectuer une démarche aussi compliquée pour rencontrer des adversaires cachés ? Il n'aurait pas été plus logique de rendre ces options disponibles en rassemblant toutes les statuettes par exemple ? Très clairement, cela ne donne pas envie d'aller jusqu'au platine et puis sincèrement, cela semble complétement en décalé de l'expérience proposée depuis le début par le jeu. C'est le genre de défi que l'on aurait trouvé dans un Kingdom Hearts.

Trophee
Conclusion
Clairement, la magie de Balan n'est pas au rendez-vous. S'il est indéniable que ce jeu possède un certain charme, son gameplay lourd, ses graphismes d'un autre temps et sa mauvaise mise en scène du scénario rendent Balan Wonderworld très moyen.

Dans l'absolu, il pourrait être agréable d'y jouer avec ses enfants mais sans viser le platine. Si vous avez une âme de collectionneur, le 100% réclamé va vous plaire mais il faut bien comprendre que certains trophées feront rallonger outre-mesure le temps de jeu tout en couplant le tout à une part de hasard.

Quoi qu'il en soit, vu le prix annoncé à sa sortie et face à cette expérience finale, cela va faire reculer plus d'un joueur pour un titre qui n'a d'exceptionnel que sa bande-son. On s'attendait à beaucoup mieux et c'est vraiment dommage, parce qu'on sent qu'il y avait de bonnes intentions derrière les idées de base. C'est hélas un rendez-vous manqué.

Avec le thème de Balan Wonderworld et la qualité des scènes cinématiques, c'était peut être un animé qu'il fallait faire, pas un jeu.

Trophee
J'ai aimé
  • Les scènes cinématiques magnifiques.
  • Des boss bien fun à voir.
  • Des thèmes sympas pour certains mondes.
  • Accessible à tous si on ne vise pas le platine.
  • La bande-son superbe.
Je n'ai pas aimé
  • Un scénario oubliable et oublié.
  • Les Batailles de Balan.
  • TROP de costumes.
  • Les graphismes datant d'une autre époque.
  • Des boss beaucoup trop simples à combattre.
  • TOUTES les attaques sur la même touche.
  • Certains trophées totalement hors sujet.
9
Je recommande ce jeu : Aux enfants, Aux habitués des 100%

JohnBuckheart (JohnBuckheart)

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