Atomic Heart

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 21/02/2023
Genre(s) : Action , RPG
Territoire(s) : FRANCE

616 joueurs possèdent ce jeu
51 trophées au total
0 trophée online
9 trophées cachés
1 DLC

Platiné par : 75 joueurs (12 %)

100% par : 10 joueurs (2 %)


Note des joueurs :
4.7/5 - 6 notes

Note des platineurs :
4.8/5 - 5 notes

Test rédigé par AntoineTyrex le 04-03-2023 - Modifié le 04-04-2023

Introduction

Image

Le mois de février est probablement le mois des sorties polémiques, entre un Hogwarts Legacy sous le feu des projecteurs et cet Atomic Heart du studio de développement russe MUNDFISH qui souffre également du contexte politique actuel sensible. Si nous ne rentrerons pas dans les raisons de cette polémique, il est clair que le jeu fait beaucoup parler de lui également pour d’autres sujets, notamment sa vulgarité lors de certains passages. Le jeu étant un jeu 18+, je ne reviendrais pas sur ce point ou ces passages qui m’ont d’ailleurs plutôt amusé.

En juin 1955, dans une version alternative de notre histoire, l’URSS inaugure Kollektiv 2.0 — un réseau neuronal qui connecte des milliers de robots à travers le pays. L’URSS a en effet fait une nouvelle avancée technologique majeure qui permettrait à la population de contrôler les machines par la pensée et d’accéder à une nouvelle étape de notre évolution, des années après avoir inventé le polymère, substance qui a permis de révolutionner le monde de la robotique.

L’agent P-3, tout juste débarqué dans l’installation 3826 après avoir reçu un nouveau gant doté d’une conscience propre, part retrouver le créateur de ce nouveau réseau qui n'est nul autre que son responsable direct. Tout va dégénérer lorsque les robots s’en prennent subitement à l’ensemble de la population et commettent un génocide de masse. C’est donc à lui que va revenir la tâche de comprendre ce qu’il s’est passé, de régler le problème et d’empêcher que la nouvelle de cette catastrophe ne fuite de l’installation, ce qui aurait comme conséquence de mettre un terme au projet. Gros programme qui ne va bien sûr pas se passer comme prévu.
Contenu du jeu
Le titre du studio MUNDFISH est clairement inspiré des titres Bioshock tant il semble en avoir compris l’ADN, même si sur la fin, le titre prend plus des Wolfeinstein de par son action effrénée et ses gun fights endiablés. Avec de pareilles références, le jeu a forcément mis la barre très haute afin de côtoyer les légendes du genre.


Un titre soigné autant sur son fond…


Atomic Heart est un First Person Shooter efficace dans son gameplay. Comme Bioshock avant lui, notre héros porte une arme dans une main, et peut utiliser une capacité spéciale dans l’autre. S’il n’est pas possible de combiner deux capacités spéciales en même temps, le titre propose toutefois beaucoup de particularités intéressantes. Tout d’abord, votre arme possède un coup normal, et un coup chargé qu’il sera possible de personnaliser. Il faudra donc selon le type d’ennemi varier les types de coups pour gagner en intensité. La deuxième main sert aux capacités telle que la possibilité de geler les ennemis, les faire léviter ou encore dresser un bouclier. Si Bioshock proposait plus de facultés différentes, celles-ci se révèlent toutefois efficaces et se prennent facilement en main. Vous aurez de plus la possibilité de court circuiter vos ennemis avec la touche (triangle) en leur envoyant une bonne salve d’éclairs.
Ce gameplay est nerveux et bien fichu, et trouvera très vite son public. Il est juste dommage que les capacités ne s’utilisent pas plus avec les décors et à part l’éclair qui servira beaucoup dans votre progression pour alimenter des machines par exemple, les autres capacités ne brilleront que lors de niveaux optionnels servant à obtenir des améliorations d'armes.

Car en effet, le studio a par contre mis le paquet en terme de personnalisation de votre personnage. Plus il tue des ennemis, plus votre personnage pourra améliorer ses capacités et en débloquer d’autres, ce qui vous oblige à ne surtout pas fuir les combats et à ramasser absolument tout ce qui traine. Vous pourrez ainsi augmenter la portée et les dégâts de l’éclair, améliorer la durée du gel et surtout débloquer les nouveaux pouvoirs qui ne s’obtiennent que par ce biais. Ce n’est pas tout, vous ramasserez régulièrement des plans dans des coffres ou sur vos ennemis vous permettant d’améliorer vos armes. Une fois dans un atelier, vous pourrez personnaliser vos armes sur plusieurs points et adapter réellement votre façon d’utiliser l’arme notamment sur le choix de son coup spécial, qui peut, grâce à ces améliorations, vous donner un réel avantage offensif ou défensif. Vous prendrez donc régulièrement plaisir à améliorer vos armes et à essayer celles qui vous conviendront le mieux, sachant que vous avez un inventaire limité où il faudra, à l’aide de cases, placer vos armes, les munitions mais aussi les trousses de santé ! Impossible donc de tout emporter avec vous, et cela renforce vraiment le coté stratégique du titre.

C’est réellement un coup de maitre dans ce domaine tant le gameplay est soigné et profond.


... que sur sa forme


Atomic Heart a fait le pari de mixer grand air et claustrophobie. En effet, vous passerez régulièrement de pièces étriquées en sous-sol à un énorme monde semi-ouvert à la surface. Si la première partie vous enfermait dans un complexe caché mille pieds sous terre et se retrouve être un peu plus dirigiste, le retour à la surface amorce l’ouverture à un nouveau type de gameplay avec des ennemis volants et une liberté d’action sur une carte suffisamment grande pour devoir utiliser les véhicules mis à disposition. Personnellement, j’ai trouvé les parties en sous-sol beaucoup plus maitrisées que celles en Open World, car en plus d’être beaucoup moins redondantes, la tension dramatique est beaucoup mieux exploitée dans des endroits où le danger peut venir de chaque bouche d’aération. A l’air libre, il suffit de courir pour éviter le danger et se rendre d’un point A à un point B. Le vrai intérêt pour moi de ces phases est d’ouvrir la voie à des boss monstrueux, et cela fonctionne très bien tant ils occupent l’espace terrestre et aérien. Ces passages en Open World débloquent également des niveaux optionnels à débusquer permettant d’améliorer vos compétences, et servent surtout à dénicher les nombreux collectibles placés ici et là. Heureusement, ces phases ne sont pas les plus nombreuses et on revient vite dans un niveau plus scénarisé, modèle dans lequel le studio excelle. L’Opera restera un des niveaux phares du titre tant par sa construction que par ses énigmes à l’aide d’ombres chinoises.

Le seul défaut que l’on pourra reprocher au titre est sa trop grande répétitivité. Que ce soit dans le style de quête FedEx, dans la réutilisation des modèles 3D, ou surtout dans la faible variété du nombre d’ennemis. En effet, le gameplay ne changera pas beaucoup le long de l’aventure, et si la sauce prend bien au début, dans les dernières heures la lassitude pointera tout de même le bout de son nez. Il est dommage de ne pas avoir implémenté de gameplay exotique sur la dernière partie de l’aventure, où il aurait été sympa de contrôler des robots par exemple ou utiliser d’autres véhicules. Ce manque de variété ne pénalise pas l’ensemble de l’œuvre, mais ce ne sont pas les cliffanghers certes réussis qui donnent un second souffle au titre. Heureusement cependant que l’histoire se suit avec plaisir jusqu’au dénouement final un peu décevant, même s'il semble évident que certaines choses aient été coupées du développement tant certains raccourcis semblent incompréhensibles. La deuxième partie du titre est vraiment moins qualitative que la première, et on ressent que les délais ont du être tenus au détriment de certains passages.

Il est également à noter que le titre ne propose absolument aucune dimension multijoueur, ce qui pourra en décevoir plus d'un tant on aurait adoré pouvoir abattre des robots par dizaines avec des amis, ou s'affronter en utilisant nos capacités.
Aspect technique du jeu
Un vrai jeu Next gen

Les premières minutes de votre aventure posent parfaitement les bases : oui cela va être beau. Très beau même. L’animation des personnages, des robots, la modélisation de la ville… Tout transpire la next gen, et cela va vraiment faire plaisir à vos rétines. Le choix d’avoir adopté une direction artistique steampunk est du meilleur effet, même si la ressemblance avec Bioshock se veut alors encore plus forte. Le jeu ne souffre pas de gros problèmes techniques, en une partie je n’ai personnellement rencontré qu’un bug graphique et de rares baisses de frame rate.

En termes de sound design, c’est également du tout bon. L’ambiance est parfaitement retranscrite et propose une bande son de qualité. Le studio a même poussé le détail à proposer en plus des habituels journaux audios, des musiques considérées en jeu comme des musiques de propagande. Il faut également noter l’excellent doublage français, qui à une ou deux exceptions près, fait des étincelles. Le doublage de notre personnage est d’ailleurs vraiment excellent, et vous prendrez plaisir à entendre sa réplique culte qu’il m’est impossible de retranscrire sans vulgarité.

Mais est-ce donc un sans-faute à ce niveau ? Eh bien pas vraiment, car le jeu pâtit d’un énorme défaut qui ressemble forcément à celui déjà cité.


Une trop forte répétitivité


Le principal souci du titre est la répétitivité : et c’est encore ce même défaut qui vient ternir cette bonne note technique. En effet, une fois l’Open World atteint, vous allez avoir très souvent les mêmes assets graphiques un peu partout. Les intérieurs se ressemblent à l’écœurement, avec même parfois le même agencement de pièces. Vous n’aurez plus l’impression de visiter une ville habitée, mais bel et bien un ensemble de maisons témoins. Et cela impacte le désir de fouiller les moindres recoins de la carte tant le manque de vie réelle se fait sentir. Heureusement que cela ne concerne pas les niveaux en intérieur où seules les salles de sauvegarde sont hélas toujours les mêmes.

La partie en Open World est clairement moins qualitative visuellement parlant que le reste, même si elle se laisse tout de même parcourir sans déplaisir. Les ennemis sont également tous les mêmes, mais cela s’explique assez facilement cette fois car les robots sont supposés être produits à la chaine sur le même moule.
Plaisir à jouer et à rejouer
Le problème de proposer une histoire très scénarisée dans un monde semi-ouvert est de pouvoir maintenir le rythme de la narration dans un passage où le joueur est finalement libre de faire ce qu’il souhaite, et de garder l’intérêt du titre jusqu’à son dénouement final. A ce niveau, Atomic Heart souffle le chaud et le froid.

En effet, le titre a l’intelligence de varier les passages dans des complexes souterrains et des passages à l’extérieurs beaucoup plus ouverts. Le début de l’histoire vous prendra aux tripes, et vous aurez du mal à lâcher votre manette jusqu’à ce que vous soyez catapulté dans l’Open World. Si la tension dramatique reste suffisamment présente grâce à des objectifs clairs et peu de contenu annexe lors de ces premiers passages libres, le vrai souci du titre commence à apparaitre à la moitié de votre aventure. Au début, l’ensemble apparait vraiment comme rafraichissant, et on ne s’ennuie pas une minute. Une énorme zone avec des quêtes FedEx se termine et laisse place à une zone en monde semi-ouvert. Mais ce schéma va hélas ensuite se répéter et la trop grande répétitivité de l’ensemble vous agacera rapidement : les mêmes ennemis encore et encore, les mêmes intérieurs, des quêtes FedEx se ressemblant ou surtout des salles de sauvegarde pratiquement clonées à l’identique. Je ne vous parlerais même pas des mini-jeux liés aux serrures tant ils sont beaucoup trop nombreux et sans intérêt.

Heureusement que les niveaux optionnels permettant d’améliorer les armes ont tous un thème unique et une level design original lié à l'un de vos pouvoirs, car tout le reste de l’Open World dès la moitié du jeu semble cloné à l’écœurement. Pour les joueurs suivant le scenario, ce défaut sera gênant sans pour autant être bloquant. Mais pour les complétistes du 100%, l’ennui pointera vite le bout de son nez et agacera les plus motivés.

Ce point pose justement la question de la re-jouabilité du titre. Sur ce point, c’est le gros carton rouge. Finir le jeu ne débloque ni New Game +, ni sélection de niveau. Le mode de difficulté modifie un peu les attaques des boss mais cela ne suffira pas à pousser les joueurs à recommencer l’aventure, ni même la fin alternative qui est totalement anecdotique (et se débloque de façon totalement évidente).

Autrement dit, seuls les chasseurs de 100% fouilleront les niveaux dans leurs moindres recoins et lâcheront net le jeu une fois celui-ci terminé. C’est vraiment dommage car nous aurions apprécié de pouvoir refaire les combats de boss ou recommencer l’aventure avec tous les pouvoirs déjà acquis. Cela ne fait que renforcer la sensation que la fin du jeu a été rapidement expédiée et qu’ils n’ont pas pris le temps de polir cette partie. Peut-être cela sera possible dans un futur DLC ? En attendant, le plaisir de jouer est là pour ceux suivant les objectifs donnés, mais on n’égale pas du tout la maestria des jeux concurrents qui avaient l’intelligence de proposer des gameplays exotiques et une forte re-jouabilité, voire de ne pas mettre d'Open World dans ce style de jeu très scénarisé.
Chasse aux trophées
Atomic Heart propose 42 trophées au total dont un platine.

Le studio propose ici une chasse aux trophées des plus classique. Un grand nombre de trophées tomberont en avançant dans l’aventure et demandent juste de battre tel ou tel boss. Là où le jeu est plus retors, c’est qu’il faudra parfois battre le boss d’une telle façon pour obtenir un autre trophée, sachant qu’il n’existe pas de sélecteur de niveaux pour pouvoir refaire le combat en cas d’oubli… Cela oblige véritablement le chasseur de trophées à être très vigilant lors de sa partie, qu’il devra d’ailleurs effectuer en mode difficile pour obtenir le trophée lié.

D’autres trophées demanderont de battre tel ennemi de telle façon, de remplir un arbre de compétences, de créer une arme ou des consommables ou encore d’améliorer son arme au maximum. Si cela reste accessible, la véritable épreuve commence pour les trophées liés à la recherche des collectibles : pas moins de 4 trophées vous obligeront à fouiller le jeu dans son intégralité pour les obtenir. Sachant qu’il n’y a aucune aide visuelle pour repérer lesdits collectibles, il ne fait aucun doute que certains s’arracheront les cheveux lors de cette chasse. Il faudra alors investir un temps conséquent afin d’obtenir le fameux (Platine).
Conclusion
Atomic Heart est un bon jeu malgré tout le scandale qui l’entoure.

S’il n’arrive jamais à égaler l’excellence de son modèle qu’est Bioshock, il parvient toutefois à se créer une identité propre et régalera les joueurs sur plus d’une vingtaine d’heures. C’est dommage que le jeu s’essouffle petit à petit après des débuts en fanfare, et que la répétitivité des tâches et des lieux visités viennent ternir un tableau pourtant fort agréable avec de l’action endiablée et une direction artistique réussie.

Atomic Heart n’est donc pas un coup de maître, mais reste fort recommandable pour les joueurs en manque d’action qui ne seront pas allergiques au modèle et à l'idéologie Russe fort présents dans le jeu.
J'ai aimé
  • Un scénario intéressant et bien ficelé
  • Les capacités plaisantes à utiliser
  • Une direction artistique réussie
  • Le personnage principal et sa réplique culte
  • Un doublage presque sans faute
Je n'ai pas aimé
  • Une seconde partie moins maitrisée
  • Un Open World pas forcément utile
  • La trop grande répétitivité de l'ensemble
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Je recommande ce jeu : À un public averti

AntoineTyrex (Pampiluluu)

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