Astria Ascending

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Infos complémentaires

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Date de sortie : 30/09/2021
Genre(s) : RPG
Territoire(s) : FRANCE

17 joueurs possèdent ce jeu
51 trophées au total
0 trophée online
24 trophées cachés

Platiné par : 0 joueur (0 %)

100% par : 0 joueur (0 %)


Note des joueurs :
2/5 - 1 note

Pas de note
des platineurs

Test rédigé par AntoineTyrex le 22-10-2021 - Modifié le 22-10-2021

Introduction

Image

Cette fin d'année aura au moins eu le mérite d'être une période riche en sorties de jeux de rôle sur consoles, après notamment l'excellent Tales of Arise ou le non moins original Cris Tales. C'est donc avec une pression supplémentaire que les français d'ARTISANS STUDIO ont sorti leur titre ASTRIA ASCENDING sur PS4 et PS5 ce mois-ci, avec pour objectif assumé de concurrencer les plus gros titres de JRPG.

Sans être un remake ou une suite, le titre reprend en fait la base du jeu mobile ZODIAC: ARCANON ODYSSEY, qui se voulait être un JRPG innovant sur mobile, mais dont le format épisodique a provoqué le désintérêt des joueurs, qui se sont vite intéressés à des titres plus solides. Le studio a donc repris des personnages de cet opus ainsi que son style graphique, et a totalement repensé le jeu.
Voulant rendre hommage aux références du genre, l'équipe de développement s'est donc inspirée de beaucoup d'autres titres majeurs, que ce soit sur son style graphique rappelant l'excellent ODIN SPHERE, sur ses mécanismes de jobs propres aux BRAVELY DEFAULT par exemple, ou encore son système au tour par tour rappelant les premiers FINAL FANTASY.

L'histoire d'Astria Ascending, signée d'ailleurs par Kazushige Nojima qui est une légende à lui tout seul en ayant écrit notamment les intrigues de plusieurs Final Fantasy, se déroule dans le monde d'Orcanon où cohabitent cinq races différentes qui, après avoir été en guerre, prospèrent aujourd'hui après avoir accepté de vivre au sein de l'Harmonie dont la déesse Yuno est garante, aidée par une équipe de Demi-Dieux, des femmes et des hommes élus qui se voient conférés de puissants pouvoirs pendant trois ans avant d'en payer le prix et de mourir. C'est dans les mains de la 333ème génération de Demi-Dieux, que le joueur devra faire face à une révolte grandissante contre une harmonie que certains considèrent comme une dictature.

Le jeu se veut donc être un vrai melting pot de ce qui s'est fait de mieux dans le passé. Mais à trop vouloir s'inspirer d'autres titres, le jeu a-t'il réussi à se créer sa propre identité ? A-t'il réussi à rendre hommage à toutes ces pointures du JRPG, ou au contraire s'est-il emmêlé les pinceaux dans des mécanismes qu'il ne maîtrisait pas ? C'est ce que nous allons voir tout le long de ce test.
Contenu du jeu
Un jeu qui souffle le chaud...

ASTRIA ASCENDING est un titre qui sait à qui il s'adresse. Dès le départ, le choix entre des doublages anglais ou japonais va ravir les plus pointilleux des joueurs, qui se délecteront notamment d'un doublage japonais de grande qualité. Fort heureusement d'ailleurs, car le titre se veut être beaucoup plus mature que les habituels titres du genre qui nous mettent souvent aux commandes d'un groupe d'adolescents. Ici, chaque protagoniste a du vécu et une histoire, et le joueur devra traiter de nombreux sujets tels que la mort, le racisme, la différence ou encore devra se demander si ses actions sont réellement justes au final.

En terme de gameplay, on retrouve le défilement horizontal propres à ODIN SPHERE ou plus récemment NEPTUNIA RPG, où le personnage avance et peut sauter pour atteindre des plateformes en hauteur afin d'atteindre d'autres endroits du niveau. La construction est la même qu'un CASTLEVANIA par exemple, avec notamment l'obtention de capacités qui permettront de débloquer plus tard d'autres chemins. Une fois un ennemi rencontré dans le niveau, le jeu passe sur une fenêtre classique de jeu de rôle au tour par tour, où chaque personnage combattra dans un ordre défini. Le jeu est alors beaucoup plus classique dans sa forme, avec la possibilité de porter un coup, d'utiliser la magie, de se défendre ou encore de fuir. La seule innovation est d'avoir apporté le système de points de concentration, qui s'obtiennent soit avec la commande liée, soit en attaquant les faiblesses de l'ennemi. Une fois obtenus, ceux-ci pourront être utilisés pour maximiser une attaque ou une magie, qui pourra obtenir jusqu'à deux fois son effet. Sachant que le jeu vous met directement aux commandes des 8 personnages avec lesquels vous composerez librement votre équipe de 4 personnes (vous pouvez à tout moment changer la composition de votre équipe, même en plein combat), vous aurez vite plaisir à chercher les faiblesses des ennemis que vous rencontrerez.

Afin de proposer une progression des personnages intéressante, le jeu reprend également un système de jobs. Un mage par exemple pourra par la suite obtenir une autre classe en complément de la sienne, puis une autre. Cela permet d'avoir des personnages diversifiés et complémentaires, surtout que certains ennemis ne seront sensibles qu'à un certain type d'attaque. La progression des personnages passant par une sorte de damier (très inspiré des récents FINAL FANTASY), il faudra alors faire des choix afin de choisir les bonnes compétences entre les différents jobs et de ne pas être bloquer par la difficulté des affrontements. Encore une bonne idée ici, puisque la difficulté est totalement paramétrable pour ceux préférant des combats moins ardus, avec par exemple la possibilité d'afficher les ennemis dans les niveaux ou au contraire revenir au principe des JRPG d'antan avec des rencontres aléatoires.


... et le froid

La copie pourrait donc être parfaite, si elle n'était pas entachée de nombreux défauts passablement énervants.

Tout d'abord, le jeu pêche vraiment à trouver son rythme, que ce soit en terme de narration ou de gameplay. L'histoire est beaucoup trop simple finalement, et si les personnages sont nombreux, ils sont beaucoup trop survolés pour être attachants, au point de vous rendre totalement insensible à ce qui peut leur arriver. Même si certains bénéficient d'une écriture intelligente, d'autres sont totalement transparents et vous ne retiendrez même pas leurs noms. L'histoire, construite de façon beaucoup trop simpliste avec une progression identique à chaque fois (ville, donjon, boss.), en devient lassante et parfois confuse tant certains passages semblent expédiés. La tentative sur la fin de rajouter des phases de "shoot 'em up" ne parvient pas à diversifier le tout tant ces passages sont ratés et redondants.
A ce niveau, l'ensemble est vraiment raté et rappelle vraiment son origine de jeu mobile, ou on prend moins le temps de construire un récit vu la taille des applications. A l'inverse, les combats traînent en longueur, avec l'impossibilité d'en accélérer le rythme. Certains affrontements vous donneront envie de vous tirer les cheveux tant les animations des ennemis traînent en longueur. Il faut vraiment s'accrocher pour faire un peu de leveling, surtout que les ennemis se ressemblent beaucoup, avec juste parfois quelques variantes de couleurs. Sur ce point, vous regretterez vite les affrontements nerveux de jeux récents et vous éviterez souvent les combats inutiles.

En terme de contenu, le jeu s'avère être également un peu chiche avec à peine 4 villes où les interactions ne sont pas nombreuses, et des donjons beaucoup trop similaires avec des énigmes pas forcément très intéressantes. Le contenu annexe ne brille pas plus, avec des missions facultatives vous demandant de refaire encore et encore les niveaux parcourus, ou encore la présence d'un jeu de carte dont l'intérêt restera relativement discutable à beaucoup de monde. La présence d'accessoires et d'armes à équiper est un grand plus dans ce genre de jeu, mais le manque d'ergonomie du menu d'équipement fera vite fuir les plus motivés, surtout lorsque ça vous impose de le faire pour l'ensemble des personnages. Enfin, la carte est un modèle de ce qu'il ne faut pas faire aujourd'hui, avec un manque de lisibilité et d'ergonomie, qui vous fera très vite enrager lorsque vous serez vite perdu dans les niveaux labyrinthiques.

En l'état, vous perdrez beaucoup trop de temps inutilement dans les combats et les menus, là où vous auriez préféré le perdre dans des cut-scenes améliorant la narration.
Aspect technique du jeu
Techniquement, le jeu met très vite une claque visuelle, en reprenant des graphismes en 2D qui rappellent les productions de VANILLAWARE. Vous aurez vite l'impression de vous balader sur des toiles géantes, tant le coup de pinceau a été soigné. Même les personnages aux proportions un peu exagérées, bénéficient d'un réel soin du détail. Sur ce point, le travail du studio n'est jamais mis en défaut, à part lors des animations dont certaines se terminent après l'effet de l'action, notamment en ouvrant des coffres ou en attaquant un ennemi sur la carte. Le travail de Hideo Minaba, directeur artistique sur plusieurs FINAL FANTASY, se fait vraiment sentir tout le long de l'aventure, avec notamment des environnements rappelant FINAL FANTASY 12 par exemple.

En terme de bande son, Hitoshi Sakimito a contribué à produire des musiques de qualité qui embrassent facilement le côté épique de l'aventure. Si elles n'égalent pas ses autres contributions sur les titres de VANILLAWARE ou sur les FINAL FANTASY TACTICS, l'ensemble reste plaisant et parfaitement adapté à l'œuvre.

Le gros point noir vient vraiment de sa technique. J'ai rencontré de nombreux bugs bloquant ainsi que des freezes tout le long de l'aventure, certains m'empêchant à plusieurs reprises d'accéder au menu des sauvegardes notamment. Heureusement que le jeu sauvegarde également automatiquement. J'ai même eu un mécanisme in game qui ne s'est tout simplement pas déclenché et qui m'a forcé à reprendre une vieille sauvegarde. Si ces nombreux bugs pourront vite être corrigés, ils ternissent aujourd'hui la progression du joueur d'une certaine mesure. Rien de bloquant, mais couplé avec des combats beaucoup trop longs, le joueur aura vite fait de jeter sa manette de rage devant la perte de sa progression.
Plaisir à jouer et à rejouer
Avec sa difficulté paramétrable sur plusieurs points, le jeu brille vraiment en terme de confort de prise en main. Une fois les problèmes de rythme réglés, le jeu sera réellement plaisant sur la vingtaine d'heures que compte le titre. La complétion des quêtes annexes demandera facilement quelques heures de plus. Pour un titre vendu à petit prix, le joueur en aura très vite pour son argent.

Pour autant, l'absence d'un réel NEW GAME PLUS (le joueur peut juste revenir sur sa partie une fois le dernier boss battu), de combats réellement épiques, et d'une narration maîtrisée, il semble peu probable que les joueurs reviendront sur le titre une fois celui-ci terminé. De plus, la longueur des phases de combats nuit vraiment au plaisir des phases de leveling, au point de les faire à contrecœur sur la dernière partie du titre où les combats sont beaucoup plus nombreux.

S'il n'est pas déplaisant à parcourir, le titre lassera vite les plus courageux avec une progression beaucoup trop sommaire où l'on regrette vite l'absence de revirements de situations et d'un réel antagoniste. Les personnages manquant eux aussi de profondeur, rien ne justifiera une seconde relecture du titre.
Chasse aux trophées
Les trophées d'ASTRIA ASCENDING restent beaucoup plus accessibles que ceux d'une majorité de JRPG.
Au nombre important de 51 trophées, le joueur se verra récompensé des habituels trophées de progression relatifs à l'histoire. D'autres récompenseront les subtilités de gameplay (trouver la vulnérabilité de l'ennemi, invoquer une divinité, acquérir tel ou tel pouvoir) qui obligera souvent à terminer l'ensemble des niveaux, certains donjons étant plus ou moins optionnels. Cela forcera vraiment le joueur à s'investir dans la progression des personnages.
Les plus complétionnistes seront aux anges, car un nombre très important de trophées est consacré à l'obtention de l'ensemble des armes, des armures, des accessoires, de réaliser toutes les quêtes, tuer tous les ennemis spéciaux, faire plus de 100 parties de cartes, finir le colisée... 50% des trophées environ obligeront les plus patients à poncer le jeu de long en large. Heureusement que la majorité des collectibles s'obtient lors des phases d'exploration et non lors des phases de combats. Rien ne récompense d'ailleurs le leveling fort heureusement, et on ne vous demandera pas d'arriver au niveau maximum du personnage pour avoir un trophée comme dans beaucoup de RPG.

Il faut cependant noter qu'avec la version actuelle du titre, certains trophées semblent buggués et que personne n'a encore réussi à décrocher le platine de ce fait. Cela sera certainement corrigé, mais il faut cependant le noter.
Conclusion
Pour un coup d'essai, ce n'est hélas pas un coup de maître. Si le titre brille par son esthétique soignée, sa narration chaotique et ses nombreux problèmes de rythme lasseront une grande partie des joueurs. Si les fans de JRPG évolueront en terrain connu puisque ces problèmes étaient assez récurrents il y a des dizaines d'années, les autres se tourneront plutôt vers d'autres titres beaucoup plus facile d'accès.
J'ai aimé
  • Une oeuvre d'art
  • Beaucoup de personnages
  • Une bande son soignée
Je n'ai pas aimé
  • Une narration mal maitrisée
  • Des combats beaucoup trop lents
  • Des bugs ennuyants
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AntoineTyrex (Pampiluluu)

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