Test : Tom Clancy's Ghost Recon Wildlands


Tom Clancy's Ghost Recon Wildlands
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Note des joueurs :
4.2/5 - 91 notes
Note des platineurs :
4/5 - 52 notes

Tom Clancy's Ghost Recon Wildlands

ps4


58 trophées au total
2 trophées cachés 2 DLC's

3404 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 1609 joueurs (47 %)
100% par : 248 joueurs (7 %)
Note du jeu
12/20
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Test du jeu
Tom Clancy’s Ghost Recon Wildlands

  • Test rédigé par Troywarrior le 02-05-2017 - Modifié le 02-05-2017



Introduction


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"En Bolivia, todo es possible, nada es seguro" (En Bolivie, rien n'est sûr, tout est possible - Proverbe Bolivien)


ILS ONT DES CHAPEAUX RONDS : VIVE LES BRETONS
Qui aurait pu croire que 5 frères du Morbihan créeraient l'une des plus grandes entreprises de développement de jeux vidéo? Et pourtant, en 1986 (même année que Bethesda Studios), la fratrie carentorienne lance UBISOFT.
Nous n'allons pas retracer l'histoire du studio, retenons seulement qu'en 30 ans, il s'est implanté dans plus de 20 pays, 40 villes et a développé, édité et/ou distribué, entre 2 bolées de cidre, des franchises telles que : Prince of Persia, Rayman, Rainbow Six, Driver, Splinter Cell, Far Cry, Assassin's Creed, Watch Dogs et, plus récemment, The Division, Steep et For Honor. Bref, ça sent l'amateurisme, nous sommes d'accord. Autre grande franchise : Ghost Recon bien sûr, énième inspiration de l'oeuvre d'un des maîtres du thriller politique et d'espionnage Tom Clancy. Créée en 2001, elle se déclinera en une quinzaine de nuances au fil des années pour arriver à celle qui nous intéresse : Ghost Recon : Wildlands (GRW pour la suite du test). Si les premiers opus demandaient une certaine stratégie tactique en imposant un choix sur le type de soldat contrôlé (Démolisseur, Fusilier, Soutien, Sniper...), les développeurs ont par la suite privilégié le contrôle d'un personnage neutre dans ses spécificités et ont laissé au joueur le choix dans son style de jeu.
D'ailleurs, en parlant des habitudes du studio...

BIS REPETITA ?
Les plus grands fans autant que les détracteurs d'Ubisoft s'accordent tous sur une chose, le studio souffre de défauts majeurs dans ses productions : les innombrables bugs des premières versions, la répétitivité dans leur structure et dans les missions qu'elles proposent, l'essorage de ses licences à coup de sorties annuelles. Bien que Serge Hascoët [Il est chargé de l’orientation de la production d'Ubisoft, N.D.L.R.], Directeur depuis 16 ans de l’ éditorial, le pôle créatif central d’Ubisoft, admette que cela a "peut-être" été le cas sur certains jeux, il garantit cependant que depuis 2016, le studio cherche à transformer son essence même. Grande étape de cette refonte en profondeur, créer des mondes ouverts et intéressant avec de moins en moins de narration et plus de liberté accordée au joueur : faire en sorte qu'il ne "subisse plus l’histoire créée par quelqu’un d'autre". Toujours selon ses dires, le prochain Assassin's Creed, attendu cette année, sera le jeu emblématique de cette nouvelle philosophie, mais GRW posséderait déjà nombre de facteurs de cette évolution du Studio ; mettons à l'épreuve cette déclaration, manette en main.

LE PITCH
La Bolivie, un pays dont le peuple est aussi complexe à saisir que son histoire, dominé depuis des décennies par les cartels d'Amérique Latine pour une seule raison : l'Erythroxylum Coca. Cette plante, sacrée pour les amérindiens, est utilisée depuis plus de 5000 ans pour ses vertus diverses, tant religieuses que médicinales. Mais vers le milieu du XIXe siècle, la chimie occidentale en découvre une tout autre application, le méthyl-benzoylecgonine, l'alcaloïde tropanique présent dans la plante et qui est plus connu sous le nom de : cocaïne.
Depuis peu, les narco-trafiquants, qui avaient toujours été organisés en cellules indépendantes ont trouvé un nouveau Jefe autoproclamé El Sueño, le rêve. Il a réalisé le sien : créer un narco-état, dirigé par son cartel, la Santa Blanca. Par le biais de son organisation, El Sueño contrôle le trafic et la production de toute la cocaïne bolivienne, dispose de sa propre armée personnelle en plus de l'armée nationale, corrompue, et a développé son propre réseau d'influence pour la revente mondiale de son produit.
Devant le danger de la Santa Blanca, Karen Bowman, chef d'opération de la CIA, a envoyé il y a un peu plus de 2 ans Ricky Sandoval, un agent de la DEA, infiltrer le cartel. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu...
Vous êtes le Leader des Ghosts, groupe des forces spéciales composée des 4 meilleurs soldats de l'armée américaine, un briefing vidéo vient de vous être envoyé : L'opération Kingslayer est lancée.

Contenu du jeu


La personnalisation au service de la liberté
NOCHE DE ACCIÓN

País Tropical
Commençons par l'exploration de votre terrain d'action : Ubisoft le décrit lui-même comme «le plus gros monde ouvert dans la catégorie action/aventure» (ça laisse rêveur). Pas moins de 11 écosystèmes dispatchés sur 21 régions : une carte titanesque, il n'y pas d'autres mots. Et ça ne s'arrête pas là, en plus de cette gigantesque superficie, les régions des Wildlands vous proposent leurs spécificités urbaines, rurales, industrielles, militaires et j'en passe. D'une région à l'autre, vous découvrirez le plus grand désert de sel du monde au Nord, les raffineries de pétrole du Sud, les régions montagneuses de l'Ouest, les plantations de coca de l'Est, des villages, des avant-postes et bases militaires, des ruines et vestiges des peuples amérindiens. Vous l'aurez compris, de très nombreuses heures de jeu défileront avant d'avoir exploré l'intégralité de la carte. Comme vous vous en doutez, les déplacements rapides seront possibles dans les planques de rebelles (environ 4 par région) ainsi que dans les villages civils. Mais pour les explorateurs dans l'âme, vous aurez le choix des rois à votre disposition : voiture, van, camion, camionnette, tracteur, engin de construction, 4x4, véhicule blindé à tourelles, VTC, moto, hélicoptère, Apache, avion et le saut en parachute (mon préféré)... On dit que les voyages forment la jeunesse.

El pueblo unido jamás será vencido
Un monde ouvert Ubisoftien est souvent composé d'une masse de figurants aux actions automatisées afin de créer l'illusion, plus ou moins réussie, de "zones vivantes", mais pour GRW, le studio a transcendé son concept. Il n'est plus question d'illusion du réel mais bel et bien de réalisme. Au fil de vos pérégrinations, vous passerez à côté d'un garage où travaillent les ouvriers, de champs où les fermiers récoltent leurs cultures, des villages où les enfants jouent, des marchands tiennent leur stand, des badauds déambulent sur les trottoirs, des militaires patrouillent. Bref vous l'aurez compris, ça vit. Et même si, pris séparément, ces détails peuvent paraître anodins, mis ensemble, ils dépeignent un monde vrai, mobile et réaliste. Et c'est dans ce monde que vous côtoierez 4 factions :
- Le peuple : civils boliviens que vous croiserez tout au long du jeu. Ils vivent sous le joug des cartels et sont intouchables bien évidemment (un tir accidentel peut faire échouer votre mission en cours). Aux réactions plus ou moins cohérentes, ils fuiront quand une fusillade éclatera, quitteront leur véhicule quand vous leur "demanderez" gentiment, arme à la main, et pourront, pour certains, vous donner des informations utiles.
- La Santa Blanca : votre ennemi principal. Le Cartel à l'organisation para-militaire : fantassins, lieutenants, sicarios, buchones, chef de filière etc.
- l'Unidad : armée régulière de la Bolivie, son commandant en chef, le général Baro, a depuis longtemps signé un pacte avec El Sueño, ils ont donc ordre de vous tuer à vue. Ce pacte fut signé par le général plus pour arrêter les massacres que perpétrait le cartel sur ses hommes que par corruption. l'Alliance entre l'Unidad et la Santa Blanca est donc subjective et fragile, il pourra donc arriver de voir des factions de l'Unidad et de la Santa Blanca s'affronter, mais n'oubliez pas que vous restez leur ennemi.
- Les rebelles : Res ipsa loquitor, la faction qui combat le cartel ainsi que l'Unidad, menée par Pak Katari, votre contact de liaison sur place, sorte de Ché bolivien. Les rebelles s'avéreront être un soutien crucial dans votre mission


VAMOYOS COMPAÑEROS

Tus Amigos Nuevos
LA révolution de ce nouvel opus, vous avez maintenant la possibilité de parcourir le monde avec vos amis en ligne. Nous étayerons ce sujet dans les chapitres suivants, mais pour en expliquer les principes de base, vous pouvez créer votre propre escouade avec 3 amis maximum, quelque soit votre niveau par rapport à vos coéquipiers ou votre avancée dans le scénario. En fonction de votre niveau et de votre "style de jeu", le système vous proposera même des suggestions de joueurs partageant ces caractéristiques. A l'instar d'un Destiny, vous pouvez rejoindre ou quitter une escouade quand vous le désirez. En revanche, la comparaison s'arrête là, vous ne croiserez pas d'autres PJ dans votre aventure à moins d'être dans leur escouade.

Tus enemigos y aliados
Comprendre la Santa Blanca, c'est comprendre GRW. Le cartel bolivien est au cœur de votre mission et du monde dans lequel vous naviguez. Comme expliqué, chaque région est le territoire d'un Buchon, et il vous faudra en éliminer un nombre minimum par filière pour atteindre le lieutenant et enfin le Jefe de celle-ci. Quand vous aurez suffisamment déstabilisé le cartel et ses filières, El Sueño sortira alors le bout de son nez tatoué. Pour combattre cette véritable armée, vous n'aurez pas bien sûr que votre couteau et votre.... enfin vous ne serez ni seul ni désarmé. Premier soutien, les rebelles et la nouvelle roue d'ordre qui apparaîtra donc dans vos capacités techniques : tirs de mortier, livraison de véhicules, diversion, attaque, repérage de zone. Chacune d'elle est améliorable grâce a des missions secondaires "Rebelles" qui lui est propre (9 niveaux par capacité). Même si les premiers niveaux ne sont pas vraiment folichons, leur évolution vous amènera rapidement à trouver en eux un support indispensable. De même, plus votre aide aux rebelles avancera , plus leurs patrouilles aléatoires dans la zone où vous vous trouvez seront nombreuses. A savoir que les rebelles sont de fiers combattants et monteront directement à l'assaut si ils vous voient vous faire attaquer, sans peur, ils avanceront en première ligne pour vous permettre de vous mettre à l'abri, attention donc à vos "tirs amis".

Usted no está solo
Si tu ne peux le combattre, embrasse ton ennemi (proverbe tibétain). Mais vous êtes en Bolivie, non au Tibet, et vu l'arsenal mis à votre disposition, vous n'êtes pas prêt d'embrasser qui que ce soit :
- l'Equipe : Composée de 3 compagnons (quand vous jouez seul), ils vous obéiront au doigt et à l’œil grâce à la célèbre roue d'ordre (Rassemblement, Allez là-bas, Tenez la position, Attaquez), ils s’accroupiront quand vous le ferez, ramperont, nageront, courront selon vos actions. Ils ont de plus la possibilité de vous informer des infrastructures ou des ennemis qu'ils ont dans leur champ de vision les rajoutant ainsi à votre radar.
- Armes & Accessoires : 3 emplacements à votre disposition, 2 armes d'assaut et une de poing. A vous de vous équipez selon vos goûts, tout y est et de plus complètement personnalisable dans ses moindres aspects (lunettes, crosses, rails, bouches...). Côté besace : C4, grenades frag, flash bang, fumigènes, mines, fusée éclairante : du classique. (c'est pas les options du pacificateur du juge Dredd ça??)
- Le drone : équipement vital dans votre avancée. Même si tous les styles de joueur trouveront leur bonheur dans cette aventure, il n'en reste pas moins vrai que l'infiltration sera parfois (même souvent) votre seul moyen de nettoyer une zone, surtout une contrôlée par l'Unidad qui, à l'instar de GTA, possède un niveau d'alerte de patrouille sur 4 paliers (sans gâcher le suspens, vous ne vivrez pas assez longtemps pour connaître le 4e...). Ainsi, votre meilleur moyen d'appréhender une zone de combat est d'abord l'observation. Grâce au drone, très maniable, vous aurez la possibilité de repérer les infrastructures de défense (alarme, générateur, brouilleur, batterie sol/air, portails automatiques, panneaux lumineux...) ainsi que marquer les ennemis sur zone et surtout identifier leur grade. En revanche, gare à ne pas l'emmener trop près des ennemis qui pourront le détecter et déclencher l'alerte. Vous serez bien sûr en mesure d'améliorer sa discrétion, sa portée, sa durée de vie de batterie et autres capacités au cours du jeu.

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Note : 5/5

Aspect technique du jeu


Une qualité graphique sublime... mais pas toujours...
UBISOFT SOLDIER

Soy yo
Vous aimez débuter un jeu en passant 1 heure à créer votre personnage? Alors soyez heureux (paix et félicité). 1ère étape de GRW : vous-même. Sexe, visage, couleur des yeux, capillaire, tenue (de la casquette aux bottes), tatouages, cicatrices etc. Beaucoup moins développé que le menu contextuel de Fallout 4 (ce qui n'est pas un mal vu le trop plein de variables qu'il possédait), mais suffisamment pour personnaliser vraiment votre personnage. A savoir que les vêtements et accessoires seront modifiables quand vous le désirez dans la partie ainsi que les peintures des armes.

Quand l'ancien tente de créer du nouveau
Les joueurs des licences Tom Clancy's connaissent le fonctionnement du gameplay : une équipe de 3 IA à vos ordres. On peut regretter une moins-value en comparant par exemple GRW à l'un de ses aïeuls Rainbow Six Vegas 2 qui nous donnait beaucoup plus de possibilités de commandement et donc de stratégie avec nos coéquipiers IA (les poster par exemple près d'une porte et leur ordonner de la faire sauter et de pénétrer dans une pièce pendant que vous l'investissez par une autre issue, permettant de tendre une embuscade). Cependant, les possibilités d'actions de GRW sont certes simplistes pour notre équipe, mais une belle évolution est à noter pour notre personnage : maniabilité et jouabilité en tête de liste. Les déplacements sont très réalistes et variés, les actions contextuelles fluides. La conduite des véhicules est très rapide à prendre en main (bien que les véhicules aériens demandent une certaine dextérité). Les sauts en parachutes, la nage, les approches furtives : tout est très bien travaillé et nous offre une vraie immersion dans le gameplay. On remarquera aussi que le studio a su piocher, plus ou moins intelligemment, dans ses précédentes sorties afin de faire de GRW un pot-pourri assez réussi. Nous retrouvons le marquage d'ennemi et le tir synchronisé de Splinter-cell, le monde ouvert et vivant d'Assassin's Creed, la balance entre la vue objective des déplacements et celle subjective des phases de tirs d'un Rainbow six, une belle immersion pour les fans de jeux de guerre et d'infiltration.

Le Leitmotiv Ubisoftien
Malheureusement, et comme c'est souvent le cas avec les productions du Studio, une fois la première vague de plaisir passée à découvrir ou redécouvrir les qualités techniques, on retombe très rapidement dans la réalité de leurs limites : des soldats passant à côté des corps de leurs camarades sans même s'en préoccuper, des véhicules commandés qui apparaissent dans la rivière ou dans une colline inaccessible alors que vous êtes sur une zone suffisamment vaste, des soldats qui vous repèrent alors que vous êtes complètement indétectable pendant que vos coéquipiers IA passent juste à côté d'eux pour se placer (et ce n'est pas une image, ils passent "vraiment" juste à côté d'eux), etc. Certaines actions, complètement irréalistes, surviennent en votre faveur. Par exemple un membre de votre équipe réussissant à tuer d'un tir synchronisé un ennemi placé derrière un mur sur la droite d'une zone alors qu'il est placé à l'extrême opposé. Vous me direz, tant mieux pour nous, mais quand vous jouez à un jeu qui veut tendre vers le réalisme d'action, ça pique quand même un peu les yeux de voir ce genre d'incohérences.
Petit addenda, et pas des moindres : les bugs relatifs aux trophées. Même si cela peut paraître aberrant en 2017, sachez que vous devrez compter sur une petite dose de chance pour votre Platine. Malgré les quelques mises à jour dont a bénéficié GRW, il subsiste encore de nombreux bugs, notamment concernant la récolte de tous les types d'armes, pour améliorer au maximum les capacités rebelles ainsi que l'accomplissement des missions principales (si, si, je vous assure...)


QUÆ SUNT CÆSARIS, CÆSARI

Et pourtant, que la montagne est belle
Bien évidemment, tout n'est pas mauvais au royaume des Wildlands. A commencer par les Wildlands elles-mêmes. Les graphismes sont absolument extraordinaires, les paysages principalement. Une virée sur le désert de sel sous un coucher de soleil ou un survol d'hélicoptère sous les sommets enneigés vous feront oublier certains bugs de combat. Malheureusement, le plaisir est encore une fois gâché par du clipping cette fois-ci, indigne d'une telle production. Précisons en sus que ce test est basé sur un jeu tournant sur une PS4 Pro et un écran 4K, autant dire qu'on a vraiment l'impression d'être parfois pris pour des... de ne pas en avoir pour son argent. Malgré cela, le travail sur le décorum reste d'excellente facture, les villages, zones industrielles ou plus simplement les routes et panorama divers sont totalement immersifs. Enfin, et bien que n'ayant jamais été en Bolivie, Ubisoft semble garder ce réalisme qui le caractérise dans ses créations lorsqu'il s'agit de recréer des villes ou des pays (il faut savoir faire des compliments aussi)

I shot you down... Bang Bang
Un autre point à porter au crédit de GRW, l'IA très bien travaillée des ennemis (sauf quand il s'agit de détecter nos coéquipiers IA). Pendant les phases de combat, leurs réactions apportent un vrai challenge. Coordination avec leurs coéquipiers, réactions rapides et crédibles en fonction de leur situation (se mettre à couvert, chercher un poste de tir en hauteur etc.). L'organisation des bases est aussi bien développée sans épouser un schéma redondant : tour d'observation avec sniper, mortier, tourelles, bunker, patrouilles à 2, 3 voire 4 soldats. Chaque base a ses propres spécificités et ses points d'accès aléatoires. Tous ces éléments offrent au joueur une vision extrêmement crédible et plaisante de son ennemi et permet l'impression d'avoir une vraie organisation militaire face à lui.

Les copains d'abord
Comme nous l'avons dit plus haut, la coopération en ligne jusqu'à 4 joueurs est LA révolution de ce jeu ("Qué Viva la révolu"... ferme là Rodriguo!!!!). Et pour le coup, ce n'est pas une publicité mensongère, nous développerons ce point dans la partie du plaisir de jeu, mais il faut noter, pour l'aspect technique, que cette fonctionnalité semble avoir été peaufinée dans les moindres détails. Aucun lag ni bug de connexion dans l'escouade, la fluidité des phases d'actions ou d'explorations reste la même qu'en hors ligne. Les temps de chargements lors de connexion ou de déconnexion sont étonnement courts (comme d'ailleurs tous les temps de chargement du jeu de manière générale à l'exception de celui du lancement). Enfin, le menu contextuel du "Salon" gérant les aspects du jeu en ligne est très bien organisé dans sa praticité et vous permet de retrouver rapidement des joueurs partageant votre profil et avec qui vous seriez susceptible de partager un bon moment de coopération, même si ils ne figurent pas dans votre liste d'amis.
Seul point négatif (encore!!??), si vous ne jouez qu'à 2 ou 3, les développeurs n'ont pas jugé utile de garder les IA du reste de l'équipe. Même si vous avez un bon niveau, passer d'une équipe de 3 coéquipiers (hors-ligne) à 1 est assez déconcertant (même si votre ami en ligne est John Rambo), surtout pour les phases d'infiltration où vous perdez l'avantage du nombre et de certaines fonctionnalités comme les tirs synchronisés.

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Note : 2/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Du haut de ces montagnes, des dizaines d'heures de jeu nous contemplent
COMO UN EXPLORADOR

Un scénario fignolé à la perfection
Après les nombreuses remarques négatives évoquées, vous pourriez croire que le jeu ne mérite pas d'être acheté, c'est une erreur! Certes, Ubisoft a encore une fois péché par oisiveté technique sur ces "petits détails" qui séparent le bon jeu du chef d'oeuvre, mais si il y a bien un domaine dans lequel le studio a pris un virage un 180°, c'est bien le scénario. Étrangement, ce n'est pas tant l'intrigue qui est exceptionnelle mais plutôt sa construction et sa reconstitution dans le cours de l'aventure. Si El Sueño a réalisé son rêve en Bolivie, Serge Hascoët a matérialisé le sien dans GRW. Lui qui espérait voir un jeu dans lequel "il n'y aurait pas une histoire mais dix mille" et où le joueur "choisisse et ne suive pas un chemin décidé pour lui" peut ressentir la joie du travail bien fait. Jamais un jeu Ubisoft n'a donné autant de liberté dans son scénario et ses missions principales. Chaque Buchone, lieutenant et Jefe a sa propre histoire, décrite par des rapports vidéo (très bien réalisés au demeurant). Et très franchement, vous ne ressentirez aucune oisiveté dans le talent scénaristique développé pour ces 25 personnages. Bien connaître l'histoire de vos ennemis vous permettra d'ailleurs une approche particulière pour chacun. Pour ce qui est de la liberté du joueur, elle est totale, en tout cas dans les missions principales. Vous souhaitez attaquer la Santa Blanca filière par filière? Vous préférez plutôt vous attaquer aux pions sans distinction de filière pour remonter vers les pièces maîtresses? A vous de choisir. Chaque histoire prise indépendamment est d'une telle qualité que vous ne serez jamais perdu dans le scénario. Comme une série où chaque épisode à sa propre vie et histoire tout en se raccordant à la fin au fil rouge principal de la saison. Une véritable surprise de la part du studio qui plus est extrêmement bien réalisée. En bonus, deux fins différentes en fonction justement de la manière dont vous avez choisi de déstabiliser la Santa Blanca

Des objectifs secondaires utilisés à outrance
Au-delà de votre quête principale, Open World oblige, vous aurez bien évidemment un nombre conséquent de quêtes et missions secondaires qui malheureusement détruisent complètement le plaisir du jeu par leur sur-utilisation. Petite digression personnelle : étant grand fan des Final Fantasy et des RPG de manière générale, passer plus de 120h sur un jeu ne me fait pas peur et il en faut beaucoup pour que je me lasse. Mais pour GRW, j'ai commencé à soupirer dès 60% d'avancement. Pour faire simple, nombre de vos équipements, accessoires et capacités sont améliorables. Pour se faire, vous aurez besoin de 2 éléments : les points de compétence et les matériaux. Plus le palier d'une compétence est élevé, plus le nombre de PTC demandé le sera évidemment. Pour ce qui est des matériaux nécessaires (carburants, médicaments, nourritures, transmissions), vous pourrez les récolter par différents moyens mais le principal reste l'attaque des convois qui apparaissent de manière aléatoire sur les routes (Un camion escorté par 2 véhicules, voir un hélicoptère armé, qu'il vous faudra arrêter sans le détruire au risque de diviser par 2 votre gain)

Problème : la quantité de PTC et de matériaux demandée est tout bonnement astronomique pour celui qui souhaite améliorer son personnage à 100% (nécessaire pour la platine) puisque cela vous demandera de compléter 149 paliers en tout (euuh quoi?!). La quête des collectibles (documents, armes, accessoires et consorts...) est, elle, imbuvable et chronophage. Sans parler des missions "rebelles", toujours similaires dans leur réalisation (in fine lassantes), qui viennent compléter ce joyeux capharnaüm. Les développeurs n'ont même pas jugé utile de les retirer de vos objectifs une fois devenues inutiles (quand toutes les capacités sont au max). On aurait à la limite apprécié avoir un gain d'XP en les faisant mais non...

Cependant, il faut reconnaître que les documents ont été individuellement bien travaillés. Les enregistrements audio disséminés sur la map (de l'agent Sandoval, des buchones...) nous permettent une meilleure compréhension du scénario et de la Santa Blanca. Les légendes sont plaisantes à lire pour celui qui aime l'étude des civilisations. On sent donc que ce ne sont pas des documents créés à l'arrache juste histoire d'avoir des collectibles mais qu'ils sont quand même le fruit d'un certain travail de l’équipe de développement.

Me gustas tu
La possibilité de réaliser le scénario en coopération reste la meilleure option que nous propose le jeu. Les bases ennemis, l'organisation des IA et l'arsenal mis à notre disposition nous permettent de passer de nombreuses heures de pur plaisir avec nos amis dans les phases d'attaques. l'Un préfère être en hauteur et couvrir ses collègues au fusil de précision? l'Autre préfère infiltrer la base en volant un véhicule de la faction pour que les portes automatiques s'ouvrent? Le troisième préfère la voie des airs? Survoler la base en hélico et se jeter en parachute pour atterrir sur le toit d'un des bâtiments pendant que le quatrième cherche un point d'accès dérobé, silencieux à l'étui, éliminant au corps à corps les quelques sentinelles isolées? Et bien soit, chacun en a la possibilité, et ce sur la même mission et surtout simultanément. C'est un travail colossal qu'a réalisé le studio sur le mode en ligne. Une telle liberté de jeu combiné à celle du scénario principal fait indéniablement de GRW l'un des meilleurs jeux de coopération en ligne actuellement.

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Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


L'un des rares plaisirs du platine sera de contempler cet écran
LONG LONG WAY

Quizas...
Comme souvent dans ce type de franchise, le plaisir que vous prendrez à obtenir la coupe platinée dépendra de la manière dont vous abordez le jeu. Si vous êtes du genre à polir un jeu de A à Z, pour améliorer toutes vos compétences au maximum, trophées ou pas, alors votre chasse se passera plus que tranquillement puisque 85% des trophées seront vôtre sans même vous être concentré dessus. Si en revanche, vous êtes plutôt du genre à vous cantonner au scénario principal et à quelques missions secondaires pour améliorer uniquement ce qui vous intéresse, alors préparez vous à passer plusieurs dizaines d'heures en plus après la mission finale.

Dans tous les cas, préparez vous à une quête longue, rébarbative et lassante. Certes, une grande amélioration est notable au niveau de la liberté d'action dans le scénario principal ; une véritable césure avec la linéarité à laquelle Ubisoft nous a toujours habitué sur ses anciennes productions. Mais pour le reste, on demeure malheureusement frustré de voir que le studio n'a pas vraiment changé sa recette : des missions secondaires répétitives et rébarbatives. Certes la chasse aux points de compétence et aux caisses d’accessoire et d'armement est assez bien ancrée dans le scénario principal puisque 70% de ces collectibles se trouvent là où la trame de l'histoire vous emmène. Mais, car il y a un mais, si nous intégrons à cela la centaine de documents à récupérer, les légendes, les matériaux, les médailles et les missions rebelles, c'est trop, beaucoup trop.

Quizas...
Quelques trophées de défi restent intéressants à réaliser comme détruire un hélicoptère au mortier, tuer un ennemi par un tir à plus de 400m de distance ou encore tuer 7 ennemis avec un pan de C4. Ils ont au moins l'avantage de vous sortir de la monotonie de la quête des collectibles. Il reste également en consolation le plaisir de voir l'organigramme de la Santa Blanca coloré intégralement de rouge. Mais outre ces rares rayons de soleil, ne vous attendez à aucun challenge particulier si ce n'est vaincre votre ennui. Principalement le trophée vous demandant d'améliorer au maximum toutes vos capacités : alliant quête de tous les PTC à de nombreuses heures de chasses aux convois de matériaux... il figure aujourd'hui dans mon top 5 des trophées les plus assommants obtenus. En fait, le platine de GRW ne vous demandera qu'une seule capacité : de la patience.

Quizas...
Comme expliqué dans la partie Technique, cette patience sera de plus mise à l'épreuve par les bugs liés aux trophées. Ce qui défie l'entendement, c'est que ces bugs apparaissent dans les actions à réaliser pour les obtenir ET dans leur obtention pure et simple même si les actions ont été réalisées correctement. A ce jour, la seule possibilité est de recréer un nouveau personnage et de refaire une partie des objectifs pour que les trophées en question se débloquent (caaaalme toiiii!!), autant vous dire que le projet est difficilement envisageable après les dizaines d'heures passées sur votre premier perso.

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Note : 2/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
12/20

Ubisoft ne sort pas vraiment de ses propres sentiers battus. Il réussit un beau mélange de saveurs de ses anciennes franchises mais n'arrive pas à corriger son problème récurrent. Cela donne un plat agréable mais une sauce bien mal accommodée. GRW est un jeu aux graphismes magnifiques, au monde ouvert majestueux, au scénario principal incroyable et s'offre un des meilleurs systèmes actuels de jeu coopératif en ligne. Il reste cependant usé jusqu'à la moelle par la redondance de ses quêtes secondaires et gâché par ses faiblesses techniques. Sans parler du Platine mortifiant qu'il nous propose. Un bon jeu qui aurait pu être tellement plus. Bref : un jeu Ubisoft.

Je recommande ce jeu :
Aux acharnés, Aux fans de la série, Aux curieux