Test : The Quiet Man


The Quiet Man
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Note des joueurs :
3.5/5 - 2 notes
Pas de note
des 100%

The Quiet Man

ps4


13 trophées au total
0 trophée caché 1 DLC

44 joueurs possèdent ce jeu

100% par : 0 joueur (0 %)
Note du jeu
5/20
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Test du jeu
The Quiet Man

  • Test rédigé par Crocdeloup le 13-11-2018 - Modifié le 13-11-2018


Introduction


Le sceau du mystère.
Trois acteurs techniques (3 Lateral, Game On, Cubic Motion) ont joué sur la scène de The Quiet Man. Mais sur le devant se trouvent Square Enix, ayant engagé le studio américain Human Head Studios pour développer son projet. Présenté comme une aventure narrative immersive avec une expérience de jeu orientée action, le titre prenait déjà le pari de mêler deux genres rarement associés. S'inscrivant plus précisément comme un jeu cinématographique, il alterne entre phases de gameplay et scènes en prise de vues réelle.

Derrière cette forme particulière mais pas unique (tendance présente dans les années 90, et plus récemment avec entre autres Late Shift, The Infectious Madness of Doctor Dekker, The Shapeshifting Detective), se tient la volonté de mettre en scène Dane, un protagoniste sourd. L'idée a rapidement suscité l'intérêt bien que le contenu soit resté assez mystérieux jusqu'à sa sortie le 1er novembre 2018.

Nous savions seulement qu'à l'image du jeune homme, le joueur serait confronté au handicap de la surdité puisque incapable d'entendre la plupart des sons. Restant malgré cela une valeur sûre en cas d'affrontement, le voilà lancé à la recherche de Lala, une femme kidnappée par un individu encapuchonné arborant un masque d'oiseau.

Image

Contenu du jeu


Suis-je sûr(e) de savoir ce que je sais ?
Moteur...

The Quiet Man s'inscrit dans des codes accessibles, puisqu'il reprend les ficelles d'un film policier/action, un peu à la Taken. Deux intrigues s'installent en parallèle : une vengeance du passé et une enquête pour découvrir l’identité d'un harceleur qui signe symboliquement son passage par un oiseau à la bouche cousue. Quelques ressorts sont assez simples à deviner, et le tout se rejoint progressivement pour laisser un final davantage trouble, loin de répondre à toutes les questions.

Ce n'est pas parce qu'on entend tout simplement rien qu'on s'immisce dans la peau d'une personne sourde. Pourtant, c'est la direction prise par le titre, et elle dissocie indubitablement le joueur du protagoniste. Si vous ne maîtrisez pas la langue des signes ni la lecture des lèvres, impossible de saisir les propos de votre ami d'enfance (contrairement à Dane). Certains personnages qui connaissent le jeune homme s'évertuent à lui parler sans le regarder. Il n'y a quasiment aucun sous-titres dans tout le jeu, pas même les paroles du héros, quand celui-ci semble comprendre au moins la moitié de ce qui se passe. Vous par contre, il faudra se contenter des images et d'une observation de la gestuelle. L'idée initiale était bonne mais le propos est incohérent avec lui-même.

Une mise à jour gratuite ajoute l'équivalent d'une Nouvelle Partie + avec l'intégralité des sons et dialogues. Si elle permet de comprendre le fil narratif, elle soulève également le fait que c'était purement impossible avant, et n'efface pas ce problème fondamental d'immersion et de logique par rapport à un personnage sourd.

... et action !

Passons maintenant à la partie jeu, puisque les deux sont séparées par des temps de chargement souvent plus longs que courts, la meilleure façon de casser le rythme. Les seules fois où le joueur prend possession de Dane sont pour se battre et parcourir quelques couloirs étroits. Et des combats, pas toujours introduits par la narration, il y en a pléthore, à tel point que le jeu est d'une répétitivité maladive. Le bruit sourd des pas du personnage et des coups portés accompagnent lourdement ces sessions de castagne, qui remplissent les 3 heures de jeu totales, dépendant de votre capacité à terrasser les adversaires. Ces derniers varient selon à peine une dizaine de designs.

On relèvera, en parallèle, que le menu bénéficie d'une esthétique originale et intéressante. Dommage cependant qu'il ne soit pas plus étoffé pour mieux accompagner le joueur sur les contrôles du personnage et les divers réglages du jeu. Une sélection de chapitres est disponible après les avoir accomplis une première fois.

 

Note : 1/5

Aspect technique du jeu


La mise en scène reste assez prenante malgré tout.
Silence ! Ça tourne.

À la manière de l'intrigue, qui tourne autour de l'homme au masque d'oiseau, le titre se présente rapidement sous une identité, hésitante, maladroite, pour nous laisser manette posée et esprit confus une fois le jeu terminé. Rien à dire sur les scènes en prise de vue réelle aux tons chaleureux, dans le délire urbain et noir, puisqu'elles donneront du courage à ceux qui souhaitent aller au bout de l'histoire. Les flashbacks instaurent un contraste aussi agréable qu'intéressant mais reviennent un peu trop souvent.

La performance des acteurs fonctionne malgré un côté cliché qui finalement joue de ses personnages silencieux. Le bilan est plus mitigé pour Dane, parfois très convaincant, parfois surjoué. Malheureusement, couplé au manque d'ambiance (pas de musique, des cinématiques qui tiennent en longueur, très peu de sons), il reste difficile de suivre le tout.

En coulisses

The Quiet Man n'étant pas un film mais bien une expérience vidéo-ludique, difficile de juger uniquement ces critères très cinématographiques. Les graphismes du jeu ont de quoi rougir, notamment dans les affrontements, les scènes étant déjà mieux réalisées. D'ailleurs, pourquoi ne pas avoir tourné l'intégralité des scènes en prise de vue réelle ? Mystère. Ceci dit, le réel problème vient des animations sur les séquences d'action et des combats. Souffrant déjà de plusieurs ralentissements, le titre possède des animations grossières qui n'arrangent pas le constat. L'imprécision des coups et des déplacements, notamment chez l'IA, donne un rendu aussi frustrant que chaotique. Même souci lorsque ces derniers heurtent l'environnement, guère convaincant d'autant qu'il est aisé de les bloquer contre le décor. La caméra, qui peut à peine être saisie, enfonce le clou avec des angles où on perd complètement l'action de vue.

 

Note : 2/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Voir cet écran n'est pas aussi agréable qu'au premier abord.
Sans doublure

Entre taper sur un cartel mexicain ou sur un groupe d'afro-américains versé dans des trafics et possessions plus luxueux, on regretterait presque l'absence de la mafia ukrainienne. Le côté caricatural ne peut ici être relevé par des acteurs puisqu'il laisse place à des adversaires sans personnalité qui reviennent inlassablement à l'assaut. Trois mexicains en particulier passent la première moitié du jeu à s'acharner sur Dane malgré les nombreuses raclées.

Ces dernières, plutôt agréables à distribuer grâce aux mouvements stylisés du personnage, souffrent toutefois d'une faible panoplie de coups. Et comme rien n'est jamais expliqué, la débrouillardise amène plus facilement vers le matraquage de touches que la maîtrise technique d'un système déjà défectueux. Qui plus est, la répétitivité vient casser tout plaisir de castagne sur la longue.

Le sens du spectacle

Malgré tout, le jeu donne envie d'être compris. La mise en scène, même déjà vue, reste plaisante et il est frustrant de voir le potentiel et l'impact qu'auraient pu avoir l'antagoniste masqué et le propos de la surdité si mieux exploités. Cela se ressent tout au long de l'histoire qui suit logiquement son cours mais manque cruellement de structure, ne prenant pas le temps de faire les choses et les rendant ainsi pénibles à suivre/faire.

Les questions posées par le grand final ne sont en réalité pas les bonnes, comme le montre la nouvelle partie + avec plus d'amertume que de réjouissance. Autant dire que la rejouabilité frôle le zéro, si ce n'est le négatif étant donné les lourdeurs des combats.

Triste constat mais le studio n'a pas réussi à associer son concept narratif au gameplay proche d'un beat'em all sans âme. Et il manque trop d'éléments de contexte (on ne sait toujours pas comment Dane est devenu la déclinaison de Daredevil) pour s'attacher à l'ensemble.

 

Note : 1/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


L'exigence de la réalisation

Le clou du spectacle vient à point nommé avec la liste des trophées de The Quiet Man. En apparence, rien ne semble porter défaut aux 12 trophées du jeu. Son identité duelle semble d'ailleurs ici se retranscrire avec logique puisque la moitié se débloque en progressant dans l'histoire, tandis que la seconde concerne des actions à accomplir. Mais avec tous les défauts énumérés précédemment, le voile se lève sur un véritable calvaire pour les joueurs qui visent le 100%.

Trouver le rôle de chaque touche et appuyer sur tous les boutons à toutes les occasions d'achèvement possibles débloquera la plupart des trophées. En revanche, obtenir (Or) Gagner sa vie demandera de maîtriser tous les aspects du combat. C'est-à-dire composer avec le timing serré et la stricte précision requise pour effectuer des contre-attaques. Et déjouer tous les défauts de caméra et d'incohérence des mouvements, sans parler de la difficulté mal dosée. Une seconde fois. L'IA a en effet tendance à attendre que le joueur attaque un adversaire pour que tous les autres l'encerclent et s'y collent un à un. Le taux d'acquisition de ce trophée ultra-rare parle de lui-même. Et à nouveau, il y a tellement de combats que vous aurez rarement attendu avec autant d'impatience que tombent les trophées liés à l'histoire.

Et non content d'infliger tel tourment à ses malheureux joueurs, The Quiet Man intègre le trophée (Argent) Pour être finalement compris à The Answered, sa mise à jour gratuite, qui demande de finir la Nouvelle Partie +. C'est ainsi que l'on finit de transformer une mauvaise expérience en traumatisme et que l'on pioche parmi les plus braves ou les plus masochistes pour décerner un impeccable taux de complétion.

 

Note : 1/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
5/20

The Quiet Man avait un concept intéressant mais, entre une identité double mal exécutée et un gameplay aussi maladroit que frustrant, il noie son propos dans l'incohérence. Le jeu tend quelques perches pour s'accrocher jusqu'au déroulement, qui apporte finalement peu de satisfaction. Et s'il ne fallait souligner que ses qualités, il aurait mieux valu s'en tenir à un film version Director's Cut.

Je recommande ce jeu :
À personne