Test : The Order : 1886


The Order : 1886
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Note des joueurs :
4/5 - 263 notes
Note des platineurs :
4/5 - 250 notes

The Order : 1886

ps4


22 trophées au total
1 trophée caché

5428 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 4107 joueurs (76 %)
100% par : 4107 joueurs (76 %)
Note du jeu
13/20
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Test du jeu
The Order : 1886

  • Test rédigé par V-Phantomhive le 02-03-2015 - Modifié le 07-12-2016



Introduction


Big Ben, le palais de Westminster, la Tamise. The Order : 1886, c'est une immersion de tous les instants dans la capitale britannique.
Londres, 1886. Plongée dans un brouillard permanent et baignant dans une atmosphère brumeuse délétère de vapeur et de suie, cette ville au centre du monde connaît une révolution industrielle accélérée. Mais si l'Angleterre prédomine sur la scène internationale grâce à ses nombreuses colonies, la capitale de cet Empire Colonial n'en est pas moins l'hypocentre d'une guerre séculaire ancestrale. De puissants et anciens adversaires que l'on nomme les Hybrides, créatures prenant la forme de bêtes monstrueuses, gagnent chaque jour en force et en nombre. Combattues par l'Ordre, une confrérie secrète de chevaliers royaux d'élite et gardiens émérites de la ville, ces bêtes inhumaines s'aventurent toujours plus avant dans les rues pavées de Londres, tandis que la colère du peuple ne cesse de croître. Dans cet État policier et policé, des rebelles défient cet Ordre jugé partial et arbitraire tandis que des anarchistes et autres conspirateurs profitent du chaos latent pour s'accaparer des richesses et déstabiliser l'ordre politique.

Vous y incarnez Messire Grayson Galahad, un chevalier réputé pour ses talents de pisteur et considéré comme un chasseur hors pair. Aux côtés de votre mentor, Sire Sebastian Malory Perceval, de votre protégée Dame Ygraine et de la jeune recrue du groupe, le Marquis de LaFayette, vous devrez restaurer la paix dans une capitale en proie à des contestations civiles de plus en plus virulentes tout en luttant contre votre ennemi de toujours, les Hybrides. Pour cela, vous pourrez compter sur le génie de Nikola Tesla, un jeune inventeur d'armes et de matériel technologiques qui commence doucement à faire pencher la balance en faveur de l'humanité dans la guerre contre les Hybrides.

Développé par Ready At Dawn et Santa Monica Studios, The Order : 1886 est l'une des exclusivités majeures de la PlayStation 4 en ce début d'année 2015. Employant le genre fictif de l'uchronie (que l'on pourrait définir comme la reconstruction partielle ou totale de l'histoire en relatant les faits tels qu'ils auraient pu se produire => "Et si... ?"), le jeu vous place dans une Londres néo-victorienne visionnaire mêlant des figures et événements historiques réels avec des éléments issus de légendes et mythes familiers pour créer une histoire alternative. Notre test aura pour vocation de vous présenter un panorama complet de cette expérience de jeu de manière à ce que vous puissiez décider en toute lucidité d'acquérir ce titre, ou non.

Contenu du jeu


Vos déambulations imposées vous permettront de découvrir une représentation du quotidien au plus proche de la réalité historique.
Protéger et Servir

À travers un court prologue faisant office de tutoriel, vous découvrez un Galahad mis aux fers pour des raisons encore inconnues. Votre évasion donnera lieu à un tutoriel plutôt bien pensé, et, très vite, on assimile les mécaniques principales du jeu : exploration entièrement scriptée dans les phases où vous contrôlez votre personnage et irruption de QTE (Quick Time Event) lors de cinématiques s'intégrant parfaitement au jeu. Après une évasion plus ou moins réussie, vous vous retrouvez confronté aux autres chevaliers qui composaient votre groupe. Tout est mis en oeuvre pour titiller notre curiosité : pourquoi Galahad se retrouve-t-il dans cette situation ? Qu'est-ce qui a pu le pousser à "trahir" ses frères ? Nous sommes en Novembre 1886. Le prologue s'achève, et les questions fusent dans votre esprit. Le chapitre I s'ouvre alors, vous faisant retourner un mois en arrière, en Octobre 1886. Galahad porte ses habits de chevalier et surplombe une Londres industrialisée. Vous comprenez que vous disposez d'un mois pour percer les secrets de cette analepse.

Au cours de seize chapitres et d'un épilogue laissant la porte (voire même les fenêtres et la chatière) ouverte à une suite, vous serez amené à suivre les péripéties de Grayson dans sa lutte contre les Hybrides et la Rébellion. Cette quête vous donnera l'occasion de visiter des lieux emblématiques de la capitale tels que MayFair ou WhiteChapel tout en vous proposant quelques séquences dépaysantes (notamment le chapitre V) tirant pleinement parti du cadre atypique du jeu. Pour couronner le tout, vous aurez l'occasion de vous essayer à des phases d'action, de tir, d'infiltration, de plate-forme, et même à quelques caractéristiques d'un survival horror.

Voici ce que propose The Order : 1886 sur le papier. Si l'on s'arrêtait là, on pourrait croire tenir un jeu révolutionnaire au contenu exhaustif. C'est malheureusement très loin d'être le cas, à de nombreux égards. Tout d'abord, évoquons la durée de vie du titre. Comme vous le savez sans doute, celle-ci a fait débat avant même la sortie officielle du jeu. Mais qu'en est-il dans le détail ? En prenant notre temps, en jouant en difficulté "Difficile" et en tentant de récupérer tous les collectibles, nous avons mis dix heures pour arriver au bout du jeu. Ce temps couvre bien évidemment toutes les cinématiques qui sont de toute façon impossibles à passer ainsi que les quelques morts et les réapparitions qui vont avec. Il s'agit ici d'une moyenne haute : si vous décidez de faire le jeu dans un mode de difficulté inférieur sans nécessairement prendre le temps de consulter tous les documents et autres fichiers audio, vous pouvez retirez deux à trois heures sur ce temps total.

Difficile à comprendre dans la mesure où le jeu comporte seize chapitres, ce qui, a priori, aurait dû nous garantir une durée de vie supérieure à dix heures de jeu. Néanmoins, ce qu'il faut savoir, c'est que la moitié de ces chapitres (soit tout de même huit au total) ne sont composés que de cinématiques non interactives. Autrement dit, vous passerez plus de la moitié du jeu la manette posée sur vos genoux. Bien évidemment, les chapitres jouables comporteront eux aussi des cinématiques, ce qui augmentera encore davantage ce temps d'inactivité. Parlons-en, justement, de ces chapitres jouables. Pour résumer les choses, vous passerez le plus clair de votre temps à arpenter des lieux certes splendides mais entièrement scriptés (c'est-à-dire de longs couloirs ou la liberté laissée au joueur est quasi nulle) tout en examinant les éléments qui se présenteront à vous. Épisodiquement, vous affronterez différents adversaires dans des séquences de tir très réussies, suite à quoi une nouvelle cinématique s'enclenchera, cinématique qui précédera une nouvelle phase d'"exploration" (le mot est fort).

Durant ces phases, Galahad ne pourra pas courir (habile stratagème des développeurs pour ne pas réduire encore plus la durée de vie) et ne pourra pas non plus utiliser ses armes. Les phases de plate-forme précédemment citées seront rares et lapidaires : vous pourrez sauter d'un toit à l'autre ou d'un mur à l'autre pour atteindre une nouvelle zone, mais bien entendu, ces passages seront imposés. Les séquences d'infiltration ne dureront guère plus longtemps et seront prévisibles au possible, l'IA suivant encore et toujours le même chemin. Enfin, l'aspect "horreur" ne fera son apparition qu'au chapitre IV, sans jamais que le jeu ne soit à nouveau aussi oppressant par la suite.


S'essayant à plusieurs genres mais n'en approfondissant aucun, The Order frustre par son contenu alléchant mais terriblement lacunaire.

 

Note : 2/5

Aspect technique du jeu


Visuellement magistral, le jeu a bénéficié d'un traitement de la lumière très particulier permettant d'afficher plusieurs nuances de couleur simultanément.
Le dixième art

Dans la sphère virtuelle, nombreux sont ceux à considérer que le jeu vidéo constitue un art à part entière (le "dixième art"), s'appuyant entre autres sur les procédés de plus en plus réalistes employés par les développeurs pour donner à leur création des environnements particulièrement crédibles et immersifs. Si The Order ne nourrira pas le débat à lui seul, il y a fort à parier qu'il apportera des arguments aux partisans de ce nouvel art. Parfaitement maîtrisée et absolument irréprochable, la direction artistique du jeu est une véritable prouesse visuelle. Le rendu, cinématographique au possible, plonge le joueur dans un univers de nuances au réalisme saisissant. Grâce à de nouvelles techniques de capture de mouvement, les principaux protagonistes s'intègrent naturellement aux environnements dans lesquels ils évoluent, avec un souci du détail toujours poussé à l'extrême. Ce travail d'orfèvre se savoure aussi bien au premier plan qu'à l'arrière-plan, le tout sans jamais engendrer un quelconque temps de chargement ou n'occasionnant des ralentissements , même en plein combat. Mis au service d'une reconstitution historique, ce traitement de l'image, fluide et complet, est indéniablement l'un des atouts majeurs du titre.

Le médium musical n'est pas non plus en reste. Si les pistes sonores restent globalement discrètes, elles demeurent toujours conformes à l'ambiance véhiculée par le jeu. Le doublage français, moins convaincant que l'original, remplit malgré tout sa part du contrat aussi bien pour les personnages principaux que secondaires. On appréciera notamment l'écoute des cylindres phonographiques, toujours justes et aux tonalités immersives. Plus généralement, tous les petits à-côté (visuels comme sonores) sont une franche réussite. Les effets pyrotechniques et les jeux d'ombre et de lumière sont troublants de réalisme tandis que les multiples coups de feu et autres détonations nous plongent en plein coeur des combats. On sent que rien n'a été laissé au hasard, et on ne peut donc que saluer cet investissement formel même si l'on eut apprécié qu'il trouve un écho dans le contenu du jeu.

Enfin, le gameplay, très classique, ne devrait pas déstabiliser les amateurs des jeux de tir. De manière traditionnelle, (L2) sert à viser tandis que (R2) permet de tirer. On se met à couvert avec (rond), on recharge avec (carre) et l'on utilise les touches directionnelles pour changer d'arme. Une formule gagnante vue et revue mais toujours aussi efficace : on n'en demande pas plus. Cette prise en main intuitive régulièrement remise au goût du jour via l'apparition ponctuelle d'indications textuelles sera un atout lors des séquences de tir vous opposant à l'IA. Cette dernière est très satisfaisante, notamment si vous jouez en "Difficile". Même s'il y aura toujours quelques malheureux PNJ qui attendront sagement de se prendre une balle entre les deux yeux, vos opposants seront suffisamment réactifs pour rendre vos joutes captivantes. Vos alliés seront du même niveau et tenteront de vous couvrir lorsque vous serez au sol, par exemple. Le job est rempli.


Même en étant de nature perfectionniste, il est malaisé de reprocher quoi que ce soit à The Order sur le plan technique. On pourrait toujours arguer que certains environnements sont un peu trop sombres et que l'emploi de la course n'est pas toujours naturel, mais ce seraient deux gouttes d'eau très vite diluées dans le superbe tableau d'une Londres néo-victorienne tel que dressée par le jeu.

 

Note : 5/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Nerveuses et survitaminées, les séances de tir à la troisième personne revitaliseront votre expérience de jeu.
The Hors-d'Oeuvre

The Order vous propose de vivre une expérience narrative continue. Grâce à des transitions fluides entre les séquences d'action et celles de l'histoire, vous assisterez à un récit interactif alternant phases de QTE et séances de tir. Cette trame scénaristique unique en ce genre vous plongera dans une Londres dépaysante. Cependant, ce postulat prometteur est grevé par de nombreux éléments qui viendront rapidement nuire à votre plaisir de jeu.

En premier lieu, le rythme ternaire imposé par la succession exploration - combat - cinématique provoquera de sérieuses fluctuations quant à votre niveau d'adrénaline. Les périodes d'exploration, rigides au possible, vous placeront dans la peau d'un Galahad très "lourd" qui ne pourra quasiment pas courir. Si vous apprécierez observer votre environnement, la démarcation avec l'ennui sera très ténue tant certaines séquences mettent du temps avant de prendre leur envol. Heureusement, les scènes de gunfight dynamiseront votre parcours grâce à un arsenal technologique conséquent ainsi qu'à l'emploi de la "Vue Noire" (ralenti durant lequel vous pourrez tuer très rapidement vos ennemis). Au coeur de l'action, il deviendra alors très jouissif de passer instinctivement d'une arme à une autre tout en s'essayant aux multiples innovations concoctées par Nikola Tesla, le tout dans des environnements somptueux parfaitement cadrés.

Malheureusement, votre pouls reviendra très vite à la normale devant les très belles mais surtout très longues cinématiques qui composent le titre. À l'instar des différents genres auxquels s'essaie le jeu, l'intrigue part dans des embranchements scénaristiques pas toujours compréhensibles mais surtout très peu exploités. Si l'on sent la volonté de bien faire de la part des développeurs, The Order vous embarque dans un scénario alambiqué et loin d'être abouti en raison de sa très faible durée de vie. Mêlant hybrides, rebelles, anarchistes, et chevaliers, le jeu effleure de nombreuses pistes sans jamais prendre le temps de les traiter dans leur intégralité. Si vous vous attendiez à affronter une hordes de lycans, par exemple, vous pouvez passez votre chemin : vous peinerez à atteindre la dizaine sur l'ensemble du jeu. Les rebelles, qui auraient mérité un plus grand épanchement, ne seront véritablement dévoilés qu'à partir du chapitre IX, soit à plus de la moitié du jeu sachant que certains chapitres subséquents ne sont composés que de cinématiques. Affichant des ambitions démesurées eu égard à sa durée de vie, The Order : 1886 semble n'avoir pour unique vocation que de poser les fondements d'une suite probable en sacrifiant un background initial.

Dans de telles conditions, la rejouabilité du titre est nulle, comme vous pouvez vous en douter. Outre une facilité déconcertante (accentuée par le fait que votre personnage ne dispose pas de barre de vie), vous serez constamment noyé sous les munitions et armes diverses, sans oublier les nombreuses indications qui apparaîtront à l'écran pour vous aider. Cette sensation d'être pris par la main devient vite pesante : sans nécessairement rechercher du challenge à tout prix, on aurait aimé que le jeu nous mette un peu plus à l'épreuve, afin que Galahad puisse dévoiler plus pleinement ses talents de Chevalier. Les affrontements contre les hybrides, notamment, sont une réelle déception. Supposés posséder une grande intelligence, les quelques malheureuses bêtes qui croiseront votre chemin mettent visiblement tout en oeuvre pour la cacher, dans la mesure où elles suivent inlassablement le même schéma tactique, à savoir vous bondir dessus. En conséquence, la méthode de suppression ne différera quasiment jamais : on vise, on tire, on saute, on vise, on tire. On a connu plus passionnant.


Il serait mensonger d'affirmer que vous ne prendrez aucun plaisir à expérimenter le titre : cela dit, vous vous apercevrez rapidement que The Order : 1886 appartient à cette étrange catégorie de jeux qui déçoivent non pas tant par ce qu'ils font, que par ce qu'ils ne font pas.

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Quoiqu'anecdotiques vis-à-vis de la trame principale du jeu, les collectibles ont au moins le mérite de coller assez fidèlement à la réalité qu'ils dépeignent.
Élémentaire mon cher Galahad

Il est des listes de trophée qui apportent une rejouabilité insoupçonnée à un jeu. Eh bien, ce n'est pas le cas ici. Soyons francs, les trophées de The Order sont très vite expédiés et ne resteront pas dans les mémoires. Alors que les développeurs auraient pu se servir de ces défis supplémentaires pour prolonger la durée de vie du titre, ceux-ci semblent à ce point lucides quant au contenu de leur jeu qu'ils n'ont même pas pris la peine de lier un ou plusieurs trophées aux modes de difficulté.

Si les nombreux trophées liés à l'utilisation des armes ou à la Vue Noire vous permettront de découvrir "toutes" les fonctionnalités proposées par le titre (il faut le dire vite), ces derniers ne vous résisteront pas très longtemps en grande partie parce qu'il est possible de relancer un point de contrôle pour conserver le cumul des kill. Les collectibles, de leur côté, pourront être récupérés très rapidement grâce à la sélection des sous-chapitres : ceci ne devrait pas vous accaparer sur une très longue période tant ils sont affichés nettement à l'écran.


Finalement, la liste des trophées de The Order : 1886 est en parfaite adéquation avec le jeu qu'elle traite : courte, simple, et esthétiquement stylisée. Au moins pourrez-vous vivre cette expérience en toute sérénité tout en empochant des trophées à forte valeur...

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
13/20

Dans l'absolu, The Order : 1886 n'est pas une mauvaise expérience de jeu. Grâce à un univers inspiré et à une maîtrise technique irréprochable, le jeu possède de nombreux arguments suffisamment convaincants pour nous donner du plaisir à découvrir son univers. Néanmoins, son contenu disetteux, son rythme en dents de scie et la profusion de pistes inexploitées nous poussent à vous déconseiller de l'acheter au prix fort, surtout si vous en attendiez beaucoup. Dans cette hypothèse, vous risqueriez de subir une sévère déconvenue lorsque le générique de fin défilera sur votre écran.

Je recommande ce jeu :
À un public averti, Aux chasseurs de trophées/platine facile