Test : The Gardens Between


The Gardens Between
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Note des joueurs :
5/5 - 3 notes
Note des platineurs :
5.3/5 - 3 notes

The Gardens Between

ps4


18 trophées au total
4 trophées cachés

28 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 27 joueurs (96 %)
100% par : 27 joueurs (96 %)
Note du jeu
14/20
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Test du jeu
The Gardens Between

  • Test rédigé par Crocdeloup le 09-10-2018 - Modifié le 09-10-2018



Introduction


Arina et Friendt entament une nouvelle aventure.
Les jardiniers

Les souvenirs de notre enfance s'attachent à des lieux comme à des personnes. La plage, la forêt, le jardin, un(e) ami(e) perdu(e) de vue... Partant de ce principe, le studio américain The Voxel Agents initie son expérience sur PS4 avec The Gardens Between, après une dizaine d'années à développer sur mobile (Puzzle Retreat, Train Conductor).

Épaulé par Sony pour la publication, cet indépendant place le joueur aux commandes de deux personnages : Arina et Friendt, meilleurs amis ayant l'habitude jouer dans le grand jardin qui relie leur maison. Un soir où l'ennui persiste à les accompagner, apparaît une étrange boule lumineuse qui va les emporter dans un univers enchanteur, leur cabane comme radeau pour naviguer entre les îles de leurs souvenirs.

Il aura fallu quatre ans et demi de travail pour donner naissance à cette aventure narrative ayant pour thème l'amitié, et des mécaniques de gameplay basées sur la manipulation du temps.

Contenu du jeu


Voyage vers les archipels de l'amitié.
Le terrain de jeu est composé "d'îles-jardins", ainsi nommées par les développeurs, se regroupant par deux ou trois pour former des archipels (au nombre de 7), avant de finir sur une dernière île conclusive. À chaque fois, Arina et Friendt amarrent en bas de l'île et doivent atteindre le sommet. The Gardens Between pose ici un principe très simple et pourtant très original : dès que les personnages avancent, le temps s'écoule ; dès qu'ils reculent, le temps revient en arrière. Arina se charge de remplir sa lanterne d'une boule de lumière afin d'activer chaque jardin. Friendt interagit avec les différents éléments pour libérer le passage ou faire appel aux habitants des jardins (les petits cubes à pattes). Vos deux personnages avançant simultanément, il faut jongler entre la position et le rôle de chacun pour accomplir des actions qui resteront gravées dans le temps, même une fois remonté.

Le gameplay a beau être minimaliste, il fonctionne à merveille, et parvient à instaurer une sensation de progression en proposant des éléments variés et plus retors au fil des archipels. L'ennui est ainsi chassé et l'impression de découverte présente jusqu'au bout. La narration se passe de tout dialogue, et bénéficie pourtant d'une mise en scène soignée et subtile. Chaque île-jardin représente une activité du duo : construire une cabane, jouer aux jeux vidéos, se baigner dans la piscine gonflable, etc. Et chacune se conclut par une saynète sympathique retraçant leur amitié au quotidien. Les symboles qui ponctuent le récit sont des mystères moins accessibles mais participent à l'identité et au message du titre. Par contre, le jeu pêche sur sa faible durée de vie. Deux à trois heures, certes bien remplies, suffiront pour faire le tour de l'histoire comme de la chasse. Plus de secrets et même des chemins cachés n'auraient pas été de trop.

Loin d'être vides, les environnements ne sont pas surchargés afin de garder une bonne visibilité et de laisser des pistes (au joueur de trouver les bonnes) pour la résolution des divers problèmes qui bloquent le chemin. Chaque objet placé a un sens soit narratif soit mécanique, voire les deux. Les décors servent non seulement de contexte mais surtout d'histoire, et s'attarder sur les nombreux détails permet de délier tout ce qui n'est pas dit.

Trophee

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Une pause contemplative.
Difficile de ne pas être emporté(e) au cœur de ces jardins tant ils sont peints avec soin. La construction des niveaux paraît d'abord légère, puis s'enrichit une fois le premier archipel passé. L'ingéniosité du level design fait franchement baver et on ne demande qu'à en voir plus. Les graphismes léchés adoptent deux palettes de couleurs vives, tout en affichant une distance assez claire, un air un peu pâle et brumeux qui survient notamment lorsque le jeu est mis en pause. Il renforce l'idée d'être dans un souvenir ou univers magique.

En réalité, les 7 archipels se découpent en trois tons qui suivent le déroulement d'une journée entre amis : après-midi, crépuscule et soir. Le dernier, plus sombre, tranche avec ses prédécesseurs et parvient à instaurer une ambiance plus mystérieuse, parfois inquiétante, à mesure que les enfants grandissent et s'éloignent l'un de l'autre. À chaque fois que l'on pourrait se lasser d'une teinte, l'île suivante en change, nous donnant juste assez pour vouloir y revenir et se ravir de la nouveauté.

Vrai régal pour les yeux, les îles se révèlent de deux façons : en progressant dans le jeu, ou en appuyant sur la touche "options". Ainsi mis en pause, la caméra fait lentement le tour de l'île. La musique, toujours douce et poétique, monte d'un cran. On se surprend naturellement à poser la manette pour contempler les lieux paisiblement. D'ailleurs, question ambiance, il devrait être conseillé de jouer avec un casque afin de profiter au mieux des bruits environnants tels que le son de l'eau, le bruissement des feuilles, le craquement du bois, des cordes, etc. Si la cadence augmente vers le dénouement, jamais le titre ne se veut oppressant comme a pu l'être Flower sur un chapitre, et garde cet air particulièrement simple et posé.

Trophee

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Petits gestes du quotidien, nombreux détails en jeu.
Si vous cherchez un jeu pas prise de tête, permettant même de se relaxer tout en passant un très bon moment, The Gardens Between est idéal. Son atmosphère invite à la détente, sa narration saura toucher à divers degrés et son gameplay pourrait sans doute être enrichi, mais bénéficie de cette aura de découverte, de simplicité et de fluidité qui amuse en toute sincérité. La prise en main étant immédiate, le plaisir suit sans problème. C'est d'ailleurs le seul moment où la courte durée de vie du jeu joue en sa faveur : il sera rapide mais tout aussi agréable de fouler à nouveau ces îles-jardins.

Le titre nous place consciencieusement en spectateur avec sa gestion des couleurs et le positionnement de la caméra, comme si l'histoire défile devant nous (à la manière du temps), en nous étant contée à travers les souvenirs des deux protagonistes. Et parallèlement l'idée de résoudre des puzzles, même simples, atteste la sensation de jouer, ce qui n'est pas le cas de toutes les productions dites narratives. Il n'y a pas le côté strict d'une leçon qu'on nous enseignerait, car même si le jeu impose de suivre le chemin vers le sommet de l'île, il le fait en douceur, installe des va-et-vient et invite à créer des chemins avec l'environnement et le timing.

C'est plutôt une fibre nostalgique, mais tout en allégresse, que véhicule le jeu. D'un geste soigné, The Voxel Agents prend le temps de nous poser pour savourer la route parcourue et les amitiés de notre enfance. Cette sensation d'être pris(e) par la main en agacera peut-être certains. Mais ça change de voir une autre façon de raconter une histoire, qui n'est pas entièrement inédite, mais qui est ici bien menée.

Trophee

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Jouer avec l'environnement pour faire sortir habitants et trophées.
La liste des trophées se divise en deux couleurs et catégories : les 8 (Or) à faire lors des saynètes en fin de chaque île, et les 9 (Argent) liés à des actions contextuelles, elles-mêmes souvent liées à la progression du jeu. Hormis (Argent) Tir amical, (Argent) Trouvé ! et (Argent) Ne pas toucher ! qui demandent un poil plus d'attention, le reste des défis est très facile à accomplir. Plusieurs d'entre eux doivent même être couplés sur des saynètes. Cette pluie de trophées peut donc difficilement être ratée. Et si jamais cela arrive, le joueur est libre de revenir à la carte de l’univers et de revenir librement sur les îles déjà visitées.

Cette liste saura ravir les cœurs tentés par les chasses faciles, mais n'est pas complètement dénuée d'intérêt. De par la nature du jeu, elle instaure un petit côté ludique qui pousse le joueur à fouiller les recoins et à exploiter les mécaniques de déplacement/manipulation du temps. Cela reste minime étant donné la facilité du titre et de sa chasse mais colle à l'esprit du jeu. La majorité des trophées vous demande en fait de révéler la présence des mystérieux habitants du jardin dans les souvenirs des deux enfants (les saynètes) et sur les îles.

Comme si les développeurs pointaient à nouveau du doigt une clé cachée de la narration...

Trophee

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
14/20

The Gardens Between tient un principe simple mais original et bien exploité. Une expérience relaxante, douce et plaisante, servie par une ambiance savoureuse, pour un contenu malheureusement trop chiche. De sympathique à enchanteur, il serait toutefois dommage de passer à côté, d'autant que la liste des trophées ravira la majorité des joueurs avec sa générosité et son accessibilité.

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux chasseurs de trophées/platine facile