Test : The Evil Within


The Evil Within
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Note des joueurs :
4.4/5 - 103 notes
Note des platineurs :
4.4/5 - 42 notes

The Evil Within

ps4


72 trophées au total
13 trophées cachés 3 DLC's

2743 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 367 joueurs (13 %)
100% par : 173 joueurs (6 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
The Evil Within

  • Test rédigé par V-Phantomhive le 15-10-2014 - Modifié le 27-01-2017



Introduction


Une journée comme toutes les autres... ou presque.
Krimson City, par un jour de pluie. C'est une ville moderne, avec ses immeubles bien trop hauts et sa criminalité hors-norme. Rien qui ne puisse surprendre l'inspecteur Sebastian Castellanos, un flic désabusé par des années de service. Mais alors qu'il s'apprête à rentrer chez lui après une journée banale, un appel grésillant retentit dans le poste de radio : "Ici Central, on signale un homicide multiple à l'hôpital psychiatrique de Beacon. Toutes les unités sont demandées en renfort. Terminé.". Instinctivement, l'inspecteur se tourne vers ses collègues, Joseph et Juli. En un coup d'oeil, il comprend qu'il n'y coupera pas. Direction l'hôpital psychiatrique...

Arrivé sur les lieux, le trio remarque de nombreux véhicules de police à l'abandon, sans le moindre signe de vie. Après une brève discussion, Juli est chargée de sécuriser les lieux, tandis que Sebastian et Joseph se décident à pénétrer dans l'hospice. Et ce qu'ils y découvrent les glace d'effroi. Le sol est jonché des cadavres du personnel médical. Les murs sont recouverts d'étranges tâches de sang. Déboussolé par ce carnage, notre inspecteur décide de visionner les vidéo de surveillance, en espérant comprendre ce qui a bien pu causer cette boucherie.

Durant le visionnage, Sebastian assiste, impuissant, au massacre des forces de l'ordre arrivées avant lui. Le coupable, c'est cet étrange individu encapuchonné capable de se déplacer à une vitesse surnaturelle. Décidant d'en informer Joseph, Sebastian s'apprête à quitter la pièce quand l'individu apparaît soudainement devant lui. Après ça, c'est le trou noir. Vous reprenez conscience dans une salle miteuse et délabrée, les pieds pendus au plafond. Au loin, un mastodonte découpe des cadavres humains, et vous vous dites que vous serez sans doute le prochain. Après une course-poursuite, vous parvenez à atteindre le hall d'entrée de l'hôpital, celui-là même par lequel vous étiez entré. Résolument, vous poussez les portes pour en sortir au plus vite. Et là, c'est une vision d'apocalypse qui s'offre à vous. Les bâtiments s'effondrent, les rues se déforment et d'inquiétants cris résonnent sous une lune de béton. Bienvenue dans une Krimson City qui n'a plus rien à voir avec celle que vous connaissiez...

The Evil Within est un survival horror, au sens noble du terme. Développé par Tango Gameworks, le jeu marque le retour aux commandes de Shinji Mikami (créateur de la série phare des Resident Evil), pour un "retour aux sources" annoncé. Pari réussi ?

Contenu du jeu


Même si les énigmes n'occupent qu'une place mineure dans l'intrigue, elles ont l'avantage de sortir des sentiers battus.
Le Mal Intérieur

Le jeu vous propose de suivre les pérégrinations de l'inspecteur Sebastian Castellanos dans une enquête tortueuse et sinueuse à souhait. À travers 15 chapitres relativement homogènes, vous tenterez de comprendre comment et pourquoi vous vous êtes retrouvé dans cette situation, tout en essayant de sauver vos coéquipiers et en évitant de vous faire dévorer par les innombrables monstruosités qui croiseront votre chemin. Bref, un programme bien chargé pour notre inspecteur qui ne part qu'avec une lanterne et un revolver.

Votre enquête vous donnera l'occasion d'explorer des archétypes du genre (un cimetière, un manoir, des catacombes...) dans des réalités toujours changeantes. De ce point de vue, force est de reconnaître que le jeu dispose d'une progression narrative bien soignée ; si certains chapitres s'enchaînent parfois de manière invraisemblable, la trame scénaristique est suffisamment alambiquée (trop ?) pour maintenir l'attention du joueur. Comprenez par là qu'il ne s'agit pas de tuer des ennemis "juste pour le plaisir" : dans The Evil Within, chaque chapitre est la pièce d'un puzzle que vous ne compléterez qu'à la toute fin du jeu.

Croisement hybride entre la branche "psychologique" du survival (la série des Silent Hill en est le meilleur représentant) et l'orientation "action" initiée avec Resident Evil 4, The Evil Within propose une survie aussi bien physique que mentale. Par le prisme d'une terreur en dent de scie, tout est fait pour immerger le joueur au coeur d'un univers où les habitants ne lui veulent pas du bien.

Tu tires ou tu pointes ?

Dès votre première rencontre avec les "Hantés", les principaux ennemis du jeu, vous aurez rapidement l'occasion de constater que deux approches sont possibles : l'infiltration, ou l'action. En effet, le jeu laisse la possibilité de définir sa propre stratégie, vous mettant face à vos responsabilités. Déciderez-vous de vous approcher furtivement d'un ennemi afin d'économiser vos munitions, ou préférez-vous passer en force au risque de vous faire attraper ? Désactiverez-vous les pièges pour en faire des carreaux d'arbalète ou les utiliserez-vous contre vos ennemis ? Dans un univers où la moindre erreur est synonyme de mort, vous devrez faire preuve du plus grand discernement afin d'espérer survivre aux multiples horreurs qui vous attendent.

Cette liberté se retrouve également dans les améliorations qu'il est possible d'attribuer à Sebastian. Grâce au "gel vert" récupéré dans des bocaux ou sur les cadavres de vos ennemis, vous pourrez acquérir différents attributs visant à rendre votre expérience de jeu plus confortable. Augmentation de la jauge de vie, amélioration de vos armes, plus grande capacité de stockage... sont autant d'options qui vous demanderont, là encore, de faire des choix. Les plus téméraires apprécieront par exemple d'augmenter leur endurance ainsi que la cadence de leurs armes, tandis que les plus prudents préféreront pouvoir transporter plus d'objets de soin et davantage de munitions. Libre à vous d'améliorer Sebastian en fonction de votre idéal du parfait survivant !

Lost, le disparu

Se débarrassant de tout artifice coopératif, le jeu place le joueur face à ses responsabilités. Ne vous attendez pas à trouver un marchand pour acheter des armes, et n'espérez pas non plus l'arrivée de renforts. Dans cette dimension pervertie, vous ne pouvez compter que sur vous-même. Vous serez seul responsable de vos réussites, comme de vos échecs.

Si ce sentiment d'isolement accentue l'angoisse du joueur, il trouve ses limites lorsque celui-ci est rejoint par ses coéquipiers. Rappelez-vous, vous êtes entré dans l'hôpital aux côtés de Joseph et de Juli. Or, lorsque vous les retrouverez, vous n'aurez strictement aucun moyen d'interagir avec eux. Tout au plus pourrez-vous soigner Joseph, de manière relativement intrigante puisque ce traitement peut se procurer à l'infini et ne consomme aucun objet de soin. Mais vous n'aurez jamais la possibilité d'échanger des munitions, de réaliser des attaques coopératives ou même tout simplement de donner des ordres. Pour le dire plus simplement, vos coéquipiers ne feront que de la figuration, et c'est tout de même déroutant de se dire que la jeune Ashley de Resident Evil 4 était plus utile à Léon que ne l'est Joseph à Sebastian alors qu'il est pourtant un policier aguerri.

 

Note : 5/5

Aspect technique du jeu


Malgré une réalisation technique poussive, le jeu parvient à installer une atmosphère oppressante.
Nouvelle génération, y es-tu ?

Si The Evil Within signe un retour, ce n'est pas seulement un retour à l'esprit du survival horror mais aussi un retour à une réalisation graphique complètement datée. Soyons honnête, le jeu n'est pas beau. Les textures sont fades, les teintes sont ternes et les animations particulièrement rigides. Les cinématiques ne relèvent guère le niveau, le tout semblant avoir été réalisé entre Resident Evil 4 et Resident Evil 5. On est très loin d'un jeu nouvelle génération, et même sur PS3, le rendu est bien inférieur à la moyenne.

Généralement, les niveaux souterrains ou particulièrement obscurs sont les plus insipides. Il n'est pas rare de rentrer dans des objets (voire même dans des hantés) en raison d'une obscurité insoutenable. Comble de la survie, il arrive parfois que l'on se repère plus facilement lorsque sa lanterne est éteinte, plutôt qu'allumée, du fait d'un hasardeux jeu d'éclairage. Les ennemis, eux-mêmes, ont bien du mal à se distinguer du décor, des décors qui, au passage, manquent cruellement de profondeur.

Comme si cela ne suffisait pas, les développeurs ont eu la curieuse idée d'ajouter des bandes noires en haut et en bas de l'écran, sans doute pour doter le jeu d'une interface "cinématographique". Si l'initiative n'est pas forcément déplaisante, on aurait apprécié pouvoir désactiver cet apport, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Qui ne dit mot... ne dit mot

Au niveau de la bande-son, le bilan est plus mitigé. Si les musiques d'ambiance ainsi que les bruitages emportent l'adhésion, le doublage VF est complètement à la traîne. "Rien ne m'empêche de mettre la VO", penserez-vous. Eh bien non ! Dans la version européenne du jeu, les développeurs n'ont incorporé que les langues principales de cette même version. Autrement dit, si le doublage VF ne vous satisfait pas, vous pourrez le changer pour de l'Allemand, de l'Espagnol, ou de l'Italien. Et c'est tout.

Le médium audio pêche également par des dialogues de seconde zone, tous prévisibles et dénués du moindre intérêt. Les personnages principaux, très peu charismatiques (à l'exception peut-être de Ruvik), récitent leur discours sans grande conviction, et surtout sans émotion. À cela se rajoute une mauvaise synchronisation labiale, et ce cumul en vient presque parfois à nous faire rire devant des cinématiques pourtant très sérieuses.

On ne peut que regretter ce manque flagrant de finition quant aux dialogues du jeu, nettement moins travaillés que les musiques d'ambiance. C'est d'autant plus dommage que la psychologie de Sebastian n'est pas franchement développée et que quelques phrases plus personnelles auraient très certainement pu favoriser l'identification.

The Bug Within

Allez, terminons cette section par quelques bugs, pêle-mêle, histoire d'enfoncer un peu plus le clou (c'est dans l'esprit du jeu, après tout). Vous vous souvenez des paysans à la fourche qui pouvaient vous toucher à travers les murs dans Resident Evil 4 ? Ici, c'est pareil, certains hantés pourront vous toucher malgré la présence d'un mur (ceux étant emprisonnés, par exemple). Vous vous souvenez de ces objets du décor qu'il était possible de traverser ou d'escalader sans logique aucune ? C'est encore pareil ! Des parois invisibles sur lesquelles votre personnage prenait appui ? C'est toujours pareil !

Niveau incohérences, le jeu n'est pas en reste. En mode furtif, il vous sera impossible d'utiliser vos armes à feu, à moins de vous lever et donc de prendre le risque de vous faire repérer. Dans le même genre, on notera que Sebastian dispose d'une jauge d'endurance liée à la course, mais qu'à l'inverse il est capable d'enchaîner les attaques au corps-à-corps à l'infini, sans jamais s'épuiser. Avouez que c'est tout de même étrange.

L'IA, quant à elle, est globalement satisfaisante, quoique qu'irrégulière : parfois, un ennemi pourra vous repérer à 10 mètres alors que vous vous étiez pourtant bien caché ; à l'inverse, il lui arrivera de ne pas entendre une bagarre entre vous et un hanté alors que celle-ci se passe juste à côté de lui.

 

Note : 2/5

Plaisir à jouer et à rejouer


"Je commence par qui ?"
Le Moi, le Sur-Moi, et Ruvik

Malgré cette ribambelle de défauts techniques, on prend un vrai plaisir à jouer à The Evil Within. Certes, le jeu n'est pas très beau ; soit, la progression n'est souvent qu'un prétexte pour vous faire affronter des créatures toutes plus ignobles les unes que les autres. Mais l'ambiance est bien là. Dès les premières minutes de jeu, The Evil Within vous plonge dans un monde duquel vous ne ressortirez pas indemne. Jouant avec la psyché du spectateur, le script prend un malin plaisir à brouiller les pistes, contraignant le joueur à aller toujours plus loin dans sa quête de compréhension. Cette quête n'est évidemment pas sans risque, car plus Sebastian se rapproche du la Vérité, plus il se rapproche du Mal. C'est ce fil d'Ariane qui maintient toute l'attention du joueur, qui le captive. Même si la personnalité du héros est en demi-teinte, celle de l'antagoniste principal, Ruvik, suffit à combler les lacunes scénaristiques. Perturbant les repères spatio-temporel du joueur, ce dernier, aussi intriguant qu'aussi énervant, est là pour vous rappeler à quel point vous êtes seul, et à quel point vous êtes faible. Et il ne sera pas le seul à vouloir votre mort.

Survivre à l'Horreur

Même si le bestiaire de The Evil Within ne révolutionne pas le genre, les ennemis sont suffisamment variés pour éviter tout ennui. C'est d'autant plus vrai avec les boss. Laura, Le Gardien, Amalgame... sont autant de monstruosités que vous devrez affronter, pour votre plus grand malheur. Chacun adversaire dispose d'une histoire qui lui est propre, justifiant sa présence dans ce monde totalement corrompu.
Les hantés, pour leur part, disposent de caractéristiques qui leur sont propres, et si vous n'aurez aucun mal à vous débarrasser des premiers groupes d'ennemis, il en ira différemment à mesure que vous progresserez dans les chapitres.

Un cauchemar (presque) sans fin

L'un des atouts majeurs du titre, c'est sans conteste sa durée de vie. Pour une première partie, comptez entre 15 et 20 heures, en fonction de votre manière de jouer. On est dans la moyenne haute du genre. Les chapitres, de plus en plus longs et éprouvants, mettront vos nerfs à rude épreuve. Par l'instauration d'un climat malsain et mortifère, The Evil Within place le joueur au coeur de la survie, l'obligeant à compter ses munitions et à rester sur ses gardes en permanence. Chaque nouvelle zone à explorer devient potentiellement mortelle. Le jeu parvient à insuffler une ambiance telle que chaque élément du décor devient suspect, nous incitant à voir un ennemi ou un piège là où n'il y a qu'une simple chaise d'hôpital. On ouvre les portes avec précaution, car après tout, on ne sait jamais ce qu'il y a derrière. On brûle des ennemis déjà morts de peur de les voir se relever, et on s'empresse d'aller sauvegarder par peur de l'inconnu. The Evil Within, c'est un monde dans lequel même les notes de "Clair de Lune" (du lieu de sauvegarde) prennent un air étonnamment funeste.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Non, il n'y a pas de trophée à l'intérieur.
Une liste hétéroclite

Fidèle au genre, la liste des trophées de The Evil Within vous demandera de varier votre manière d'éliminer les ennemis, tout en améliorant vos armes. On retrouve ainsi des trophées liés à l'infiltration, des trophées liés à l'action pure et dure, et bien sûr, des trophées liés aux améliorations. Loin d'être chronophages, ceux-ci vous permettront de vous perfectionner et d'appréhender une manière de jouer différente. Qui plus est, grâce à la Nouvelle Partie + , vous aurez la possibilité de conserver toutes vos améliorations, vous évitant de tout recommencer à chaque fois.

Des collectes accessibles

Les collectes de The Evil Within ne vous aliéneront pas, notamment si on les compare à un jeu tel que Resident Evil 5. Intéressantes car visant à vous apporter des clés de compréhension sur l'univers du jeu et ses principaux personnages, vous prendrez un certain plaisir à écouter les différents enregistrements audio, ou à récupérer les coupures de presse du journal de la ville. La sélection du chapitre vous permettra d'achever cette quête assez rapidement.

Le Mal à l'état pur

La vraie spécificité de la liste des trophées du jeu, c'est la difficulté. Le jeu en comporte quatre niveaux (Détente, Survie, Cauchemar et AKUMU), et ce dernier est réputé comme quasiment impossible à compléter au sein même de Tango Gameworks. Pour résumer, il vous suffit d'un coup pour mourir. La moindre erreur est immédiatement sanctionnée par une mort, le moindre faux-pas est punitif. Un mode réellement hardcore, qui vous impose une discipline de tous les instants et un sang-froid permanent.

Et, comme si ce n'était pas assez, un trophée vous demandera de terminer le jeu en moins de cinq heures, et un autre de le terminer sans aucune amélioration. Bref, une liste avec un gros challenge qui ravira les joueurs en mal de défi !

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Dans l'absolu, The Evil Within est un bon jeu. Même s'il ne révolutionne pas le genre, il place le joueur dans une vraie dimension de "survival" quitte à jouer parfois la sécurité via l'usage de schémas usés jusqu'à la moelle. Malgré une réalisation technique complètement passée, le jeu parvient à installer une ambiance suffisamment convaincante pour maintenir le joueur dans une pression permanente tout en offrant une durée de vie satisfaisante ainsi qu'un challenge de taille. L'honneur du survival horror est sauf.

Je recommande ce jeu :
Aux acharnés, Aux spécialistes du genre, À un public averti