Test : Sherlock Holmes : The Devil's Daughter


Sherlock Holmes : The Devil's Daughter
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Note des joueurs :
4/5 - 38 notes
Note des platineurs :
3.9/5 - 33 notes

Sherlock Holmes : The Devil's Daughter

ps4


25 trophées au total
0 trophée caché

1226 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 919 joueurs (75 %)
100% par : 919 joueurs (75 %)
Note du jeu
14/20
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Test du jeu
Sherlock Holmes: The Devil's Daughter

  • Test rédigé par Ray-chan le 20-06-2016 - Modifié le 22-12-2016



Introduction


Sherlock et Watson sont de retour après une cure de rajeunissement
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Sherlock est las de cet ennui qui le taraude... Avachi dans son canapé, le spleen l'envahit tandis que Watson s'affaire à ses côtés, remettant quelques bûches dans l'âtre... Une jeune femme toque à la porte. Elle est belle, jeune, brune et correctement vêtue. John se charge de l'accueillir, tandis que Holmes reste cloîtré dans son mutisme. Se présentant comme la nouvelle voisine du détective, Miss de Bouvier s'excuse pour le dérangement quand soudain Holmes se plaint: "Oh, cet enfant qui renifle derrière elle, débarrassez-vous-en Watson." Miss de Bouvier cède alors le passage à l'enfant en question, qui semble transi et mal en point, chose que ne manque pas de remarquer Watson: "Mais il tremble de froid. Et il est contrarié. Que lui-est-il arrivé?" Il semblerait que le jeune Tom Hurst ait frappé à la mauvaise porte et que ce soit Holmes qu'il soit venu quérir. Bien que n'ayant que peu de goût pour les affaires qui semblent ne pas nécessiter sa puissance de déduction, Holmes décide de prendre en charge la requête du jeune garçon, afin de sortir de cette apathie qui l'insupporte pus que tout.

Dernier né de chez Frogwares et édité par Bigben Interactive, Sherlock Holmes: The Devil's Daughter met en scène le détective le plus célèbre de la planète, et son inséparable compagnon, le docteur Watson, après une sérieuse cure de rajeunissement, les rendant plus proches que jamais de leurs homologues du cinéma, Robert Downey Jr et Jude Law. Reprenant en grande partie les codes de Sherlock Holmes: Crimes & Punishments en terme de mécanique, le jeu met l'accent sur l'humanité de Holmes, ainsi que sur un côté plus mystique et mystérieux. Holmes papa, ce n'est pas tous les jours qu'il vous sera donné de vivre pareille aventure!

Afin de savoir si Frogwares à réussi à faire mieux que l'excellent Crimes & Punishments, suivez le guide.

Contenu du jeu


Un jeu empli de mini-jeux ou la réflexion primera
Diable, c'est que nous allons être forts occupés Watson!

Sherlock Holmes: The Devil's Daughter reprend en grande partie les codes de son prédécesseur disais-je. Il tente de les sublimer par le biais de l'adjonction de deux modes de difficulté différents. Le premier mode correspondra ni plus ni moins, que jouer au jeu avec les mêmes réglages que Crimes & Punishments, le deuxième rajoutera quelques mécaniques pour rehausser légèrement la difficulté et faire travailler un peu plus longtemps vos méninges. À l'instar de son ainé, il sera question d'affaires totalement distinctes entre elles, mais ces cinq enquêtes seront toutes reliées entre elles par un fil rouge, qui servira d'entre-scène mettant en valeur la relation entre Holmes et sa fille Katelyn.

Vous pourrez donc examiner attentivement certains protagonistes, comme le fait si bien Holmes, pour en déduire certaines observations permettant de mieux cerner le personnage qui vous fait face (à noter que vous pouvez faire des analyses incomplètes dans cet opus, pouvant mener à la perte d'indices), utiliser R1 pour remarquer des choses que les gens du commun n'auraient pas remarquées, la touche L1 quant à elle, sera votre don de déduction et d'imagination, que vous utiliserez pour imaginer le déroulement de certains événements. Cela va de soi, le système de déduction de Crimes & Punishments a été conservé pour notre plus grand bonheur. Libre à vous d'échafauder les théories permettant de d'accuser tel ou tel suspect en reliant les différents indices entre eux. De même pour le système de choix moral qui a été conservé, vous permettant de juger sans pitié les criminels ou de les absoudre en fonction de vos envies et ressentis.

Il est de bon ton de noter que certains des éléments mal incorporés de Crimes & Punishments ont été gommés, notamment la partie déguisements qui est bien plus utilisée, et de manière plus logique. Vous pourrez également incarner à nouveau Watson afin d'interagir avec Holmes pour résoudre une énigme, mais pas seulement. Toby sera toujours de la partie, histoire de faire un clin d'œil à l'itération précédente et cette fois-ci, vous pourrez même incarner Wiggins et demander l'aide des Irréguliers de Baker Street.

Le rythme se voudra plus trépidant que lors des opus précédents. Ne vous méprenez pas, il ne sera pas question de transformer Sherlock en aventurier mais de nouvelles mécaniques de gameplay astucieusement insérées (ou dans leur grande majorité pour être honnête) permettent d'apporter plus de vie et de mouvements aux enquêtes. Vous pourrez ainsi, et sans détailler plus pour préserver la surprise de l'histoire, accomplir une filature, mettre en scène avec veulerie, une tromperie destinée à vous ouvrir les portes d'un suspect, faire preuve de discrétion durant l'infiltration d'un lieu lourdement surveillé, reconstituer une expédition datant d'il y a quelques années, participer à une bagarre de troquet, et même jouer au boulingrin, l'ancêtre de la pétanque.

 

Note : 5/5

Aspect technique du jeu


Un moteur vieillissant mais maitrisé
Une esthétique réussie, quoique vieillotte

Conçu sous Unreal Engine 3 comme son prédécesseur, The Devil's Daughter est beau, bien qu'un peu daté techniquement. En comparaison avec Crimes & Punishments, on notera que les effets de lumière sont nettement améliorés, et que les textures sont plus détaillées, retranscrivant avec succès l'atmosphère so british de la Londres Victorienne. Ainsi, même s'il est loin d'être le plus beau jeu de la Playstation 4, ce Devil's Daughter ne démérite pas et s'affiche comme un jeu qui flattera vos rétines. Du côté des animations, en revanche, les limites ont été atteintes avec l'opus précédent, et vous ne pourrez que constater que les animations des personnages sont toujours aussi raides. Rien de dramatique, mais un petit effort de ce point de vue là n'aurait pas été de refus.

Ce jeu se veut plus ouvert que son prédécesseur, ainsi lorsque vous sortirez du 221B Baker Street, vous pourrez vous balader aux alentours, récupérer le journal du jour, participer à quelques mini-jeux totalement anecdotiques, et même rejoindre Scotland Yard à pied si vous êtes allergique au fiacre. Une volonté de bien faire mais qui aurait méritée d'être plus largement appliquée tant il est frustrant de ne pouvoir aller plus loin que les limites imposées. La flânerie aurait été la bienvenue et on regrette cruellement le manque d'interactions possibles avec cet environnement si finement ciselé et retranscrit.

Un gameplay plus varié mais toujours perfectible

En terme de gameplay général, les joueurs ayant joué à Crimes & Punishments ne seront pas dépaysés puisqu'ils ont strictement le même. Ce qu'il est intéressant de notifier, c'est l'apparition de divers mécanismes de jeu pour pimenter l'aventure et amener un zeste d'action dans vos enquêtes. Vous devrez parfois traverser en équilibre des obstacles, en utilisant conjointement les sticks afin de les garder dans un cercle dessiné à l'écran, à l'instar des défis Buveur Social de Watch Dogs. On note aussi l'apparition d'un système de rythme pour une ou deux actions spécifiques qui permet de s'immerger un peu plus dans l'action. Ainsi que différents passage entièrement pensés en QTE (Quick Time Event) afin de symboliser l'importance de l'action en cours et la nécessité d'y répondre promptement. Malheureusement, ce qui aurait pu se traduire par une franche réussite sera légèrement contrasté par la réutilisation de certaines mécaniques de manière inappropriée. Pour ceux qui ne seraient pas ravis de devoir exécuter telle manœuvre ou de buter sur une énigme, Frogwares a pensé à incorporer un système permettant de passer directement à la suite, par simple pression du pavé tactile, et approbation de l'action.

Un travail de qualité sur la partie sonore

Le jeu est intégralement traduit et doublé en français et est de bonne facture, excepté pour Katelyn qui se révèle vite insupportable. Si vous désirez bénéficier d'un doublage de meilleure qualité, il vous faudra basculer votre console sur la langue anglaise afin de profiter au mieux de la retranscription du travail de doublage original, qui sied bien mieux à l'atmosphère Londonienne du jeu. Cela étant, il faut tout de même saluer cet effort venant d'un jeu qui n'est pas un triple A, et qui permet aux réfractaires de la langue de Shakespeare de profiter et de s'immerger dans l'œuvre à leur aise. À noter que les doubleurs français de The Devil's Daughter sont ceux officiant sur la série Sherlock distribuée actuellement par la BBC.

En terme de piste musicale, là encore, le travail est soigné et de qualité, proche de celui de Crimes & Punishments. Pour autant, les pistes sonores bien que se mariant à merveille avec les environnements et situations mises en œuvre n'en sont pas pour autant inoubliables. Du travail de bonne facture certes, mais qui aurait gagné à être encore plus soigné. Ceci dit, et comme dans l'opus précédent, le fond sonore travaillé comme il se doit vous immergera dans la Londres Victorienne de fort belle manière.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


C'est toujours un plaisir de faire fonctionner ses synapses
Une histoire prenante...

Disons-le tout net, en terme de scénario, de déroulé de l'aventure et de perception, Sherlock Holmes: The Devil's Daughter est le meilleur Sherlock Holmes sorti à ce jour. À moins de ne pas accrocher à ce type de jeu, il vous sera difficile de lâcher la manette tant le jeu est prenant. Les énigmes sont plutôt bien conçues et la difficulté savamment dosée pour faire travailler nos méninges. À contrario de son ainé, nulle décision envers tel ou tel suspect ne sera dommageable au déroulement de l'histoire. Bien au contraire, elles seront réutilisées dans le grand final du jeu, mais vous n'en saurez plus qu'en jouant à ce jeu. L'adjonction des scènes d'action a été clairement profitable au plaisir de jeu, rendant l'implication du joueur plus forte et permettant peut-être aussi de toucher un public un plus large et moins friands de ce genre de jeu mêlant réflexion, déduction et aventure. Certains joueurs regretteront certainement le passage à des personnages plus modernes, le fait de ne pas retrouver un Holmes caractéristique des romans de Conan Doyle, et cela se comprend. Mais ils auraient tort de bouder ce jeu pour ces simples raisons.

...à la rejouabilité limitée

Hélas, trois fois hélas, qu'il est rageant de constater un dirigisme toujours aussi forcé, qui rebutera forcément le joueur désirant réellement faire travailler ses méninges. Le mode de difficulté le plus élevé ne change pas grand-chose à l'affaire, puisque c'est sans forcer que vous éluciderez vos énigmes. La faute à un dirigisme exacerbé, au fait de moins utiliser certaines mécaniques de Crimes & Punishments malgré leur présence (le laboratoire de Holmes...)
Pire que tout, et c'est ce qui annulera tout plaisir à la rejouabilité, le fait de s'affranchir de bien des contraintes dans la collecte des trophées impactera immanquablement l'envie de se replonger dans l'univers de The Devil's Daughter.

En sus, on notera comme évoqué plus haut, une sensation de trahison par rapport à la promesse de monde plus ouvert présenté par Frogwares. Excepté les environs du 221B Baker Street qui laissent réellement une plus grande sensation de liberté, le joueur n'aura jamais vraiment la sensation de pouvoir flâner dans Londres. Alors certes, on peut rejoindre Scotland Yard à pied en partant du 221B, on peut trouver quelques mini-jeux inutiles mais permettant de s'occuper comme un bon anglais de l'époque, mais les autres environnements auront tous des limites bien précises. Ainsi, malgré des lieux plus grands, le manque de connexion entre ces mêmes lieux ne donne pas la sensation d'un monde réellement plus ouvert.

Au final, les défauts que l'on remarque à peine durant l'aventure si l'on est happée par elle, ne résistent pas à une étude soignée des plus et des moins, en comparaison avec Crimes & Punishments.

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


À chaque énigme, son trophée
Une chasse parfaite...

La partie qui intéresse le plus les chasseurs de trophées que nous sommes. La chasse aux trophées de ce Sherlock Holmes: The Devil's Daughter se révélera enfantine, presque anecdotique, tous les trophées étant liés à l'histoire et à la résolution des diverses énigmes. Pas un collectible ne viendra entacher cette quête, il n'y a vraiment que votre envie de vouloir passer une énigme par le biais du pavé tactile qui pourrait vous amener à devoir recommencer une enquête pour récupérer un trophée oublié. Un plaisir certain pour ceux qui ne jurent que par l'obtention du platine.

...Ou pas

Et c'est véritablement là que le bât blesse. Là ou un joueur fan de Sherlock Holmes aurait aimé voir son platine tomber sur une partie parfaite, avec le mode difficulté le plus élevé, et après avoir fait fumer ses méninges, Frogwares a choisi la solution de facilité, optant pour une "casualisation" certaine de son jeu, et reniant totalement l'esprit de ce que doit être un jeu d'enquête! Là où Crimes & Punishments frappait fort avec son système de déductions, et l'obligation de trouver le bon suspect ainsi que tous les raisonnements menant aux mauvais coupables, ainsi que par les choix moraux proposés vous obligeant à vous comporter comme un homme foncièrement bon ou mauvais, cet opus déçoit fortement de ce point de vue là. Pire encore, puisque le fait de ne voir aucun trophée associé à la bonne résolution de l'enquête aurait dû être mis en exergue dans la conclusion de la meilleure des manières possibles, alors que l'on aura une légère sensation d'inachevé, certainement due à un fil rouge pas assez omniprésent et ne mettant pas assez en valeur le côté mystique mis en avant lors de la promotion du soft.

 

Note : 2/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
14/20

Au final, ce Sherlock Holmes est bon, suffisamment bon pour, presque, accrocher la note de son prédécesseur. Malheureusement, un scénario un poil décousu sur son fil rouge, une casualisation de la licence certaine, un rajeunissement des protagonistes (quoique réussi) allant à l'encontre du bon sens, en sachant que cet épisode se situe après les deux précédents en termes de narration, viennent assombrir le tableau. Un bon jeu qui, encore une fois, souffre de défauts de réflexion et de mise en abîme, et certainement aussi du manque de moyens du studio ukrainien. Les chasseurs se régaleront, les fans de Sherlock aussi, mais l'honnêteté impose une vision objective de l'enchevêtrement de bonnes idées mal exploitées.

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux fans de la série, Aux chasseurs de trophées/platine facile