Test : Rad


Rad
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des joueurs
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des platineurs

Rad

ps4


38 trophées au total
4 trophées cachés

11 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 1 joueur (9 %)
100% par : 1 joueur (9 %)
Note du jeu
14/20
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Test du jeu
Rad

  • Test rédigé par Aelon le 23-09-2019 - Modifié le 23-09-2019


Introduction


Post-apo et rogue-like

Les jeux rogue-like ont tendance à donner bien des frissons aux joueurs qui ne cherchent pas à se prendre la tête en allumant leur console. Le principe est relativement simple : vous incarnez un personnage évoluant dans un environnement généré aléatoirement. Le hic, c'est que la mort est définitive et vous renvoie à la case départ, l'environnement ayant alors changé pour vous empêcher de repartir avec un avantage.

Nouveau venu dans ce genre de jeux pour fans hardcore, RAD est édité par Double Fine Productions et développé par Bandai Namco. Sorti le 20 août 2019, il est accessible pour une somme assez réduite de 20€.

Pour résumer l'histoire, la Terre a connu non pas une, mais deux apocalypses ayant ravagé sa surface. Les survivants, peu nombreux, ont subi pour la plupart des radiations, ici appelées des toxines de la Friche (tout ce qui n'est pas une zone habitable). Dans un petit refuge, l'énergie commence à sérieusement manquer.

Afin de parer à une coupure générale, le Doyen du refuge décide d'envoyer une personne dans la Friche afin d'en ramener de l'énergie. Vous incarnez donc un enfant qui se porte volontaire afin de mener cette mission suicide. Le Doyen vous offre un pouvoir très précieux avant votre départ : la possibilité d'assimiler les radiations plutôt que d'en souffrir, et de développer des mutations. Bon courage Élu(e), vous allez en avoir besoin.

Contenu du jeu


Le système des mutations aura vite tendance à rendre méconnaissable votre personnage, à tel point qu'il ressemblera plus à un monstre difforme qu'à l'enfant courageux qu'il était au départ
Des mutations, et encore des mutations !

Comme tous les rogue-like, le contenu de RAD est assez simpliste pour éviter de perturber le joueur outre-mesure. Votre personnage dispose de 2 types de mutations : les mutations "classiques" et les endo-mutations.

Les mutations classiques sont des pouvoirs que vous obtenez à mesure que votre jauge de radiations augmente en tuant des monstres, en ingérant des packs de radiations ou en développant la flore. Vous pouvez en utilisez 3 par session, et chacune d'entre-elles possède des variantes plus puissantes. Vous pourrez par exemple tirer des boules de feu ou lancer votre bras muté, pondre des mini-vous qui vous serviront d'alliés, ralentir le temps, faire sortir des épines de votre corps, etc. Les mutations peuvent être offensives ou défensives, et il vous incombera de les utiliser le plus efficacement possible. Sachez qu'il est possible de changer une mutation qui ne vous convient pas auprès d'autels secrets parfois présents dans un niveau.

Les endo-mutations quant à elles sont des bonus passifs permanents obtenus auprès de machines dans les niveaux. Certains sont liés à vos pouvoirs (plus de boules de feu tirées avant de recharger par exemple), mais la plupart vous améliorent de façon globale. Vous pourrez par exemple marcher sur le feu, l'électricité ou les mares toxiques, voir où sont cachés les consommables dans un niveau, courir plus vite, etc.

Chaque mutation ou endo-mutation est obtenue de façon complètement aléatoire, aussi, n'espérez pas vous habituer à l'une d'entre elles et priez plutôt retomber sur une combinaison qui vous avait auparavant réussie dans une session.

Une partie, justement, est composée de 3 zones découpées en deux niveaux chacune. Bien évidemment, la difficulté y augmente de façon très rapide. Afin d'avancer dans un niveau, vous devrez ouvrir la porte menant au boss. Pour ce faire, il vous faudra activer des autels qui émettront un rayon en direction de la porte et l'ouvriront une fois tous les rayons activés. La difficulté réside dans le fait que chaque premier niveau de zone demande d'activer 2 autels et chaque second niveau en demande 3. De plus, les défenses de chaque autel sont drastiquement plus dangereuses d'une zone à l'autre (par exemple, les autels sont à l'air libre dans la première zone alors que vous êtes bloqués dans une arène de combat pour activer ceux de la seconde zone).

Une fois la porte atteinte, vous atteindrez un combat final avant de pouvoir passer au niveau suivant. Des boss vous attendent dans chaque second niveau d'une zone, tandis qu'une meute de monstres supérieurs vous affronteront dans chaque premier niveau. Les boss peuvent être très compliqués selon la panoplie de mutations que vous avez, car vous serez parfois forcé d'aller au corps-à-corps face à des boss assénant des coups redoutables à courte portée mais risibles à distance. L'aléatoire joue donc une grande part.

En dehors des mutations, vous disposez de votre arme de mêlée, une batte que vous pourrez ensuite échanger contre d'autres armes, ainsi que d'artefacts qui offrent des bonus très intéressants. Vous pouvez équiper deux artefacts à la fois (un vert et un violet), ces derniers permettant par exemple de doubler ou tripler la monnaie obtenue, éviter d'avoir à payer avec une clé en ouvrant un coffre, ajouter un saut, ajouter un allié volant tirant sur les ennemis, etc.

Sachez qu'une fois le boss final battu (toujours le même pour le coup), vous accédez à une fin avant de relancer un cycle. Quelque soit l'issue, à savoir la victoire face au boss de fin ou la mort, vous ne repartirez pas complètement de zéro. En effet, les monstres tués permettent de monter une jauge d'expérience que vous ne pourrez voir qu'à chaque fin de cycle, et chaque palier de la jauge franchi offre une nouvelle arme, un nouvel artefact, un nouveau personnage, etc.

De plus, avec le HUD, le refuge dans lequel vous pourrez retourner après chaque combat de fin de niveau, vous avez la possibilité d'acheter des objets à une boutique qui proposera des éléments progressivement plus intéressants à mesure que vous achetez chez elle. La monnaie accumulée peut par ailleurs être stockée à la banque, et plus vous aurez de l'argent de côté, plus vous aurez des bonus, notamment la possibilité d'acheter des objets même si vous n'avez pas le nombre de cassettes (la monnaie du jeu) sur vous mais qu'il y a assez sur votre compte en banque. Au fil des parties, votre personnage aura de moins en moins de limites et repartira bien plus vite au casse-pipe. En revanche, le système de mutations est totalement aléatoire et peut se montrer frustrant sur le long terme...

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Assez jolis, les graphismes de RAD sont en parfaite harmonie avec une bande son qui contribuent ensemble à l'ambiance post-apocalyptique que veut se donner le titre
Une technique maîtrisée

Le choix d'opter pour un style de graphismes en cel shading permet d'offrir un rendu visuel assez charmant. Bien que simpliste, le tout est efficace et suffit pour rendre lisible l'action. Sans pour autant forcer les effets de lumière, le jeu est très marqué en couleur et fortement contrasté, surtout vers la fin du jeu. Le jeu étant en vue aérienne, le niveau de détail est assez difficile à apprécier, notamment concernant les personnages ou monstres, mais les textures sont toutes très réussies. Testé sur PS4 Pro, le jeu reste fluide (sauf à de rares occasions dans le refuge, ce qui peut sembler étrange), permettant de dynamiser les combats et de rendre le tout très précis, ce qui est crucial pour un jeu de ce genre.

Très orienté années 80, la bande son se fait globalement discrète mais est très sympathique bien que limitée. Le style musical majeur est ici le synthwave, et chaque musique varie selon votre localisation, à savoir à l'air libre, dans une planque, une grotte ou un bunker. En dehors de la musique, les bruitages fonctionnent tous parfaitement. Bien que vous puissiez jouer plusieurs garçons ou filles, sachez cependant qu'il n'existe qu'une voix pour le garçon et une autre pour la fille, ce qui rend fatalement tous les personnages identiques et insipides, surtout qu'une fois mutés, ils se ressemblent tous (n'y voyez évidemment pas là un amalgame anti-mutés).

Enfin, élément central d'un rogue-like, le gameplay. Fort heureusement, il répond au doigt et à l’œil et se prend très vite en main. En vous permettant de démarrer dans le refuge, vous avez tout le temps nécessaire pour vous familiariser avec les commandes du jeu. Vous pouvez effectuer un combo de trois coups au corps-à-corps, sauter (avec deux types d'attaques aériennes) et effectuer une roulade. Les mutations s'utilisent avec (R1) (R2) et (L2), et vous pouvez les changer d'emplacement de commande à volonté. La boussole peut également être alternée entre petite (sa forme classique) et agrandie si vous êtes perdu (mais attention à ne pas rater par inadvertance un mutant pendant que vous vous posez pour lire la carte !).

En dehors d'un crash en 30 heures de jeu, le jeu est très stable, ce qui parachève un tableau technique très satisfaisant. On aurait simplement apprécié des graphismes légèrement plus léchés et une bande son plus étoffée, mais ce sont plus là des pinaillages que de vraies critiques.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Chaque fin de niveau est synonyme de combat d'ennemis puissants, avec notamment de vrais boss aux patterns limités pour mieux les appréhender
Un jour sans fin

Rogue-like oblige, RAD est difficile, très difficile même. Il vous poussera hors de votre zone de confort à de multiples reprises et vous incitera à retourner au combat par un nouveau cycle quelle que soit l'issue du précédent. Le plaisir de jeu décrit par la suite part du principe que vous adhérez à ce principe de jeu, puisque souffrance et frustration s'associent sans problème avec fun dans RAD.

Votre premier essai se soldera très probablement par un échec, faute de connaissance des ennemis, des particularités propres à chaque zone, à des ressources limitées et une méconnaissance des mutations. N'ayez crainte, il s'agit plus d'un échauffement que d'un premier vrai parcours.

L'intérêt de RAD réside dans son fort potentiel de rejouabilité, similaire à celui de Dead Cells, à savoir que l'association des éléments dont vous disposerez change radicalement l'expérience de jeu. Vous pourriez ainsi être un mutant pondant des sbires à l'infini sur vos ennemis pour les laisser se battre à votre place pendant que vous repoussez chaque monstre trop proche par la baudruche sur votre tête, tuant ainsi par procuration, ou être un mutant volant et se jetant corps et âme dans la mêlée en sortant les épines de votre corps pour blesser tout ce qui passe à portée, ou encore contrôler le temps et déchaîner la créature ayant pris la place de votre bras droit et frappant avec frénésie les monstres à la batte.

Aucune partie ne ressemble à la précédente donc, et les endo-mutations contribuent encore plus à modifier votre approche. De plus, avec le système d'épargne à la banque, vous parviendrez progressivement à aller plus loin plus facilement, jusqu'à atteindre le boss final, Le Colosse, qui ressemblera plus à une farce qu'autre chose en comparaison de tout ce que vous avez traversé pour l'atteindre.

Selon votre niveau, vous parviendrez en réalité plutôt facilement à avancer dans les zones assez tôt, puisque certaines mutations rendent le jeu trivial. Par exemple, les mutations d'épines ou de la tête de serpent vous offrent un immense avantage face aux ennemis classiques hormis les vrais boss, et même face à ces derniers, la connaissance de leurs patterns limités permet de vite prendre l'avantage sur eux. En revanche, ne soyez pas trop gourmand durant un affrontement, car la vie est assez limitée et peut couler très très vite si vous commencez à paniquer durant un combat. Privilégiez le système d'un ou deux coups avant de reculer plutôt que rester collé sous peine de mourir en quelques secondes.

Pour varier l'expérience, des factions peuvent vous demander de l'aide dans chaque zone, vous récompensant plus ou moins généreusement selon le service rendu.

Enfin, sachez qu'il existe des endo-mutations handicapantes et des mutations pourries (le jeu lui-même les appelle ainsi) dans les niveaux les plus avancés, ce qui pourra basculer une partie jusque-là prometteuse en catastrophe en quelques instants si vous ne faites pas attention.

Ainsi, quel que soit votre niveau d'aisance avec RAD, restez toujours sur vos gardes.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Le calvaire des trophées de RAD réside dans la randomisation totale des éléments que vous obtenez, rendant la chasse aux collectibles terriblement frustrante et parfois inutilement chronophage
RADicalement chronophage

Le tableau si satisfaisant présenté jusqu'ici s'effondre subitement lorsqu'on en vient à parler des trophées de RAD.

Quelques trophées sont basés sur la longueur, avec ceux liés à l'amélioration de la boutique, du jardin et de votre statut à la banque. Vous les réaliserez naturellement durant votre progression.

Étant basé sur le principe de l'aléatoire, plusieurs trophées sont assez frustrants sans pour autant être trop difficiles à débloquer. Par exemple, vous allez devoir tuer un poulet avec votre tête de serpent, voler une clé avec votre aspirateur ou encore obtenir un objet gratuitement d'une boutique grâce à une endo-mutation précise. Il s'agit-là de trophées situationnels au final simples à obtenir une fois l'objectif connu et les éléments requis en votre possession.

Par ailleurs, le jeu propose 3 défis de taille, à savoir réaliser une série d'éliminations de 10 monstres minimum, une série d'éliminations de survie de 10 (à savoir lorsque vous êtes à un coup de la mort), et finir le jeu en mode Non-Remodelé, c'est-à-dire sans avoir le droit d'utiliser des mutations (les endo-mutations sont autorisées fort heureusement). Ces challenges sont bienvenus et auraient du constituer la majorité de la liste de trophées.

Le gros problème de cette liste, c'est qu'elle exige de réaliser le 100%. Vous avez bien lu, il vous faudra atteindre le 100% d'un jeu rogue-like dont tout le principe repose sur l'aléatoire. Obtenir toutes les mutations, endo-mutations, objets (artefacts, consommables, etc). Vous devrez non seulement jouer TRÈS longtemps afin de débloquer tous les éléments du jeu via la jauge d'expérience de fin de cycle, mais vous devrez prier très fort le dieu de la chance d'avoir les mutations qu'il vous manque. Sachant qu'en plus chaque mutation possède des variantes plus puissantes, il vous faudra à nouveau prier pour débloquer la variante qui vous manque lors d'une amélioration de mutation.

Par ailleurs, ces fameuses factions qui vous demandent des services sont générées aléatoirement et ne peuvent tout simplement pas être générées durant un cycle. Or, vous devrez finir TOUS les services de TOUTES les factions. Cela s'avère incroyablement frustrant car certains services sont répétés en boucle sans être validés et indisponibles tant que vous n'avez pas fini ceux qu'il vous manque. Vous allez donc devoir espérer avoir la faction présente dans votre cycle, et espérer à nouveau qu'elle vous demande un nouveau service tout en ayant ce qu'il faut pour y répondre. Le pire est sans doute les Cathodiques, la première faction du jeu. Certains services sont très précis et vous n'aurez probablement que peu avancé dans les mutations pour avoir de quoi répondre (pensez à avoir un fruit ardent du jardin sous la main pour allumer le feu si le service se présente).

A l'inverse, le système de statues racontant les légendes de RAD ainsi que les différentes fins ne suivent pas la logique des services de faction. En effet, chaque fois que vous en avez débloqué une, vous êtes certain de ne pas l'avoir 2 fois (sauf pour les fins, puisque le jeu n'en comporte que 8, la finale se répétera en boucle à chaque nouvelle victoire sans que cela impacte le processus de chasse aux trophées). Si RAD avait suivi cette logique pour les services et proposait même un système pour sélectionner des mutations au hasard une fois le jeu très avancé, la chasse aurait été plus agréable.

Hélas, le platine de RAD demande non pas l'impossible, mais l'excessif. Ce ne sera pas le talent qui viendra à vous manquer pour atteindre le 100% du jeu, mais bel et bien la motivation.

 

Note : 2/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
14/20

Très bon petit rogue-like, RAD propose une difficulté corsée avec une excellente rejouabilité grâce à son système de mutations. Le contenu du jeu saura satisfaire les habitués du genre sans aucun problème, en offrant des sessions de jeu systématiquement différentes les unes des autres. En revanche, soyez préparé(e) à de très longues sessions de jeu poussant au trop-plein si vous visez son platine.

Je recommande ce jeu :
Aux acharnés, Aux spécialistes du genre, Aux habitués des 100%