Test : A Plague Tale : Innocence


A Plague Tale : Innocence
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A Plague Tale : Innocence

ps4


36 trophées au total
16 trophées cachés

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Note du jeu
16/20
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Test du jeu
A Plague Tale : Innocence

  • Test rédigé par So-chan le 16-05-2019 - Modifié le 16-05-2019


Introduction


On ne fuit pas la Peste Noire

Tandis que le début d'année 2019 fourmille des dernières grosses sorties de jeux AAA, le studio bordelais Asobo vient pointer le bout de son museau. Sortant de ses habituelles adaptations du riche catalogue Disney, le développeur propose un univers bien plus sombre avec A Plague Tale – Innocence. Sortant le 14 mai 2019, le jeu avait déjà fait parler de lui à la Gamescom 2018 sans compter les trois épisodes, sortis par Asobo lui-même, présentant leur travail tout en entretenant la flamme auprès des joueurs intéressés par le jeu.

Si vous avez quelques affinités avec l'anglais vous aurez compris, au titre, que l'on est loin des jolis récits de Walt Disney. Nous sommes ici projetés dans le royaume de France, plus précisément en 1348. Année ô combien sombre, car en plus de la Guerre de Cent Ans ayant déchiré la France et l'Angleterre s'y est ajoutée la Peste Noire. Épidémie ayant défrayé les chroniques et marqué les esprits (on en parle encore, c'est dire !) elle alimente, ici, l'intrigue principale. Entre autres via les rats, porteurs de ce germe infâme et qui ont peuplé les trailers présentant le jeu.

Vous incarnez ici Amicia de Rune, jeune noble âgée de quatorze ans, dont la vie va être chamboulée en une journée. Lors d'une partie de chasse en compagnie de son père, elle perd son chien attrapé par une curieuse entité. Revenant au château pour alerter l'ensemble de la maisonnée du danger rôdant dans les bois, elle y perdra tout. Sans entrer dans les détails pour conserver la surprise de la découverte, vous vous retrouverez au bout de quelques minutes sur les routes avec votre frère cadet, Hugo. Ce dernier, tout juste âgé de cinq ans, est un complet étranger pour vous : soigné par votre mère d'une maladie rare, il était, jusqu'ici, retranché dans une aile du château. Il vous faudra fuir les dangers qui vous guettent, que ce soit les rats enragés par la peste ou les membres de l'Inquisition, intéressés par votre cadet pour une raison inconnue.

Contenu du jeu


Les rats représentent une menace constante aussi bien par leur nombre que par leur voracité.
Faible est la nature humaine face à l'épidémie

Passé le prologue vous servant d'introduction aussi bien aux bases du gameplay que de l'univers s'offrant à vous, vous voilà projeté dans les affres d'un conflit vous dépassant. Loin de vous abandonner à votre triste sort, A Plague Tale vous guide sans cesse tout en vous laissant profiter de l'expérience et vous risquer aux couacs pouvant mener à la mort de votre personnage.

Le récit se découpe en seize chapitres vous faisant voyager dans une bonne portion du royaume de France : ville ravagée par la peste, champ de bataille, château abandonné, cathédrale... Les décors s'enchaînent même si certains reviennent, jouant le rôle de pivot dans le scénario. Le découpage demeure très inégal. Certains chapitres ne sont, en réalité, que de brefs passages narratifs servant davantage de transition que de véritables sessions de jeu. Comptez une dizaine d'heures pour une première partie, davantage si vous cherchez à fouiner l'intégralité de chaque niveau pour dénicher collectibles et scènes annexes.

Pas d'open-world, ici : les zones sont quadrillées, limitées par le décor alternant entre lieux clos et ruelles tortueuses. Vous allez devoir avancer jusqu'à votre objectif tout en évitant les ennemis, parfois nombreux, et surtout dénués de toute délicatesse envers Amicia. La jeune fille ne dispose d'aucune barre de vie. Dès qu'un adversaire vous attrape, votre partie est terminée et vous reprenez au dernier checkpoint. A Plague Tale s'éloigne drastiquement de l'ensemble des jeux où votre personnage s'améliore et peut faire face à tous les dangers. Amicia demeure une enfant, avec toutes les faiblesses que cela engendre. Son unique arme est une fronde dont elle peut user pour frapper un ennemi à la tête ou lancer une pierre sur un objet métallique pour éloigner un garde. D'autres compétences se débloquent par la suite mais l'idée demeure la même : éviter le face-à-face et, par extension, la mort.

Même si l'infiltration demeure le maître mot de l'opus, vous devrez vous confronter à quelques boss. À vous de comprendre la technique à utiliser parmi vos compétences pour réussir à vous en sortir au sein de ces duels opposants David à Goliath.

Le récit terminé, libre à vous de recharger le chapitre de votre choix pour glaner les ultimes collectibles. Ils se divisent en trois catégories : l'herbier de Hugo répertoriant les fleurs, les souvenirs de votre voyage et les éléments plus historiques. Chacun d'eux est agrémenté d'explications participant aussi bien à étoffer l'univers qu'à amener des précisions sur le cadre historique. S'y ajoutent des scènes contextuelles visibles en réalisant une action précise dans un chapitre.

Trophee


A Plague Tale propose certes une durée de vie courte, comparée à nombre d'autres jeux, mais sait surprendre par son parti pris. La ruse, seule, saura vous aider à vous extirper des pires situations. L'échec est synonyme de mort. Il vous faudra apprendre de vos erreurs pour éviter les pièges. Les scènes bonus et collectibles enrichissent le contenu par des informations permettant de mieux saisir les enjeux de la France du 14e siècle, ainsi que ceux d'Amicia.

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Face à certaines situations, avoir rendu votre fronde plus rapide et pouvoir amasser plus de munitions se révélera très utile.
Un Moyen-Âge décadent, en proie aux rats

A Plague Tale avait su briller dans ses vidéos de présentation par ses jeux de lumière. L'opus, désormais finalisé, a conservé toute la beauté de ce clair-obscur. La lumière est votre plus grande alliée, celle qui éloigne les rats et vous permet de discerner les environs lorsque la nuit tombe. Même si plusieurs chapitres se déroulent en plein jour, la nuit et le crépuscule sont régulièrement présents et le studio a su rendre le tout visible (là où d'autres auraient misé sur une densité d'ombre telle qu'on n'aurait rien vu à l'écran). Les lueurs des torches révèlent des portions du décor, deviennent des îlots où la sécurité est présente. Les cierges ravivent la grandeur des cathédrales dont la voûte semble se perdre à l'infini. Tout est finement retranscrit : que ce soit la décadence d'une cité plongée dans la peur de la peste que le silence et la superbe d'un édifice religieux. On a même droit à la valse des saisons : l'introduction dévoile une forêt automnale aux couleurs ravivées par le soleil. Quelques chapitres plus tard, ce sera au tour de l'hiver de recouvrir un château qui semble si différent que lors de notre première visite.

La modélisation des personnages n'est nullement en reste. Même si l'on joue Amicia avec la caméra placée dans son dos, les cinématiques, ainsi que certains angles de vue, permettent de profiter de ses expressions faciales. Que ce soit elle, son cadet Hugo et les autres protagonistes, tous profitent d'un travail soigné permettant aussi bien de les distinguer les uns des autres qu'apprécier les changements d'expression s'accordant au moment. Le doublage français n'est pas en reste. Lorsque Amicia commente une action qu'elle va devoir réaliser, fait face à des choix moraux, sa doubleuse souligne parfaitement ses doutes. Pour ceux appréciant d'autres sonorités, il est possible de choisir les voix anglaises ou allemandes. Un sous-titrage est présent pour profiter à maximum du jeu. Les différentes sonorités que ce soit les dialogues, les sons de l'environnement sont parfaitement calibrés.

Que ce soit Amicia ou vos compagnons, chacun(e) sera susceptible de commenter ce qui se déroule sous ses yeux ou d’interagir avec un PNJ. Le problème est que le dialogue s’enclenche dès que l’événement, ou personnage, se trouve dans les environs et ce même si vous lui tournez le dos. Du coup, parfois on ne comprend pas ce qui se passe réellement. Une petite orientation de la caméra pour nous aiguiller dans la direction à regarder aurait évité ces petites confusions (qui se font surtout sentir au début, mais disparaissent bien vite par la suite)

La musique accompagne très bien les différentes étapes du récit. Misant dans le registre du classique à grands renforts d'instruments comme le violon, la bande sonore sait se faire grandiloquente lors des passages épiques, plus dramatique lorsque Amicia doit mener une action controversée ou découvre la noirceur de l'âme humaine.

L'on parle des humains mais on en oublie les rats. Entité aussi importante que les protagonistes, les hordes de rongeurs vont déferler sur vous à maintes reprises. Masses grouillantes dans l'ombre, vagues de terreur pouvant aussi bien vous dévorer que se ruer vos ennemis, les rats sont nombreux, impossibles à quantifier. Bien souvent, vous n'aurez qu'une maigre torche pour les repousser. Et c'est là que se dévoile un bug, n'empêchant pas de jouer mais pouvant faire tiquer les plus perfectionnistes. Sous la lumière, les rats reculent, se glissent dans les trous des murs. Leurs mouvements se font alors très scriptés et si vous bloquez une portion de horde contre un mur « plein », ils disparaissent.

Cela n'empêche pas vos ennemis, rats comme humains, de violemment réagir à votre présence. Dès que vous produisez un bruit, avancez dans le champ de vision d'un adversaire et ce, même dans l'obscurité, votre présence sera signalée. Le garde viendra fouiner dans votre direction. La fuite sera rarement à votre avantage puisque les ennemis sont nombreux. Rester tapi et avancer seulement quand la zone est en sûreté demeurera la meilleure approche. Quant aux rats, dès qu'ils sont proches et qu'aucune lumière ne les repousse, ils se rueront sur vous, sans merci. À moins de disposer d'un item spécifique vous permettant de vous extirper de la masse, votre mort sera assurée.

Quelques bugs sont présents lors de vos confrontations contre les membres de l'Inquisition. Archers et gardes tenteront, parfois, de se prendre à vous en tirant des flèches ou des lances. Ces armes peuvent se retrouver suspendues dans les airs à quelques pas de vous. De la même façon, lorsque vous mourrez, si un PNJ se trouve près de vous, votre cadavre va le traverser. Heureusement ces quelques couacs n'empiètent nullement sur le gameplay.

Ce dernier se prend très facilement en main grâce à un tutoriel, mais aussi aux multiples explications venant seconder chaque nouveauté. Amicia ne dispose comme arme que de sa fronde. Cette dernière permet de viser plus loin mais, à contrario, est bruyante et, surtout, la met à découvert. Au début vous devrez jongler entre la fronde, les cailloux (que vous pouvez lancer en restant caché) et les pots servant à détourner l'attention de l'ennemi quand aucun objet métallique ne se trouve dans les parages. Une roue d'action, s'activant avec (R1), permet de choisir parmi les multiples possibilités. Vous vous en doutez : aucune munition n'est infinie. À vous de ramasser ce qu'il faut dans le décor pour créer vos projectiles. Votre fronde ainsi que votre équipement peuvent être améliorés auprès d'un établi, moyennant matériaux.

Pas d'argent, ni de barre de vie. À vous de vous débrouiller avec ce que vous trouvez en chemin mais aussi l'aide de vos coéquipiers, certains possédant des qualités qui leur sont propres comme déverrouiller des serrures ou assommer des ennemis.

Trophee


A Plague Tale dispose d'une patte graphique qui lui est propre, lui permettant de se distinguer de ses concurrents. L'ambiance tout en clair-obscur rend aussi bien hommage à la Grande Peste qu'à la nature humaine. Quelques bugs demeurent présents sans pour autant gâcher l'ensemble du tableau. On est réellement plongés dans cette époque sordide en proie aux pires vices.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


On se surprend, plus d'une fois, à observer les jeux de lumière qui parsèment l'opus.
Survivre au danger, au sens propre du terme

La première partie s'accompagne d'une découverte à chaque instant des différentes étapes de l'intrigue, mais aussi de l'ambiance parfaitement maîtrisée. Même si Hugo n'a que cinq ans, sa présence vous permet de mieux appréhender la situation, votre cadet vous conseillant lorsque vous voulez agir. La relation frère-sœur évolue connaissant des événements aussi houleux que reposants.

Même si aucune difficulté ne peut être choisie au début, il est fort possible que vous subissiez plus d'une mort le temps aussi bien de maîtriser le gameplay que découvrir la solution à concrétiser face à une situation complexe. Après tout, vous mourrez dès qu'un ennemi vous repère. Il y a, bien sûr, le moyen de fuir mais cette option ne fonctionne que face aux combats de boss ou dans de rares situations. Il va vous falloir ruser, observer et tester plusieurs approches avant de trouver la meilleure. La mort n'est nullement frustrante grâce aux checkpoints régulièrement présents. Si vous prenez le temps de fouiller, vous aurez toujours assez de ressources pour créer les outils adéquats pour progresser.

Les duels contre les boss apportent un stress supplémentaire, brisant le mode exploration pour vous confronter au danger de plein fouet. Il vous faudra courir, esquiver les attaques à votre encontre et abattre des ennemis bien plus armés et dégourdis que vous. On ressort de ces confrontations avec la satisfaction d'avoir survécu.

L'enrichissement du gameplay permet d'éviter une redondance qu'on pourrait craindre au vu de l'introduction. Les scènes cachées ainsi que les échanges entre les différents protagonistes permettent de s'attacher à Amicia et Hugo. On compatit pour ces enfants jetés dans la gueule du loup, obligés à agir de manière immorale pour survivre.

Reste que le récit conclu, il y a fort peu de chances que tout joueur relance A Plague Tale puisque le jeu ne dispose que d'une fin... très ouverte. De nombreuses questions demeurent en suspens et cette conclusion ouverte pourra gêner les joueurs avides de réponses. Si cet opus se présente comme le premier épisode d'une nouvelle licence, on peut qu'espérer quelques explications par la suite.

Les chasseurs, ou les perfectionnistes, relanceront les chapitres de leur choix pour ramasser les derniers collectibles et observer les scènes non découvertes. Ce choix de laisser accessible chaque section du jeu permet d'éviter habilement la lassitude que pourraient procurer de nouvelles parties. En plus de décerner des trophées, ces éléments permettent de mieux apprécier A Plague Tale dans toute sa construction.

Trophee


Intriguant par son univers, original par son parti pris bousculant les codes de l'aventure (vous demeurez, jusqu'au bout, inférieur à vos adversaires et réussissez par la ruse), A Plague Tale saura charmer les joueurs. Asobo démontre qu'il a tout le potentiel pour se lancer dans la cour des grands et œuvrer dans l'originalité. Au vu des questions laissées en suspens, on peut espérer la naissance d'une nouvelle licence.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Chaque collectible dispose d'informations. Idéal pour améliorer sa culture générale.
Un périple plaisant mais empli de collectibles

Comme le précise Jakobooks dans son guide, la difficulté sera peu présente et le temps requis pour le platine des plus raisonnables : une quinzaine d'heures. La liste de trophées se découpe en trois grandes sections : la progression dans l'histoire, les collectibles (dont les scènes annexes) et l'équipement. Comme il est possible de recharger le chapitre de votre choix et que vous conservez votre progression, vous comprenez que le tout est très aisé, surtout avec un guide.

Le jeu liste, par chapitre, la liste d'objets ramassés et restants à trouver. Une aide bienvenue pour tout chasseur souhaitant réussir par lui-même. Par contre, rien n'indique les scènes cachées : à vous de deviner où elles peuvent se situer. Les allergiques aux collectibles en seront pour leurs frais vu qu'il faut ramasser un total de 49 éléments. La recharge par chapitre allège cette chasse qui aurait pu se révéler plus que harassante si tout devait être mené en une seule et même partie.

A Plague Tale évite adroitement d'assigner des trophées trop complexes comme réussir l'ensemble du jeu sans être repéré ou battre des boss en un temps donné. Le platine pousse simplement à dévoiler tout le contenu du jeu.

Monter toute l'équipement et la fronde à leurs capacités maximum demandera de tout réaliser en une seule et même partie. Recharger à un chapitre vous annule toute progression. Le joueur devra recommencer depuis les premiers chapitres et éviter de dépenser des ressources dans la section alchimie, cette dernière n'entrant pas en ligne de compte pour les trophées.

Trouver les cinq voitures d'alchimiste ne sera pas non plus de tout repos. Bien cachées, elles requièrent parfois l'utilisation d'un composant bien particulier pour les atteindre. Même en fouinant chaque chapitre, peu sûr que vous les dénichiez facilement. Le guide se révélera nécessaire pour vous aider dans votre chasse et éviter de refaire en boucle un même chapitre, parfois pour rien.

Trophee

Les joueurs réticents à amasser des collectibles grinceront des dents. Ceux appréciant d'être récompensés d'avoir visualisé l'ensemble d'un jeu seront ravis. Accessible à tout joueur, mais requérant une aide extérieure pour dénicher les secrets, le platine de A Plague Tale évite les pièges du jeu d'infiltration.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
16/20

A Plague Tale démontre que Asobo Studio a toutes les clés en main pour se lancer dans la production originale. Malgré quelques bugs, l'opus fait mouche et arrive à accrocher le joueur. L'ambiance de la France du XIVe siècle en proie à la Peste fonctionne à merveille et l'on se prend d'affection pour ces enfants jetés en pâture dans ce monde en pleine décadence.

Je recommande ce jeu :
À tous