Test : Outcast : Second Contact


Outcast : Second Contact
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Note des joueurs :
3.5/5 - 4 notes
Note des platineurs :
3.8/5 - 4 notes

Outcast : Second Contact

ps4


40 trophées au total
0 trophée caché

106 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 46 joueurs (43 %)
100% par : 46 joueurs (43 %)
Note du jeu
12/20
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Test du jeu
Outcast : Second Contact

  • Test rédigé par Crocdeloup le 13-12-2017 - Modifié le 13-12-2017



Introduction


"Attendez, j'ai déjà sauvé deux mondes et vous me demandez de recommencer !?"

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Toujours aussi souhaité et attendu par sa communauté malgré l’échec d’une campagne de financement participatif, Outcast revient enfin sur Terre, après son envolée en 1999. Intitulé « Outcast : Second Contact » pour marquer ce retour en plein univers science-fictif, le remaster HD du titre de Appeal a été pris sous l’aile de Big Ben Interactive pour débarquer le 14 novembre 2017.

Le joueur incarne y Cutter Slade, un soldat américain issu des SEALs au caractère bien trempé, embarqué dans une mission d’escorte qui le dépasse totalement. Il s’avère en effet qu’accompagner et envoyer une sonde sur la planète Adelpha est une opération soumise aux erreurs scientifiques, ce qui a pour conséquence de disperser ses trois coéquipiers et lui aux quatre coins de ce monde parallèle. Slade y est accueilli par les locaux comme un véritable élu, l’Ulukaï, et doit résoudre leurs problèmes en échange de leur aide dans la recherche des disparus et de la machine.

Pionner du monde ouvert et de la narration science-fictive à l’époque, il est l'heure pour Outcast : Second Contact de prouver qu'il nous revient avec dix-huit ans de maturité et non de poussière.


Dernière version utilisée pour le test : 1.04

Contenu du jeu


"J'aurais dû me douter qu'un job proposé dans un bar ça allait mal finir."
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L’histoire d’Outcast : Second Contact n’a pas changé d’un iota et force est de constater qu’elle tient toujours la route. Mieux, elle prouve qu’elle mérite sa place dans la chronologie comme un véritable monument de la science-fiction vidéo-ludique, à l’image d’un Blade Runner pour le penchant cinématographique. Certes, l’habituel super héros à la fois nonchalant, râleur et sûr de lui est un schéma de moins en moins utilisé (coucou Nathan Drake), mais les rebonds scénaristiques assurent un déroulement plaisant, que l’on accroche ou non aux personnages de Slade et de sa partenaire l’ethnologue Marion Wolfe.

Il en va de même pour l’univers, très convaincant, qui garde encore aujourd’hui sa touche d’originalité, à tel point qu’on souhaiterait en voir plus. Les habitants d'Adelpha, les Talans, sont répartis en quatre catégories définissant leur mode de vie (tenue vestimentaire, travail, couleur de l’icône sur la carte). Leur grossièreté les rend attachants et mémorables, et leur propension à demander de l’aide nous met complètement dans la peau d'un Cutter blasé. La relation entre ces derniers ponctue d'ailleurs la progression d’un humour bienvenu.

Six régions sont disponibles, cinq sont réellement explorables, la première ne servant que d’entrée en matière. Chacune possède son propre rôle dans l’écosystème d’Adelpha et leur diversité donne goût et attrait à la découverte du jeu. Des rizières chinoises aux villes marocaines en passant par les grandes forêts européennes, les nombreuses inspirations sont sublimées d’une touche de surnaturel réussie, concentrée notamment sur la faune et la flore. L’ensemble n’a bien sûr rien d’aussi impressionnant qu’un Witcher 3 ou qu’un Horizon Zero Dawn mais reste solide et agréable.

Concernant les quelques nouveautés, la plupart si ce n’est la totalité sont accessoires. Les gadgets dispensables et le système de réputation, trop fébrile pour être impactant, proposent certes une petite variation dans un gameplay qui n’encourage malheureusement pas leur utilisation.

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Outcast a fait mouche à l’époque puisqu’il est toujours plaisant de parcourir ses terres. Il faudra une vingtaine d’heures pour le terminer, une durée pour un jeu d’aventure très raisonnable bien que le prix, pour un remaster, soit élevé. S’il n’était pas truffé de soucis, la pilule serait plus facile à avaler. On regrettera également l’absence de la fameuse scène de danse post-crédits… En revanche, la cinématique d’introduction totalement inédite fonctionne parfaitement, en plus de faire plaisir aux mirettes.

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Note : 4/5

Aspect technique du jeu


"Je savais que cette foutue bestiole allait être un problème, mais alors là..."
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Dix-huit ans, c’est affreusement long. Le passage de la PS1 à la PS4 est une grande épreuve mais peut être réussie, comme l’a prouvé le récent Crash Bandicoot N’Sane Trilogy. Mais Outcast, en provenance de la plateforme PC, se situe dans un style plus réaliste, ajoutant un degré de défi. Résultat : le studio belge s’en est bien sorti et propose une refonte graphique colossale donnant un ensemble joli et cohérent, surtout considérant les moyens à disposition.

Côté sonore, la musique fait toujours le même effet qu’au siècle dernier en soulignant l’aventure d’une note épique et élégante. Bien que le doublage n’ait pas été modifié, il demeure plaisant de retrouver le Bruce Willis français Patrick Poivey et notre Lara Croft nationale Françoise Cadol, dans la peau de Cutter Slade et Marion Wolfe. (Pour les récalcitrants, il est possible de mettre les voix originales en profitant de la présence de sous-titres français.)

Certains fans auront peut-être un peu de mal avec le relooking de Cutter qui perd un poil de charisme tant la voix collait parfaitement à son design d’antan. Quant aux Talans, les nouveaux venus devraient être satisfaits de l’effort vocal mis en place pour leur donner un accent et une façon de parler différents. On se serait toutefois passé du bruit pas vraiment crédible que s’obstine à faire le héros quand il saute.

Là où on ne peut qu’admirer le travail graphique effectué, il devient impossible de ne pas soupirer devant l’incroyable nombre de glitchs et de bugs présents. Patché déjà 4 fois en trois semaines, corrigeant ainsi les points les plus noirs, le jeu comporte toujours des scènes qui font sourire (cf. image) et des lourdeurs qui font rager. Sachant qu’il n’y a pas beaucoup de cinématiques, on rigole finalement plus de l’histoire qu’on en profite. Au moins les Talans qui avaient tendance à ne pas suivre le script et planter le joueur en toute impolitesse, semblent avoir appris la leçon. Par contre les cailloux inexistants qui font buter le personnage dans le décor ont la dent dure.

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Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


"Oulà ! T'es le primitif des primitifs toi..."
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Il est définitivement agréable de pouvoir une nouvelle fois fouler les terres d’Adelpha. Mais est-il plaisant de jouer à Outcast : Second Contact ?
La nuance est là, et le constat est si mitigé qu’il serait difficile de choisir lequel, de l’original ou du second, conseiller pour la découverte. Quand vous posez les pattes sur un jeu PC de 1999, vous savez à quoi vous attendre et pouvez embrasser la vague rétro avec délice. Mais quand, manettes en main, vous tombez sur le remaster de ce même jeu, vous étiez loin d’imaginer la même raideur dans ses mécaniques.

Entre les déplacements rigides, les roulades qui se déclenchent à cause d’une orientation sensible de (stickD) (pouvant désormais être désactivées), les sauts d’un autre temps fort heureusement corrigés (imaginez le dernier Tomb Raider avec la maniabilité du tout premier et vous n’êtes pas loin), l’affaire s’annonce délicate. Sans parler du système de visée qui requiert une grande précision dans des combats où il ne faut pas rester immobile. Finalement, exception faite des graphismes, puisque quasiment rien n’a changé et que ces problèmes ne faisaient pas défaut à la version d’antan, peu de choses empêchent de la préférer. La synchronisation labiale, un ajout, n’est pas toujours au point, surtout si vous avez tendance à accélérer les dialogues. La réactivité des développeurs reste exemplaire, mais quitte à attendre un an de plus, on aurait aimé un titre à la hauteur le jour de sa sortie.

Heureusement, l’univers enchante les sens et fournira, avec ses personnages, tout le plaisir du jeu. Dommage que l’histoire tombe un peu à l’eau avec son manque de mise en scène et son côté saccadé. Niveau gameplay, l’inventaire est brouillon, la carte n’est pas des plus pratiques et il faut bien suivre le fil des missions pour situer sa progression et ses objectifs. Le côté "débrouillard" est louable à l'instar de l’interface réduite, mais il y a des limites à ne pas franchir.

Certaines fonctions cassent radicalement l’ambiance. La map ne s’efface pas durant les scènes et les Talans ont tendance à passer en plein milieu de la conversation. La caméra se positionne parfois derrière un mur et devoir ouvrir le vaste menu en plein combat pour s’équiper de gadgets est rarement la première chose qui traverse l’esprit. Il y a bien une roue des armes alors pourquoi ne pas en avoir intégrer une deuxième pour les objets ? Au moins ces dernières apportent de la variation et du plaisir dans les gunfights. Le scénario intégralement connu, il viendra peut-être l'envie de se balader dans les territoires d'Adelpha s'il vous reste des quêtes annexes. Le cas échéant, il n'y a rien d'autre à y faire.

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Note : 2/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


"Qu'est-ce que tu fous Slade ?" ; "Du calme Wolfe, je fais une petite pause avec mon platine là."
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Cette généreuse liste colle-t-elle à l’ambiance du jeu ? Assurément, puisque cette liste EST le jeu. Sa quarantaine de trophées se déroule presque intégralement suivant les missions de l’histoire et des personnages secondaires, comme si elle servait de journal de quêtes, puisque l'actuel n’est malheureusement pas assez étoffé. On y ajoute quelques règles basiques et on obtient un petit guide de survie en terres alien. Des points faciles dans tout ce qu'il y a de plus classique. Même si le contenu du jeu est orienté de cette façon, on aurait apprécié un peu d'inventivité côté trophées.

À partir du moment où vous savez qu’il ne faut pas finir l’histoire principale avant d’avoir fait tous les trophées (cf. guide), il n’y a pas plus de difficulté qu’à jouer normalement et finir le scénario. Si vous êtes plutôt curieux du monde qui vous entoure, les développeurs vous en remercieront amplement. Il faut dire qu’il n’y a même pas besoin de finir l’intrigue (quand même le fort intérêt du jeu) pour décrocher le platine. Curieux choix de ne pas récompenser cette simple mais plaisante complétion. Demandez à Sherlock Holmes de plier bagage avant d'avoir résolu l'énigme.

Seul (Bronze) Suprématie ! demandera un petit effort dans la façon d’annihiler les ennemis. Autrement, la plupart des actions spécifiques comme la récolte de munitions ne peuvent être manquées à moins de le faire exprès. Il y a toutefois un OVNI nommé (Bronze) Explosion de bateaux ! qui n’est pas une quête et n’influe pas sur le système d’affaiblissement des ennemis, contrairement à ce qu’il laisse supposer. On vous demande juste de le faire. Pour le fun.

Au moins, même s’il n’est pas des plus rapides à tomber, le platine reste très accessible. Et il n'y a pas de collectible.

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Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
12/20

Malgré une refonte graphique de qualité, Outcast Second Contact affiche en tous points un manque cruel de modernité. Si le contexte et le scénario ont à peine pris une ride, les mécaniques de gameplay et les mises en scène sont complètement rouillées. Après deux décennies, transposer tel quel un jeu d’aventure novateur sur les bases actuelles frôlerait, si ce n’était pour les patchs rapidement fournis, l’injouabilité. Les curieux devraient toutefois y trouver un univers sympathique s'ils fournissent un effort d’adaptation, tandis que les fans se contenteront de savourer le souvenir du premier.

Je recommande ce jeu :
Aux fans de la série, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile