Test : Life is Strange 2


Life is Strange 2
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Note des joueurs :
4.3/5 - 3 notes
Pas de note
des platineurs

Life is Strange 2

ps4


47 trophées au total
11 trophées cachés

96 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 0 joueur (0 %)
100% par : 0 joueur (0 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
Life is Strange 2 - épisode 1

  • Test rédigé par Crocdeloup le 01-10-2018 - Modifié le 01-10-2018


Introduction


Au revoir Max et sa meilleure amie Chloé, bienvenue à Sean et son frère Daniel.
Difficile de prévoir le succès médiatique et communautaire auquel a eu droit Life is Strange, l’aventure épisodique de Dontnod Entertainment. Sans remplir l’importance des choix annoncés comme clé du gameplay, le titre s’est fait une place colossale dans la sphère vidéo-ludique en tant que perle émotionnelle et narrative. Ayant même eu droit à Before The Storm, une préquelle dédiée aux fans et développée par le studio Deck Nine Games, la licence affronte ici un nouveau challenge : concevoir un deuxième opus qui n’est pas une suite.

Les développeurs parisiens ont souligné qu’il s’agissait de définir les codes faisant l'identité de la licence, d’offrir de la nouveauté tout en gardant ses forces et en améliorant ses faiblesses. Voici donc Life is Strange 2 (LiS2), qui accueille les frères Diaz, contraints de fuir la société après un incident désastreux et désormais livrés à eux-mêmes. Le joueur contrôle l’adolescent Sean, et le côté surnaturel intervient avec son petit frère Daniel.

Ce premier épisode sur cinq, intitulé “Roads”, pose des bases qui serviront d’augure pour toute la saison.

Contenu du jeu


Hit the road Diaz, don't you come back no more no more...
On the road again

Ce premier épisode peut être bouclé en 3-4 heures environ, dépendant des affinités de chacun à explorer et examiner les points d’intérêt. Il est divisé en 8 plus ou moins courts chapitres, sélectionnables après une première partie. Disons surtout 5, car cet épisode laisse une grande place à la narration. Le mode collectionneur fait son retour, et permet de naviguer tranquillement entre les séquences pour décrocher les collectibles manqués. Ces derniers prennent d'une part la forme de dessins, et d'autres celle de portes-clés, de pièces de tissu ou autre objets pouvant être utilisés pour personnaliser le sac à dos du protagoniste.

Sur la forme, Life is Strange 2 ne sort pas des sentiers battus. Dès les premiers instants, la familiarité et le côté intimiste de la franchise sont présents. Le studio français a remis un coup de pinceau pour accorder le tableau à la personnalité de Sean. En lieu et place d’un journal personnel se trouve un cahier de dessin, moins expansif, plus instinctif, mais tout aussi riche et plaisant à consulter. On récupère le téléphone, le plan, les indices sur les collectibles, et le sac qui se pourvoit cette fois d’un inventaire.

En effet, il devient ici question de survie, et le joueur devra choisir comment acquérir les ressources nécessaires à la survie du duo. Pour se faire, trois possibilités : acheter, fouiller ou voler. Cette composante qui aurait pu se révéler stratégique reste assez limitée puisqu’il est impossible de choisir quoi consommer ou quand économiser ses rations. De même, le fruit de nos recherches ne peut être proprement utilisé.

Sean gagne en interactivité sans que cela porte réellement la situation. Ses actions servent d’exemple à Daniel et influent sur son comportement (légalité et manichéisme) et leur relation. L’adolescent peut également apprendre des astuces de survie à son cadet. L’impact narratif de tout ceci reste à définir sur le long terme, mais au sein de l’épisode il demeure minime : on retombe sur le script quoiqu’il arrive. LiS 2 réitère donc une aventure que l’on choisit comment vivre, mais qu’on ne peut définir.

La narration bénéficie d’une mise en scène à la hauteur, d’un scénario accrocheur, et de personnages crédibles. Le jeu propose des rencontres altruistes comme malfaisantes marquantes, induisant un rythme binaire qui alterne entre actions et séquences émotions, là où les épisodes du premier s'activaient plutôt au départ et sur la chute. Racisme, individualisme, éducation, ces thèmes sociétaux délaissent l’optique adolescente pour un rendu plus mature et plus aventureux que dramatique.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Les environnements sont choisis avec soin.
Not a kid anymore

Le passage au moteur Unreal Engine 4 se voit d’office en lançant le jeu. Les décors ont gagné en détails et les traits en finesse. Le studio a su conserver le charme du premier opus en traitant ses teintes aquarelles d’une main plus maîtrisée. L’effet maladroit et brouillon survenant parfois dans LiS a disparu. Comme pour en profiter, les panoramas sont plus nombreux et les environnements plus variés. Le doublage est toujours de haute volée et les développeurs ont mis l’accent sur la motion capture, obtenant ainsi des rendus nettement plus convaincants. De ce côté, la maturité du titre se ressent tout autant dans son contenu que son aspect technique.

La construction des niveaux laisse croire à un sentiment d’exploration mais reste en réalité très cadrée. Cela en devient parfois agaçant car le jeu invite à la découverte sans vraiment l’autoriser. Ne pas s'aventurer en dehors du périmètre, être incapable de passer au dessus de branches ou troncs alors qu’il est possible de descendre de hauts rebords, c’est légèrement regrettable.

L’ambiance sonore fonctionne et suscite facilement la peur comme l’aisance, notamment en forêt, où la sensation de danger se confronte au bien-être procuré par la nature. La musique, toujours signée par Jonathan Morali, soutient agréablement les situations, reprenant ses thèmes sur un air légèrement différent. Toujours judicieuse, la bande-son est un poil en dessous. Elle saisit moins d’opportunités, peut-être car elle laisse également place à la solitude et le calme d’une vie sur les routes (et puis, plus de batterie sur le téléphone...).

L'animation sur les temps de chargement rame de temps à autre, mais c'est pour être pointilleuse. La mémorisation d'un dessin n'a pas voulu se dé-sélectionner, une fois, mais il a suffit de quelques mouvements de caméra vers le carnet pour la remettre à sa place. Pas d'inquiétudes ici, le titre frôle le sans-faute.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Des adieux plein d'amour.
Under your skin

Avec Roads, Life is Strange 2 présente son propre rythme, son contexte et fait sentir tout son potentiel​ en nous ayant déjà branché pour la suite. Il est vrai, le côté extrêmement linéaire de cette introduction en rebutera certains. Là où Max déambulait dans un environnement familier, Sean, dans sa situation plus délicate, est forcé d’avancer de découverte en découverte, et c’est souvent la narration qui le fait à notre place.

Mais elle le fait si bien que c’est un délice du début à la fin. Les thèmes et les personnalités sont toujours aussi fidèlement dépeints​, les niveaux regorgent de détails crédibles, et les frères de commentaires à leur sujet. Les couleurs charment, les émotions touchent, et l’intrigue nous prend rapidement aux tripes, oscillant entre ce roadtrip amusant et cette fuite angoissante, à l’image de Daniel et Sean.

Être deux change​ véritablement la façon d’aborder le jeu. Bien que l'utilité du pouvoir de Daniel reste inconnue, le duo fonctionne à merveille et le joueur aura vite fait de considérer les frères avec l’oeil d’un parent tantôt compréhensif tantôt inquiet. Un rôle que l’on essaie de transmettre à Sean avec nos choix qui, s’ils n’ont peut-être pas tant d’importance, nous mettent vraiment dans sa peau. Quel degré d’innocence préserver ? Quelle confiance accorder en l’autre ? Lee et Clémentine, Kara et Alice, les ficelles se ressemblent mais fonctionnent. La licence continue à taper dans une réalité souvent taboue.

Pour alléger la donne, le studio reprend ses références pop culture et tisse fréquemment une complicité​ avec son public. Il intègre dans cette introduction déjà bien garnie une véritable transition et ne cesse de communiquer subtilement avec les fans qui voulaient une suite directe, leur indiquant avec considération que ce fut un beau voyage mais qu’à l’image des Diaz, il est temps d’avancer.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Gotlib remplace Cartier-Bresson.
Feels like home

La liste des trophées de Life is Strange 2 adopte le même design que son aînée et s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Après la photo et les tags, les dessins​ de Sean reprennent le flambeau artistique. Ce trait est pourtant sous-exploité en matière de chasse, puisque celle-ci n’exigera la réalisation que d’un seul croquis pour faire tomber les généreux trophées dédiés (tous (Argent) ) quand il y en a plusieurs par épisode. Esthétiquement réussis, ils demandent toutefois une interaction trop minime pour être plaisante.

Ce ne sont néanmoins pas les vrais collectibles du titre. Les divers porte-clés et patchs disséminés au long de la partie marquent une amélioration ​et une nouveauté bienvenue. Véritables éléments de personnalisation (certes accessoires), ils gardent un côté léger et fun qui remonte un peu le moral alors que les frères Diaz en bavent. Les critères d’obtention varient, allant du simple examen à la fouille, sans oublier les interactions avec Daniel ou des personnages tiers. Ils parviennent ainsi à créer de la surprise aux détours de l’aventure et instaurent le même degré de challenge que LiS.

Aucune mention en revanche concernant les choix des joueurs. Il semblerait que seules les statistiques en fin de partie permettent de repérer les plus importants. Si on cessait de nous le râbacher, on ne le regretterait pas, car la licence s’en sort une nouvelle fois très bien sans cela. Et la liste promeut ce caractère léger, contemplatif, qui contrebalance les émois narratifs et correspond aux artistes en herbe et au protagoniste.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Life is Strange 2 adapte sa recette et change de rythme avec succès. Roads pose quant à lui des bases très engageantes pour la suite. Néanmoins, le titre semble toujours prétendre et communiquer sur l’importance des choix, quand sa force réside sur l’immersion et l’émotion, et mériterait d’être assumée. À suivre.

Je recommande ce jeu :
Aux fans de la série, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile