Test : Firewatch


Firewatch
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Note des joueurs :
4.3/5 - 24 notes
Note des 100% :
4.3/5 - 23 notes

Firewatch

ps4


10 trophées au total
5 trophées cachés 1 DLC

711 joueurs possèdent ce jeu

100% par : 272 joueurs (38 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
Firewatch

  • Test rédigé par Kyp-chan le 27-04-2016 - Modifié le 07-12-2016


Introduction


Bienvenue à Two Forks, territoire des ours.
Firewatch est le premier jeu développé par Campo Santo, un petit studio de San Francisco, Californie. Édité par Panic, le jeu est sorti le 9 février 2016 sur le Playstation Store (et sur Steam) et il vous met dans la peau de Henry, un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire, vivant à Boulder, Colorado. Alors que sa vie part en lambeaux, il trouve un travail comme surveillant de départ de feu de forêt. À peine arrivé dans sa tour de surveillance, d’étranges évènements vont l’en faire sortir. Son seul contact humain est sa patronne, Delilah, qu’il ne pourra joindre qu’avec son talkie-walkie. Les mystères de Two Forks vous attendent.

Contenu du jeu


Une bonne description de votre situation.
Henry: I came out here for a breath of fresh air and some adventure. What do you got?
Delilah: I think I want you to just find them and scare the HELL out of them.

Les premières minutes du jeu vous expliqueront les circonstances peu réjouissantes de la présence de Henry dans ces montagnes perdues du Wyoming. Sa vie, depuis sa rencontre avec sa femme Julia, s’écrira devant vos yeux en fonction des réponses que vous apporterez aux différents choix auxquels la vie vous aura confronté. Ces choix construiront simplement la toile de fond de la vie de Henry, son voyage en quelque sorte. La destination, immuable, est déjà connue. Two Forks. Le contenu de la vie passée de Henry aura évidemment une influence sur le contenu des dialogues entretenus avec Delilah et sur d’autres éléments mineurs. Cette création de votre personnage qui se déroule sur un écran sensiblement noir sera entrecoupée de scènes à la première personne, où vous incarnerez Henry alors qu’il se rend dans sa tour de surveillance.

Le reste du jeu gardera cette vue à la première personne. Lorsque vous vous réveillerez dans votre tour pour la première fois, vous ferez la connaissance de Delilah qui vous assignera votre première mission. À partir de là, et jusqu’à la fin du jeu, vous serez libre de vous diriger directement vers votre destination ou de visiter les lieux, quitte à vous perdre dans un premier temps. Votre plan et votre boussole seront alors vos plus grands alliés. En avançant dans le jeu, même sans beaucoup se promener, la zone d’exploration ne paraîtra finalement pas très grande, mais toutefois suffisamment vaste pour ne pas en faire le tour en cinq minutes. Le paysage et le terrain sont aussi suffisamment variés d’un coin à l’autre de la carte pour que l’on ait pas l’impression d’évoluer toujours dans le même décor.

Lorsque vous verrez des objets par terre, des traces d’animaux ou autres curiosités forestières, vous pourrez faire un rapport à Delilah et en discuter plus longuement si vous le souhaitez, à condition de répondre avant la fin du temps imparti. Autrement, vous pouvez continuer votre route en restant parfaitement muet et en l’ignorant. Ce n’est pas ainsi que vous en apprendrez plus sur elle. Mais est-ce vraiment nécessaire ? C’est vous qui construirez votre relation avec Delilah. Il ne tiendra qu’à vous de lui faire confiance. Si vous êtes chanceux, vous pourrez même adopter une tortue !

Le jeu s’étale sur 79 jours mais cela s’inscrit dans le scénario : la plupart ne seront pas joués. Firewatch peut être terminé en 2 ou 3 heures en se contentant d’avancer dans l’histoire. Celle-ci est d’ailleurs agréable à suivre et n’est pas dénuée de suspens, ce qui poussera le joueur à arriver jusqu’au bout. Mais quand bien même vous exploreriez et profiteriez du paysage et des discussions avec votre chef, il sera difficile de dépasser largement les 5 heures de jeu.

Le jeu est en anglais. Il est toutefois possible d’ajouter des sous-titres aux dialogues. Le 11 avril 2016, la version Steam s’est pourvue de sous-titres français, allemands, espagnols, russes et chinois. Quelques semaines plus tard, le 13 juin, la version PS4 a reçu sa mise à jour 1.03 contenant ces sous-titres. Ils seront automatiquement appliqués en fonction de la langue choisie pour le menu de la console.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Les rayons filtrés du soleil donnent une atmosphère particulière à cette forêt de bouleaux.
Delilah: I want you to go find them.
Henry: And then what?
Delilah: I... I havent’t thought that far ahead. That’s not true. Everything that comes to mind is illegal.

Si l’on n’y regarde pas de trop près les décors sont jolis et colorés. Les arbres se courbent au gré du vent ; les lucioles brillent dans la nuit ; la poussière se lève derrières vos pas. Les rayons du soleil arrêtés par le tronc des arbres sont particulièrement réussis. De manière générale, les effets de lumières sont saisissants. Les différents objets, dont les pommes de pins, sont assez bien modélisés, et les montagnes au loin ont un rendu assez esthétique compte tenu de la technique employée. Par contre, si l’on s’attarde un peu sur les pins (entre autres arbres) et la rambarde de la tour, il apparaît assez vite que les textures ne sont pas exceptionnelles. À cela s’ajoute un ralentissement récurrent s’apparentant à un micro-freeze à chaque fois que l’on parcourt une certaine distance, comme si l’on entrait dans une zone incomplètement chargée. Le problème ne va pas forcément en s’améliorant lorsque des cendres ou de la poussière flottent dans les airs. Cela peut ternir l’expérience de jeu, mais ne touche que l’aspect graphique, pas sonore. Quelques bugs sont aussi à noter, pouvant jusqu’à vous poussez à relancer le jeu, mais la sauvegarde automatique existe aussi pour ce genre de désagrément.

Si l’introduction possède un fond musical, le reste du jeu ne possède quasiment aucun accompagnement. Ce choix se comprend bien et transcrit avec justesse le tournant opéré dans la vie de Henry. L’introduction est dépourvue de toute voix, ce qui ne laisse que les instruments comme mode de transmission des sentiments et de l’ambiance tumultueuse de sa vie. Ce passage évoque aussi un passé lourd de souvenirs. Plus tard, lorsque Henry arrive dans la forêt, il tient à se vider la tête, à laisser le vacarme de sa vie, sa souffrance, s’évaporer. La douleur, injuste, est encore trop présente. Le fond silencieux, ou presque, de la forêt laisse apparaître avec plus de relief et d’importance les conversations avec Delilah. On pourrait aussi argumenter sur le fait que l’on ne s’isole pas en forêt pour écouter de la musique... mais certaines adolescentes portées sur la bière pourraient en convenir autrement. Au final, les compositions de Chris Remo, essentiellement instrumentales, rares mais bien présentes, s’intègrent en douceur au jeu et à son ambiance.

Les voix sont exclusivement en anglais et le jeu des acteurs est excellent. Rich Sommer (Henry) et Cissy Jones (Delilah) transmettent particulièrement bien les émotions, que ce soit l’agacement, la tristesse, le désespoir, la colère, la peur, la joie, l’ironie ou encore l'apaisement. Je ne vous fais pas une liste exhaustive, vous avez compris l’idée. Malgré une communication exclusive par radio, les voix sont claires et compréhensibles. L’humour est bien présent et l’on est toujours curieux de savoir ce que l’autre va répondre. De ce côté, rien à redire.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Si vous attendez trop, vous raterez l’opportunité de répondre.
Delilah: Look, it’s not gonna be an issue. I mean, if they turn up dead, then maybe. Should I just not say anything and save us the trouble?

Malgré les courts ralentissements susmentionnés, qui ne sont finalement qu’une nuisance mineure, le plaisir de jouer à Firewatch est indéniable, pour peu que l’on apprécie ce type d’aventure. Par là, je veux dire une aventure où les seules activités consistent à se promener, regarder le paysage, avancer vers le prochain objectif, ravager un buisson ou deux à l’occasion et vider la batterie de son talkie-walkie.

Il est agréable d’évoluer dans cet environnement tantôt luxuriant, tantôt brûlé, tantôt marécageux ou rocailleux. La progression est fluide, il n’y a guère qu’un endroit où l’on peut rester bloqué si on manque de voir l’entaille dans un rocher. Les échanges entre Hank et Delilah sont toujours un plaisir à entendre et à découvrir, si bien qu’on en fini presque à vouloir discuter à la moindre occasion, juste pour pouvoir profiter de la répartie des deux protagonistes. Quelques références américaines pourront toutefois vous échapper complètement, Forrest Byrnes ou Turt (Burt) Reynolds pour ne mentionner qu’elles, et ainsi faire naître un sentiment éphémère de frustration.

On pourra reprocher au jeu d’être particulièrement court. Mais cette faiblesse apparente est aussi une force. Les conversations avec Delilah sont basées sur plusieurs choix possibles, et une histoire de quelques heures donne plus facilement envie de refaire une partie qu’une histoire de quelques dizaines d’heures, pour voir l’influence de ces choix de réponse sur le texte. Les opportunités de développement disponibles lors de l’introduction changent votre passé. Bien que votre histoire personnelle ne modifie aucunement le déroulement de l’intrigue, il est toujours intéressant de voir comment Delilah et Henry abordent le sujet. Une sorte de clin d’œil vous rappelant à vos choix initiaux. Avec un peu de recul, certains échanges et certains évènements du jeu auront pu vous laisser songeur quand à la confiance à accorder aux propos de votre patronne. Si vous êtes curieux, que vous avez l’impression que l’on vous a un peu promené et si vous n’avez pas adopté de tortue la première fois, vous aurez peut-être envie de rejouer à Firewatch.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Le paysage nocturne. L’orage approche et couvre les étoiles.
Delilah: Trust me – I never underestimate the stupidity of a drunk teenager. Also, I never underestimate the balls of a drunk young woman, having been one.

Les cinq trophées (dont trois en or) que possède le jeu ne poseront aucun problème pour être récupérés. En effet, ils sont tous liés à l’histoire et aucun ne peut être manqué, qu’importe vos actions. La note se justifie en partie par le fait que la liste des trophées est en parfait accord avec le contenu du jeu. Henry arrive dans un endroit perdu pour être tranquille, oublier ses tracas, et se sentir libre. Libre de vagabonder dans la forêt, de se perdre près d’un cours d’eau, ou de rester planté là au milieu d’un sentier à regarder les arbres osciller plus ou moins régulièrement. La liste des trophées vous procurera la même tranquillité d’esprit. Vous n’aurez pas à vous demander, au détour d’un sentier, s’il vaut mieux prendre par le nord-est ou par le nord-ouest pour ne pas rater un élément d’un trophée. De même, inutile de se soucier de l’influence de vos choix lorsque vous allumerez votre talkie-walkie. Cette démarche est grandement appréciable, et appréciée. Il est vrai qu’une fois la première partie terminée, il n’y a plus de carotte-gibier pour pousser le chasseur à refaire une partie, mais il s’agit là des règles du jeu. Un regret reste toutefois à formuler quant à la pauvreté du nombre de trophées. Il aurait été tout à fait possible d’implémenter plus de trophées, tout en conservant le côté immanquable.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Firewatch est un jeu d’exploration et de narration simple et agréable dans lequel on apprécie d’interagir avec Delilah, son seul contact. On prend plaisir à voir évoluer cette relation humaine et, parfois, à poser des questions stupides. Assez court, il possède toutefois une certaine rejouabilité pour qui est curieux de voir les différentes lignes de dialogues ou éprouve la nostalgie des grandes étendues montagneuses du Wyoming. En tout cas, ce n’est pas la récupération des trophées qui vous occupera longtemps.

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile