Test : Fade To Silence


Fade To Silence
  • 1
  • 3
  • 9
  • 30
Pas de note
des joueurs
Pas de note
des platineurs

Fade To Silence

ps4


43 trophées au total
0 trophée caché

28 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 0 joueur (0 %)
100% par : 0 joueur (0 %)
Note du jeu
9/20
Discuter du test

Test du jeu
Fade To Silence

  • Test rédigé par Crocdeloup le 30-05-2019 - Modifié le 30-05-2019



Introduction


Patientez svp, nous chargeons vos dernières heures de vie.
Fade to Silence se présente comme un jeu de rôle orienté survie. En réalité, le titre développé par le studio allemand Black Forest Games (Rogue Stormers, Giana Sisters : Twisted Dreams) intègre un système de gestion assez conséquent. Pris sous l'aile du géant THQ Nordic, le titre était disponible en accès anticipé sur PC, et avait été annoncé fin 2017. Le voici donc sur PS4 avec un contenu final mis en vente le 30 avril 2019.

La Terre a été ravagée par une mystérieuse infection. Elle reste depuis piégée dans un hiver éternel. Ash, l'un des rares survivants, possède une "voix intérieure", qui représente sa connexion mystique avec l'instigateur du blizzard et responsable de la corruption. Cette entité ne cesse de le ramener à la vie pour le plaisir de le tourmenter. Le chef de clan doit donc briser le cycle en regroupant les vivants et en purifiant les zones viciées. Afin de trouver la clé de leur salut, le héros devra recouvrer la mémoire et dénouer le fil des événements passés.

Dernière version du jeu lors de la rédaction : 1.05

Contenu du jeu


La map donne largement de quoi faire.
Le jeu démarre par une entrée en matière plutôt rapide, laissant le joueur avec son sens de la débrouillardise et quelques informations ponctuelles pour deviner la suite. Malgré ce manque d'aide, la découverte des terres gelées de Fade to Silence se fait assez naturellement. Cela peut prendre un peu de temps d'assimiler les éléments-clés du titre (survie - exploration - gestion), mais le principe gagne en fluidité et en facilité lorsque c'est le cas.

Trois jauges rythment l'aventure : danger, faim et froid. Sur l'interface, les deux dernières concernent Ash tandis que la première, qui se déclenche plus tardivement, indique le temps avant la prochaine attaque sur le camp. Pour rester en bonne santé et progresser, le joueur doit trouver des matériaux en les ramassant ou en fouillant les environs. Ils serviront donc soit à crafter, soit à se maintenir en vie. Des éclats, à récolter lors des purifications, augmentent la résistance à la faim et au froid, et la régénération d'endurance et de santé.

L'inventaire, même agrémenté de sacs, reste très limité, obligeant fréquemment le joueur à retourner au camp pour y stocker ses trouvailles. Il devient vite nécessaire de purifier les avant-postes pour débloquer les voyages rapides. Le recrutement de compagnons amène à débloquer des points de récoltes (bois, chasse, mine) pour veiller à ce que leur propre jauge de faim et de froid reste vide et qu'ils ne trépassent pas, leur mort étant définitive. Ils possèdent également une jauge de fatigue qui les envoie automatiquement se reposer.

Sauver un compagnon a plusieurs avantages. Le joueur peut l'emmener avec lui pour un renfort au combat (= constituer une expédition) ou le laisser travailler pour les besoins du camp. Les ressources sont en effet partagées et le menu de gestion indique toujours ce que consomment les PNJ comparé à la quantité de réserves. S'il est possible de donner des ordres aux unités, ils ne sont pas tout le temps suivis, du moins pas immédiatement. Chaque personnage est doté de différentes compétences, comme la chasse ou l'artisanat. Le joueur devra faire construire des bâtiments utilitaires pour transformer les ressources corrompues et débloquer de l'équipement plus puissant mais également des moyens de défense, afin de parer aux assauts du vilain spectre et de ses minions.

Tout ceci forme l'intérêt principal et la mécanique la plus consistante du jeu. À côté, la narration est anecdotique et le bestiaire peu varié. Même le mode coop, sur le principe sympathique, ralentit la progression du joueur hôte. Le second participant prend la place d'un compagnon, privant ainsi le camp d'un ouvrier. S'il dispose d'un inventaire propre et qu'il lui est possible de purifier les zones viciées, il ne peut débloquer les points de récolte ni conduire le traîneau. Si la progression connaît des débuts difficiles, Fade to Silence révèle son plein potentiel au bout de plusieurs heures de jeu, que vous choisissiez le mode exploration (pas de mort définitive) ou survie (seul capable de débloquer les trophées). Il faut compter une vingtaine d'heures pour achever l'aventure, sous peine de ne pas tout recommencer.

Image

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Into the wild.
Sachant que Fade to Silence a bénéficié de plus d'un an de développement en accès anticipé, sa sortie fut techniquement chaotique. Le pire reste sans doute la coopération, où certaines actions effectuées par votre allié peuvent tout simplement faire planter le jeu. Cumulé à l'instabilité du serveur, le jeu accuse à deux de quelques ralentissements. S'ils continuent sur leur lancée, les développeurs devraient résoudre ce souci. Mais ça reste navrant de devoir donner le conseil d'attendre encore un patch ou deux avant de lancer le disque. Heureusement, l'aventure est plus "fluide" en solo.

Ceci dit plusieurs bugs subsistent toujours, malgré la réactivité du studio. Il n'est pas improbable que les objets littéralement lâchés par les ennemis se figent à deux mètres du sol ou aillent se coincer dans le décor. Même constat pour les ressources ou les caches, parfois situées derrière les parois rocheuses. Accès impossible, y compris pour un(e) alpiniste invétéré(e).

Les dialogues, déjà anecdotiques par leur faible présence et leur manque de qualité, tournent en boucle de temps à autre, ou se répètent lors des retours au camp. Le bug demeure rare, mais appuie sur un doublage assez cliché. Lorsque la voix fluette d'Alice, fille du protagoniste, dit la même chose depuis 5 minutes, ça... crispe. Recharger la partie suffit généralement à régler le problème, mais l'action a pour défaut de ramener le joueur au camp, peu importe où il se trouvait avant.

Sur l'aspect visuel, le jeu accuse d'un net retard. Les animations faciales sont guère flatteuses. Le design des personnages souffre d'un classicisme néfaste. En revanche, si la modélisation de la neige n'est pas optimale (les traces de pas ne s'affichent pas), l'ambiance et l'univers convainquent les esprits. Le climat et l'aspect survie se déploient à travers les vastes étendues sauvages et l'arrivée des blizzards. La sensation de danger rôde au sein de cet étrange silence. Le sound design est donc réussi, et appuie la sensation de solitude et de fatalité. Contrairement à la quasi-inexistence de la musique qui soulève le titre du jeu d'une note moins flatteuse.

Dernier point et non des moindres : la rigidité du gameplay. Les déplacements de Ash sont tellement lourds que le rythme du jeu en pâtit. Puisque qu'une bonne partie de Fade to Silence amène le joueur à arpenter les territoires enneigés, cela entraîne une certaine lassitude et monotonie. Les déplacements en traîneau, qui se dessinaient comme une option fun, s'avèrent tellement saccadés et mal fichus qu'ils en deviennent risibles.

Image

 

Note : 2/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Le système de gestion de la base et des survivants reste bien pensé.
Fade to Silence s'inscrit parmi les jeux de survie, ce qui sous-entend un certain degré de difficulté voire de tension. Si la prise en main se fait progressivement, une fois les principes acquis, les réflexes de survie s'installent assez naturellement. La vigilance reste toutefois de mise car les points de récolte s'épuisent. Cet équilibre à garder en tête vient agréablement solliciter le sens de l'organisation.

Avec le manque d'indications, certaines découvertes génèrent un brin de frustration, comme le rôle de la jauge de danger. D'autres gagneraient du sens à être dévoilés à l'avance, à l'instar du traîneau qui dispose d'un espace de stockage propre. Pareil pour les outils de récolte qui comptent comme des armes mais prennent de la place dans l'inventaire puisqu'il n'y a qu'un seul slot d'équipement corps-à-corps. Sachant que l'épée reste la plus forte et la seule à occasionner des "coups critiques", leur rôle d'arme se retrouve très limité.

Les combats assez figés interviennent de manière inégale. Ils se basent sur le timing, avec une roulade en guise d'esquive et une parade à exécuter parfaitement pour obtenir une contre-attaque. Ash est d'une lourdeur désespérante. Il met trois plombes à esquiver, à dégainer son arc, et à changer d'arme. Cette seconde de latence est vite décisive contre les adversaires puissants. Apprendre le pattern d'un ennemi n'est pas une mauvaise chose, mais ne pouvoir en tirer parti à cause d'un héros mou du genou rajoute une dose d'injustice à l'expérience.

Les ennemis lambdas deviennent vite redondants, et peuvent être défaits de façon bête, où les autres restent extrêmement punitifs. Les premiers ne rapportant pas ou peu de matériaux, la fuite en devient préférable. L'un des éléments hostiles du jeu, l'aura, possède un comportement erratique d'une partie à l'autre. Ayant le don irritant de faire tomber des carcasses de voiture sur le chemin du héros, son délai d'intervention peut donc varier de 5 fois en une heure, à 1 fois en deux heures. Cela fait partie des éléments mystérieux du titre qui amènent à se demander s'ils sont (encore) dû à des bugs, ou simplement mal fichus.

La difficulté du jeu comporte donc un gros écart, à l'instar des deux modes de jeu. Exploration risque de devenir ennuyeux, tandis que Survie est très retors. Le principe reste pourtant accrocheur, et maintient ce degré de challenge qui pousse à aller plus loin. Cela suffira ou non, selon le caractère et la tolérance de chacun. Aucun des autres aspects du jeu ne retiendra l'attention. Si les menus offrent des concept art des PNJ plutôt sympathiques, la réalité graphique les dote d'un charisme juste un brin mieux que celui du protagoniste, dont l'attachement émotionnel chez le joueur avoisine le zéro. La faute revient au manque de scénarisation et de mise en scène. Des flashbacks se déclenchent avant le réveil de Ash. Ils sont si brefs et énigmatiques que le message reste trop subtil pour une telle utilisation. Heureusement, une galerie les recense dans le menu principal. Il faudra attendre d'en avoir débloqué un bon nombre pour espérer saisir les événements passés. Ce manque de fil conducteur tout au long de l'aventure accroît la répétitivité du jeu.

Image

 

Note : 2/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


C'est probablement la scène que vous retiendrez le mieux. Votre résurrection est votre incessant tourment.
Les trophées ne peuvent être décrochés qu'en mode Survie. Cette difficulté doit être choisie au début du jeu, et ne peut être changée en cours de route. Il n'y a qu'un emplacement de sauvegarde, donc toute nouvelle partie écrasera l'ancienne. Le principal changement ici vient de l'intégration d'une mort définitive.

Le joueur démarre l'aventure avec trois flammes de l'espoir représentant le nombre de résurrections restantes. Ces objets peuvent être trouvés en de rares occasions. Si Ash trépasse sans avoir de flammes en réserve, le joueur est bon pour recommencer la partie, mais également tout le tutoriel. C'est pire.

Au moment de tout recommencer intervient le système de bénédictions, indisponible en mode Exploration. Plus la progression du joueur sera importante, plus il pourra sélectionner de bonus sur sa nouvelle partie. Malheureusement, si la difficulté du jeu semble ainsi plus abordable, elle se heurte à tous les défauts techniques précédemment cités.

C'est fort dommage, car Fade to Silence propose une liste de 43 trophées aussi complète que variée. Elle installe un réel sentiment de progression, en récompensant l'avancée par le biais de palier. Et ce, dans tous ses aspects : le recrutement des compagnons, l'avancée dans les zones, la constitution d'un meilleur traîneau, etc. Un encouragement bienvenu. Seuls (Argent) Memento Mori et surtout (Or) Je suis entier tirent un peu sur la corde répétitive en forçant le joueur à aller au bout des collectibles.

Le fait de forcer le joueur à opter pour la Survie tout en offrant un autre mode a de quoi diviser. Il est possible d'y voir un platine plus côté comme un calvaire supplémentaire et obligatoire. Avoir le choix aurait été plus opportun, permettant d'ouvrir la liste à tous les joueurs souhaitant aller au bout du soft, quelque soit la route choisie. Il en devient d'autant plus frustrant d'être bridé par une difficulté artificielle et des soucis de conception quand le principe du jeu tient relativement la route, et que le mode Survie présente en soi déjà un challenge.

Image

 

Note : 2/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
9/20

Fade to Silence est frustrant. La difficulté aurait pu être stimulante si le titre ne pâtissait pas de mécaniques aussi rigides que désuètes. Pourtant, le potentiel est là. Tout le système de gestion/survie reste plaisant, et l'environnement convaincant malgré des graphismes dépassés. De bonnes idées mal réalisées, en somme. Bon point s'il en est, le jeu peut être découvert sans risques pour les chasseurs de trophées grâce à son mode exploration.

Je recommande ce jeu :
Aux acharnés, Aux spécialistes du genre, Aux curieux