Test : Drawn to Death


Drawn to Death
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Note des joueurs :
2.8/5 - 24 notes
Note des platineurs :
3.3/5 - 8 notes

Drawn to Death

ps4


28 trophées au total
0 trophée caché

1358 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 114 joueurs (8 %)
100% par : 114 joueurs (8 %)
Note du jeu
14/20
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Test du jeu
Drawn to Death

  • Test rédigé par V-Phantomhive le 07-05-2017 - Modifié le 07-05-2017



Introduction


Amy arrête pas de me sourire. C'est chelou. C'est cool, mais c'est chelou.
Twisted Metal, God of War. Le point commun de ces deux licences ? Leur représentation extrême de la violence. Rien de surprenant quand on sait que David Jaffe a joué un rôle important dans leur développement en sa qualité de game designer puis de directeur. Affable dans la vie civile, l'homme n'a jamais caché son penchant pour les jeux sans concession et ses productions lui ont d'ailleurs toujours donné raison.

À la tête de son propre studio de développement (The Bartlet Jones Supernatural Detective Agency) depuis 2012, c'est au cours de la PlayStation Experience de 2014 que fut présenté pour la première fois Drawn to Death au grand public par le biais d'une bande-annonce étayée par la mise à disposition d'une version alpha.

Exclusivement multijoueur à raison de quatre joueurs maximum, ce jeu de tir à la troisième personne se démarque des autres par le fait que les personnages évoluent non pas dans une arène "classique" mais dans les pages d'un cahier, de sorte que tout ce que l'on voit est en fait le fruit dessiné de l'imagination d'un adolescent.

En mars 2017, David Jaffe et Sony Computer Entertainment annoncent que Drawn to Death figurera parmi le catalogue des jeux offerts au mois d'avril sur le programme du PlayStation Plus. Le titre sera par la suite commercialisé à 19,99 euros en version numérique uniquement.

Contenu du jeu


Je me demande si elle m'aime bien. Ce serait de la BALLE.
"Gloire à la Main !" (Frog la Grenouille).

Niveau contenu, Drawn to Death remplit le cahier des charges d'un titre purement multijoueur.

Six personnages sont disponibles au lancement : Johnny Savage, le punk névrosé ; DiablaTijuana, la pistolera démoniaque ; Cyborgula, le vampire-cyborg mégalo ; Alan, le psychopathe à la tronçonneuse ; Bronco, le cliché du héros bas du front shooté à la testostérone et Ninjaw, la requin-ninja au parler rebondi.

Chaque combattant possède deux capacités actives et trois compétences passives. Il faut ajouter à cela un bonus et un malus propres à tous les participants : par exemple, Cyborgula est en mesure de suivre les déplacements d'Alan lorsque ce dernier devient invisible mais s'avère très vulnérable au Riff du diable de Johnny tandis qu'il vole.

Un processus de personnalisation permet d'individualiser son guerrier : il s'opère par des apparences distinctes, obtenues en récompenses de mission ou à l'achat séparé ainsi que par des provocations obéissant aux mêmes règles.

Vingt-huit armes sont présentes : toutes peuvent indifféremment être équipées à n'importe quel protagoniste à raison de deux armes principales et d'une grenade qu'il est possible de compléter par trois autres engins de mort à récupérer cette fois sur le champ de bataille. L'arsenal va du plus classique au plus saugrenu : fusil d'assaut, fusil de précision, quadzooka mais aussi crache-pruneaux, pompe-mort ou lance-roquettes JRPG. Seules six armes sont accessibles en démarrant le jeu ; leur acquisition s'effectue néanmoins rapidement et le jeu permet de toutes les essayer librement.

Trois modes de jeu sont au choix : Amical, pour jouer tranquillement avec ses potes via un libre paramétrage des caractéristiques de la partie, la contrepartie étant l'absence de points d'expérience et pas de récompenses de progression pour les missions de personnage ; Non classé, où la prise d'expérience se constate à hauteur de 50% ; Classé enfin dans lequel les joueurs entreprennent l'ascension d'une Tour avec des récompenses d'XP à 100%.

Huit types de parties sont accueillies au sein de ces trois modes de jeu : celles-ci sont variables selon que vous jouez en classé, en non classé, seul ou en équipe. On retrouve du match à mort (chacun pour soi ou par équipe) où l'objectif consiste à atteindre un total de dix points à raison d'un compteur par élimination, la déclinaison "hardcore" vous en retirant un en cas de mort ; bagarre (chacun pour soi uniquement) opposant deux joueurs et dont la victoire revient au meilleur des cinq manches ; donneur d'organes pour terminer (duel sanglant en chacun pour soi), spécificité du titre dans lequel tout adversaire éliminé libère un cœur qu'il convient de ramasser puis de déposer dans des zones mouvantes, le dépôt s'effectuant plus ou moins rapidement selon le nombre de cœurs que vous transportez.

Dix maps plantent le décor de ces parties : très inspirées, elles vont d'une ville extraterrestre à la tombe d'un gladiateur en passant par un château.

Un bilan somme toute honorable pour le genre d'autant que les mises à jour successives étoffent progressivement ce contenu de démarrage.

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Ou alors je lui fais juste pitié. Ou alors elle sourit au mec derrière moi ?
"On écrit mieux sur du papier." (Clairefontaine)

La direction artistique de Drawn to Death peut séduire autant qu'elle peut décontenancer. Telle est sans doute la condition commune des jeux qui prennent le parti d'assumer pleinement leur originalité. Dans notre cas, l'action se révèle parfaitement lisible grâce à une mise en exergue des éléments de jeu les plus importants. Les développeurs ont en effet opté pour un coloriage partiel consacré essentiellement aux personnages et items de collecte de telle sorte que l'on distingue instinctivement ce qui est important de ce qui ne l'est pas, évitant ainsi tout amalgame avec l'uniformité visuelle structurelle découlant des pages d'un cahier. Les personnages, armes et environnements disposent d'une identité propre et témoignent de cette volonté de rendre justice aux coups de crayon d'un adolescent.

La partie sonore s'en sort honorablement avec des riffs rock dynamiques et des voix cohérentes avec les personnages : faux accent britannique pour Johnny, fluctuations ténébreuses pour Diabla, échos robotiques pour Cyborgula, rires psychotiques pour Alan, prononciation masculine stéréotypée pour Bronco et japonais douteux pour Ninjaw. Les interventions orales consécutives à l'élimination d'un concurrent, à l'emploi d'une capacité ou à l'obtention de la première place sont donc qualitatives dans leur langue d'origine à défaut d'être disponibles dans la nôtre.

Au-delà de ces éléments éprouvés, la valeur ajoutée de l'aspect audio de Drawn to Death réside dans son annonceur. Par défaut, il occupe une place considérable et il ne fait nul doute que sa prestation n'emportera pas l'adhésion de tout le monde (il est heureusement possible de le faire taire depuis les Options). S'il fallait en donner une comparaison, ce commentateur se rapproche des animateurs dont la mission consiste à rendre le plus vivant possible les rencontres de catch de la WWE. Voix tonitruante et emphase sont au programme. Pour renforcer encore un peu plus l'immersion, les développeurs ont pris la liberté de faire "sortir" cette voix des haut-parleurs de la manette à des moments embarrassants ou stressants. Par exemple, après avoir ramassé le cœur de la victoire en donneur d'organes, l'annonceur s'exclamera dans un anglais sonore (hélas non traduit en jeu) : "Oh mec t'y es ! T'as ramassé le cœur de la victoire ! T'es nerveux ? À ta place je serais nerveux". Dans la configuration d'un match serré, il faut imaginer ce même commentateur déclamer : "Hey, mon garçon. T'as de jolies mains. Sérieusement. Je t'apprécie. Tu portes quoi en ce moment ?". Tout ne sort pas nécessairement de la manette mais ces deux exemples illustrent la tonalité du jeu dont le bien-fondé est laissé à votre libre appréciation.

Inutile de s'appesantir bien longtemps sur le gameplay puisqu'il reprend les fondamentaux des TPS sans rien en changer : stick gauche pour se déplacer, stick droit pour bouger la caméra, L2 pour viser, R2 pour tirer, carré pour recharger, croix pour sauter etc. Du grand classique enrichi par quelques coups spéciaux et provocations qui ne dépareillent pas, l'ensemble remplissant son office sans malfaçon. On n'en demande pas plus.

Le plus gros reproche technique que l'on pourrait formuler contre le titre naît de la précarité de ses serveurs. Sans être aussi inconsistants que ceux de For Honor, ces derniers demeurent capricieux quand il s'agit de réunir quatre joueurs, les parties démarrant le plus souvent à deux ou à trois joueurs (la tendance semble cependant s'inverser depuis les dernières mises à jour). Le multijoueur coopératif laisse également à désirer dans la mesure où le jeu peut occasionnellement vous refuser l'accès à tel ou tel mode sans raison valable. Enfin, le temps d'attente moyen entre chaque partie (de une à trois minutes) peut sembler élevé sachant que le jeu se positionne sur le créneau exclusif du jeu en ligne et que les sessions sont limitées à quatre participants. Rien de rédhibitoire si ce n'est ces points de crispation épisodiques.

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Non, y a qu'un poster d'Abraham Lincoln derrière moi. Peut-être que le poster la fait sourire ? Je pars dans un délire, là.
"Singe mi, singe moi
Le signe tue avec son caca !" Emily Dickinson (1830 - 1886)


D'entrée de jeu, Drawn to Death donne le ton de son univers : tout se déroule dans une salle de classe et plus précisément au sein des pages du cahier d'un adolescent passablement ennuyé par le cours auquel il assiste. Cette plongée dans nos jeunes années, dépeintes avec un réel souci d'authenticité, procure un sentiment particulièrement grisant. C'est l'époque où l'on écoute System Of A Down et Linkin Park, où l'on s'identifie à des films tels que Juno et Scott Pilgrim et où l'on se passionne pour les excès de la série Skins. Exit le sentimentalisme mielleux d'un Life is Strange, on entre ici dans la rébellion vis-à-vis d'un système qui nous prend la tête. Les descriptions des armes, personnages et les sms échangés avec Amy (la fille un peu chelou aux cheveux rose) prolongent cette immersion dans le quotidien du démiurge et permettent d'en découvrir un peu plus sur sa vie, sur son grand frère absent, sur son beau-père avec lequel il ne s'entend pas, etc. La forme sert le fond et réciproquement.

Dès le tutoriel, l'humour à froid que manifeste Frog la Grenouille (le narrateur) nous fait comprendre que David Jaffe, fidèle à lui-même, n'a pris aucune pincette pour concevoir ce titre. Le cynisme touche sa cible 80% du temps, les tenues autorisent toutes les extravagances cosmétiques, les provocations nous permettent de troller nos victimes déjà fustigées par l'annonceur et les armes, que ce soit le Fisteur, Oncle Joe (un cadavre que l'on balance sur ses adversaires) ou bien encore Komodor (un dragon portatif crachant des boules de feu) rendent l'expérience jubilatoire. En un mot comme un cent : jouissif.

Malheureusement, ce jusqu'au-boutisme confine parfois au mauvais goût. À trop vouloir jouer la carte de l'authenticité, le jeu s'embarrasse de poncifs et de formulations douteuses. Les commentaires de Frog, d'une part, sont trop souvent graveleux. Un exemple avec la description qu'il donne du Lance-roquettes RPG : "J'aimerais tant écrire quelque chose de brillant et de fin sur le lance-roquettes RPG, mais je suis trop crevé d'avoir passé la nuit à rouler des pelles à ta mère. Elle est pas super douée mais elle retient les choses. Et elle est bien meilleure que ta crasseuse de frangine...". Sans vouloir jouer les vierges effarouchées, il y a de quoi être dubitatif. D'autant que ce genre de propos se retrouve dans la quasi-totalité des provocations imagées (contenant souvent un "Fuck You" ou "Fuck Off") voire dans les messages pré-établis que l'on peut envoyer aux autres joueurs présents dans la session, de type : "Dis à ta mère que je serai en retard ce soir.".

Plus discutable encore, ces quolibets licencieux sont de temps en temps remplacés par des injures : ainsi est-il possible d'envoyer à son adversaire : "Allez saute, fils de pute !". Ces citations sont tirées du jeu, aucun propos n'est amplifié. Se pose alors la question de la responsabilité morale du constructeur nippon par rapport aux jeux - massivement téléchargés - qu'il intègre à son catalogue du PlayStation Plus. Des propos qui, dans le cadre d'un échange initié par message sur le PlayStation Network, ne seraient pas tolérés et pourraient donner lieu à un avertissement ou à un bannissement temporaire sont ici facilités et encouragés.

Pour résumer, on pourrait être tenté de dire que le jeu tend à confondre l'objet du sujet : sous couvert de nous immerger dans un cadre adolescent, il nous assimile à cette cible prétendument obsédée et adepte des blagues scabreuses. Un lieu commun, en somme.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Mais en fait, je la kifferais encore plus. Et pour être franc, si elle EST un peu chelou, c'est encore mieux.
"Le talent, c'est d'avoir envie." (Oxford)

Loin de l'intempérance relatée dans la section précédente, la liste des trophées de Drawn to Death verse dans la modération. À la croisée du trop peu et du beaucoup trop, elle frustrera tout autant ceux qui ne se trouvent aucune affinité avec le titre et ceux qui le vénèrent.

Si l'on met de côté les incontournables trophées liés au nombre de kills et de victoires (accessibles dès lors que l'on joue régulièrement) et ceux relatifs aux actions contextuelles propres aux différentes cartes du jeu, le gros du travail se situe principalement dans l'escalade de la Tour classée, dans les missions de personnage et dans les énigmes du Sphinx.

Pour la présenter brièvement, la Tour classée comporte vingt-cinq étages verrouillées par une quantité variable d'étoiles (de une à dix). Dans l'hypothèse d'une partie à quatre joueurs, terminer en première position vous octroie deux étoiles, la deuxième place vous en confère une, la troisième vous en soustrait une et la quatrième vous en retire deux. L'un des trophées Or du jeu vous demande d'atteindre le quinzième étage de cette Tour. Autant le dire tout de suite, cette ascension se fera avec plus ou de moins de réussite selon votre niveau de jeu. Les adeptes des TPS n'auront aucun mal à se classer en première ou en deuxième position à chaque match si bien que le quinzième étage sera atteint en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ; les joueurs les moins expérimentés, eux, perdront sans doute plus d'étoiles qu'ils n'en gagneront et ne verront donc pas le bout de la Tour. Pour la première catégorie, le pallier de l'étage quinze sera trop bas ; pour la seconde, il sera trop haut.

Les missions de personnage, quant à elles, vous enjoignent à éliminer vos adversaires selon certaines conditions. Cyborgula devra par exemple toucher un opposant avec toutes ses chauves-souris tandis que la tronçonneuse d'Alan devra rebondir une fois sur le sol ou sur un mur avant de perforer la cible. Quelquefois compliqués à atteindre, ces objectifs relèvent avant tout de la patience étant entendu que vous devrez jouer dans des configurations loin d'être naturelles. Là encore, une scission s'opère entre les partisans du jeu et ses détracteurs : ses adeptes pourront trouver incompréhensible le fait que le trophée Or ne demande que de compléter les missions de deux personnages et non des six alors que les agacés considéreront que deux personnages, c'est déjà un de trop.

Enfin, les énigmes du sphinx se présentent elles aussi comme des conditions d'élimination qu'il convient de respecter à la différence que ces dernières sont communes et cumulables à tous les personnages d'une partie à l'autre. Globalement plus difficiles et plus longues qu'une mission de personnage, ces énigmes ont l'avantage de distribuer des récompenses en cas de succès.

Il y a au moins un point sur lequel personne ne verra rien à redire : l'ingéniosité des intitulés de ses trophées qu'il convient de lire dans l'ordre, trophée de platine en dernier.

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
14/20

Irrévérencieux. Voilà l'adjectif qui colle le mieux à Drawn to Death. Décalé à outrance, le TPS de David Jaffe choisit de s'assumer jusqu'au bout quitte à laisser (et à lasser) des joueurs. Il n'en demeure pas moins jubilatoire dès lors que l'on adhère à son concept et a le mérite de se démarquer de ses concurrents. À télécharger en toute connaissance de cause.

Je recommande ce jeu :
Aux enfants