Test : Concrete Genie


Concrete Genie
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Pas de note
des joueurs
Pas de note
des platineurs

Concrete Genie

ps4


56 trophées au total
11 trophées cachés 1 DLC

209 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 147 joueurs (70 %)
100% par : 42 joueurs (20 %)
Note du jeu
16/20
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Test du jeu
Concrete Genie

  • Test rédigé par Crocdeloup le 16-10-2019 - Modifié le 16-10-2019



Introduction


Seul contre tous ?
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Est ici à l'oeuvre le studio californien PixelOpus. Leur premier né, Entwined, proposait déjà un gameplay intriguant au travers d'une patte indépendante très marquée. Concrete Genie, leur second jeu, brandit les mêmes couleurs et s'affiche également comme exclusivité PlayStation. Il a été révélé lors de la Paris Games Week 2017 pour sortir finalement le 9 octobre 2019, au prix de 29,99€.

Catastrophe écologique, effondrement de l'économie, pénurie de produits, les habitants de Denska ont fini par déserter. Ash, jeune artiste dans l'âme, persiste à déambuler dans ces rues où il a vécu une belle enfance. Mais il n'est pas le seul, puisqu'un groupe de caïds local s'amuse à malmener notre héros en arrachant toutes les pages de son carnet de dessins. Ainsi démarre Concrete Genie...

Contenu du jeu


Au premier abord compliqué, le menu devient vite ludique.
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Sitôt propulsé vers le phare hanté de la ville, Ash bascule dans un univers plus fantastique que la triste réalité laissée derrière lui. Tout le jeu se peint de créatures et de ténèbres pour illustrer des thèmes plus émotionnels comme la solitude et le harcèlement. La double signification se tient jusqu'au bout malgré un scénario peu poussé.

Rapidement, Ash s'arme d'un pinceau magique et entend purifier les alentours avec l'aide de Luna, sa dernière création, désormais douée de vie. Quatre zones s'offrent alors au joueur de manière progressive, pour une exploration relativement libre. Comptez une dizaine d'heures pour finir les cinq chapitres de l'histoire.

L'intérêt du titre tourne autour des Génies. Afin d'avancer, il faut satisfaire leurs envies en peignant les décors demandés. Ils seront ainsi prêts à user de leur talent spécifique pour franchir les divers obstacles. La personnalisation se retranscrit au travers des attributs qu'on leur associe. Cornes, oreilles, queues, tout un tas d'éléments balaient un large spectre des goûts et des couleurs. Pour les débloquer, il faut attraper les nombreuses pages qui virevoltent dans toute la ville. Ces dernières s'inscrivent parmi les quatre collectibles du jeu, avec les journaux, les esquisses et les moments. Les deuxièmes sont des panneaux publicitaires à souligner d'une touche personnelle et les derniers des peintures à réaliser commandées par les créatures.

Concrete Genie possède également du contenu VR. Si les développeurs annonçaient deux modes, la vraie réalité s'avère être un poil différente. Un tutoriel s'impose d'entrée de jeu pour apprendre à manier les PS Move. Les gauchers ne seront pas délaissés puisqu'il est possible d'inverser les contrôles. La session dure une quarantaine de minutes, à moduler selon la capacité d'émerveillement et les élans artistiques de chacun. Se déverrouille ensuite le niveau "Prairie de Cristal", accessible depuis le mode Peinture libre. S'y trouvent quatre autres niveaux, disponibles une fois le chapitre correspondant de l'histoire achevé. Ceux-ci peuvent être joués sans la VR, et se parcourent sinon en 2D, tandis que Prairie de Cristal offre la possibilité de faire pousser des arbres en 3D.

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Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Les éléments narratifs du passé sont illustrés en 2D.
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Concrete Genie possède l'aura de ces jeux indépendants qui souhaitent faire la part belle à une narration émotionnelle. L'aspect enfantin, les environnements colorés, la musique dramatique, il s'inscrit sans mal dans ces critères de plus en plus (trop ?) définis. La bande-son signée par Sam Marshall reste efficace malgré sa discrétion et cette sensation de fouler des sentiers battus.

En revanche, la surprise se crée dans les graphismes. La ville de Denska ne fascine pas autant que ses personnages qui, derrière leurs traits minimalistes, montrent une large palette d'expressions bien travaillées. Ash manque toutefois de charisme. Le jeu est beau, et les peintures subliment des environnements déjà convaincants. Dommage que l'affichage 4K ne propose aucune autre alternative (comme la HDR) que la possession d'une PS4 Pro.

Entièrement doublé en français, le titre contient pourtant un bémol : les journaux ne sont pas traduits. Si les images restent parlantes, le texte permet de découvrir précisément ce qui est arrivé à Denska. Avec les flashbacks, dont le traitement esthétique s'oriente intelligemment vers le dessin et flatte la rétine, ils constituent le moyen le plus efficace de plonger dans le contexte.

L'IA, à savoir le gang de brutes, invite à favoriser les toits et parcourir les rues précautionneusement. Tant mieux car le level design mérite son intérêt. La touche (croix) fera des merveilles, puisque la sensation de pouvoir grimper partout accompagne les sauts. Il ne s'agit pas d'un monde ouvert, mais les zones ne génèrent pas de frustration en matière d'exploration, au contraire. La framerate chute parfois de façon notable sans non plus devenir un handicap.

Le gameplay VR sert très bien le propos, le classique aussi. La fonction de détection de mouvements guide la trajectoire des dessins. Très bien exploitée, elle peut toutefois être changée pour (stickD) si certains ont la tremblote. Les mécaniques de jeu apparaissant vers la fin du récit se révèlent intéressantes mais maladroites. Un véritable effort a été fait sur le sound design. Avec un casque, les bruits des pas se montrent particulièrement réalistes suivant la matière touchée (toiture, caisses, tôle, etc). Sans casque, les coups de pinceaux émanent directement de la manette. De sympathiques détails.

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Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Les génies sont nos amis on n'y touche plus !
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Les peintures, qui manquent d'une fonction en ligne permettant aller chercher l'inspiration dans les créations des amis ou publiques, canalisent l'intérêt du titre. Mais peu à peu, les relations tissées avec les Génies recouvrent le tableau. Les traîner au fil des murs, jouer avec eux et leur créer des petits plaisirs forment une dynamique captivante. Ils prennent vie de manière convaincante et mènent leur existence avec ou sans Ash, pour le réel plaisir de participer comme de les observer.

Cet aspect libre se retranscrit à plusieurs niveaux, et voir sa création évoluer d'elle-même (ex : les papillons qui s'envolent et quittent le paysage) déclenchera de petits sourires. Si l'ajout d'attributs devient parfois hasardeux une fois la vie donnée au monstre, il est possible de les modifier en appelant celui-ci. Enfin s'il est d'humeur, sinon il faudra le convaincre en lui filant quelques pommes à croquer.

Le jeu a vraiment le sens du détail, puisqu'il garde en mémoire toutes les créations, même lors des cinématiques. La dizaine d'heures passe vite tant elle est agréable, évitant ainsi la redondance qui émanerait du décor urbain et des envies des Génies. Elle invite même à s'investir dans le mode Peinture libre pour exprimer sa passion avec tous les pinceaux en main. D'ailleurs, la fin de la narration ne marque pas celle du jeu puisqu'un petit niveau bonus pourra être débloqué en suivant.

Malgré un contenu plus chiche que prévu, la réalité virtuelle s'avère jolie et très agréable. Elle forme même un véritable complément à l'expérience de base puisque les attributs y étant disponibles se débloquent en parallèle de la récolte dans l'histoire. Ce pont entre les modes reste aussi rare que plaisant. Quelques regrets sur le gameplay classique qui aurait pu être davantage poussé. Les chefs d'oeuvre à réaliser pour bannir définitivement les ténèbres d'une zone ne réveillent aucune fresque inédite. La peinture elle-même n'est pas un véritable mécanisme, puisque seuls les Génies interagissent avec l'environnement.

Concernant l'histoire, elle recèle un retournement bienvenu. En effet, les phases de combat un brin maladroites restent simples et efficaces. Même si le jeu ne présente aucun réel challenge, la difficulté de ces dernières peut être réglée dans les paramètres. Les amis tourmentés conservent également l'apparence donnée, et la capacité de glissade renouvelle l'intérêt de parcourir la ville à la recherche des pages manquantes. Un gros plus pour le rythme de l'aventure.

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Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Dernière saison, derniers trophées.
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Sur les 56 trophées proposés par Concrete Genie, trois risquent de fâcher ceux qui ne possèdent pas les accessoires de réalité virtuelle : (Bronze) Coucou !, (Bronze) Jeune virtuose, (Bronze) L'art du cristal. Difficile pourtant de blâmer le studio pour les conditions d'obtention puisque ce trio est considéré comme un DLC. Il n'empêche nullement l'obtention du platine et n'entache guère le ratio en laissant la complétion du jeu à 95%.

Tous les autres se consacrent aux collectibles, à l'histoire, et aux Génies. Ces derniers, en plus de servir de didacticiel, invitent naturellement le joueur à creuser les interactions avec les créatures, jusqu'à en faire des réflexes. Les titres des trophées donnent suffisamment d'indices pour susciter l'envie de chercher par soi-même. À l'inverse de Ash qui les tient déjà en affection, celle du joueur se crée véritablement dans ces petits échanges. Les moments, à découvrir sur les murs où figurent un petit Génie blanc dessiné, appuient la découverte des actions possibles.

Les collectibles sont relativement simples à trouver. Les esquisses s'affichent sur la carte et les journaux bénéficient d'une mise en avant dans le décor. Peu nombreux, ils apportent un intérêt direct au jeu. L'idée de recouvrir les panneaux publicitaires aurait également pu être poussée et aurait mérité plus d'exemplaires. Même courir après les pages reste assez facile pour ne pas gâcher l'amusement. C'est peut-être donc pour sa facilité que le titre déplaira à certains joueurs.

Comme si l'envie avait besoin d'être sollicitée, la chasse reprend également à la fin du jeu. Une fois les derniers paysages récupérés, (Argent) Le secret de Luna attend d'être révélé en mettant à profit tous les éléments de gameplay. N'étant en aucun cas accès sur le challenge, cette liste favorise les chasseurs qui aiment se laisser porter par l'univers, auquel elle s'accorde en tout point.

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Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
16/20

Petite révélation artistique, Concrete Genie souffle un vent frais parmi les exclusivités PlayStation en proposant une expérience solide. Il est d'ailleurs si plaisant qu'il en devient trop court. S'il vous faut absolument du challenge pour apprécier un jeu, passez votre chemin. Si l'approche esthétique vous suffit, foncez !

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux enfants, Aux chasseurs de trophées/platine facile