Test : Claire : Extended Cut


Claire : Extended Cut
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Note des joueurs :
3.2/5 - 13 notes
Note des platineurs :
3/5 - 11 notes

Claire : Extended Cut

ps4


16 trophées au total
6 trophées cachés

650 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 184 joueurs (28 %)
100% par : 184 joueurs (28 %)
Note du jeu
12/20
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Test du jeu
Claire : Extended Cut

  • Test rédigé par So-chan le 19-03-2018 - Modifié le 19-03-2018


Introduction


C'était pourtant une journée ordinaire...
Passé pratiquement inaperçu, Claire : Extended Cut s'est surtout fait connaître sur la console Sony en faisant partie du catalogue du mois de mars 2018 offert pour les abonnés PS+. Il est à rappeler que le jeu existait déjà sur PC depuis 2014 et que sa version console est sortie en 2016. Produit d'un petit studio indépendant américain du nom de Hailstorm Games, Claire : Extended Cut se présente comme un jeu d'horreur jouant avec les codes de l'angoisse et du point and click.

Vous incarnez Claire une jeune femme dont on ne sait guère grand-chose si ce n'est qu'elle se trouve actuellement à l’hôpital pour veiller sur sa mère. Après être partie chercher un café quelques étages plus bas, Claire reçoit l'appel d'un inconnu. Un appel qui sonne le début d'une longue errance au sein de divers lieux où l'humanité semble avoir disparu pour ne laisser place qu'à des monstres de cauchemars.

Contenu du jeu


L'un des nombreux labyrinthes du jeu. Heureusement que vous avez une carte.
Claire : Extended Cut vous propose qu'une expérience en solitaire où vous devrez explorer les différents lieux que vous avez le devoir de traverser et, même mieux, de vous en échapper. Hôpital, école, appartement, des lieux somme toute quotidiens mais qui, débarrassés de toute présence humaine pour laisser place à des créatures dangereuses ou, clairement, intrigantes deviennent rapidement angoissants. Certains compareront sûrement à Silent Hill avec les créatures dont on ne connaît pas l'origine mais aux formes repoussantes, les voix d'enfants résonnant dans le service pédiatrique jusqu'au chien qui vous accompagne. Ce dernier n'apporte aucun changement dans le gameplay. Il représente, surtout, un élément dans l'histoire et un soutien psychologique pour Claire.

L'exploration des lieux ne se fera pas sans mal et vous demandera de consulter régulièrement votre carte qui se met à jour petit à petit en suivant votre avancée. Les couloirs et pièces déjà explorés seront colorés de vert tandis que les portes bloquées seront striées de rouge. À vous d'opérer les détours nécessaires, de trouver les passages secrets mais aussi les clés et autres crochets pour passer certaines portes. Des énigmes parsèmeront aussi votre route mettant votre réflexion à rude épreuve. Certaines se révéleront plus faciles que d'autres et l'absence de toute explication vous incitera peut-être au découragement. Ajoutez à cela des monstres peuplant les lieux dont l'un, le Boogeyman, vous poursuit durant certaines phases, et vous avez les ingrédients du huis-clos horrifique.

Si tout ceci n'était pas déjà complexe, vous aurez deux critères à surveiller via le menu pause : votre santé et votre mental. Symbolisés respectivement par votre cœur et votre cerveau, toute influence sur eux peut entraîner de sacrés dommages. Ainsi, votre personnage peut décéder brutalement d'une crise cardiaque s'il se fait toucher par des ennemis ou que son cerveau, perturbé par tous ces événements, ne plonge Claire dans l'angoisse. Les battements de votre cœur résonneront jusque dans vos tympans vous implorant de l'aider avant le couic final. Quant au cerveau, siège de vos émotions et de votre perception du monde, si la terreur est trop forte dans cette plongée de l'horreur, il troublera votre vision la rendant de plus en plus sombre et ce, malgré votre lampe de poche. À vous de dénicher les boissons (thé vert, soda, café...) qui sauront calmer vos tourments. Ces deux jauges seront un défi constant si vous jouez en difficulté Nightmare, la plus haute du jeu.

Malgré l'originalité citée ci-dessus, Claire : Extended Cut reste fidèle à quelques habitudes que l'on retrouve dans nombre de jeux du genre mais qui fonctionnent toujours. Les interactions avec certains éléments du décor et la trouvaille de notes vous donneront des informations aussi bien sur le passé de Claire que sur les lieux que vous traversez. Avec de la chance, lors de votre exploration, vous croiserez les quelques âmes humaines qui errent dans cet enfer. À vous de voir ensuite si vous souhaitez les aider. La récompense en vaut la chandelle mais vous n'en verrez le résultat qu'à la fin. Comptez 6 à 8 heures pour une partie si vous prenez le temps de tout explorer et de découvrir.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Priez pour que leur acuité ne soit pas basé sur le mouvement.
Claire : Extended Cut ne révolutionne pas l'univers du jeu vidéo sur le strict plan graphique. Il joue même sur un code utilisé par beaucoup de jeux indépendants : le style pixel. Pouvant rebuter des joueurs préférant un graphisme plus travaillé, il mérite de s'y attarder. Au vu de l'univers même du jeu, l'aspect pixel offre à Claire : Extended Cut un cachet old-school qui n'est pas sans rappeler les vieux jeux d'horreur jouant avant tout sur l'ambiance et non le déferlement d'hémoglobine. On visualise très correctement les personnages, la décrépitude des lieux qui semblent abandonnés depuis des lustres. Quant aux monstres on n'arrive pas clairement à en définir les contours tant ils semblent mouvants et plongés dans l'ombre. C'est ce qui les rend d'autant plus monstrueux.

L'ambiance sonore accompagne la descente de Claire en maniant des sons qui instillent une atmosphère pesante et ce dès le menu principal. Rares sont les musiques appelant à l'apaisement et à la joie ce qui rend Claire : Extended Cut d'autant plus fascinant. La bande-son est à l'image du parcours de Claire : les instants de paix sont précieux car brefs.

Le jeu se prend rapidement en main à l'image d'un point and click. Les touches se déclinent entre interaction (pour ramasser un collectible, actionner un élément du décor), course, saut et la lampe de poche qu'on est libre d'allumer ou non. Mais l'on finit souvent par la laisser allumée pour mieux voir ce qui nous attend derrière la prochaine porte. Seul le mode Nightmare présente un véritable défi, le mode Normal étant construit pour que vous puissiez profiter de l'histoire sans risquer la mort. Néanmoins, accéder à une salle de sauvegarde éclairée par sa douce lanterne sera toujours perçu comme un instant bénit pour souffler et se ressourcer avant de replonger dans l'obscurité.

Ce qui gâche avant tout l'expérience du jeu sont les bugs qui y sont présents. Au nombre de deux sur la version PS4 ils peuvent grandement éroder le plaisir de jeu. Si vous possédez deux sauvegardes sur votre version de Claire : Extended Cut, vous aurez la malchance de voir la fin du jeu complètement buguée. Par exemple si vous avez une première sauvegarde où vous n'avez pas complété tous les requis pour la vraie fin, mais que vous l'avez fait sur votre deuxième sauvegarde (qui est aussi votre partie actuelle) la fin de la première prendra le dessus sur celle de la deuxième. Il vous faudra alors supprimer la première save pour ne pas avoir à subir ce mélange de données. Et comme si cela ne suffisait pas, le niveau de difficulté de votre partie se modifie en chargeant cette dernière. Ainsi vous pouvez passer de la difficulté Normale à Nightmare simplement en chargeant votre partie. Utile pour les chasseurs de trophées si on l'utilise pour la dernière phase du jeu, elle peut gâcher l'expérience si l'on souhaite apprécier l'histoire et non se confronter à la difficulté extrême.

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Une petite fille seule la nuit. Il ne manque plus que le monstre sous le lit.
Claire : Extended Cut est de ces jeux qu'on apprécie de jouer une ou deux fois mais sans plus, simplement pour connaître les fins possibles qui, ici, se résument à : une fin normale et une vraie fin. Le jeu s'apprécie véritablement si l'on s'intéresse à l'histoire et aux indices que l'on glane durant notre progression. Il n'est pas ici question de combat titanesque contre des boss mais de l'errance d'une jeune femme tentant de comprendre un passé qu'elle a effacé. Claire a tout du personnage du jeu d'horreur : pétrie d'un background que l'on sent tortueux et dont l’entièreté ne se révélera qu'à la fin, elle est rongée par ses propres démons.

Claire : Extended Cut est une aventure psychologique qui ne révolutionne pas le genre mais se laisse jouer. L'anglais pourra en rebuter quelques-uns mais son niveau n'est guère exigeant. Ceux réalisant l'exploit de finir le jeu en aidant tous les personnages, récoltant tous les collectibles et battant le Boogeyman seront récompensés par un épilogue différant de la fin normale et qui offre quelques indices supplémentaires sur le parcours de Claire. On peut même dire que cette fin finit de résoudre les questions qui pouvaient rester après avoir terminé le jeu une première fois.

La difficulté du titre se ressent véritablement, et seulement, lorsque l'on joue en difficulté Nightmare. C'est uniquement dans ce mode que vous ressentirez la frustration de ne jamais trouver assez d'objets, que la panique pourra s'installer (vous faisant consommer ces mêmes objets plus que nécessaire). La richesse du gameplay vient véritablement de la jauge du cœur et du cerveau, élément propre à Claire : Extended Cut et qui ne puise pas dans les routines habituelles du point and click ou du jeu d'horreur. Quant à l'angoisse du titre, elle ne fera pas hurler même les plus peureux des joueurs. Néanmoins elle apporte son lot de stress surtout en difficulté Nightmare avec le bruit lancinant de votre cœur qui frôle la crise cardiaque et pourra vous faire recommencer, plus d'une fois, certaines sections du jeu.

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Rassurez-moi. Stephen King ne va pas ramener son clown ici ?
Vous chassez le platine qui ne demande qu'une poignée d'heures en temps d'investissement ? Claire : Extended Cut vous l'offre sur un plateau. Les chasseurs les plus chevronnés pourront même l'obtenir en une partie en deux-trois heures avec vidéo d'aide à l'appui. Le palmarès de trophées se divise en neuf trophées Or et six trophées Argent. Autant dire que pour accroître son profil en pourcentage vous avez là un joli jackpot. Qui plus est les versions PS4 et PSVita ont chacun leur propre liste de trophées – ou comment multiplier par deux la chasse.

La plupart des trophées vous seront gracieusement offerts par le jeu pour émailler votre avancée dans l'histoire. Obtenir le platine vous demandera tous les ingrédients nécessaires pour obtenir la vraie fin vous poussant donc à accomplir le jeu dans toute son intégralité, jusqu'à jouer en difficulté Nightmare. Et encore, avec le bug cité plus haut en en usant à la toute fin, cette difficulté ne sera qu'une piètre formalité.

On pourra aussi reprocher que l'un des collectibles, les papillons, n'influence que sur le score final de la partie mais n'apporte rien de plus ni à l'univers, ni à l'histoire de Claire. En soit l'on sent que les trophées sont là pour attirer les chasseurs de trophées pour qu'ils lancent le jeu – au risque qu'ils ne profitent pas de l'expérience du jeu.

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
12/20

L'expérience offerte par Claire : Extended Cut mérite que l'on s'y intéresse. Loin de chambouler les codes du genre établis déjà par des licences devenues cultes (Silent Hill pour n'en citer qu'un), on sent que le studio Hailstorm Games a voulu offrir une histoire prenante originale. Certains joueurs apprécieront l'expérience, d'autres repartiront heureux avec un platine facile en poche.

Je recommande ce jeu :
Aux curieux, À un public averti, Aux chasseurs de trophées/platine facile