Test : Cat Quest


Cat Quest
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Note des joueurs :
4.4/5 - 25 notes
Note des platineurs :
4.3/5 - 21 notes

Cat Quest

ps4


23 trophées au total
0 trophée caché

559 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 495 joueurs (89 %)
100% par : 495 joueurs (89 %)
Note du jeu
14/20
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Test du jeu
Cat Quest

  • Test rédigé par Pelotedeneige le 07-12-2017 - Modifié le 07-12-2017



Introduction


Tout commence par l'enlèvement de votre sœur par le mé-chat-ant Drakoth. Heureusement, vous n'êtes pas un matou comme les autres.
"Je vais pas parler à un chat. Je vais avoir l'air d'une idiote." - Guenièvre

Développé par The Gentlebros, un studio au pedigree pâle, Cat Quest fait d'abord ses griffes sur PC en août 2017 avant de venir ronronner sur nos douillettes PS4. Avec ses tonalités aguichantes et la choupitude de son héros félidé, le titre a tout pour remporter l'adhésion générale d'un Internet que l'on imagine conquis par avance. Mais au-delà d'un envoûtement certain, il convient d'étudier la proposition des développeurs plus en profondeur et de confirmer si son ramage se rapporte bel et bien à son pelage.

Comment une si belle journée a-t-elle pu à ce point mal tourner ? Alors qu'il traversait tranquillement des eaux paisibles en bateau, un petit matou voit brusquement sa vie basculer tandis qu'il assiste, impuissant, à l'enlèvement de sa sœur par un congénère albinos au casque cornu évocateur. Un malheur n'arrivant jamais seul, notre héros voit son embarcation détruite dans un souffle magique par le mystérieux et mé-chat-ant sorcier. Raccroché à une planche de bois en guise de bouée, le brave chaton doit son salut à Spirry, un esprit gardien qui le prévient du retour des dragons et de la présence d'une marque à l'arrière de sa tête, témoin d'une destinée hors du commun. Ainsi, commencent les chat-ventures d'une boule de poils aussi mignonne que puissante.

Contenu du jeu


Bienvenue à Félingard. Durée du séjour : quelques heures seulement.
Neko mini

De l'aveu de ses créateurs, Cat Quest puise ses inspirations dans diverses productions de grande envergure, représentations iconiques de leur genre. Final Fantasy, la Légende de Zelda ou encore Skyrim constituent autant de références qui ont influencé quelque peu le projet sans pour autant le ternir puisqu'il conserve sa propre papatte. Le titre se présente comme un action-RPG en monde ouvert, teinté de hack'n slash, le tout dans un univers coloré en vue de trois-quarts. Il propose ainsi une aventure où l'exploration tutoie le nettoyage de pas moins de cinquante donjons avec plus de soixante quêtes annexes à l'appui. Bien que le jeu affiche une durée de vie jugée comme correcte avec une trame principale et des missions secondaires qui se bouclent en 7-8 heures, la sensation de rester sur sa faim demeure présente car on en voudrait davantage.

La frustration semble d'autant plus dommageable que l'on constate une véritable absence de rejouabilité … tout du moins sur PS4. En effet, la mouture PC peut s'enorgueillir d'un New Game+ permettant de dépasser le sacro-saint niveau 99 ainsi que d'une nouvelle partie avec modificateurs comme l'impossibilité d'utiliser tout équipement ou de gagner de l'expérience. Un manquement que l'on pardonne à moitié lorsque l'on sait que le contenu a été intégré à la fin du mois de novembre dernier. Notons que Cat Quest dispose néanmoins d'une version française intégrale, et de haute qualité de surcroît, un effort qui mérite d'être souligné et salué tant les contributions modestes tendent à faire l'impasse sur ce genre de prestation (coûteuse, il faut en convenir). Celle-ci ne s'applique qu'à du texte puisque l'aventure est départie de tout dialogue, hors miaulements.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Un petit chat-RPG coloré, plein d'humour et choupinou qui a tout d'un grand.
Chat-RPG / Chat-ck'n slash

Derrière son apparence mignonnette, Cat Quest se présente comme un véritable action-RPG aux combats dynamiques servis par des attaques en temps réel, physiques et magiques, et dont l'issue dépend du niveau du héros et de celui des ennemis, visibles sur la carte du monde. L'équilibrage fait l'objet d'une attention particulière d'ailleurs, avec une prise d'expérience et de niveaux toujours bien dosée qui ne nécessite aucune action de grind inutile en dehors des quêtes annexes à effectuer, disponibles sur un traditionnel tableau d'affichage. L'exploration du monde et des donjons se fait alors dans une grande fluidité, tout s'enchaînant sans le moindre temps d'arrêt. Un exemple à suivre. La prise en main paraît comme des plus instinctives avec une touche dédiée au coup d'épée, une à la roulade et les quatre gâchettes réservées à la magie, à choisir parmi sept et améliorables moyennant un peu d'or. La mana consommée lors du lancer de sorts pouvant se régénérer grâce aux offensives physiques, il faudra alors jongler lors des affrontements pour en tirer le meilleur. A condition de disposer d'un héros suffisamment en forme, les batailles ne présentent aucune difficulté et la mort, même si elle survient, n'est jamais punitive. En effet, outre la possibilité d'enregistrer sa partie en roupillant sur un coussin, et de restaurer ses diverses jauges dans la foulée, le jeu dispose d'une sauvegarde automatique après la complétion d'une quête ou l'ouverture d'un coffre. On ne ressent, dès lors, aucune frustration.

Les donjons, comme la mappemonde, regorgent de créatures aux patterns différents qui nécessitent de se positionner correctement pour éviter de miauler de douleur. En récompense de votre bravoure à exterminer toute présence hostile, vous y retrouvez toujours au moins un coffre, parfois visible, parfois caché, parfois fermé à clé, détenant une pièce d'équipement plus ou moins intéressante dont la nature est déterminée par le pur hasard. Si vous tombez sur un doublon, l'objet originel voit ses statistiques augmenter ce qui peut accroître son intérêt alors qu'auparavant délaissé dans l'inventaire. Bien qu'elle ne paye pas de mine, cette mécanique devient très vite addictive et pousse à crapahuter dans de nouveaux lieux dans l'espoir de dénicher un armement ultime. On se prend rapidement au jeu de ces lootboxes entièrement gratuites. Sans compter le look indéniablement cool des accoutrements, surtout si vous possédez une panoplie complète, qui prévaut parfois sur l'efficacité. En somme, une excellente manière de susciter un peu d'intérêt vis-à-vis d'une tâche rapidement monotone (nous y reviendrons).

Chat-rmant

Techniquement, le titre affiche de bien belles finitions. A commencer par son aspect graphique, particulièrement léché (ha ha). Véritable dessin animé vivant, la production régale les yeux par sa palette de couleurs et surtout ses animations tout aussi plaisantes que rigolotes. Impossible de rester de marbre devant le pas élancé de notre courageux minou quand il déambule ou sa façon de frapper qui diffère selon l'arme qu'il tient en patte. Même son de cloche pour les magies dont l'esthétique ravit. Aucun ralentissement ni saccade ne sont à déplorer par ailleurs. Malgré l'absence de tout reproche techniquement, on pestera quelque peu sur le manque d'ergonomie de la carte. En effet, si le dézoom montre un intérêt réel, impossible de se déplacer avec ce type de cadrage. Il faut alors sans cesse reculer et avancer la caméra en vue de se repérer ce qui devient très pénible à la longue. Heureusement, une flèche grosse comme le poing indique en permanence l'emplacement de notre objectif et nous prend constamment par la main pour nous mener à l'endroit désiré sans jamais nous perdre. Mais cela nuit à l'exploration libre.

Consacrons également quelques mots à l'environnement sonore du titre. Bien qu'efficaces en naviguant entre le guilleret et le mystérieux, les compositions demeurent un brin répétitives. D'abord parce que les mélodies bouclent rapidement et ensuite parce qu'elles sont réutilisées bien trop souvent. Le manque de variété des morceaux nuit à l'ensemble de la bande-son qui, néanmoins, ne lasse jamais et ne tape aucunement sur le système. Un peu plus de recherche, de complexité et de diversité aurait été appréciées. Les bruitages et extraits musicaux restent, de leur côté, de très bonne facture, qu'il s'agisse du déroulement des lignes de dialogue, de récompenser une montée en niveau ou de mettre en valeur le contenu d'un coffre, tout s'imbrique parfaitement à l'univers et procure d'agréables sensations. D'ailleurs, autant sur l'aspect visuel qu'auditif, on retrouve un petit côté Ni No Kuni dans ce Cat Quest, ce qui n'est pas pour déplaire.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Cat Quest souffre d'une simplicité et d'une répétitivité qui le destinent davantage à un jeune public.
Chat beauté

Si le scénario ne paye pas de mine au premier abord, il parvient malgré tout à conserver l'attention avec son intrigue, certes accessible, mais un brin mystérieuse et dotée d'un twist final plutôt intéressant. Et les quelques éléments d'histoire disséminés çà et là, notamment sur les monuments, viennent ajouter un peu de profondeur au sein d'un monde dans lequel, en définitive, on s'investit plus qu'on ne l'aurait cru. Il en va de même pour les quêtes annexes, enrobées d'une petite écriture appréciable et qui fait passer la pilule de la mission Fedex. On reste bien loin de la scénarisation d'un The Witcher, évidemment, mais les développeurs ont pris soin d'ajouter des éléments de script capables de maintenir notre esprit éveillé. Trahison, manipulation, événement étrange parviennent à procurer du sens à notre tâche et donnent l'impression d'être davantage un chat-venturier qu'un simple larbin.

Cet ensemble s'inscrit dans un récit et un univers parsemés d'humour, de références et de choupitude qui instillent une bonne humeur constante et ne manquent pas d'inscrire un sourire quasi-permanent sur notre visage. Car qui resterait insensible à la frimousse heureuse d'un minou se laissant tomber lourdement et avec béatitude sur un oreiller moelleux. La traduction se révèle à ce titre impeccable et le plaisir de jeu émane, pour grande partie, des efforts consentis pour adapter bon nombre de jeux de mots et clins d’œil dans notre langue (même s'il y a eu quelques pertes). En outre, l'aspect cartoonesque de la production insuffle une dimension à la fois vibrante et comique avec des couleurs clinquantes qui ravissent le regard et apportent un brin de vie à l'ensemble. Les PNJ ne sont pas en reste car visuellement travaillés et dégagent une personnalité propre ce qui demeure très appréciable. Un bien bel écrin, au final, qui contribue à rendre l'expérience particulièrement charmante.

Un jeu d'enfant

Là où le bât blesse, c'est dans la trop grande simplicité du titre. D'abord à travers le level design de ses donjons, inexistant. Les lieux sont d'une platitude bien morne, sans aucune complexité ou recherche et leur exploration que l'on pensait palpitante devient finalement une balade monotone. La présence de quelques chemins cachés ne parvient pas à compenser l'absence de tracés labyrinthiques que l'on déplore. De même, l'aspect basique du gameplay débouche sur une répétitivité lassante. On se retrouve bien souvent à spammer le sort de feu, l'attaque et la roulade en alternance lors des combats, du début de l'aventure jusqu'à sa conclusion. Il aurait été possible de disposer d'un peu plus de profondeur, en rendant certains ennemis insensibles à l'élément qu'ils manient ou en les disposant à des endroits stratégiques des donjons, de sorte à forcer le joueur à jongler avec les sorts. Par exemple, en plaçant des créatures aux magies à portée horizontale dans des couloirs exigus ou en les associant à des bêtes qui frappent verticalement afin de restreindre les possibilités de déplacement. Ces cas existent mais ils restent trop peu nombreux. Sans aller jusqu'à parler de profond ennui, on finit par effectuer sempiternellement les mêmes choses avec un entrain qui va en diminuant, surtout si vous êtes rompus à l'exercice.

Toutefois, cette faiblesse apparente du jeu est peut-être ce qui fait sa force. Car, à y regarder de plus près, on ne peut s'empêcher de voir en Cat Quest une introduction au RPG pour les enfants. Toutes les mécaniques fondamentales y figurent : prise d'expérience et montée en niveaux fluides, gestion simplifiée des équipements et des statistiques, quêtes annexes abordables, donjons lisibles, PNJ, butins … Les bases sont là. La difficulté semble suffisamment bien dosée avec un challenge minimal mais jamais écrasant pour les bambins et les développeurs s'assurent de ne jamais les perdre avec la flèche de repérage sur la carte. L'histoire ne surprendra pas les plus aguerris mais présentera un véritable intérêt pour un public plus jeune. Pareil pour le gameplay, sommaire pour les joueurs confirmés mais dont les aspects retiendront l'attention d'une audience novice qui s'amusera à déterminer la magie qui l'intéresse ou l'équipement le plus approprié. Un briscard ne tâtonnera pas bien longtemps là où un minot, lui, fera tourner ses méninges. Au final, on perçoit le titre comme un The Witcher III miniature, pas dans la richesse de son univers ou ses personnages travaillés mais dans son architecture, sa construction, son design global. Si vous souhaitez initier votre progéniture au genre, Cat Quest se présente comme la solution idéale.

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Une liste de trophées quasi-parfaite. En cause : une récompense basée sur de l'aléatoire.
Un Chat-sseur sachant chat-sser doit savoir chat-sser sans son chat

La chasse aux trophées s'avère également très récréative. D'abord, aucune breloque ne peut être manquée. Quand bien même la quête principale a été bouclée, le monde ouvert reste disponible en fin d'aventure et explorable à souhait pour quiconque y a encore des tâches à compléter. Dès lors, on déroule l'histoire sans aucune crainte ni contrainte. Ensuite, une grande majorité des récompenses s'obtient naturellement. Montée en niveau, complétion de quêtes annexes, visite de donjons … ce sont pour la plupart des travaux à réaliser sur la longueur mais qui ne nécessitent aucun effort surhumain. Par ailleurs, les développeurs nous poussent, à travers cette liste menant au Platine, à parcourir le jeu dans son intégralité en y découvrant chacune de ses composantes, lore compris. Une attitude ô combien classique pour un RPG et qui devrait constituer la norme. N'est-ce pas Final Fantasy XV et Type-0 ? Enfin, aucun pic de difficulté grotesque ni aucune action contre-nature ne viennent ternir le catalogue. Un régal.

Seule petite ombre au tableau : la médaille dorée demandant de posséder tous les équipements du jeu. Dans la mesure où ces derniers se récupèrent majoritairement dans des coffres dont le contenu est soumis à l'aléatoire, il faut impérativement tous les ouvrir sous peine d'en rater au moins un. Et lorsqu'il nous en manque, impossible de déterminer à quel endroit il se trouve. Judicieusement, les développeurs font disparaître un sigle "?" lorsqu'un donjon est complété c'est-à-dire une fois tous les ennemis éliminés une première fois. Mais cela ne s'applique pas au butin que les lieux recèlent. De même, une malle qui a été ouverte s'évanouit dans les airs au lieu de rester visible à l'écran. Dès lors, comment tenir un journal de bord et savoir précisément quel lieu a été fouillé ? C'est tout simplement irréalisable. Si vous ne disposez pas d'un guide des trophées qui recense cette donnée, vous êtes bon pour tout revisiter ou tenter votre chance chez le forgeron en espérant tomber sur l'objet convoité. Bon courage.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
14/20

Légèrement pénalisé par sa trop grande facilité et sa répétitivité, Cat Quest propose une aventure amusante et agréable à travers son univers coloré, son humour omniprésent et son gameplay aussi accessible qu'instinctif. Trop simpliste pour un public expérimenté, même bienveillant, le titre de Gentlebros s'inscrit comme une excellente initiation au RPG pour les enfants et ravira tous les chasseurs de trophées, confirmés comme en devenir.

Je recommande ce jeu :
Aux enfants, Aux chasseurs de trophées/platine facile