Test : Call of Duty : Modern Warfare Remastered


Call of Duty : Modern Warfare Remastered
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Note des joueurs :
4.6/5 - 67 notes
Note des platineurs :
4.8/5 - 40 notes

Call of Duty : Modern Warfare Remastered

ps4


51 trophées au total
1 trophée caché

4270 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 1284 joueurs (30 %)
100% par : 1284 joueurs (30 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
Call of Duty : Modern Warfare Remastered

  • Test rédigé par monsieur_P le 13-05-2017 - Modifié le 13-05-2017


Introduction


C'est avec grand plaisir que l'on retrouve le Capitaine Price.
Sortie annuelle, campagne solo courte, gameplay linéaire, direction artistique toujours plus futuriste, jeu en ligne déséquilibré, maps peu inspirées, communauté de joueurs immatures, politique de DLC détestable… Voici les principaux griefs qui sont faits, souvent à raison, à la licence Call of Duty. Il est difficile en effet de donner tort à toute une catégorie de joueurs qui pointent du doigt Activision pour sa perpétuelle recherche de profits et pour son culot non dissimulé consistant à resservir la même formule à chaque automne depuis maintenant plus d’une décennie. Malgré une baisse des ventes relative, les jeux s’écoulent à chaque fois par palettes et je ne parle là que des épisodes les plus décriés.

Alors, posons nous les bonnes questions… Avons-nous trop d’argent à dépenser ? Aimons-nous nous faire du mal ..? Ou bien devons-nous reconnaître que d’une manière ou d’une autre et quoi qu’on en dise, Call of Duty est une licence de qualité ? Loin d’être destinée exclusivement, comme on voudrait nous le faire croire, aux adolescents boutonneux ne pensant qu’à jouer à faire « pan ! pan ! » une fois rentrés du collège, la série phare d’Activison a su ratisser large en mettant en avant son accessibilité, sa simplicité, un gameplay efficace, un spectacle époustouflant et un fun indéniable aussi bien en solo qu’en multi.

Édité par Activision, développé par Infinity Ward et remasterisé par Raven Software, Call of Duty : Modern Warfare Remastered débarque sur PS4 le 4 novembre 2016. Initialement sorti en 2007 notamment sur PS3, MW figure dans le panthéon de l’éditeur américain pour avoir donner au FPS ses lettres de noblesse en inspirant largement la quasi totalité des épisodes qui vont suivre, y compris les licences concurrentes. Dans ce test, nous ne reviendrons évidemment pas sur la pratique (temporaire ?) plus que discutable d’obliger le joueur à acquérir la Legacy Edition incluant également Call of Duty : Infinite Warfare pour pouvoir (à nouveau se re)plonger dans un monde laissé à l’agonie dans un contexte de 3è guerre mondiale. Un scénario fictif pas si éloigné de celui que nous vivons à l’heure actuelle…


« Je ne sais pas avec quelles armes se fera la 3è guerre mondiale, mais la 4è se fera avec des bâtons et des pierres. » Albert Einstein

Contenu du jeu


En dépit de son côté très dirigiste, la mission "camouflage" avec le Capitaine MacMillan restera dans la mémoire des joueurs.
On a tendance à l’oublier mais la plupart des FPS disposent d’un scénario, et au risque d’en choquer plus d’un, je n'hésite pas à dire que celui de MWR est même plutôt bon. Par ailleurs, sachez que ce n’est pas une, mais deux campagnes qu’il nous est proposé de mener. Ainsi, on incarne tour à tour le sergent John MacTavish dit « Soap » qui est une des nouvelles recrues des agents spéciaux anglais du SAS (Special Air Service) et l’expérimenté sergent américain Paul Jackson de l’USMC (United States Marine Corps). Sans dévoiler l’intrigue dans ses grandes lignes, on dira sans caricaturer qu’il nous faut déjouer les plans machiavéliques de deux dictateurs sanguinaires : le dirigeant du parti ultranationaliste russe Imran Zakhaev et son associé Khaled Al-Asad, chef du mouvement anti-occidental au Moyen Orient. Bon, dit comme ça ce n’est pas très sexy mais la profondeur d’écriture des différents personnages et la mise en scène efficace des événements participent largement à une complète immersion du joueur dans ce nouveau conflit mondial. Au delà du déroulement de celui-ci, le découpage du jeu en séquences alternées entre SAS et Marines confère à MWR un dynamisme envié par beaucoup de FPS, encore aujourd’hui.

Malgré le fait que MWR soit un jeu « couloir », il propose une expérience de jeu bien équilibrée, parfaitement rythmée ainsi que des missions plutôt variées dans un tel contexte de guerre. Hormis les traditionnelles phases d’assauts inhérentes à tout bon FPS, il est assez intéressant d’observer que les missions proposées disposent d’objectifs assez différents pour maintenir le joueur en alerte tout au long des campagnes des deux « héros », mais pas seulement. Sans vouloir spoiler, vous êtes amenés à incarner d’autres protagonistes à travers de courtes scènes ou même carrément à travers de missions flashbacks parfaitement orchestrées. La nature des autres missions est assez classique puisque c’est cet épisode qui a fondé les bases même du genre - défense de zone, assauts nocturnes, bombardements aériens, mitraillage à bord d’un hélico, objectifs chronométrés, etc. -, notons tout de même que les quelques séquences d’infiltration sont admirablement bien amenées. Comme à l’accoutumée, l’arsenal et les outils mis à disposition sont évidemment conséquents pour un jeu de ce type : une bonne trentaine d’armes différentes avec ou sans silencieux pour certaines, des lance-roquettes, un soutien aérien, des lunettes de vision nocturne, du C4, des explosifs, des grenades… bref, vous l'aurez compris, de quoi tout faire sauter !

Comptez environ 10h de jeu en difficulté vétéran, deux fois moins en recrue pour boucler une campagne solo composée de 21 missions. Une fois le jeu terminé vous avez accès à un mode arcade qui vous accorde, si vous souhaitez poursuivre dans cette voie, un nombre de vie maximum suivant le niveau de difficulté choisi, ainsi qu'un score et un temps limite. À tout cela, n’omettons pas de dire, comme il est coutume avec cette licence, que les temps de chargement qui ponctuent vos différents essais proposent à l'écran d'excellentes citations historiques toujours très intéressantes à (re)découvrir. J'en ai d'ailleurs sélectionné quelques unes que vous pouvez lire à la fin de chaque section de ce test.

C'est un euphémisme de dire que je ne suis pas particulièrement adepte du jeu en ligne - je me retrouve à chaque fois complément perdu entre campeurs et joueurs professionnels ayant passé des dizaines d’heures sur chacune des cartes -, je ne suis donc pas le mieux placé pour en parler le plus objectivement possible sans être un minimum sarcastique. Néanmoins, je suis bien conscient de l’importance qu’a le mode multijoueurs de MWR auprès des fans puisqu'il a réussi à fédérer une bonne partie d'entre eux à tel point qu'il est l'un des points de rendez-vous les plus appréciés et les plus fréquentés par les joueurs, encore à l’heure actuelle. Le jeu est livré à sa sortie sans nouveauté mais avec ses 10 maps originelles ainsi que tous les modes de jeux de 2007. Les plus habitués retrouveront les traditionnels matchs à mort par équipe, les mêlées générales, les missions sabotages ou encore les opérations recherche et destruction. Enfin, sachez qu’Activision met régulièrement à jour MWR, tout récemment le jeu a même eu le droit à un nouveau pack de maps accessible par le biais d’un DLC… payant.

« Les vieux déclarent la guerre, mais ce sont les jeunes qui meurent au combat. » Herbert Hoover

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Le rendu graphique, notamment sur le jeu d'ombres et de lumière, est plutôt de très bonne facture.
D’un point de vue visuel, le travail de remastérisation du studio américain Raven Software est remarquable. Pour avoir fait la campagne solo d’Infinite Warfare juste avant, je trouve que MWR souffre peu de la comparaison. Le jeu est beau, fluide, agréable à parcourir, les textures sont propres et l’aliasing autrefois prononcé, a presque totalement disparu. Les environnements sont particulièrement bien retranscrits et les effets de jeux d’ombres et de lumière ont un rendu particulièrement convaincant. Ainsi, on se retrouve presque à admirer, dans la mesure du possible, les différents lieux visités. Nous sommes amenés à arpenter avec notre escouade, des collines assiégées en Azerbaïdjan, des montagnes caucasiennes piégées, des champs radioactifs à Pripyat, des villes bombardées en Russie ; ou bien encore à intercepter un navire cargo au large du détroit de Béring, ou enfin à infiltrer un avion de ligne en vol afin de libérer un otage VIP.

Même si l’IA a été partiellement revue, elle garde les défauts de ses débuts et accuse le poids des années. En effet, certaines tares qui lui sont liées sont encore bien présentes et c’est là le principal reproche que l’on peut faire à Raven Software. Ceci dit, il n’y a là rien de rédhibitoire, d’autant plus que ce sont des écueils que l’on peut faire à un grand nombre de jeux du même genre. Seulement, on est malgré tout gêné par une IA alliée souvent à la traîne ou inactive alors que d’autres fois elle réussie à « nettoyer » toutes les forces en présence sans même avoir besoin qu'on lève le petit doigt. En parallèle, l’IA ennemie à un comportement parfois suicidaire qui rend peu crédible certaines situations de guerre. Les mécaniques de jeu datées consistant par exemple à faire parfois réapparaitre des soldats ennemis à l’infini ou à leur accorder une adresse hors du commun AK-47 en mains, sont des pratiques frustrantes dans les difficultés les plus élevées. Nous y reviendrons plus en détail dans la partie suivante du test.

La bande son quant à elle, est particulièrement réussie. Les thèmes musicaux sont pour la plupart excellents et sont accompagnés d'un doublage très soigné. Mention spéciale à celui du Capitaine Price qui est particulièrement convaincant. Le sound design est également un des points forts du jeu, les bruitages en tout genre et autres explosions sont souvent criants de réalisme, le rendu des armes et les sensations qu’elles procurent sont quant à elles, ma foi, très correctes. Enfin, je ne résiste pas à mentionner l’excellente prestation de Mark Grigsby aka le sergent-chef Griggs - un afro-américain amateur de rap qui vous (le sergent Paul Jackson) chaperonne tout au long de votre campagne - dans le morceau intitulé Deep and Hard que vous pouvez entendre dans les crédits de fin.

« Celui qui a dit que la plume a plus de poids que l’épée, n’a à l’évidence, jamais rencontré d’armes automatiques. » General Douglas MacArthur

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Il n'y a rien de plus convivial que de jouer en ligne avec ses amis.
Sans surprise, les personnes les plus réfractaires aux jeux scriptés auront beaucoup de mal à accrocher à MWR malgré le fait qu’il soit considéré comme l’un des meilleurs FPS de ces dernières années. En 2007 déjà, la grande prouesse des développeurs fut de tirer parti de ces faiblesses présumées pour en faire de véritables atouts afin de conquérir un public plus large. Infinity Ward a ainsi beaucoup travaillé sur l’aspect ludique du jeu pour en faire, à l’image d'un jeu de la série Uncharted, un authentique film interactif. Comme tout bon COD qui se respecte, MWR tire ainsi sa force d’un gameplay simple et accessible, épaulé par une direction artistique spectaculaire et des animations soignées. Le joueur en prend plein les mirettes à chaque moment, progresser dans l’histoire est toujours un réel plaisir, et c’est sans doute c’est aspect là qui plait le plus aux fans de la série.

Par ailleurs, malgré le fait qu’il soit un jeu très scénarisé, MWR dispose d’un level design plus ouvert que l’on aurait tendance à l'imaginer. Au lieu de foncer dans le tas, tête baissée, nous avons la possibilité à certains endroits de prendre des chemins alternatifs ; nous pouvons par exemple passer par une maison abandonnée, par une petite ruelle sur un côté, par les toits ou encore pas un souterrain pour progresser à l’abris des tirs ennemis. Nous ne sommes bien entendu pas dans un jeu d’infiltration mais les différentes possibilités d’approche, même limitées, sont plutôt appréciables.

Pour autant tout n’est pas parfait. Comme le souligne à juste titre l'auteur du guide des trophées, la gestion de la difficulté « à l’ancienne » peut être mal perçue par certains joueurs néophytes. En vétéran notamment, l’IA n'ayant été que très peu retouchée est restée bien moins « humaine » qu’elle ne peut l'être dans les FPS de ces dernières années. Dès lors, on l'impression d'être une véritable cible mouvante attirant toutes les balles et autres grenades ennemies ; même à l’abri, si notre tête dépasse de quelques millimètres, il ne faudra pas plus d’une demi-seconde au salaud d'en face pour nous coller un « pruneau » dans la partie du crâne que l'on aura omis de cacher. Rajoutez à cela des mécaniques de jeu datées (réapparition à l’infini de soldats à certains endroits) et des missions chronométrées, on comprendra que le joueur a de quoi finir certaines séquences de jeu, complètement désabusé.

Ce n’est un secret pour personne, COD est une série résolument orientée multijoueurs. À ce titre et aussi incroyable que cela puisse paraître, un grand nombre de fans de la série (j'en connais d'ailleurs quelques uns) n’ont même pas songé un jour à se lancer dans la campagne solo… L'expérience en ligne est en effet la seule considération qui trouve grâce à leurs yeux. Aux dires des spécialistes, l’équilibrage des parties se fait dans le temps ; les joueurs ont besoin d’acquérir de nouveaux équipements, de nouvelles armes et d’obtenir un rang convenable faute de quoi ils ne feront pas long feu sur le champ de bataille. Le fun et la convivialité est à ce prix. Malheureusement, il en découle une certaine frustration et pas mal de découragement chez les non-initiés. La re-jouabilité quand à elle, dépend quasi-exclusivement de l'appétence de chacun à aimer ou non jouer en ligne.

« On ne peut pas nier que la civilisation fait des progrès, car à chaque nouvelle guerre, elle invente de nouvelles façons de tuer. » Will Rogers

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


En difficulté vétéran, vous n'avez qu'une minute pour parvenir à libérer l'otage VIP.
Le système de récompenses par l’acquisition de trophées a été mis en place au cours de l’année 2008 par Sony. Puisqu’aucun patch n’est jamais sorti pour établir une liste à la version PS3 de MW, cette mouture remasterisée était attendue de pied ferme par les collectionneurs que nous sommes. Premier constat et pas des moindres : le platine de MWR s’obtient sans qu’aucun trophée en ligne ne lui soit lié. Cerise sur le gâteau : à ce jour, aucun trophée lié à d’éventuels DLC n'est prévu. Alors je vous le dis comme je le pense : bon sang que ça fait plaisir ! En effet, vous n’êtes pas sans savoir que chaque année, Activision a pour politique de mettre à jour ses différentes licences par l’intermédiaire de quatre DLC payants qui comportent une grande majorité de trophées coop ou multi. Je suis bien conscient que certains de mes collègues auraient aimer « chasser le trophée » en ligne mais ne pas avoir à « farmer » les trophées évite de venir pourrir les fans qui jouent tranquillement entre amis. En ce qui concerne les DLC, il est plus qu’appréciable de ne pas attendre 10 mois pour tenter de compléter sa liste à 100%, bref.

La liste en elle-même est composée de trois grandes catégories de trophées, ceux liés à la progression dans l’histoire, à la complétion des niveaux dans la difficulté vétéran et à l’accomplissement d’actions spécifiques. Ceux-ci sont d’ailleurs particulièrement gratifiant à obtenir, je pense notamment à (Bronze) Soldats dans la brume réclamant de finir la mission camouflage sans alerter d’ennemis, à (Argent) Maître d’armes demandant de faire une élimination avec chaque type d’arme à feu, et à l'exigeant (Argent) Crème de la crème nous obligeant à battre le meilleur temps d’Infinity Ward à l’entrainement. D’autres encore sont assez drôles à décrocher comme (Bronze) Nulle, cette émission qui demande de détruire toutes les télés qui diffusent le discours d’Al-Asad.

Un seul trophée est lié à l’acquisition de collectibles. Ceux-ci se révèlent être assez plaisants à acquérir vu qu’ils permettent de faire le tour des différentes zones (déjà assez limitées) ; ils sont par ailleurs, assez peu nombreux : en tout, 30 éléments de renseignement ennemis sont à dénicher.


De mon point de vue, la liste de trophées est exemplaire, pour autant, le plaisir que l'on prend à essayer d'obtenir (Platine) Un jour comme les autres n’est pas total. Bien sûr, il faut saluer la volonté des développeurs à vouloir récompenser le joueur en terminant le jeu dans la difficulté la plus haute mais la frustration liée au plaisir de jeu, évoquée dans la partie précédente du test, viens altérer sensiblement le sentiment d’accomplissement auquel le joueur aurait eu droit en essayant de décrocher le platine. Ainsi, j’ai trouvé (Argent) En plein air extrêmement compliqué à obtenir, et pour cause, une seule minute nous est accordée pour liquider plus d'une vingtaine d’ennemis en sachant que ceux-ci peuvent nous abattre avec une seule balle. Une connaissance parfaite des lieux, un peu de réussite, une centaine de tentatives et une grande motivation seront certainement nécessaires pour espérer obtenir ce trophée.

« Quiconque soutient une juste cause ne peut être considéré comme un terroriste. » Yasser Arafat

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Considéré par les fans comme le meilleur épisode de la série, COD4 renait de ses cendres dans une version PS4 à la hauteur de son standing. Malgré une IA ennemie en retrait, MWR, accompagné d'une liste de trophées inédite, fait honneur à son passé glorieux en réussissant à sublimer la recette qui fit jadis son succès. Un classique parmi les classiques que vous auriez tort de snober.

Je recommande ce jeu :
Aux spécialistes du genre, Aux fans de la série, Aux chasseurs de trophées/platine difficile