Test : Bound by Flame


Bound by Flame
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Note des joueurs :
3.7/5 - 25 notes
Note des platineurs :
3.7/5 - 11 notes

Bound by Flame

ps4


42 trophées au total
0 trophée caché

691 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 139 joueurs (20 %)
100% par : 139 joueurs (20 %)
Note du jeu
12/20
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Test du jeu
Bound by Flame (BbF)

  • Test rédigé par matrobymat le 01-12-2015 - Modifié le 07-12-2016


Introduction


Bound by Flame
Bound by Flame est un RPG développé par Spiders et édité par Focus Home Interactive. Il met en action un mercenaire (accompagné du reste de son groupe) qui, lors de sa mission, se retrouvera possédé par un démon. Ce démon interviendra régulièrement pendant le déroulement de l’histoire, et le joueur pourra décider de l’accepter et de le laisser prospérer en lui, ou il pourra lutter et essayer de garder son humanité.

Démon : "Ohhh écoutez-le, il croit vraiment qu’il a le choix. Cette naïveté humaine est tellement touchante. Continue de croire ça, ton tout-puissant sentiment de supériorité me nourrira. Et au fait, tout le monde s’en fout de ton blabla, entre directement dans le vif du sujet."

Contenu du jeu


Le démon en vous essaiera de vous corrompre.
De nos jours, on est en droit d’attendre un certain nombre de choses d’un RPG. Certes, tous n’ont pas les mêmes ambitions, et ne disposent pas des mêmes moyens, mais la concurrence étant ce qu’elle est, les fans de jeux de rôle sont de plus en plus exigeants et les satisfaire peut s’avérer compliqué. Examinons donc ce que nous propose Bound by Flame.

Démon : "Oui, plus près, viens plus près …"

La création d’un personnage dans un RPG donne, en général, le ton de l’aventure qui va suivre. On peut d’emblée dire qu’à ce niveau, BbF ne se foule pas. Vous pouvez changer le nom de votre personnage, choisir son sexe, choisir entre quatre ou cinq visages prédéfinis et entre quatre ou cinq coiffures. Et ça s’arrête là. Pas de sélection de race, pas de sélection de classe, pas de personnalisation de visage ou de traits physiques. C’est très limité. Plus tard, vos aurez la possibilité d'améliorer vos armures et équipements (en y incorporant différents matériaux qui ajouteront des capacités de défense, d'attaque, d'empoisonnement, de résistance etc...) et chaque amélioration modifiera l'apparence des tenues. Chaque joueur aura donc au final un personnage différent, mais vous n'avez pas réellement la main sur son allure.

Démon : "Je suis tellement parfait comme je suis, pas besoin de changer quoi que ce soit …"

Pour être complet concernant l'amélioration des équipements, sachez qu'un système de craft existe, et que pour améliorer vos armes et armures, vous devrez récupérer des ressources soit sur les cadavres de vos victimes, soit dans les rares coffres présents dans les maps. Chaque amélioration demande des ressources différentes, et ces ressources pourront parfois être craftées par vous également à partir d'autres ressources. L'interface gérant le tout est claire et simple d'utilisation, et les ressources n'étant finalement pas pléthore, vous devrez bien choisir les upgrades de vos équipements en fonction de votre façon de combattre.

Démon : "Mais pourquoi s'embêter avec tout ça alors qu'il te suffit de me laisser la place pour triompher de tes adversaires bien plus facilement ?"

Une fois terminée la mini création de personnage, l’aventure débute, et vous voici aux commandes de votre avatar. Vous êtes donc un mercenaire, envoyé avec le reste de votre troupe, les Lames Franches, en haut d’une montagne sur laquelle se situe un temple, afin de protéger les Érudits Rouges. Ce groupe de savants nécromanciens souhaitent y accomplir un rite sensé arrêter l’avancée de la MorteArmée destructrice. Malheureusement, le rite ne se déroulera pas comme prévu, et votre joueur fraîchement créé se retrouvera possédé par un démon de feu. Je passe rapidement sur le scénario pour vous le laisser découvrir par vous-même.

Démon : "Dis plutôt que tu n’en as pas compris toutes les subtilités …"

Sachez juste que la trame principale est courte, très courte même, pour un RPG. Pire, le faible nombre de quêtes annexes n’augmentera que très peu la durée de vie, qui plus est sans en raviver réellement l’intérêt. J’ai personnellement bouclé ma première partie, en prenant mon temps, en 18 heures. Les parties suivantes seront encore plus courtes, nous en parlerons dans la section « plaisir à faire les trophées » de ce test.

Démon : "Ce n’est pas la taille qui compte, tu le sais bien …"

Autre gros point de frustration : les lieux visités. Ici, point question d’open world. Les endroits que vous parcourrez seront archi-cloisonnés. Seul le level-design vous obligera par moment à ne pas rusher les maps, puisque votre personnage ne pourra pas quitter certaines zones avant d’avoir battu tous les ennemis présents à l’écran. Sans cette petite astuce, il aurait été encore plus rapide de terminer le jeu, puisque parcourir une carte d’un bout à l’autre ne prendrait pas plus de 5 minutes. À notre époque, le joueur se sentira obligatoirement confiné et à l’étroit.

Démon : "Que devrais-je dire moi, bloqué dans ce corps chétif et fragile. Est-ce qu’on m’entend me plaindre à longueur de journée ?"

Rassurez-vous, tout n’est pas mauvais dans Bound by Flame. La trame principale, bien que courte, est agréable à suivre, même si le scénario est très basique. C’est surtout la qualité des dialogues qui relève le niveau. En effet, les auteurs on fait un joli travail avec une écriture parfois caustique, des petites piques dans les dialogues, souvent cash et sans détour. Les relations entre les protagonistes peuvent être amicales ou tendues, hypocrites ou sincères, et le tout est particulièrement bien rendu. Votre personnage aura une répartie à toute épreuve, il ne faudra pas lui marcher sur les pieds, et il saura faire preuve de malice et de charme pour séduire la personne du sexe opposé qui l’intéresse.

En terme de contenu, Bound by Flame vous laissera sur votre fin. La concurrence a fait bien mieux, et on a l’impression que les développeurs n’ont même pas essayé de lutter. Ce qu’ils ont fait est bien fait, mais c’est aujourd’hui insuffisant pour un RPG.

 

Note : 2/5

Aspect technique du jeu


Le premier boss est épique. Tous ne suivront malheureusement pas son exemple.
Graphiquement, ne le cachons pas, BBF est une déception. Les graphismes sont datés, souvent grossiers, et peu travaillés. Il n’y a aucune profondeur de champ, et les textures sont franchement laides et mal intégrées à l’environnement. Dépassé, le moteur graphique semble parfois afficher des traits dessinés par un enfant de 5 ans, un peu à la Borderlands. Mais ici ce n’est pas voulu puisque ce n’est pas toujours le cas, cette grossièreté étant surtout visible dans les environnements rocailleux, où la texture de la roche semble avoir été ajoutée au décor par la suite, après coup. À d’autres moments le jeu s’en sort un peu mieux, mais jamais il ne vous ébahira.

Démon : "Les flammes sont belles tout de même, tu ne trouves pas. Cette chaleur, cette puissance destructrice. Le pouvoir qui découle de leur utilisation, alors que ton ennemi est à terre, encore calciné et fumant."

On aurait aimé que les graphismes profitent du même travail que la bande son. Celle-ci est excellente ! Les thèmes musicaux de la bande originale sont très bons, entêtants sans jamais entêter, envoûtants sans jamais s’imposer. La musique est enivrante, ajoutant parfois un sentiment onirique à l’action, et je me suis retrouvé quelques fois, après avoir éteint la console, à les fredonner dans ma tête.

Démon : "Tu ne t’es jamais dit que c’était peut-être moi, qui chantais dans ta tête ?"

Ces thèmes ne sont pas très nombreux, mais ils sont très bons. La qualité des doublages anglais (le jeu est entièrement en VOST) est elle aussi d’excellente facture. Les acteurs ne surjouent pas, les voix masculines sont viriles, les voix féminines sont séductrices. Mentions spéciales aux voix des démons (une voix masculine si vous jouez un homme, une voix féminine si vous jouez une femme), qui change au fur et à mesure de l’aventure, devenant de plus en plus grave et gutturale si vous choisissez de succomber à la bête. Du très beau travail.

Démon : "Ma voix de stentor t’a séduite, le reste suivra, et tu finiras par t’abandonner complètement à ma domination. N’essaie pas de lutter. Laisse-moi la place. Laisse-moi le champ libre."

D’autres petits détails viennent gâcher l’aventure, symboles d’un jeu bénéficiant d’une finition à la truelle. Par exemple, comme relaté dans la section précédente, la création du personnage vous permet de changer le nom du mercenaire. Vous lui choisissez donc un joli nom, remplaçant le nom originel du héros : Volcan. Vous appelez donc votre personnage d’un pseudo viril, ravageur, charmeur et bourré de testostérone : Pierre-Louis. Et bien finalement, Pierre-Louis ne sera utilisé qu’à de très rares endroits dans le jeu, et tous les dialogues continueront de faire référence à vous sous le sobriquet de Volcan. Que vous jouiez un homme ou une femme d’ailleurs. Rien de bien méchant, je le concède.

Démon : "Pierre-Louis mercenaire violent et sans scrupule. Allons, ça n’aurait pas fait l’affaire. Tu vois bien qu’on ne peut pas se fier à ton jugement. Laisse-moi faire."

Il est plus étonnant, par contre, de retrouver encore certains temps de chargement. Ils ne sont pas bien longs, mais vu le confinement des cartes, on aurait pu s’attendre à ce qu’il n’y en ait pas. Terminons tout de même par une note positive en spécifiant que le jeu est exempt de bug. Une bonne chose.

Que les férus de grande technique passent leur chemin, Bound by Flame n’est pas pour eux. Même si rien ne va vraiment mal, le titre est dépassé et mal fini, et seule l’excellente facture de la bande-son relève de fort belle manière le niveau technique d’un jeu digne d’un début de vie de PS3.

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Le démon a pris possession de vous.
Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Ainsi, même si en terme de contenu et techniquement, Bbf est limité, il faut bien reconnaître qu’on prend plaisir à y jouer. Surtout lors de la première partie. Le gameplay est lui aussi basique, mais les combats sont tout de même assez exigeants pour qu’il faille faire attention à ce que l’on fait. En effet, notre personnage est lourd (qu’il soit un homme ou une femme, j’y reviendrai), il ne peut pas sauter, et les épées, haches et marteaux qu’il traîne péniblement avec lui l’empêchent de faire des mouvements rapides. Il faut donc bien étudier les mouvements des adversaires, et frapper quand il y a une ouverture. Surtout que ceux-ci ne se gênent pas pour vous attaquer à plusieurs.

Démon : "Ce ne sont tout de même pas trois squelettes et deux araignées géantes qui vont nous faire peur. On vaut mieux que ça. Enfin, surtout moi."

Le bestiaire justement n’est pas bien étoffé, mais les ennemis sont suffisamment variés dans leurs façons d’attaquer pour obliger le joueur à adapter sa tactique en fonction des adversaires. L'autre élément de tactique important pendant les combats est votre coéquipier. En effet, vous pourrez choisir un partenaire de combat et en changer à volonté parmi plusieurs PNJ, chacun disposant d’une spécialité propre. Randval est un guerrier tank et fonce dans le tas, Sybil est une guérisseuse, Mathras et Edwen sont des magiciens, et Rhelmar est un archer. Leur style de combat est donc spécifique, mais ils partagent tous le fait de ne pas être bien malin, et à la longue, vous vous servirez d'eux surtout comme appât, pour qu’ils attirent les ennemis pendant que vous les contournez pour les frapper par derrière. Les quelques ordres prédéfinis que vous pouvez leur donner pour gérer leur comportement ne suffisant pas à faire d'eux des bêtes de concours.

Démon : "Tu sais ce que ça fait maintenant, de traîner un boulet auquel tu dois toujours dire quoi faire et comment le faire."

Passons aux boss. Le premier est assez épique, et laissait présager d’une belle aventure avec de beaux combats. Le second est déjà un peu moins bon, et les 4 ou 5 suivants sont carrément sans intérêt tellement il est facile de s’en défaire. La technique utilisée sera toujours la même, et il suffira juste de faire preuve de patience. Le dernier boss relève le tout, mélange de combat épique et onirique, bien mis en scène. Dommage qu’ils n’aient pas tous bénéficié du même traitement.

Démon : "Je t’ai quand même bien aidé pour tous ces boss hein, avoue-le."

Il vous sera nécessaire, si vous chassez les trophées, de bien choisir les quêtes que vous voulez réaliser, les affinités avec les personnages et l’orientation démon/humain que vous préférez prendre. En effet, il ne sera pas possible de tout faire dans une seule partie, nous en parlerons dans la section suivante. Ainsi, le titre dispose d’une rejouabilité obligatoire si vous voulez vos récompenses, mais malheureusement, l’intérêt de la chose est très limité. La seule différenciation visible tient dans les affinités que vous pouvez avoir avec le sexe opposé, l’homosexualité n’étant pas possible dans ce jeu, contrairement à Dragon Age par exemple. Pour le reste … et bien … que vous jouiez un homme ou une femme ne change rien. Puisque cela joue sur les affinités, il aurait été bon de différencier les sexes dans le jeu, pour pousser le joueur à faire une autre partie avec le sexe opposé. Un homme aurait par exemple pu taper plus fort, mais se déplacer moins rapidement. Ce n’est pas le cas et c’est dommage. Les quêtes des PNJ sont toutes faisables que vous soyez un homme ou une femme, mais le fait que certaines quêtes jouent sur l’affinité, ou que votre taux de possession joue également sur les quêtes disponibles fera que vous devrez choisir celles réalisées en fonction de votre possession.

Et c’est là la plus grande déception du jeu. Vous pouvez choisir de vous laisser posséder ou pas, mais finalement, à part votre apparence physique, cela ne change pas grand-chose. Vous aurez des remarques assez drôles sur votre allure, et vous ne pourrez peut-être pas vous rapprocher charnellement de certains PNJ, mais c’est tout. Pire encore, honnêtement, il n’y a aucun intérêt à ne pas se laisser posséder, alors autant jouer le jeu du démon à fond.

Démon : "Ouiiiii, voilà, on y est …"

Il aurait pourtant été très simple de brider les choses. Par exemple, le joueur qui aurait choisi la voie du démon aurait pu, certes, avoir plus de puissance, mais au prix d’une perte de contrôle de son avatar pendant quelques secondes. Pendant les combats par exemple, au plus mauvais moment. Certaines compétences (les compétences de feu notamment) auraient pu être interdites aux joueurs ayant choisi de rester humain. Cela aurait amené une différentiation nette entre les parties, les choix et les façons de jouer, et aurait donné une plus-value à la rejouabilité, qui dans le cas présent, n’est pas vraiment plaisante.

Dommage que les développeurs n’aient pas poussé leurs bonnes idées à fond. Le plaisir à jouer est bien présent lors de la première partie, mais le plaisir à rejouer la suivante est amoindri par le fait que faire les choix opposés est finalement sans conséquence, alors que la construction du jeu aurait permis de faire bien mieux.

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


La fine équipe de Bound by Flame
Comme je le précisais dans la section précédente, et comme le décrit très bien le guide des trophées, le cheminement idéal menant au platine passe par 2 parties et demie. Ces parties vous permettront de séparer clairement la liste des trophées, ce qui évite presque le sentiment de répétition (voir les explications dans le paragraphe « plaisir à jouer/rejouer »).

Ainsi, vous ferez totalement le tour de tout ce que propose le jeu. La liste des trophées est bien pensée, et vous obligera à jouer un homme, puis une femme. À vous laisser posséder totalement par le démon, puis à garder entièrement votre humanité. Vous devrez réaliser quasiment l’entièreté des quêtes annexes, jouer dans la difficulté maximale, mais également réaliser un certain nombre de kills avec tous les types d’armes, et avec le seul pouvoir disponible dans le jeu.

Démon : "Le pouvoir du feu ! Oh que c’est bon ! Flambez !"

La liste des trophées vous invitera également à crafter, recycler et améliorer les objets de votre inventaire, ainsi qu’à visionner les 3 fins différentes. Vous devrez également fouillez un certain nombre de coffres et d’ennemis, et précisons qu’il n’y a pas de collectibles dans Bound by Flame. Enfin, pour finir, vous devrez améliorer entièrement chacun des 3 arbres de compétences présents dans le jeu. Chaque arbre représente les capacités d'un style de combat différent. Ainsi, le premier devra être amélioré si vous préférez un combattant de style barbare qui privilégie la force de frappe, le deuxième devra l'être si vous préférez les combattants de style voleur, privilégiant la rapidité de frappe et les esquives, et le dernier arbre joue sur les capacités du pouvoir du feu.

Des trophées bien pensés donc, sans faute, mais qui nécessiteront un peu de persévérance de votre part, surtout pour finir la deuxième partie, et encore plus pour faire le début de la troisième, tant il est dommage que les parties soient finalement assez similaires les unes aux autres. Vous rusherez surement la fin de votre deuxième partie une fois l’arbre de compétences amélioré, et vous farmerez surement le début de la troisième, l’intérêt étant déjà éteint depuis un moment.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
12/20

Qu’il est dur de se faire une place au soleil dans le monde sans pitié des RPG. Avec ses limitations bien trop restrictives par rapport à la concurrence, Bound by Flame ne fait pas le poids face aux triples A mastodontes. Pourtant, avec un peu plus d’ambitions (et surtout de moyens) les idées intéressantes du titre auraient pu être mieux exploitées et j’espère sincèrement qu’il y aura une suite, dans laquelle je plongerai corps et âme avec plaisir, me laissant entièrement posséder par le démon.

Démon : "CQFD"

Je recommande ce jeu :
À tous