Test : Steins;Gate


Steins;Gate
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Note des joueurs :
4.4/5 - 13 notes
Note des platineurs :
4.3/5 - 14 notes

Steins;Gate

ps3


42 trophées au total
17 trophées cachés

223 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 122 joueurs (55 %)
100% par : 122 joueurs (55 %)
Note du jeu
18/20
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Test du jeu
Steins;Gate

  • Test rédigé par Kyp-chan le 28-07-2016 - Modifié le 07-12-2016


Introduction


Kurisu Makise baignant dans son sang. Le déclencheur de l’aventure d’Okabe.
Mercredi 28 juillet 2010, Akihabara. Sous la chaleur estivale tokyoïte, accompagné de son amie d’enfance Mayuri Shiina, Okabe « Hôôin Kyôma » Rintarô, le savant fou (autoproclamé) entrait dans le bâtiment du Radio-Kaikan pour déranger une conférence de presse sur les machines à voyager dans le temps. Au moment où le conférencier se présenta, Okabe l’interrompit et l’accusa de façon grandiloquente de s’être approprié la théorie d’un autre. C’est alors qu’une jeune femme, Kurisu Makise, arriva dans son dos et l’isola à l’étage inférieur où elle lui demanda de s’expliquer sur l’échange verbal qu’ils avaient eu plus tôt dans la matinée. Complètement incrédule, car ignorant de l’existence de cet échange, le scientifique fou commença quelque peu à douter que cette jeune femme lui voulait du bien. S’enfuyant à l’étage inférieur dans l’idée de sortir du bâtiment, il se rendit compte qu'il avait oublié Mayuri. Okabe retourna dans la salle de conférence pour chercher son amie avant de déguerpir. La conférence venait de se terminer. Quelque part derrière la salle, un cri se fit entendre. Okabe se rapprocha de la source du cri et découvrit avec effroi le corps de Kurisu, gisant dans une mare de sang. Suite à cette vision, Okabe quitta prestement le bâtiment en emmenant Mayuri.

« Quelqu’un a poignardé Makise Kurisu. Ne sais pas qui. N’avait pas l’air joli. Espère qu’elle va bien. » furent les quelques caractères du message qu’Okabe écrivit avec son téléphone à l’attention de son ami Itaru. Puis il pressa la touche d’envoi. En un battement de cœur, le monde autour de lui bascula. Chûô-dori, l’avenue principale d’Akihabara, grouillante de vie l’instant d’avant, se tut. Un silence assourdissant tomba sur la rue. Les passants avaient disparus ; comme s’ils s’étaient évaporés. L'air fut uniquement empli de l’écho lointain des cigales chantant sous la chaleur méridienne. Un satellite se trouvait maintenant planté sur la façade du septième étage du Radi-Kan. Sans le savoir, le savant fou venait de changer de ligne d’univers, et celle qu’il empruntait désormais le menait tout droit vers une dystopie tyrannique gouvernée par le SERN.

Non sans omettre quelques détails importants, ainsi s’achève le prologue de Steins;Gate (シュタインズ ゲート) qui fait partie de ces jeux correspondant au genre du visual novel ou « roman interactif ». Celui-ci a été développé conjointement par les équipes de 5pb. et de Nitroplus, après un premier partenariat sur Chaos Head. Initialement sorti sur Xbox 360 en octobre 2009, le jeu a depuis été porté sur de nombreux supports, en japonais. C’est l’éditeur PQube qui permettra à un public plus occidental de s’essayer au jeu six ans plus tard, en juin 2015, sur Playstation 3 et Playstation Vita, en sortant une version traduite en anglais. Steins;Gate explore le thème des voyages temporels sur fond de culture japonaise et plus particulièrement de culture « otaku », l’action se déroulant à Akihabara, quartier bien connu de Tôkyô pour ses magasins de composants électroniques et de toutes sortes de produits et services dérivés relatifs aux manga.

Contenu du jeu


Vous pourrez répondre aux mails en sélectionnant l’un des mots soulignés comme sujet de réponse.
Contenu scénaristique

L’histoire de Steins;Gate raconte le voyage d’Okabe sur différentes lignes d’univers. Chacune de ces lignes possède sa propre histoire et sa propre issue, parfois fatale à l’un de ses compagnons, ou à l’humanité. Toute action réalisée sur une de ces lignes pourra avoir un impact néfaste sur son entourage. La seule possibilité qui s’offre à Okabe pour annuler l’emprise inévitable du SERN est de retourner sur sa ligne temporelle d’origine. Il ne tiendra qu’à vous d’y parvenir, ou finalement de choisir une autre issue. Le voyage temporel est un thème déjà largement exploité dans la littérature de science-fiction ou les produits culturels modernes, et comme tous ses aînés, Steins,Gate n’échappe pas à l’artefact de narration du double temps. Qu’Okabe voyage physiquement dans le temps rétrograde, ou qu’il transfère sa mémoire et ses souvenirs à sa propre personne, dans le passé, empêchant par là même son corps de vieillir, il n’en demeure pas moins que son temps propre intellectuel glisse par rapport au temps de la ligne d’univers dans laquelle il voyage. En d’autres terme, s’il garde des souvenirs, c’est que son intellect a vieilli. De fait, l’histoire met en place deux temps : le temps propre d’Okabe et le temps de la ligne d’univers. Il ne peut donc pas voyager dans le temps, s’il y en a deux…

En mettant de côté ces réflexions métaphysiques, l’histoire de Steins;Gate se découpe en une dizaine de chapitres plus ou moins longs. Ceux-ci sont entrecoupés de choix à faire à l’aide de votre téléphone portable. Il s’agit essentiellement d’accepter un appel ou de l’ignorer et de choisir à quelle partie d’un e-mail reçu vous souhaitez répondre. Cela permet d’en apprendre un peu plus sur certains personnages, ou de récupérer des bonus pour votre téléphone portable. La plupart de vos choix n’auront en réalité que peu d’influence sur le déroulement même de l’histoire, hormis à la fin de certains chapitres puisque vous pourrez choisir d’emprunter la route d’une fin alternative plutôt que de continuer vers la vraie fin. Le choix à faire pour changer de route apparaît de manière évidente. Il est relativement simple de débloquer quatre des cinq fins alternatives, mais la cinquième fin et la vraie fin vous demanderont d’avoir fait des choix particuliers tout au long du jeu. Rien ne vous indiquera quels sont les quelques choix importants. Comptez une cinquantaine d’heures pour lire la totalité des lignes de texte du jeu, et quinze fois moins si vous ne courrez qu’après le platine.

Bonus et localisation

Lorsqu’une des fins du jeu sera atteinte, le menu extra deviendra disponible. Celui-ci contient la galerie des CG et la bibliothèque des musiques et des vidéos. Particulièrement classique pour le genre, la galerie permet de revoir les artwork déjà débloqués tandis que la bibliothèque des musiques donne l’occasion d’identifier et de réécouter les airs appréciés. Enfin, ce menu extra répertorie tous les tips débloqués, ces petites informations expliquant brièvement quelques mots employés dans le jeu avec lesquels tout le monde pourrait ne pas être familier.

Le jeu est traduit uniquement en anglais. La formulation est facilement compréhensible, sans phrase alambiquée, et hormis dans les vidéos d’introduction, vous pourrez prendre tout votre temps pour découvrir le texte, il ne partira pas sans action de votre part. À tout moment du jeu, il est possible d’ouvrir le journal pour relire les lignes précédentes si vous avez l’impression d’avoir raté quelque chose après avoir appuyé trop vite sur un bouton. Les lignes doublées pourront être rejouées à l’envie. Le journal est par contre effacé après un chargement. Le doublage présent dans le jeu est uniquement en japonais, et le niveau sonore de la voix de chacun des personnages principaux peut-être ajusté de façon indépendante, quitte à en supprimer complètement certaines si elles s’avèrent trop désagréables à vos oreilles.

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Une belle illustration de l’effet de textures sur le graphisme.
Des notes intrigantes

En démarrant une nouvelle partie, après le prologue, ou en attardant son regard un peu trop longuement sur le satellite tournoyant à l’écran d’accueil, le générique animé du jeu, Skyclad Observer, se lancera, interprétée par Kanako Itô. Étant l’interprète de Hacking to the Gate, la chanson d’ouverture de l’anime, vous pourriez aisément reconnaître sa voix. S’abîmer dans la contemplation des reflets sur les panneaux solaires de l’appareil déclenchera un second générique, avec un visuel et une chanson différente mais la même interprète. De fait, vous serez assez fréquemment accompagné de cette voix particulière. Appréciée ou non, elle apporte un certain caractère au jeu.

En réalité, toutes les compositions musicales donnent une atmosphère spéciale au jeu. Les airs d’Abe Takeshi qui accompagnent le texte collent très bien à l’ambiance générale du titre, en retranscrivant toujours une certaine angoisse, signe que l’histoire peut basculer à tout instant. Même si les accompagnements censés évoquer les moments de tranquillité ou de confort sont plus légers, ils ont parfois du mal à se départir complètement d’une certaine tension. La composition assez glauque, presque dérangeante, de l’écran d’accueil en est un excellent exemple. Cela sert parfaitement, et à dessein, la naissance d’un sentiment d’insécurité, mais quelques moments de véritable quiétude auraient su être appréciés.

Des voix bientôt familières

La totalité des dialogues du jeu sont doublés. Seules les lignes de description de l’action, ou les pensées de Rintarô ne le sont pas. Cela n’est en fait gênant que lors des rares scènes de monologue ou de réflexions personnelles un peu longues, ou aucune voix ne vient entrecouper la piste musicale dont la durée totale avant bouclage dépasse rarement trois minutes. Les voix japonaises m’ont semblé toujours justes, bien en lien avec les lignes de dialogue, tout en permettant parfois de mieux cerner l’état d’esprit de l’interlocuteur. Même sans connaître un brin de japonais, l’excitation, la tristesse, la joie, le désespoir ou encore l’hésitation sont autant d’émotions très bien transmises par la voix des acteurs et des actrices. Du fait de l’âge des protagonistes, aucun d’entre eux ne possède une voix suraigüe à vous en faire vriller les tympans. Quelques intonations pourront sembler stéréotypées, je pense notamment à celles de Feyris Nyannyan, mais cela fait partie intégrante du personyage. Enfin, je relèverai le travail d’Asami Imai, la seiyû de Kurisu qui a su endosser le rôle un peu névrosé de la tsundere sans la rendre parfaitement insupportable dans son indécision.

Une question de texture

Pour l’aspect graphique, c’est Ryôhei « huke » Fuke qui a été mis à contribution. Connu comme le character designer du personnage de Black Rock ★ Shooter et des autres personnages de l’OAV ainsi que comme artiste pour la série Metal Gear Solid, sa patte graphique est tout à fait reconnaissable. La coloration particulière des yeux et les textures apposées sur les dessins qui rendent les personnages un peu intrigants, représentent l’un des caractères emblématiques du jeu. Pour peu que l’on apprécie le travail de l’artiste, les dessins sont beaux… bien que fixes. Il n’y a pas d’animation particulière des personnages hormis les expressions faciales qui changent en fonction de l’humeur de l’interlocuteur. La variété d’expressions est assez pauvre ; celle représentée à l’écran n’est pas toujours adaptée à l’état d’esprit du personnage, ce qui rend d’autant plus important le jeu des acteurs. Les personnages sont affichés en gros plan et puisque le jeu possède une résolution de 720p, il est possible que votre écran pixellise légèrement certains contours. Une option permet de réduire artificiellement la taille de l’écran pour limiter cet effet. Le jeu datant de 2009, on pourra comprendre cet état de fait tout en étant un peu déconfit.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Quelques évènements tragiques viendront ponctuer l’histoire.
Vu de loin, le jeu peut se présenter comme un simple jeu-harem, sur fond de science-fiction, avec un personnage principal masculin entouré de plein de demoiselles, comme le veut une certaine tradition du visual novel. Vu de près, en vivant l’aventure, l’impression est un peu différente. L’une des grandes forces du titre est justement d’estomper ce côté romantique, en mettant en scène d’autres personnages masculins et, surtout, en détournant sciemment l’attention de ce sujet en particulier. D’autres préoccupations, moins légères, sont mises en avant tout au long du jeu, afin que les quelques interventions ponctuelles du romantisme s’en dégagent de manière plus éclatante et plus touchante.

Pour peu que l’on apprécie, ou que l’on ne boude pas les histoires de voyage dans le temps, celle de Steins;Gate est prenante et cherche au maximum à éviter les paradoxes temporels usuels. Chacun des personnages possèdent sa propre personnalité et si elle semble parfois un peu trop convenue, l’histoire nous rappelle qu’il y a deux faces à une même médaille et découvrir ces caractères dans des moments plus intimes est toujours agréable. Le jeu possède son lot de révélations, parfois surprenantes, parfois attendues, mais toujours bien amenées. Chaque détail scénaristique de l’histoire peut se révéler important comme le démontre brillamment la vraie fin qui se fait un malin plaisir de nous rappeler quelques éléments du début du jeu en les éclairant sous une lumière nouvelle. Rien de très surprenant à cela compte tenu du thème du jeu. Le papillon volette à proximité, promenant ses effets.

Quelques scènes seront marquantes, à l’image de celle se déroulant dans l’appartement de Moeka. On pourra aussi apprécier les interventions farfelues de Feyris, qui fait parfois preuve de plus d’abnégation et d’invraisemblance qu’Okabe dans l’invention d’une vie secrète, si bien qu’elle finit par perdre l’instigateur du jeu en route. Les rares passages discutant physique quantique ou théorie des voyages temporels pourront paraître indigestes à certains, mais ils ne sont pas essentiels à la compréhension de l’histoire. Ils ne serviront que de justifications aux phénomènes paranormaux tels que les d-mails. Une façon de montrer que les développeurs se sont un peu creusé la tête pour trouver un semblant d’explication scientifique.

Enfin, même si d’un niveau inégal, les cinq fins alternatives sont toutes différentes ce qui ne fait qu’accentuer l’intérêt du jeu et la volonté de les découvrir. Par contre une fois lues, et la vraie fin terminée, il est peu probable que vous relanciez le jeu avant quelques mois voire années, si ce n’est pour récupérer les derniers trophées manquants. En effet, le genre même du jeu implique une faible rejouabilité immédiate.

 

Note : 5/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Luka Urushibara. La voix d’une femme. Les manières d’une femme. Encore plus féminin qu’une femme. Mais c’est un homme.
Fidèle à l’esprit du visual novel, les trophées de Steins;Gate ne sont pas bien compliqués à obtenir, pour peu que vous pensiez à faire une sauvegarde sur un emplacement différent à chaque nouveau chapitre et que vous ayez un guide chapitré sous la main. Quelques trophées pourraient vous résister brièvement ; la plupart viendront tout seul, notamment ceux liés à l’histoire ou à des actions que vous effectuerez naturellement.

Le prologue, ainsi que les neufs premiers chapitres du jeu vous récompenseront d’un trophée de bronze après les avoir terminés. Chacune des cinq fins parallèles possède son trophée d’argent tandis que l’obtention de la vraie fin vous octroiera un trophée d’or, doublé d’un second lorsque vous aurez vu toutes les fins. Véritable code du genre, la galerie d’images vous indiquera indirectement votre progression dans le jeu par tranche argentée de 25% de complétion.

Viennent alors les trophées liés à l’utilisation de votre téléphone portable, avec des actions aussi triviales que lire un message, y répondre, changer le fond d’écran ou la sonnerie. Certains trophées vous demanderont d’adopter un comportement asocial, en refusant de répondre à l’appel de quelqu’un ou en effaçant un message non lu. Là où les choses se compliquent, c’est au niveau des cinq trophées d’argent en récompense à ce qui s’apparenterait à des « collectibles ». Suivant la réponse donnée aux messages reçus, le retour de votre interlocuteur sera différent. Vous pourrez parfois recevoir de nouveaux fonds d’écran, et de nouvelles sonneries. Une série devra être intégralement complétée pour obtenir le trophée qui y est dédié, mais les choix de réponses peuvent interférer entre eux et parfois bloquer un embranchement de l’histoire. Vous ne pourrez donc pas tout obtenir la première fois que vous ferez le jeu. Heureusement, la sauvegarde interne est bien faite et tout élément découvert sera conservé en mémoire. Vous n’aurez qu’à recommencer le chapitre où il vous manque un élément pour compléter l’ensemble. La lecture accélérée ou une sauvegarde bien placée s’avèreront utiles.

Le dernier trophée de la liste sort un peu de l’ordinaire. Il tombera en renseignant dix fois de suite la mauvaise durée dans le PhoneWave (name subject to change) à un moment spécifique de l’histoire. Suivant l’ampleur du déficit, vous pourrez récupérer vos derniers trophées en quelques minutes ou dizaines de minutes.

 

Note : 5/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
18/20

Steins;Gate est un visual novel très plaisant à faire si l’on en apprécie le thème. Assez long, il possède une véritable richesse scénaristique qui ne manque pas de garder le lecteur en état d’alerte et curieux de connaître les différents dénouements. Les personnages sont attachants, à la fois par leur caractère et leur représentation graphique. La chasse des trophées se fait naturellement, et ceux qui manqueront après la vraie fin tomberont aisément avec quelques indications. Vous savez désormais quoi faire ces soirs d’été, en attendant que la chambre se rafraîchisse pour aller dormir. El Psy Congroo.

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux spécialistes du genre, Aux chasseurs de trophées/platine facile