Test : Rain


Rain
  • 1
  • 3
  • 8
Note des joueurs :
3.7/5 - 61 notes
Note des 100% :
3.9/5 - 45 notes

Rain

ps3


12 trophées au total
4 trophées cachés

1163 joueurs possèdent ce jeu

100% par : 669 joueurs (58 %)
Note du jeu
13/20
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Test du jeu
Rain

  • Test rédigé par V-Phantomhive le 29-09-2014 - Modifié le 07-12-2016


Introduction


Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville...
Présenté pour la toute première fois lors de la Gamescom de 2012, rain avait su attirer toutes les attentions grâce à son univers atypique accompagné par une bande-son envoûtante. Annoncé par certains comme une pépite ou même présenté comme le nouveau "Journey", le titre s'inscrivait volontiers dans cette nouvelle vague des jeux "indépendants" ayant pour volonté de proposer au joueur une expérience bien plus qu'une "simple" session de jeu, notamment grâce à une ambiance et une atmosphère uniques.

Sorti en automne 2013 dans une période où la pluie gagnait progressivement nos régions, celle-ci semblait donc avoir également décidé d'élire domicile sur le Playstation Store sous l'avatar de rain, jeu exclusif au PSN particulièrement attendu depuis plusieurs mois.

Rain vous propose d'incarner un jeune garçon à la recherche d'une petite fille dans une ville fantôme où la pluie occupe une place prépondérante. Alternant phases d'exploration et d'infiltration, vous devrez comprendre comment et pourquoi vous êtes arrivé dans ce lieu où seule la pluie vous rend visible, et où la nuit domine. Son scénario se dévoilera progressivement au fur et à mesure de votre avancée, sous la forme de petits phrases descriptives s'intégrant au décor et de courtes cinématiques très enfantines
.

Contenu du jeu


La beauté des lieux ne doit pas faire oublier l'hostilité du monde dans lequel vous êtes.
Très vite, on comprend que le jeu a été pensé pour être accessible au plus grand nombre. Malgré l'immensité de la ville dans laquelle vous débutez, les chemins pouvant être empruntés sont rigoureusement délimités, ne permettant aucun écart scénaristique. Ce corset narratif s'exprimera également à travers votre personnage, passablement limité. Vous aurez la possibilité de courir, de sauter et d'interagir avec certains objets. C'est tout. Pour ce style de jeu, ce n'est pas foncièrement gênant même si quelques actions supplémentaires n'auraient pas été préjudiciables.

Votre exploration de la ville sera parcourue par un fil d'Ariane, ou plutôt devrais-je dire par une pluie d'Ariane : le principe de visibilité et d'invisibilité. Vraie bonne trouvaille, cet élément contextuel est directement lié à la pluie, essence même du jeu. En effet, votre personnage ne sera visible à l'écran que lorsqu'il se trouvera noyé sous les trombes d'eau incessantes balayant la métropole dans laquelle vous êtes. Autrement dit, vous disparaîtrez lorsque vous vous trouverez à couvert, ne laissant plus trace de votre existence que l'empreinte de vos pieds sur le sol.
Ce système s'appliquera également aux ennemis qui émaillent le jeu : dès lors qu'ils ne seront plus sous la pluie, ils deviendront invisibles, rendant leur repérage très difficile. Le jeu favorisant la discrétion à l'action, il vous faudra donc vous servir de tous les éléments du décor mis à votre disposition pour traverser une zone peuplée d'ennemis sans vous faire repérer. Une idée simple, mais terriblement efficace.

Quant aux différentes énigmes incorporées dans le jeu, celles-ci ne ralentiront guère votre progression, la difficulté globale du titre étant quasi-inexistante : néanmoins, elles exploitent pleinement le principe de visibilité et d'invisibilité précédemment évoqué, et prennent tout leur sens lorsque vous êtes accompagné par la petite fille. Fluide et accessible, on n'en demande pas forcément plus.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


La mélancolie du jeu est parfaitement retranscrite à travers un level design particulièrement soigné.
Mais si rain se distingue, c'est avant tout par sa réalisation exemplaire. Le jeu dispose en effet d'une finition très impressionnante. La ville dans laquelle vous commencez l'aventure a été entièrement modélisée selon une architecture victorienne, style néo-renaissance. Seul dans la nuit, vous avancez au gré des boulevards en découvrant les façades des bâtiments éclairés par des lampadaires, avec la pluie pour seul écho. Grâce à cette atmosphère de ville-fantôme, le jeu parvient ainsi à créer une sensation de solitude renforcée par la mélancolie latente, pour ne pas dire la tristesse, que provoque la pluie.
Au cours de votre voyage, vous serez amené à découvrir différents lieux chargés d'émotion, telle qu'une église désertée, ou encore un cirque où l'on croirait presque entendre les rires des enfants. Mention spéciale au cimetière, qui nous pousse sans vraiment que nous nous en rendions compte à une méditation contemplative. Les jeux d'ombre et de lumière sont très réussis, et les décors suffisamment variés pour ne pas ennuyer le regard. On sentirait presque la pluie sur nous.

Cette empreinte graphique ne serait rien (ou si peu) si elle n'était servie par une bande-son de qualité. Et là encore, le travail effectué sur les pistes musicales force le respect. Vecteur des sentiments, le médium musical vous accompagnera tout au long du jeu. Chaque goutte de pluie semble trouver son écho dans une note de piano, et les émotions des deux protagonistes seront exprimées par le biais d'une composition musicale d'exception. Avec légèreté comme avec gravité, en fonction des situations. La musique, pour ainsi dire, transforme le sens de l'image. On sent bien qu'un effort tout particulier à été fourni sur cet aspect du jeu, et le prix de vente de la bande-son (7,50 euros lors de sa sortie) en est un amer révélateur. Amer, car le jeu semble presque parfois se reposer exclusivement dessus.

Même si ce n'est pas foncièrement gênant, on notera toutefois de petits ralentissements à l'écran lors du passage d'une scène à une autre. A cela s'ajoute une coéquipière parfois peu réactive, en particulier lorsque l'écart entre vous et elle commence à se creuser. Rien d'alarmant, même si l'on s'étonne de trouver ce genre de défauts alors que tout le reste est parfaitement maîtrisé.

 

Note : 5/5

Plaisir à jouer et à rejouer


La variété des décors ne fait pas toujours oublier le cloisonnement du jeu.
Les premières minutes de Rain sont réellement captivantes. Le monde dans lequel nous évoluons nous émerveille, et la musique nous touche au plus profond de notre être. Le scénario, même s'il a été pensé pour être compris des plus jeunes joueurs, possède néanmoins un double niveau de lecture qui repose sur une compréhension tacite du joueur. En ce sens, le démarrage est excellent, notamment grâce au principe d'invisibilité très prometteur, et l'on suit avec le plus grand des plaisirs cette "romance sans paroles".

Mais rapidement, les limites du jeu sont atteintes. Très répétitif, car limité dans son gameplay, le jeu tourne en vase clos, ne laissant place à aucune fantaisie ou liberté personnelle. L'atmosphère, aussi envoûtante soit-elle, demeure similaire d'un pan à l'autre du jeu, l'émerveillement laissant progressivement place à la lassitude. L'absence totale de challenge n'aide pas à redonner de l'intérêt au jeu, et la mélancolie à outrance finit par ne plus produire d'effet. Même si les deux derniers niveaux demandent un peu plus d'attention, la magie n'opère plus.

La frustration est à son comble lorsque l'aventure s'achève au bout de trois malheureuses heures de jeu. Certes, les jeux indépendants se distinguent rarement par leur longévité : mais lorsque l'on sait que rain était initialement vendu à près de 13 euros, on se dit que l'on était quand même en droit d'attendre un contenu plus étoffé. S'il fallait forcer le trait, on pourrait même se demander s'il ne s'agit pas bien plus d'une démo très longue que d'un jeu très court.
Vous vous douterez par ailleurs que la re-jouabilité est totalement absente dans ce genre de titre, le jeu n'étant qu'un très long couloir balisé.

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


"Pourquoi n'ai-je pas une liste des trophées digne de ce nom ?"
Soyons clairs, la liste des trophées de rain ne présente aucun intérêt. Pire encore, elle gonfle artificiellement la durée de vie d'un jeu auquel on ne rejouera probablement plus jamais et que l'on aimerait supprimer de son disque dur. La grande majorité des trophées s'obtiendra en complétant les huit chapitres que comporte le jeu : les trophées restants, quant à eux, vous demanderont de récupérer différents souvenirs éparpillés à travers la ville. En résumé, aucun trophée contextuel, uniquement de l'histoire et de la collecte.

Mais ce qui est plus dérangeant, c'est que ces souvenirs (qui n'apportent aucun élément scénaristique majeur) ne sont accessibles qu'après avoir terminé le jeu une première fois. Autrement dit, il faut immanquablement refaire le jeu une seconde fois pour atteindre le 100%. Sans surprise, les objets à collecter sont très simples à récupérer et peuvent très bien s'obtenir sans aide externe. Il y a du challenge, ou il n'y en a pas.

Au final, cette liste a au moins le mérite de coller parfaitement au jeu lui-même : simple, courte, et lassante sur la fin.

 

Note : 2/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
13/20

Rain était un jeu très attendu. Disposant d'un univers soigné et d'une composition musicale de grande qualité, le jeu pèche par une durée de vie bien trop courte et par un gameplay très limité. Sans révolutionner le monde des jeux indépendants, il demeure agréable à faire, même s'il était capable de beaucoup plus. Dommage !

Je recommande ce jeu :
Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile