Test : Danganronpa V3 : Killing Harmony


Danganronpa V3 : Killing Harmony
  • 1
  • 4
  • 10
  • 26
Note des joueurs :
4.9/5 - 10 notes
Note des platineurs :
4/5 - 5 notes

Danganronpa V3 : Killing Harmony

ps4
vita


41 trophées au total
29 trophées cachés

166 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 23 joueurs (14 %)
100% par : 23 joueurs (14 %)
Note du jeu
16/20
Discuter du test

Test du jeu
Danganronpa V3 : Killing Harmony

  • Test rédigé par DarkCid le 07-11-2017 - Modifié le 07-11-2017


Introduction


Image
Image

Après nous avoir offert un premier opus sanglant, une suite meurtrière et un spin-off en demi-teinte, la Team Danganronpa revient à la charge avec Danganronpa V3 : Killing Harmony, qui se veut être à la fois une suite et un nouveau départ pour la saga, mais je n'en dirai pas plus. Mêlant comme à son habitude Visual Novel et jeu d'enquête, ce nouvel épisode développé encore une fois par Spike Chunsoft a-t-il les reins assez solide pour supporter l'héritage de ses prédécesseurs ou s'écroulera-t-il sous le poids de la lassitude ?

Bienvenue à l'Académie des Prodiges Condamnés ! En compagnie de seize Lycéens Ultimes, venez assister à une toute nouvelle Tuerie, orchestrée par moi-même, l'incontournable, l'inimitable, l'irremplaçable mascotte du Désespoir : Monokuma ! Mais je ne serai pas seul à diriger ce charmant massacre puisque mes chers petits enfants seront là pour vous divertir, les Monokumers ! Venez, vous ne regretterez pas le spectacle des ces jeunes gens cherchant désespérément une sortie à leur prison. Mais il n'y en a pas. Le seul moyen sera de se plier à mes conditions : tuer l'un des leurs ! Et ne vous en faites pas, je sais toujours comment les motiver. Alors... que cette nouvelle tuerie commence ! Pupupu !

Contenu du jeu


Une histoire toujours aussi... "Pupupu ! Moi je sais comment elle finit cette histoire, et ne comptez pas sur moi pour vendre la mèche, mwahahah !"
Image

À l'image des précédents épisodes, Danganronpa V3 : Killing Harmony est un jeu qui repose principalement sur son histoire, contée à travers les yeux du protagoniste principal. Et encore une fois, cette histoire met en avant un groupe de seize lycéens dits "Ultimes", chacun possédant un talent qu'il a poussé à son paroxysme. Ces lycéens vont se retrouver enfermés par Monokuma, un ours en peluche ne désirant qu'une chose : les voir s’entre-tuer. Mais pas façon Battle Royale ou Hunger Games. Il s'agit ici d'un jeu de massacre plus subtil où la principale préoccupation d'un meurtrier sera, comme en vrai, de ne pas se faire prendre à l'issue de l'enquête que mèneront ses camarades. Même si la formule n'a plus rien de surprenant, elle n'en reste pas moins efficace : enquêter sur un meurtre en sachant pertinemment que l'une des personnes qui enquêtent avec nous est forcément coupable et qu'elle essaiera de fausser les pistes.

Mais si la forme reste inchangée, c'est évidemment au niveau de l'écriture qu'il faut s'attarder. Car dit-on d'une bonne série policière à chaque épisode que c'est lassant ? Non, on prend plaisir à découvrir chaque meurtre car ils sont toujours amenés par un scénario de très bonne facture. Je dirais même qu'il s'agit peut-être de l'épisode le mieux écrit de la saga mais ceci n'engage que moi (et cela ne m'empêche pas d'adorer les deux autres). Tout d'abord, ce scénario nous sert des personnages toujours haut en couleurs mais certains sortent clairement du lot et auraient clairement leur place dans un "Danganronpa All-Star". Je ne les citerai pas tous, mais on va quand même en voir deux-trois qui sont particulièrement intéressant comme Gonta Gokuhara, une sorte de Tarzan gentleman, une armoire à glace faisant froid dans le dos mais qui est pourtant un véritable ours en peluche et apporte constamment une bonne dose de tendresse et de calme. Totalement opposée, Miu Iruma est sans conteste le personnage le plus vulgaire de toute la saga. Inventrice de génie, bombe sexuelle et totalement obsédée, Miu marquera les esprits... mais pas autant que le troisième exemple : Kokichi Oma. "Ultime Despote", menteur compulsif au visage enfantin, il est l'un des personnages le plus intéressant de toute la saga, si ce n'est le meilleur tant son écriture est maîtrisée. En constant équilibre entre vérité et mensonge, personne ne sait vraiment ce qu'il pense et on se demande même parfois s'il le sait lui-même. Est-il de notre côté ? Est-il de mèche avec Monokuma ou pire celui qui tire les ficelles ? Impossible à dire avant le dénouement final de l'histoire.

Au delà des personnages, l'histoire de troisième opus est à la hauteur de ses protagonistes. Si on évite pas un ou deux chapitres un peu classiques, le reste est simplement à tomber. Et cela commence très fort dès le chapitre 1 nous offrant un retournement de situation en plein procès presque impossible à anticiper et qui donne tout de suite le ton pour le reste de l'aventure en envoyant un message fort, un message disant que même les connaisseurs du genre ne verront rien venir. Ni le choc émotionnel de l'un des procès suivants, ni l'improbable enquête sur une victime non identifiée, mais surtout pas le twist final. Je lance d'ailleurs le défi, celui de deviner la fin du jeu. Car les scénaristes sont allés très loin cette fois avec une fin qui pourra diviser les fans, mais qui ne laissera personne de marbre en comprenant la véritable nature de cette tuerie.

Image

Une fois venu à bout du mode Histoire, on se rend vite compte que le jeu a encore beaucoup à proposer. Tout d'abord, vous aurez le droit comme pour les autres épisodes à un mode vous permettant d'apprendre à mieux connaître les quinze autres lycéens. Rien de bien transcendant, mais au moins ce mode évite de repasser par la sélection de chapitre pour approfondir la personnalité de chacun. La Galerie quant à elle donne accès à... à peu près tout, vidéos, images, musiques mais surtout Casino ! Et oui Danganronpa se met aux mini-jeux de hasard et vous propose des machines à sous, un jeu de course, de pêche et un démineur. Un bonus plaisant et qui reprend certains mini-jeux des procès de classe (sur lesquels on reviendra un peu plus loin).

Mais la plus grosse surprise vient des modes restants, trois pour être précis. En premier, on a le droit de s'essayer à une sorte de jeu de l'oie où vous choisirez un personnage parmi tous les protagonistes des trois jeux Danganronpa (soit 53 personnages) et vous le ferez évoluer sur le damier afin de lui faire gagner de l'expérience et des compétences au gré de trois années. Dans quel but ? Et bien l'envoyer dans le deuxième mode du trio : un Dungeon-RPG à parcourir au grès des combats rappelant les vieux Dragon Quest. Une belle surprise que voilà, un véritable jeu dans le jeu. Toutefois, vos personnages ne gagnent pas d'expérience dans ce donjon mais de l'or et de l'équipement. Et l'or sert dans le dernier tiers du trio : la machine à carte façon Gatcha Game vous permettant de récupérer de nouveaux personnages, de plus en plus puissant selon la rareté de la carte. C'est donc un cycle régulier entre les trois modes qui s'opère et l'ensemble est très plaisant et donne clairement l'impression d'avoir finalement acheté deux jeux pour le prix d'un, un visual novel et un RPG old-school.

 

Note : 5/5

Aspect technique du jeu


Graphiquement, les personnages sont... "Pupupu ! C'est quoi cette obsédée de première ? Tu va la fermer oui ?! On va avoir des problèmes avec Familles de France si ça continue !" ... c'est sûr qu'à côté du massacre de seize lycéens, la vulgarité c'est vraiment le problème principal ici...
Image

Graphiquement, le jeu est dans la lignée des précédents épisodes, adoptant un style manga qui lui est propre avec ses personnages haut en couleurs au design impeccable. Ceux-ci sont accompagnés par des doubleurs de qualité (enfin les doubleurs japonais, car bon les doubleurs américains sont catastrophiques en comparaison) et point positif pour les connaisseurs de la saga, les voix sont beaucoup plus présentes. D'ailleurs puisqu'on aborde le sujet, laissant les graphismes de côté un instant pour parler de la localisation. Pour la première fois après trois jeux (sans compter les nombreux portages), nous avons enfin droit à une version française des textes. Et cette traduction est... fantastique ! Il est rare de mettre en avant une localisation, mais celle-ci mérite amplement des éloges tant l'adaptation est réalisée de main de maître, évitant les traductions mot-à-mot et cherchant toujours à adapter les jeux de mots à notre langue. Cela se voit avec des choses simples, comme les Monokumers, ces ours en peluche, qui débarquent en disant "Bonj-ours !" et repartant sur un "À pluche !". Cela semble peu, mais ces par ces nombreux détails que l'on remarque le travail fourni. Le travail pourra même paraître trop bien fait car respectant même le fait que certains personnages sont appelés par leur prénom par certains et par leur nom de famille par d'autre. C'est logique mais en tant que Français, cela est assez difficile parfois d'identifier de qui on parle à moins de connaître par cœur les seize noms et prénoms très japonais (à une exception près, merci à Ki-Bo, le lycéen robot).

Profitons donc de ce point extrêmement positif pour s'occuper du point noir du jeu : les environnements. S'ils sont d'un meilleur niveau que lors des précédents épisodes (développés à l'origine pour la PSP, donc encore heureux), ils restent assez pauvres finalement. Certes cela fait parti du charme de la saga, mais quand même, cela ne donne pas l'impression d'un jeu PS4 mais plutôt PS3. Heureusement, on ne s'y attarde que rarement.

Le tout est accompagné par une bande-son de qualité. Déjà, cela ne fait jamais de mal de le rappeler, le casting vocal est impeccable. Chaque doubleur fait vivre son personnage de façon magistrale, surtout pendant les procès. Et c'est aussi pendant ces procès que le reste de la BO marque. Chaque phase se vit avec intensité et s'accompagne d'une musique reflétant parfaitement chaque situation. Mention spéciale à la piste accompagnant les phases de Mêlée, une perle d'intensité qui donne presque envie de faire durer cette phase quitte à y perdre quelques points de vie.

Finissons par noter l'absence de bug notable (bon en fait il y en avait un gros à la sortie du jeu, mais comme il a été corrigé depuis...) ou de soucis de sauvegarde... même si le système de sauvegarde aurait mérité d'être personnalisé plutôt que d'utiliser le système par défaut de la PS4, généreux en demande de confirmation, surtout que le jeu vous demande très souvent de sauvegarder dès que vous avez tendance à passer d'un mode à l'autre. C'est un détail, mais à la longue, cela peut devenir ennuyant.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Les procès sont encore une fois le point... "Pupupu ! Besoin de muscles pour votre affrontement ?" ... mais tu vas me laisser parler oui ?!
Image

Etant donné que la nature principale du jeu est d'être un visual novel, personne ne sera surpris d'apprendre que la plus grosse majorité du plaisir à jouer se retrouve dans l'histoire. Comme mentionnée plus haut, celle-ci est de très bonne facture et peut sans rougir concourir avec les autres épisodes pour la médaille d'or. Si l'histoire du premier Danganronpa restera pour moi au sommet (mais pour des critères parfaitement subjectifs pour le coup), Danganronpa V3 a su me balancer des chocs émotionnels comme jamais la série ne l'avait fait. C'est la première fois où chaque chapitre me fait dire au moment du meurtre ou du procès "oh non, pas lui (ou elle) !". Et là je ne parle que de l'identité des victimes/assassins, car les retournements de situations sont parfois tout aussi bouleversants, en particulier le chapitre final qui propose des révélations dépassant tout ce que l'on pourrait imaginer.

Mais l'histoire seule ne suffit pas et elle est encore une fois assistée avec brio par le point fort de la saga : les procès de classe. Ils sont encore une fois la principale attraction de ce parc macabre, celle que l'on voudrait pouvoir revivre plusieurs fois comme si c'était la première. Si certains diront que les procès ont toujours cette tendance à être extrêmement bavards, je ne peux pas vraiment les contredire mais chaque discussion emmène le joueur vers l'issue fatale du tribunal de Monokuma au gré des mini-jeux retranscrivant à merveille la tension et la pression que subissent les personnes dont la vie est en jeu. En effet, pour ceux ne connaissant pas bien cet univers, je rappelle que lors des procès, si le coupable n'est pas identifié, il ressortira vivant du tribunal tandis que tous les autres seront exécutés. Cet état de fait provoque énormément de clashs pendant les procès, allant parfois jusqu'à des affrontements parfaitement violents (mais toujours verbal quand même). Les quelques phases nouvelles comme les débats panique et mêlée retranscrivent à merveille cette atmosphère pesante, nous impliquant toujours d'avantage et donne cette merveilleuse impression de faire partie de l'histoire.

Et quand on finit enfin par arriver au bout de l'histoire (ou plutôt après avoir prit le temps de s'en remettre), on s’aperçoit avec les modes bonus que le jeu a encore beaucoup à nous offrir. Certes, rien d'aussi puissant en terme d'émotions, mais tout de même. Le triple mode RPG dont je vous parlais plus tôt ravira les fans de RPG old-school dont je fais partie (je préfère cent fois jouer à ce "petit mode bonus" plutôt qu'au récent FFXV, c'est vous dire). Que du bonheur me direz-vous ? Et bien oui, mais Monokuma est vicieux et il sait toujours comment nous faire mal au pire moment...

 

Note : 5/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Une liste de trophées vraiment... "Pupupu ! T'as vu ? Il regarde sous sa jupe le petit coquin." ... bon OK j'abandonne...
Image

Au premier abord, la liste des trophées est très fidèle à la saga. On se débarrasse assez vite des trophées liés à l'histoire, plus nombreux que d'habitude ceci dit, pour aller dans le vif du sujet. On retrouvera encore quelques classiques, comme les quelques trophées liés aux différents procès. Il manque étonnamment les trophées qui demandaient de finir un procès sans prendre de dégâts ou sans utiliser le ralenti, mais ce n'est pas plus mal car certains mini-jeux sont assez difficiles à réussir en perfect, même avec une soluce. On évite pas en revanche le trophée des lignes de sarcasme à éliminer, ces phrases apparaissant pendant les débats et ayant pour but de gêner vos actions. Pas très intéressant comme d'habitude, on s'en serait bien passé.

Ce n'est d'ailleurs pas le seul trophée de farm qu'on aurait voulu éviter avec les milles objets à pousser dans le jeu. Facile à faire quand on s'y prend tôt, mais diablement ennuyant si on ne s'y intéresse qu'à la fin de notre quête, tout comme le trophée du niveau 99, niveau qui ne sert pas à grand chose dans le jeu si ce n'est permettre d'activer plus de compétences, compétences dont on peut facilement se passer.

Mais le véritable cauchemar arrive quand on examine de plus près les modes bonus du jeu. Le mode RPG est excellent, mais ses pics de difficulté réguliers obligent beaucoup trop souvent à renouveler intégralement son équipe. Et le mode d'entraînement des personnages est loin d'être palpitant. S'il est amusant les premières fois, devoir se le farcir dès qu'on bloque dans le Donjon devient très lassant. Le pire étant que même une fois le Donjon terminé, il faut continuer le mode entraînement car le jeu vous demande d'entraîner les 53 personnages du jeu. Vu qu'il vous faut entre dix et vingt minutes par personnage, on se rend vite compte du temps improbable qu'il faudra consacrer pour un trophée ridicule.

Et ce n'est toujours pas fini. Si la compilation des deux premiers épisodes avaient eu le bon ton de nous épargner les trophées liés à la galerie, V3 revient aux bases et nous oblige de nouveau à la compléter. Et cela demande du temps. Entre les liens d'amitiés à compléter, les scènes optionnelles/cachées et les passages par le Love Hotel, tout cela devient très ennuyant.

Mais la cerise sur le gâteau se trouvera au Casino. Si les mini-jeux qui s'y trouvent sont à la base une bonne idée, les trophées qui y sont liés ne le sont définitivement pas. Autant le jeu de course peut finalement être terminé après quelques essais, celui de la pêche demandera un peu plus d'efforts et de chance, celui du démineur quant à lui sera un véritable cauchemar ! Le score demandé en mode difficile est si élevé qu'il faudra passer de nombreuses heures sur ce mini-jeu en espérant que la chance pointe le bout de son nez, car si la partie suit des règles précises, impossible de nier la part de chance dans votre réussite.

Bien joué Monokuma, tu a encore réussi à transformer la joie en désespoir. Bien joué...

 

Note : 2/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
16/20

Danganronpa V3 : Killing Harmony est une suite digne de ses prédécesseurs, fidèle à ses aînés tout en leur étant supérieur sur pas mal de points. Les scénaristes ont encore une fois fait de l'excellent travail, sublimé par une VF d'une qualité irréprochable. Généreux dans les émotions qu'il transmet, il l'est tout autant dans la densité de son contenu au travers de mode de jeu bonus qui pourraient très bien faire office de deuxième jeu. Si on regrette une liste de trophées demandant beaucoup trop d'investissement sur ces modes bonus, cet épisode est un incontournable pour les fans de la série mais aussi pour tous les fans de visual novel. S'il se plante sur les trophées, ne vous y trompez pas : ce jeu est une vrai petite perle !

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux fans de la série, Aux chasseurs de trophées/platine difficile