Test : Blue Reflection


Blue Reflection
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Note des joueurs :
4.8/5 - 4 notes
Note des platineurs :
4.8/5 - 4 notes

Blue Reflection

ps4
vita


47 trophées au total
46 trophées cachés

45 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 26 joueurs (58 %)
100% par : 26 joueurs (58 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
Blue Reflection

  • Test rédigé par Kyp-chan le 13-01-2018 - Modifié le 09-07-2018



Introduction


Les trois « magical girls », Yuzu, Hinako et Lime.
Né dans les studios de Gust à Nagano, Blue Reflection est le troisième et dernier jeu de rôle du projet « Beautiful Girls Festival » (美少女祭り) du développeur, relativement connu pour sa licence Atelier, et plus récemment pour celle de Nights of Azure. Sorti sur notre continent le 29 septembre 2017, six mois après l'archipel, ce J-RPG un peu atypique, finalement comme tous ceux du studio, est édité par la société mère Kōei Tecmo.

Sous-titré Maboroshi ni Mau Shōjo no Ken dans son pays d'origine (幻に舞う少女の剣 - Sword of the Girl Who Dances in Illusions), le titre vous fait incarner Hinako Shirai, une lycéenne de première année qui a dû arrêter la pratique du ballet suite à une blessure à la jambe. Sa vie va quelque peu changer lorsqu'elle fera la connaissance des sœurs Shijō, Yuzu et Raimu (Lime) qui lui feront découvrir un monde parallèle. Ce Common est un lieu dans lequel Hinako peut bouger librement, sans ressentir de douleur à la jambe, et où les émotions humaines se cristallisent. Sans dévoiler plus en avant l’intrigue ici, il sera de votre devoir en tant que Reflector de récupérer les fragments ainsi cristallisés.

Hormis les passages dans le Common, l'action a lieu dans un lycée pour jeunes filles ; vous ne croiserez donc pas un seul garçon (ni monstre tentaculaire d'ailleurs). Le jeu est souvent considéré comme s'inscrivant dans le sous-genre des magical girls de la fantaisie japonaise. L'élément le plus caractéristique est certainement celui matérialisé en sautant dans le Common. À l'image des Sailors Senshi de Sailor Moon qui se « transforment » (♪ par le pouvoir du prisme lunaire... ♫), nos trois héroïnes changent de vêtements dans une animation similaire, en remplaçant toutefois la marinière d’antan par un tutu pour mieux rappeler le rêve de ballerine de Hinako. Ces éléments contextuels laisseront peu de doute quant au pays d'origine du jeu et le public visé reste probablement plutôt masculin.

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Contenu du jeu


Rien ne vaut une visite au temple pour resserrer les liens.
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La formule « simulateur de vie d'une jeune fille japonaise » résume assez bien une bonne moitié du contenu du jeu. L'action se situe essentiellement dans le lycée, et sur la douzaine de chapitres qu'il comporte, les neufs premiers vous permettront de faire progressivement la connaissance d'autres lycéennes. L'avancement dans la trame narrative ne pourra se faire qu'en discutant avec elles, après les cours. Outre que cela permet de récupérer leurs numéros de téléphone afin d'échanger quelques mots avec une application de messagerie instantanée, vous gagnerez également un de ces fragments, utiles pour les phases de combats. Pour approfondir vos relations et renforcer vos liens, vous devez sortir avec chacune d'entre elles après les cours. Vous vous rendrez alors aléatoirement au temple, dans un parc, au konvini, dans une boutique quelconque, ou encore au karaoké quand il ne s'agira pas du cinéma. Chaque sortie se résume à une petite scène avec quelques lignes de texte. Cette sociabilisation, plus ou moins intéressante suivant votre interlocutrice, est le cœur du jeu puisque c'est par elle que passe le développement de votre héroïne et de ses deux acolytes. En effet, le renforcement des liens permet de gagner des points de croissance pour monter le niveau de vos Reflectors et débloque de nouveaux évènements afin de gagner plus de fragments pour être plus efficace en combat.

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Chaque nouvelle lycéenne rencontrée montrera un comportement émotionnel instable, toujours pour une raison différente. C'est là que vos pouvoirs entrent en jeu, en sautant dans le Common pour identifier la source du mal-être et ainsi trouver les mots afin de stabiliser votre interlocutrice. À cette fin, il faudra d'abord, au sein de ce monde particulier, chercher la présence du fragment émotionnel défaillant en se frayant un chemin au milieu des ennemis. Ceux-ci, tout comme l'environnement, dépendent du type d'émotion dont il est question, joie, peur, colère ou tristesse. Les combats se déroulent au tour par tour en fonction de la position des Reflectors et des monstres sur une ligne temporelle. Quelques attaques permettent de faire reculer les ennemis sur la ligne, retardant leur tours, parfois significativement. Le système de combat est assez dynamique et possède une certaine profondeur, notamment du fait de la possibilité d'ajout de fonctionnalités à des sorts en y plaçant les fragments récupérés. Cette richesse est toutefois occultée par le fait que la plupart du temps on en viendra à utiliser toujours le sort de zone le plus puissant pour éliminer les ennemis d'un coup, car les points de magie sont récupérés entre les combats. Cela pourra en déranger certains, mais votre serviteur préfère nettement cette configuration à celle empêchant l'utilisation des attaques puissantes par manque constant de points de magie. En outre l'importance des combats peut apparaître limitée dans la mesure où ils ne procurent aucune expérience, celle-ci s'acquiert uniquement par la sociabilisation. Les objets récupérés en fin de combat servent à l'amélioration des fragments, ce qui est, malgré tout, toujours bon à prendre.

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Le soir venu, vous aurez l'occasion de choisir d'aller dans le bain, d'étudier, ou de vous étirer afin de bien préparer la journée du lendemain. Suivant l'activité réalisée, une scène se lancera à l'issue de laquelle, les premières fois, vous gagnerez un bonus de quelques points pour une statistique. Pouvant être bouclé en une vingtaine d'heures en se concentrant sur la trame principale, le contenu textuel du jeu est important et inviterait presque à demander quelques éléments actifs supplémentaires. Presque, car il serait dommageable de déséquilibrer la fragile harmonie dont semble être empreint Blue Reflection, servie par la poésie des sentiments humains de l'adolescence et une narration mélancolique parsemée de combats plutôt dynamiques.

On notera enfin que le jeu possède des DLC permettant d'obtenir des costumes supplémentaires. Au vu du modèle économique, on sent la patte de Kōei Tecmo pas très loin. Les possesseurs de DLC pourront se rendre dans la salle d'habillage pour y contempler les costumes sur les différentes filles, mais la fonctionnalité est censurée sur la version européenne. On appréciera, ou non, le travail de « culturalisation » effectué.

Trophee

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Quatre jeunes filles construites sur le même modèle, ou presque.
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Plonger dans le monde de Blue Reflection est une source de ravissement presque constant. Le chara design est assuré par Mel Kishida, artiste ayant préalablement travaillé sur la série animée Hanasaku Iroha ainsi que sur la trilogie Arland de la série Atelier. Son coup de crayon est enjôleur et les illustrations qui apparaissent çà et là au gré des menus en témoigneront. Au niveau de la 3D et de l'environnement, le constat est un peu plus mitigé. Les personnages sont plutôt beaux et bien modélisés pour le genre, mais les visages ont tous la même forme. On différencie les filles un peu par leurs yeux et leur taille, parfois par quelques attributs vestimentaires, mais surtout par leur coiffure. Avec le travail identitaire apporté à chaque interlocutrice principale, cette réutilisation du même modèle serait passé assez facilement inaperçue s'il n'y avait pas eu les personnages secondaires pour épurer le procédé et le mettre à jour, ou plutôt en faire prendre conscience. Dans le même registre, on pourra citer une certaine pauvreté du bestiaire. Sans compter les boss, assez travaillés et qui possèdent tous un nom issu de la cosmogonie kabbalistique, il y a une quarantaine de types de monstres mais avec seulement dix modèles différents. Chaque modèle est répété quatre fois, dans des coloris alternatifs. On remarquera que d'autres éléments mineurs sont également modifiés, mais dans l'ensemble on ne distingue pas trop les variantes. Par contre leur modélisation est aussi soignée.

Au niveau des décors, les zones fermées, à l'intérieur du lycée, sont plutôt réussies, avec une mention spéciale pour la bibliothèque, si l'on y regarde pas de trop près, mais dès qu'il s'agit de l'extérieur, c'est tout de suite beaucoup plus vide. Cela se voit à travers la fenêtre de la bibliothèque, depuis le toit du lycée, ou encore dans le Common. Dans ce dernier, le petit îlot sur lequel on peut se promener est plutôt bien maîtrisé, sans fourmiller de détails non plus, mais l'arrière-plan semble presque vide en comparaison.

Enfin, les animations illustrant les attaques des protagonistes sont belles, fluides, relativement diversifiées et baignent dans des effets de lumières tout à fait adaptés à des magical girls. Quant aux cinématiques, elles sont toutes splendides, qu'il s'agisse des transformations, pas trop fréquentes, ou des séquences de combat contre les boss.

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Sur le plan musical, le jeu s'en sort à merveille. Écoutable depuis le smartphone de Hinako, la bande son, tantôt douce et poétique, tantôt plus pop et exaltée, accompagne comme il se doit les différents sentiments véhiculés par l'intrigue et les moments plus nerveux. Le fond sonore des combats change d'ailleurs avec la progression dans l'histoire pour donner un peu plus de rythme. Le doublage japonais est bon et participe à l'attribution d'une personnalité propre aux différentes jeunes filles. On regrettera que certaines scènes ne soient pas doublées. Concernant les sous-titres, ceux-ci sont exclusivement en anglo-américain et assez peu de budget semble y avoir été alloué. Certains lignes de dialogues ont clairement été romancées par rapport à la version originale, mais le travail de traduction est bon, si l'on exclu la description des effets de certains fragments, et les mots employés sont en majorité simples. Une relecture n'aurait cependant pas été superflue pour supprimer les mots en double et rectifier les fautes de frappes. Il y a certes pas mal de texte, mais il ne s'agit malheureusement pas que de quelques occurrences ; j'ai déjà lu des visual novels plus long avec moins d'erreurs.

Trophee

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Lime s'apprête à lancer une attaque dévastatrice dans les rangs ennemis.
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Je ne crois pas pouvoir cacher plus longtemps toute l'affection que j'éprouve pour ce petit bijou vidéoludique que j'ai pris plaisir à faire, par petit bouts. Dès que les premières notes de la mélodie agrémentant l'écran-titre ont retenti, je fus subjugué. Cet air délicat, laissant parfois entendre faiblement le signal sonore d'un passage à niveau (détail important), m'invitait dans un univers apaisant. Ce sentiment de quiétude ne m'a pas quitté pendant tout le jeu, lorsque je me promenais avec Hinako dans les couloirs du lycée ou ses espaces extérieurs. Il y a une atmosphère singulière, un peu comme si le temps était suspendu. De fait, pour peu que l'on ne valide pas les objectifs de mission trop vite, on peut avancer tranquillement , à son rythme, dans les quêtes secondaires, et profiter des personnages, parfois attachants, en faisant défiler les jours comme s'il y en avait une infinité. Les développeurs ont même prévu un système de déplacement instantané pour retarder l'apparition de la lassitude qui naîtra des nombreux allers-retours à faire.

Au cours du jeu, on observe peu à peu notre héroïne grandir et se reconstruire. Même si l'histoire principale n'est pas révolutionnaire et non sans quelques maladresses, elle apporte son lot de surprises et l'on sent bien que la narration est une partie importante. Cela se confirme par la présence de trois romanciers dans l'équipe de développement (Keiichi Shigusawa, Yūsaku Igarashi et Kōji Natsumi) et rend le travail fait sur la localisation un peu plus frustrant encore. Blue Reflection est certes un jeu de rôle, mais il prétend à un peu plus de profondeur.

Le système de combat est assez recherché et lancer un sort de zone renforcé pour causer des dégâts massifs tout en régénérant les points de vie de l’attaquante est toujours particulièrement jouissif. Les affrontements contre les boss sont plutôt bien mis en scène et ils apportent régulièrement un changement de paradigme temporaire car ils s'organisent d'une façon un peu différente de ceux contre les monstres de base. L'intérêt du joueur est ainsi quelque peu maintenu.

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Pour l'anecdote, le jeu se déroule en été, et l'uniforme estival du lycée est constitué d'un chemisier blanc ainsi que d'une jupe plissée bleu foncé. Certains jours, le temps est à la pluie, et le chemisier se pare d'une élégante transparence, plus ou moins marquée selon la durée de la douche, tandis que les cheveux, le col, et la jupe s'animent de légers reflets pendant que l'uniforme sèche. Cet élément typiquement japonais pourra faire sourire. On ne manquera pas d'observer que les mouvements de la jupe de Hinako, lorsqu'elle marche, sont un peu trop erratiques pour faire naturel. Les initiés pourront remarquer que le nom du lycée, Hoshinomiya (星ノ宮), peut se traduire par le sanctuaire de l'étoile. L'interprétation est simple : le lycée fait office de lieu de protection et de développement pour l'étoile Hinako, le terme étoile faisant ici référence au ballet de l’Opéra national de Paris.

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Malgré tous les points positifs que je peux trouver à Blue Reflection, parfois discutables, il ne m'aura pas échappé son importante répétitivité dans sa construction et dans les actions qu'il y a à entreprendre, même en n'y ayant pas joué continûment. On enchaînera un peu machinalement les moments de sociabilisation puis les combats. La difficulté quasi-inexistante du titre, même en Hard ne poussera pas vraiment à exploiter la mécanique sous-jacente. Il n'y a guère qu'un ou deux engagements qui pourront retarder votre progression, si vous n'avez pas utilisé tous vos points pour monter de niveau. Chacun appréciera cet élément avec sa propre sensibilité, mais il reste qu'il est difficile de conseiller le jeu à un large public tant le sujet traité est particulier, assez marqué par la culture japonaise et pourra donc rebuter le public occidental qui retirera (au moins) un point de plus à la note de la section.

Trophee

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Il faudra « chatter » un certain nombre de fois pour compléter sa collection de trophées..
Sur les quarante-sept trophées que possède Blue Reflection, un peu plus de la moitié d'entre eux s'obtiendra automatiquement en arrivant au bout de l'intrigue. Ils ponctueront votre avancée à la fin de chaque chapitre, en terminant jusqu'à cinquante missions, et lors de l'éviction définitive des boss. Rien de compliqué puisque le mode difficulté importe peu et que le jeu se boucle facilement même dans sa difficulté la plus haute.

Restent alors tous les autres trophées, qui peuvent être manqués, et dont certains aident à la progression pour d'autres. C'est par exemple le cas de celui demandant de récupérer cinquante fragments qui s'obtient naturellement en cherchant à monter au maximum l'affinité avec les autres filles. Et cette affection de leur part sera recherchée pour obtenir pas moins de douze trophées, un pour chacune des lycéennes. Oui, douze lycéennes différentes ; et l'on aborde là un problème déjà évoqué dans la section précédente et qui concerne la répétitivité du titre. Chaque fille a sa propre histoire, son propre caractère et son centre d’intérêt particulier, mais cela ne suffit pas à faire taire la lassitude, même si monter l'affinité au maximum n'est finalement pas très long, même en profitant des dialogues.

Parmi les trophées qui n'ont pas encore été évoqués, on peut mentionner ceux attachés aux conditions d'obtention classiques comme monter au niveau maximum, améliorer complètement un fragment, ou fabriquer tous les objets, ce qui peut s'avérer délicat si l'on ne s'y prend pas tôt. Les deux derniers trophées à signaler sont plus exotiques et font appel à l'utilisation de votre smartphone. Tout à fait dans l'esprit du jeu, le premier consiste à « chatter » un grand nombre de fois avec vos amies grâce à l'application de messagerie instantanée. Vous pourrez trouver des sujets de conversation dans le lycée pour initier certains échanges. Enfin, un dernier trophée nécessite de jouer à l'application Dark Cave, mini-jeu à mi-chemin entre Princess Maker 2 et un jeu de Tamagotchi. Différentes fins sont possibles, et pour récupérer le trophée, il faut faire de votre monstre de compagnie virtuel la souveraine des autres monstres.

Il est toujours un peu délicat de traiter la question du plaisir procuré par la complétion d'une liste de trophées tant celui-ci dépend des goûts et des attentes des joueurs. Ce qui est certain, c'est qu'obtenir le trophée de platine se fera sans difficulté mais non sans une certaine répétitivité inhérente au genre. Rien de rédhibitoire, d'autant que la liste a le bon goût de ne pas demander spécifiquement de terminer le jeu plusieurs fois.

Trophee

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Empreint d'une narration poétique et mélancolique supportée par une bande originale sublime et des dessins soignés, Blue Reflection met en scène des magical girls dans des combats dynamiques au tour par tour. Assez répétitif dans sa construction et plutôt inégal sur le plan technique, c'est paradoxalement son univers très japonais qui en fait tout à la fois un vecteur d'intérêt et une grande faiblesse hors de l'archipel puisqu'il le destine fatalement à un marché de niche. Si l'univers vous attire, il serait dommage de passer à côté de ce jeu de rôle au trophée de platine relativement simple ; autrement, passez votre chemin.

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