Test : Vampyr


Vampyr
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Note des joueurs :
3.9/5 - 15 notes
Note des platineurs :
3.8/5 - 4 notes

Vampyr

ps4


29 trophées au total
17 trophées cachés

351 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 79 joueurs (23 %)
100% par : 79 joueurs (23 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
Vampyr

  • Test rédigé par yuutsu le 17-06-2018 - Modifié le 17-06-2018


Introduction


Un cimetière au crépuscule : le thème est annoncé.
La résurrection d'un studio mort-vivant

Le succès faramineux de Life Is Strange a permis au studio indépendant français Dontnod de ressortir la tête de l'eau, lui redonnant une activité riche en projets et nouveaux jeux. Vampyr, longtemps attendu, pointe donc son nez en juin 2018 rappelant à tout un chacun que le studio est reparti, neuf et clinquant, gorgé de sang neuf. Troisième jeu de Dontnod, il symbolise avant tout le renouveau d'un studio qui avait lancé Life Is Strange, tel Square Enix à son époque, avec Final Fantasy : le jeu de la dernière chance.

Comme son nom l'indique, Vampyr s'attaque à un mythe maintes fois repris aussi bien dans l'univers vidéoludique que dans la fiction (cinéma, littérature, etc.). Cette fois-ci, on s'éloigne de l'époque victorienne pour plonger dans le Londres de 1918 en compagnie de Jonathan (qui porte le même prénom que le héros dans Dracula). Non seulement docteur, il est surtout spécialisé dans la transfusion sanguine (douce ironie) et est victime d'un vampire, devenant à son tour une créature tiraillée par la soif du sang.

Jonathan va ainsi enquêter sur les origines de sa transformation tout en soignant les civils infectés par la grippe espagnole. Mais ce geste charitable est-il celui d'un véritable médecin fidèle au serment d'Hippocrate ou la marque d'un vampire désireux de purifier le sang dont il va se gorger ?

Contenu du jeu


Votre arbre de compétences vous fournit toutes les armes nécessaires pour survivre en ce milieu hostile qu'est Londres.
Faire couler des litres de sang pour abreuver la bête

Fidèle à sa ligne éditoriale, Dontnod confère à Vampyr une aventure avant tout narrative où chacun de vos choix peut être lourd de conséquences. Aucune sauvegarde manuelle n'est possible, tout se fait automatiquement et dès que vous avez sélectionné une ligne de dialogue. Un choix audacieux mais qui rappelle bien l'urgence de la situation présente et vous oblige à bien réfléchir dépouillé que vous êtes de tout filin de sécurité. Ce souci du détail va jusqu'à conclure la trame narrative sans vous laisser la possibilité de vous promener dans Londres après avoir vaincu le boss final amenant là un point de non-retour. De quoi rendre plus ardue la chasse aux trophées. Le choix peut être discutable mais on ne peut pas nier qu'il suit l'esprit intronisé par Life Is Strange : de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités.

La carte de Londres se décompose en plusieurs quartiers dont vous aurez rapidement fait le tour au bout de quelques heures. Les multiples ruelles ne vous seront accessibles que via certains cheminements puisque des portes, vous permettant de créer des raccourcis, ne peuvent être ouvertes que d'un côté. Un choix qui vous oblige à mener quelques détours pouvant aussi bien s'accompagner de combats contre des ennemis que vous téléporter sur des hauteurs pour passer outre une barricade.

Les ennemis varient avec votre avancée dans l'histoire. Vous affrontez aussi bien des humains, dont l'armement va du pistolet au lance-flammes en passant par le crucifix rayonnant, des Skals (sortes de goules dévoreuses de chair), des Ekons (plus communément nommés « vampires ») et des loups-garous. Un bestiaire qui ne va pas jusqu'à égaler le nombre de nombreux RPG mais qui a le mérite de proposer des variantes sur le thème des créatures vampiriques et de leurs chasseurs.

Pour tenir tête à cette horde, Jonathan est pourvu d'un arbre de compétences auquel vous avez accès lorsque vous décidez de piquer un somme et, ainsi, accéder à la nuit suivante. Vous devez vous gorger de sang (en mordant vos ennemis) et mener à bien l'histoire ou une quête secondaire pour cumuler des points d'expériences que vous êtes libres de dépenser comme vous le souhaitez. À vous les compétences passives telles que les jauges ou l'efficacité des morsures, les différentes compétences actives mais aussi votre attaque ultime. Hormis les compétences passives, toutes les autres peuvent connaître deux évolutions. Ainsi la Lance de Sang peut aussi bien devenir une lance plus puissante que se diviser en trois. À tout moment, vous pouvez remettre vos compétences à zéro dans votre refuge pour redistribuer vos points d'expérience.

Le refuge n'est rien de moins que l'endroit où vous pouvez aussi bien acquérir vos compétences qu'améliorer votre équipement auprès d'un établi. Tout ceci se fait via des objets que vous ramassez sur vos ennemis abattus, dans les multiples poubelles et meubles jalonnant votre périple, mais aussi en démontant des objets pour en récupérer les composants. Vous pouvez aussi analyser du sang de vos ennemis et ainsi créer des sérums (utiles pour emplir vos jauges durant les combats) et des soins à dispenser auprès des malades.

Car malgré tout un aspect arsenal de combat, Vampyr demeure, avant tout, une expérience narrative et c'est là le point fort du jeu. Nombreux sont les PNJs avec lesquels vous pouvez nouer un dialogue vous donnant aussi bien des informations sur le personnage en question, l'univers que des indices pour déverrouiller de nouvelles interactions avec d'autres protagonistes. Plus vous en apprenez sur un personnage, plus son sang s'améliore et devient riche en points d'expérience : les dialogues prennent alors tout leur importance si vous décidez de sacrifier des civils pour améliorer votre propre situation. Il en est de même des soins que vous pouvez accorder aux malades, toujours dans l'objectif de purifier leur sang. Ces dialogues peuvent aussi déboucher sur des enquêtes locales : autant de quêtes secondaires vous poussant à vous enfoncer dans Londres et ses coupe-gorges.

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Un pub comme tant d'autres à Londres avec son barman servant d'informateur et ses ivrognes prêts à être croqués comme de vulgaires chips.
Londres : vivier à monstres, surtout la nuit

Les jeux du studio Dontnod n'ont jamais brillé par leurs graphismes révolutionnaires demeurant néanmoins sympathiques. Vampyr n'échappe pas à la règle. La diversité des PNJs dévoilant des personnes de tout sexe et de toutes origines n'empêche pas quelques couacs comme la modélisation des cheveux qui manque de souplesse ou un regard trop fixe donnant l'impression que le personnage parle directement au joueur derrière son écran, et non à Jonathan.

Ce qui fait la force de Vampyr, c'est son ambiance. Obliger le joueur à ne visiter Londres que la nuit, c'est se lancer un sacré défi. Comment ne pas rendre morne et terne une cité durant sa phase nocturne, qui plus est en pleine épidémie ? Le studio a ainsi joué sur les effets de lumières éclairant les ruelles à la lueur des réverbères, lueurs que l'on retrouve sur les flaques d'eau émaillant le pavé. Les PNJs se déplacent au sein de cette cité, chacun doté d'intentions plus ou moins recommandables. On sent à chaque instant l'atmosphère oppressante. Une aura se faisant d'autant plus présente si, sous notre houlette, Jonathan se laisse dominer par ses pulsions vampiriques. Tuez le pilier d'un district et ce dernier se transforme en un bouge où la maladie est maîtresse.

On notera que la vision vampirique, activable avec (R3), donne un cachet supplémentaire. Le monde n'est alors plus que nuances de noirs et gris où l'unique couleur, le rouge incarnat, s'imprime dans la rétine. Ce rouge ce n'est rien d'autre que le sang pulsé par le cœur des vivants. On se sent réellement prédateur cherchant sa proie dans cette vision, le reste du monde étant presque flou, comme absent.

Les musiques de Vampyr apportent leur contribution à la construction de l'atmosphère : violons et harmonie se conjuguent pour souligner aussi bien l'intensité de l'urgence face à un boss combatif que devant les révélations que laisse échapper un PNJ. On retrouve là des musiques propres à ce type d'univers : une recette simple mais efficace.

Vampyr a beau émerger d'un studio français, seuls les textes et sous-titres sont rédigés dans la langue de Molière. Quant aux voix, c'est un casting anglophone qui en a la charge. Un choix que l'on pourrait discuter mais dont le studio avait déjà usé pour son précédent jeu, Life Is Strange. Volonté d'user de la langue du pays où se déroule le récit pour une meilleure immersion ? Pari de ne pas s'encombrer d'une VF que nombreux boudent à une époque où tout à chacun regarde sa série en VO ? Quoi qu'il en soit, le doublage est bien mené et le sous-titrage prend aisément le relais vous donnant même l'option d'afficher, ou non, le nom du protagoniste.

Toutefois, nombre de bugs jalonnent le jeu. De multiples freeze surviennent de façon tout à fait aléatoire, obligeant le joueur à relancer le jeu (et on bénit alors la sauvegarde automatique qui évite de perdre trop de données). Des micro-freezes se permettent même de surgir au moment où Jonathan entrouvre une porte, faisant craindre le pire, avant que la porte ne finisse par s'ouvrir au plus grand soulagement du joueur. Certains joueurs reportent même des bugs liés aux quêtes empêchant la bonne résolution de celles-ci. Ajoutez à cela des chargements bien trop longs, dignes des vieux jeux de la PS3. Si on a le malheur de prendre la porte de sortie, il faut attendre cinq minutes et subir à nouveau le même temps de chargement juste pour repasser la même porte. Il est très dommageable, à l'heure d'aujourd'hui, qu'un jeu accuse tant de temps pour charger des données. De quoi nuire au plaisir de jeu.

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Saurez-vous trouver la référence à Life Is Strange cachée dans cette image ?
Un sang nouveau coule dans ses veines

Vampyr vous tient par la main le temps de vous habituer aussi bien à l'univers qu'au système de combat. Jonathan peut s'armer de quatre armes, deux dans chaque main dont il peut changer via les flèches droites et gauches. (carre) et (triangle) vous permettent donc de frapper, alternativement, avec chaque arme qu'elle soit au corps à corps, ou à distance. Un système qui n'est pas sans rappeler Bloodborne. Les touches (R1), (L1), (R2) et (L2) sont elles associées à des capacités vampiriques que vous avez choisi dans votre arbre de compétences. La combinaison (R2) + (L2) déchaîne vos pouvoirs les plus puissants sous la forme d'une attaque ultime. Avec tout cet arsenal, vous avez aisément de quoi tenir tête à vos ennemis. Toutefois la jouer bourrin vous posera problème contre des ennemis plus forts et/ou plus nombreux. Votre jauge d'endurance se révèle très utile pour esquiver une attaque avec (rond) et, surtout, pour pouvoir porter un coup. Si la barre d'endurance est vide, vous êtes voués à l'immobilité : de quoi donner à réfléchir. Quant à votre jauge de sang, elle vous permet d'user de vos compétences de vampire... moyennant des morsures que vous infligez à vos ennemis avec (croix) quand l'occasion se présente (souvent quand leur propre barre d'endurance est vide).

Un style de combat qui n'est pas sans rappeler Bloodborne avec votre jauge d'endurance à surveiller pour éviter l'échec cuisant. Vos conflits vous demanderont de frapper l'ennemi pour mieux esquiver. Un aspect qui pourrait se révéler particulièrement redondant sans le secours des compétences. Il vous sera pratiquement impossible de les avoir toutes dans votre arsenal. À vous de choisir celles qui collent le plus à votre style de jeu, sachant que vous pouvez toujours remettre à zéro vos points via un refuge pour les disperser comme vous le souhaitez. Chaque joueur peut ainsi créer sa propre version de Jonathan. Vous pouvez aussi bien être un vampire frappant ses ennemis à l'épée et à la scie chirurgicale, que vous reposer sur des attaques vampiriques telles que la transformation en bête assoiffée de violence ou figer le sang dans les veines de votre adversaire. De quoi, aussi, donner envie de tester de nouvelles combinaisons lors d'une nouvelle partie.

Avec les multiples choix entourant les décisions touchant les piliers de chaque quartier dont le sort influence directement sur leur district, il y a là de quoi découvrir de nouvelles scènes et même les différentes fins de Vampyr. Le joueur a, au minimum, deux parties à exécuter pour voir l'ensemble du jeu. Et autant la partie pacifiste requiert du doigté et de sacrifier ses points de compétences (au risque de peiner face aux ennemis) que la partie violente devient un défouloir où l'on s'amuse à décimer les personnages, à user du charme de Jonathan pour mieux les saigner.

Par sa volonté d'associer choix et conséquences, Vampyr permet à chaque joueur de créer sa propre histoire en suivant une des deux grandes voies : rester humain ou sombrer dans le vampirisme. Chaque confrontation avec un personnage-clé s'accompagne d'un triple choix. Et, ici, épargner quelqu'un n'est pas toujours l'option la plus judicieuse. Il vous faudra, parfois, sacrifier vos points d'expériences dûment acquis pour éviter un futur bain de sang. Un geste qui rendra votre progression plus difficile car c'est selon votre façon de jouer que la difficulté se modifie. Plus vous sombrez dans la violence, plus votre progression sera aisée. Tendre la main implique d'avancer sur un chemin bien plus ardu. Un choix qui permet de redécouvrir le jeu à chaque partie. Sans compter les quêtes secondaires émaillant votre progression narrant, chacune, une histoire annexe et vous permettant d'en apprendre plus sur vos patients... pour mieux les saigner à blanc.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Maintenant qu'elle est soignée, une question se pose : la saigner ou non ?
Remplir le challenge à sang pour sang

Le platine de Vampyr sera très loin de représenter un challenge insurmontable même pour un joueur occasionnel. Treize trophées seront vôtre en suivant simplement l'histoire et en terminant le jeu puisque les trophées liés à des choix précis sont inexistants hormis pour votre première victime potentielle, Clay. Quant aux autres on vous demande simplement de prendre une décision.

Les divergences entre les deux voies possibles de l'histoire (humain ou vampire) n'est véritablement symbolisé que par deux trophées à savoir (Or) London's burning qui demande à mettre tous les quartiers en « hostile », situation possible que si vous tuez des gens et vous en servez de poches de sang, et (Or) Pas une seule fois qui requiert que vous ne tuiez aucun citoyen. Il est dommage que les divergences dans l'histoire ne soient pas davantage mises en avant.

Pour les allergiques aux collectibles, vous serez servis. Vampyr possède cinq trophées liés à la recherche d'objets, tous de niveau argent. Le jeu ne vous permettant pas de continuer après le combat final, vous devrez fouiller l'intégralité de la carte avant l'ultime chapitre pour dénicher toutes les armes du jeu et tous les objets pouvant être collectionnés à savoir des documents pour en apprendre plus sur l'univers. Cette collecte ne pourra être menée à bien que si vous décimez certains personnages, impliquant ainsi d'insérer cette recherche dans votre partie Jonathan vampire. Avec l'aide d'une vidéo rassemblant les collectibles, réaliser ces trophées ne sera qu'une simple promenade de santé.

Quant aux civils à sauver, le plus difficile reste de prendre les bonnes décisions concernant les personnages importants, les piliers de chaque district. Ainsi, épargner l'un d'eux amène, fatalement, à un massacre quelques nuits plus tard. Il vous faudra user des transformations en vampires en sacrifiant vos points d'expérience, rehaussant ainsi la difficulté du jeu. Pour les civils moins importants, les soigner n'est même pas nécessaire. Ils peuvent survivre touchés par une grave maladie jusqu'au bout du jeu.

Décrocher le platine de Vampyr revient à mener deux parties en la jouant pacifique et violent, tout en accompagnant la seconde d'une fouille méthodique pour dénicher tous les collectibles. On a déjà vu plus complexe en matière de chasse aux trophées.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Sans être la révélation de l'année 2018, Vampyr demeure un jeu sympathique où l'on prend plaisir à suivre Jonathan dans son évolution dont le joueur demeure le maître absolu. La patte de Dontnod est clairement perceptible dans les choix et tout l'aspect narratif de l'opus qui sont au centre même du récit.

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux curieux