Test : Shadow of the Colossus


Shadow of the Colossus
  • 1
  • 5
  • 7
  • 25
Note des joueurs :
4.6/5 - 30 notes
Note des platineurs :
4.7/5 - 11 notes

Shadow of the Colossus

ps4


38 trophées au total
13 trophées cachés

1090 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 209 joueurs (19 %)
100% par : 209 joueurs (19 %)
Note du jeu
18/20
Discuter du test

Test du jeu
Shadow of the Colossus

  • Test rédigé par NicoFantasy le 04-02-2018 - Modifié le 06-02-2018


Introduction


Initialement sorti sur PlayStation 2 à la fin de l’année 2005 au Japon et aux États-Unis, puis en début d’année 2006 en Europe, Shadow of The Colossus fait partie de ces jeux qui ont atteint le rang de mythe absolu du jeu vidéo. Alors que tous les superlatifs avaient déjà été utilisés pour qualifier la seconde œuvre de Fumito Ueda (après ICO), nous avons eu l’heureuse surprise de revoir le jeu (re)sortir en 2011 sur PS3 dans une version remastérisée qui, avouons-le, était un peu fainéante techniquement, même si elle n’enlevait rien de la magie au jeu.
Ueda parti pour de longues années de développement avec The Last Guardian, nous n’avions que peu d’espoir de revoir l’œuvre iconique revenir sur PlayStation 4. Et c’est pourtant lors de l’E3 2017, que les premières brides d’un remake de Shadow of the Colossus furent tissées avec en maitre d’œuvre BluePointGames, à qui l’on doit l’excellente refonte de la trilogie Uncharted.
Voyons donc ce que vaut cette nouvelle itération du jeu, 12 ans après sa sortie initiale.

Contenu du jeu


Shadow of the Colossus conte l’histoire de Wander, preux chevalier accompagné de son destrier Agro. Débarqué de nulle part, notre jeune héros cherche à tout prix à ressusciter sa bien-aimée Mono. Pour cela, il se rend sur des Terres abandonnées et sacrées à la recherche de Dormin, une divinité étrange et mystérieuse sensée l’aider dans sa tâche et qui siège dans l’étrange mausolée : point central de la carte et zone dans laquelle Wander reviendra après chaque colosse abattu.
Très rapidement, Dormin proposera un dangereux deal à Wander : la résurrection de Mono en l’échange de la mise à mort de 16 Colosses : des géants qui peuplent le monde.
Tel est donc le théâtre de notre histoire. Dans Shadow of the Colossus, vous oublierez toutes les mécaniques classiques d’un jeu traditionnel : tout est vu au minimalisme dans l’unique but de rendre chaque instant épique. Pas de villages, pas de PNJ à qui parler, pas d’ennemis communs si l’on excepte les lézards. Vous n’aurez que votre épée, votre arc et votre cheval dans le but d’accomplir votre périlleuse quête.
La grande partie du jeu consiste donc à arpenter seul le monde de SOTC à dos de cheval dans l’unique but de rechercher les Colosses, les escalader, trouver leurs points faibles et de les abattre en plantant votre épée dans leur chair. Chaque colosse correspond donc à une sorte d’énigme, la difficulté étant de gravir la bête sans tomber : ce qui arrivera fatalement si votre jauge d’endurance se vide.
Vous aurez la possibilité de savoir dans quelle direction se situe le colosse suivant en brandissant votre épée, ce qui ne rend pas frustrante la phase de recherche.
Le jeu peut se finir assez rapidement en ligne droite. Pour autant, et surtout si vous chassez les trophées, le titre vous tiendra en haleine pendant de nombreuses heures si vous comptez faire les modes time attack, le speedrun et la difficulté élevée.
Pour un titre qui se trouve à 30€ à sa sortie, impossible de ne pas être satisfait.

 

Note : 5/5

Aspect technique du jeu


Des graphismes à couper le souffle
Les aperçus du titre étaient jusqu’alors très bons, tout du moins ce que l’on avait pu voir lors de la Paris Games Week. L’introduction du jeu se fait par une splendide cinématique, ce qui plante immédiatement le décor : BluePointGames a fait un travail de dingue et, sans trop de suspense, je pense qu’on a là le meilleur remake jamais réalisé sur console.
Graphiquement irréprochable, le titre se hisse au niveau des meilleures réalisations de la PS4. Aidées par ce sentiment de solitude permanent dans un espace aussi immense que vide, les textures n’en sont que plus belles et le titre plonge très rapidement dans le contemplatif. Les jeux de lumières sont incroyables, notamment dans les forêts ou le travail atteint un niveau qualitatif rarement vu sur la console. La caméra nous oriente avec splendeur au fil de l’aventure et un panorama semble se dérouler sous nos yeux, dont nous sommes plus spectateur qu’acteur. Cela sera une parfaite occasion pour dégainer le désormais traditionnel mode photo pour triturer le jeu parmi une multitude d’options : les ombres, les couleurs, les tons moyens et les rehauts, ainsi que la taille et l'étendue de la profondeur de champ. Les adeptes des fonds d’écran en auront pour leur argent.



Point technique concernant les PS4
2018 oblige, le jeu est optimisé PS4pro.
Avec une PS4 standard, vous pourrez profiter du jeu en 1080p et 30fps. Si vous jouez sur PS4pro avec un écran fullHD, l’image sera plus lisse sans aliasing puisque le 1080p sera généré à partir d’une image en 1440p.
En revanche, la splendeur prendra tout son sens avec une télé 4K HDR (conditions de réalisation de ce test, avec en plus une dalle OLED de 65’). 2 modes de rendu s’offrent alors à vous :
. Cinématique : 4K HDR 30fps
. Performance : 1080p HDR 60fps
Je dois avouer que jusqu’à présent, j’ai toujours préféré jouer en 60fps qu’en 4K pour un gain net de sensation au niveau du gameplay. Concernant SOTC, je trouve que le mode cinématique est en revanche bien plus intéressant pour le style de jeu.

Des musiques enchanteresses
L’aspect sonore, quant à lui, ne change pas trop par rapport aux précédentes versions : l’environnement sonore est réduit à son plus simple appareil (vent, cheval, cri du héros), laissant la part belle aux splendides compositions de Kow Otani qui a lui-même repris le travail sur ses titres.



La technique revisitée du gameplay
Enfin, le gameplay n’a pas changé d’un pouce. Les développeurs proposent toutefois de nouvelles commandes dans le but d’optimiser l’utilisation des touches et, de façon générale, le gameplay. Les nostalgiques pourront toujours choisir de jouer avec les commandes classiques si l’envie leur en prend.
Dernier point: Certains bugs de caméra rendent parfois les scènes un peu brouillonnes, peut-être est-ce là volontaire puisqu’on pouvait déjà émettre ces reproches en 2006 et 2011. Les développeurs de BluepointGames avaient pour but de respecter à la lettre le travail de Fumito Ueda. Un petit travail sur le jeu de caméra n’aurait pas été de refus, car parfois, on se demande si on ne se bat pas plus contre la caméra que contre les colosses : ceci n'est pas très dérangeant et ne constitue qu'un infime reproche face à une telle maitrise technique du jeu. Il s'agit là d'un des meilleurs,sinon le meilleur remastered jamais fait sur consoles à n'en pas douter.

 

Note : 5/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Vous l’aurez compris, Shadow of the Colossus est une ode aux jeux vidéo : une expérience inoubliable sublimée par la technique actuelle. Y jouer, c’est s’adonner à une balade pendant laquelle on aura pris soin de ne pas prendre sa montre, son téléphone, ou tout objet qui viendrait à nous perturber. Le seul but du jeu est de nous faire ressentir l’instant présent et faire émerger des émotions qui peuvent s’avérer finalement assez rares dans notre domaine vidéoludique de prédilection.

Une honteuse culpabilité grandissante au fil de l’histoire.
L’essence même de Shadow of the Colossus consiste à ne jamais savoir ce qui relève du bien ou du mal : le questionnement permanent sur l’essence même de notre quête ne permet qu’enfermement progressif et continuel dans une culpabilité de plus en plus établie.
Le jeu étant linéaire, on se doit de chercher les Colosses, les piéger et les abattre froidement, avec ce sentiment de honte qui émerge fatalement une fois le titan au sol. Qu’as-tu fait Wander… le jeu en vaudra-t-il vraiment la chandelle ?

Des modes de jeu pour prolonger l’expérience… et le plaisir ?
Trois difficultés sont disponibles : facile, normal et difficile. Dans ce dernier mode, les colosses seront plus pêchus à faire tomber et auront de nouveaux points faibles.
Le mode time attack est également présent en difficulté normal et difficile : classique, il faudra tuer les colosses dans un temps record.
Notez une dernière nouveauté plutôt très intéressante : vous aurez la possibilité d’effectuer des sauvegardes manuelles à tout instant de votre périple alors qu’il fallait auparavant vous rendre en face d’autels pour y prier.
Il tient à chacun de jauger ses affinités avec de tels modes de jeu. Personnellement, je ne conçois Shadow of the colossus que comme un jeu lent, de découverte, voire presque de relaxation. Les petits couacs rendant le mode time attack difficile assez frustrant, il faudra s’accrocher, se faire violence, quitte à perdre un peu de plaisir pour faire tous les modes de jeu en entier.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Même si elle s’inspire très fortement de la liste des trophées de la version PS3, une nouvelle liste de trophées est présente sur PS4. Quelques variations sont trouvables ici et là, mais la logique reste globalement la même : poncer le jeu jusqu’à la moelle.

Des trophées pour l’exploration
Une grande partie des trophées consiste à tuer les Colosses, ce qui semble tout à fait normal. S’ajouteront dans cette version des trophées plutôt intéressants demandant d’abattre les colosses d’une certaine manière : ce qui permettra notamment d’utiliser un peu plus le mode réminiscence que vous ne l’auriez sûrement fait. Le jeu propose le mode de difficulté normal et difficile comme dans la version d'origine. A cela s’ajoute la difficulté facile dans cette nouvelle version.

Des trophées pour le challenge
Le challenge sera de mise avec des trophées où il faudra finir une partie sans mourir, faire le mode time attack en normal et en difficile (après avoir fini une première fois le jeu dans le même mode de difficulté), et, pire encore, le speedrun en difficile. Des trophées plutôt ardus, bien que l’apparition de la sauvegarde manuelle devrait rendre leur obtention nettement plus confortable. Notons également que les temps du time attack ont été réajustés par rapport à la version PS3. Certains colosses demandent plus de temps , d'autres moins.

Des trophées de farm et des collectibles
Là où les choses peuvent devenir excessives, c’est qu’il faudra augmenter à nouveau les jauges de vie et d’endurance à fond. Pour cela, il faudra finir au moins 3 fois le jeu (NG++) , récupérer tous les lézards à queue argentée et ramasser tous les fruits : une quête plutôt laborieuse qui finit majoritairement par lasser le joueur et qui s’oppose de manière paradoxale au côté découverte du jeu.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
18/20

Shadow of The Colossus est un jeu qui fait partie de l’histoire. Unanimement acclamé à sa sortie en 2006, le hissant au Panthéon des jeux vidéo, il était légitime de se demander si le charme opèrerait toujours. Vous l’aurez compris à la lecture de ce test : la réponse est oui. Le travail graphique sur ce remake est assez bluffant et si vous n’avez jamais joué à la version PS2 ou PS3, il semble assez fou de ne pas craquer pour la version PS4 (surtout pour son prix). De plus, si vous êtes équipé d’une PS4Pro et d’un écran 4K HDR, vous passerez un moment divin sur le jeu.
Enfin si vous êtes un stakhanoviste des trophées, sachez que vous en aurez pour votre argent et pour vos nerfs. Dans le cas contraire, n’hésitez pas à seulement vous laisser porter par ce merveilleux jeu.

Je recommande ce jeu :
Aux chasseurs de trophées/platine difficile