Test : Rime


Rime
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Note des joueurs :
4/5 - 87 notes
Note des platineurs :
4/5 - 67 notes

Rime

ps4


32 trophées au total
5 trophées cachés

3082 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 1418 joueurs (46 %)
100% par : 1418 joueurs (46 %)
Note du jeu
13/20
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Test du jeu
RiME


Introduction


Lendemain d'une soirée trop arrosée ?
Après un premier titre plongeant dans l’horreur et la survie avec Deadlight, le studio espagnol Tequila Works nous propose l’onirique RiME depuis le 26 mai 2017, date de sa sortie dans nos contrées et sur nos chères PS4. Dévoilé à travers un trailer lors de la Gamescom de 2013, son aspect artistique en cel shading et son ambiance poétique n’ont pas été sans rappeler les excellentes créations de la Team Ico ou encore le contemplatif Journey de thatgamecompany. Mais qu’en est-il de RiME ? Se hissera-t-il au même rang qu’un Ico ou un The Last Guardian du génial Fumito Ueda ou au contraire, souffrira-t-il de cette comparaison ? Nous tâcherons d’y répondre en ces lignes.

Il faut savoir que Sony était initialement aux manettes de la partie édition. Mais suite à un désaccord, le studio indépendant dut s'orienter vers de nouveaux partenaires, laissant planer le doute sur la santé du projet et expliquant ainsi la longue durée de développement. Plus tard, dans une interview exclusive accordée à GamingBolt en octobre 2016, José Herráez (responsable des relations presse du studio) a assuré que le projet se déroulait bien et a expliqué la rupture de contrat avec le géant nippon par le fait que RiME est « un bien de valeur pour Tequila Works ». Des propos présageant d'une implication toute particulière de l'équipe de développement...

Le jeu prend place sur une île perdue, investie de multiples ruines de blanc immaculé et d’une nature changeante au gré des chapitres. Afin d’explorer cette île bien mystérieuse, nous incarnons un jeune garçon ne se souvenant de rien, hormis peut-être du goût du sable de la plage à son réveil. Une quête commence alors, celle de retrouver sa mémoire perdue à travers une aventure magique matinée d’énigmes.

Contenu du jeu


Trop kawaiiiiiii !
Nous voici parti vers une aventure unique teintée d'exploration, d'énigmes, de magie, d’angoisse, de peur et… et… c’est tout. Il est évident qu’au sein de ce genre de titre, la multiplicité des contenus et possibilités n’est pas recherchée, l’histoire ayant donc un rôle essentiel pour capter notre attention. Nous partons ainsi en quête des souvenirs du jeune garçon, rapidement accompagné d'un mignon compagnon canin et bien plus tard d'une sentinelle (sorte de machine mi-antique/mi-magique). Nos pérégrinations nous enverrons vers plusieurs lieux aux environnements changeants, sur l'île, dans des grottes sous-marines mais aussi sur des terres désertiques et des terres de pierres où s'écrasent des trombes d'eau.

"Mais qu'en est-il de l'intrigue ?" Me direz-vous. Eh bien, force est de constater que l’on ne comprend vraiment pas grand-chose tout au long de notre quête, rendant notre implication émotionnelle très émoussée et notre attachement aux rares protagonistes plus qu’anecdotique. Un comble pour un jeu se voulant porteur d’émotions ! Seule la fin nous délivrera de ces interrogations constantes. Mention spéciale aux ombres noires, sortes de mobs qui tantôt nous fuient, tantôt nous agressent, tantôt nous ignorent complètement pour des raisons qui m'échappent.

L’histoire tient en seulement quatre chapitres et un bref épilogue nous proposant une aventure de sept heures environ. Face à une histoire aux directions narratives relativement floues, nous pourrions espérer des 53 collectibles disséminés dans le jeu des réponses sur qui est ce petit garçon, pourquoi a-t-il échoué sur cette île et surtout que cache t-elle. Malheureusement, toutes ces questions restent sans réponse. Sur les 7 jouets, 5 tenues, 6 berceuses, 18 emblèmes, 4 ombres blanches, 5 statues étranges et 8 trous de serrures, seuls ces derniers présentent des informations en lien direct avec l'intrigue. Toutefois, on ne peut nier que cela nous pousse à explorer cet univers, à examiner chaque recoin et admirer le travail artistique des développeurs. Cela donne vite un goût d'artifice, qui s'avérera vite désagréable. Mais nous y reviendrons un peu plus en contrebas.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Graphiquement c'est beau, vraiment beau.
Malgré un contenu pauvre, RiME n’en reste pas moins pourvu d’une direction artistique soignée. Les paysages sont beaux et très agréables à contempler. Cet aspect est d’autant plus amplifié que l’ambiance musicale résonne très bien dans ce décor enchanteur et sert ainsi parfaitement le titre. Il est à noter également le parti pris du studio de rendre leur soft dépourvu de dialogue afin de se concentrer sur les seuls bruitages comme vecteurs d'émotions, un travail somme toute très réussi. Bien que rares et courtes, les cinématiques s’invitent de façon plus ou moins inopinées en jeu mais restent très appréciables à regarder, souvent porteuses d’émotions (grâce auxdits bruitages mentionnés précédemment) que l’on perd tout le reste du temps.

Du côté du gameplay, celui-ci est extrêmement minimaliste comme c'est souvent le cas dans ce genre de jeu. Crier pour activer des objets, déplacer des blocs, grimper pour progresser et insérer des clés sont les rares actions que l’on effectuera tout au long de cette aventure. L’accent semble vraiment avoir été mis sur l’exploration, les indications sur les endroits accessibles en escalade étant bien marqués. À savoir, à titre d’anecdote, que le studio prévoyait à la base un système de collecte de ressources permettant de récupérer de l’endurance. Celui-ci fut abandonné car considéré comme superflu compte tenu des objectifs artistiques de l’équipe de développement.

Bien que le jeu brille d’élégance graphiquement, j’ai pu constater lors de mon aventure des chutes de FPS par endroit qui entachent un peu l’émerveillement. De même que la caméra se fixe sur des plans vraiment gênants pour progresser lors de certaines séquences dans des lieux étroits. Néanmoins, ces petits soucis techniques n’empêchent pas d’apprécier la beauté de l’île de RiME.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Un Nathan Drake en herbe !
Comme il fut remarqué plus haut, l'histoire qui nous est contée dans RiME semble ne faire sens que lors de l'épilogue. Par conséquent, il est difficile de nous imprégner de tous les messages émotionnels que tente de nous envoyer le jeu. Certaines phases paraissent alors vraiment plates et ennuyeuses. Ceci-étant, le dénouement est réussi et essayer de dissimuler une larme relève de l'impossible. Une fin touchante pour un jeu qui arrivera tout de même à émerveiller les petites âmes d'enfant qui restent terrées au fond de nos cœurs. De même, on se plaît à explorer les environnements des différents chapitres, ceux-ci s'avérant de temps en temps intéressants comme le passage du couloir sans fin ou encore celui des grottes sous-marines.

Il n'en reste pas moins que RiME propose une seule aventure et non plusieurs. Si bien que fini, il ne représente aucun réel intérêt à être rejoué si ce n'est pour récupérer les différents trophées qu'offre sa liste. Ce qui est assez bluffant, c'est qu'on a l'impression d'avoir réellement joué pendant environ deux heures, l'une consacrée à la découverte du titre et l'autre à la fin très marquée émotionnellement. Il se dégage donc un caractère très oubliable de cette expérience vidéo-ludique.

Et malheureusement, les énigmes que propose le jeu ne changent pas la donne, de par leur rareté et leur simplicité. En effet, les quelques énigmes pouvant nous bloquer un instant s’expliquent par l’absence d’indication de la marche à suivre (où faut-il aller pour avoir les éléments la résolvant ?), ce qui se révèle plutôt agaçant par moment. Elles s'avèrent donc être des prétextes à la progression plus qu'autre chose. Dommage...

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Trop de collectibles tue les collectibles.
Mais alors ces trophées, sont-ils intéressants à chasser ? La plupart consistent à réaliser des actions spécifiques et à amasser les différents collectibles. Ainsi, nous devrons trouver un requin dans les profondeurs des eaux, ne casser aucun œuf lors de l'ascension d'une tour ou encore trouver une salle dissimulée. Concernant les items à trouver, chaque catégorie possède son trophée en or ou argent, et compte tenu de leur nombre important (53), les récupérer « à la loyale » demande de bonnes heures d'exploration et de recherches méthodiques. Toutefois, la tâche s'avérera bien moins ardue si vous vous faites accompagner du guide des trophées fait maison.

En bref, à travers cette liste, nous sentons le désir des développeurs de nous inciter à parcourir les différents chapitres de fond en comble. Et ça fonctionne ! Seulement au début... Il est vrai que trouver un précieux collectible est plutôt gratifiant après avoir explorer minutieusement la zone. Mais cela devient très vite lassant. Sentiment qui s'intensifie lorsqu'on sait qu'il est impossible de sélectionner un checkpoint en particulier et par conséquent, on doit se taper tout le chapitre dont il est question. D'autant plus frustrant que les temps de chargement pour intégrer un chapitre sont extrêmement longs (47 secondes chrono en main !), de quoi maudire le jeu lorsqu'on se rend compte qu'un item a été manqué. Car oui, pour en rajouter une couche, on ne peut la plupart du temps pas revenir en arrière, ce qui nous oblige à recharger le dernier point de contrôle. Et si vous avez le malheur de vous en rendre compte trop tard (le dernier checkpoint est déjà trop avancé), vous êtes fin prêt pour vous retaper le chargement interminable et l'ensemble du chapitre jusqu'à votre objectif manqué.

La chasse en devient donc risible à souhait. Néanmoins, le platine s'avère très accessible si on occulte ces désagréments techniques. De quoi ravir les chasseurs de platine facile.

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
13/20

Que peut-on en conclure de RiME ? Tout simplement que Tequila Works était pétri de bonnes intentions avec ce titre. Malheureusement, l’histoire est courte et ne prend tout son sens qu’en fin de jeu, les émotions ne sont pas toujours au rendez-vous et l’ajout d’autant de collectibles sans utilité nuit au plaisir d’explorer et de le compléter. Autant dire qu'il risque de tomber dans la catégorie des oubliables... Mais pour rester sur une note positive, RiME est beau, RiME est élégant et pour finir, RiME représente une agréable balade vidéo-ludique.

Je recommande ce jeu :
Aux spécialistes du genre, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile