Test : Party Hard


Party Hard
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Note des joueurs :
3/5 - 2 notes
Note des 100% :
3/5 - 1 note

Party Hard

ps4


21 trophées au total
0 trophée caché

27 joueurs possèdent ce jeu

100% par : 5 joueurs (19 %)
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Test du jeu
Party Hard

  • Test rédigé par Ankou Ankka le 21-09-2017 - Modifié le 21-09-2017



Introduction


 
« SORRY FOR PARTY ROCKING »

Imaginez-vous le soir rentrant du boulot tentant désespérément de profiter d'un peu de calme et de repos après une journée de dur labeur. Et voilà que soudainement un tintamarre infernal pulvérise la paix de votre logis : il y a une fête à tout casser dans le voisinage. Que faire ? Leur demander gentiment de baisser le son ? Faire intervenir la police ? Écrire votre exaspération en 140 caractères sur un réseau social à la mode ? Non ! La solution est tellement plus simple : les massacrer tous jusqu'au dernier ! Bienvenue sur Party Hard, le jeu dans lequel vous incarnez un tueur en série parti en croisade à travers l'Amérique enseigner les vertus du silence... éternel !

Party Hard est un jeu indépendant de stratégie, d'infiltration et de meurtre gratuit. Développé par le studio russe Pinokl Games (pas de jeu de mots, merci), il est paru en 2015 sur PC et l'année suivante sur PS4. C'est un jeu simple, amusant, pas forcément de bon goût et malheureusement, comme nous allons le voir, loin d'être exempt de défauts.

Contenu du jeu


Douze niveaux simples, sept niveaux bonus, cinq personnages jouables... de quoi s'occuper... pas très longtemps...
 
« LET'S BANG »

Après un rapide tutoriel, Party Hard commence réellement. Le jeu vous propose 12 niveaux relativement variés liés par un vague scénario sur fond de thriller pas inintéressant mais cousu de fil blanc. S'ensuivent 7 niveaux bonus sans rapport avec l'histoire. Le jeu est intégralement en anglais (avec quelques rares phrases en russe) mais la langue ne gâche en rien la compréhension. Votre but est d'exterminer tous les participants d'une fête. Cachez les corps pour ne pas alerter la police, activez des pièges pour tuer en toute innocence, fuyez si vous êtes découvert.

Les niveaux de bases proposent des décors différents mais ont la fâcheuse habitude de se ressembler même quand ils n'ont rien à voir. Comprenez par là que malgré leurs différents agencements les niveaux proposent toujours des cheminements semblables et des objectifs identiques. Une fois que vous avez fini le premier, vous savez comment marche le jeu et vous n'êtes plus vraiment surpris. Seul un niveau dans le bus (amusant mais expéditif) et le niveau final (avec la présence inévitable du FBI) parviennent à ébranler un chouïa la monotonie du jeu. Les niveaux bonus sont eux délicieusement loufoques et nettement plus intéressants et certains (le métro futuriste, le lac toxique avec un gros monstre mutant dévoreur de chair humaine, une bonne vieille apocalypse zombie, etc.) sont franchement jouissifs à jouer. Le défaut reste malheureusement le même : trop évident, trop facile, trop rapide.

Notons aussi l'acquisition progressive de nouveaux personnages aux capacités légèrement différentes. Étonnamment, seule la femme a une histoire liée au scénario (elle est la fille de... spoilers, sweetie !), les autres sont d'illustres inconnus. Ceci dit, ne faisons pas la fine bouche, disposer d'un dingue avec une tronçonneuse est toujours un plaisir et le voleur obligé d'utiliser des bombes fumigènes pour ne pas être vu est le seul élément du jeu à apporter une réelle difficulté.

Malheureusement, à une époque où la richesse vidéoludique inonde nos salons, il est facile d'imaginer ce qui manque au jeu. Des variations dans les niveaux avec des objectifs de score et de temps auraient aisément augmentées la durée de vie. Un mode infini avec un nombre toujours grandissant d'invités aux fêtes auraient été un défi bienvenu. Peut-être un mode multijoueurs est trop demandé (et pourtant quel plaisir ça aurait été de jouer à deux ensemble ou contre l'autre) mais au moins les développeurs auraient pu prévoir une comparaison des scores et des temps avec les autres joueurs. Car à quoi sert donc un score s'il ne répond à aucun objectif et reste sans élément de comparaison ? Accessoirement on remarquera aussi l'absence de tout statistique sur le nombre de tués, les pièges employés, les caches utilisées... Ce n'est peut-être pas très important mais c'est le genre de petits détails qui participe à la richesse d'un jeu.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Électrifier la piste de danse : la meilleure méthode pour tuer trente personnes d'un coup... et faire hoqueter le jeu.
 
« ÇA C'EST VRAIMENT TOI »

Party Hard est entièrement dans une 2D composée de gros pixels qui confère un ton volontiers rétro au rendu tout à fait agréable qui ne néglige ni les détails ni la richesse des décors. Ce n'est peut-être pas d'une exceptionnelle beauté mais pour un petit jeu distrayant ça passe très bien.

Les mécanismes sont simples, trop même : vous n'utilisez que la moitié des touches de votre manette pour tuer, transporter les cadavres, actionner les pièges, courir et danser bien sûr (mine de rien, la danse est un outil crucial : les fêtards les moins intéressés par votre imitation sensuelle de Travolta s'éloigneront du gros de la fête et, s'ils ont le malheur de s'isoler, vous leur enseignerez une autre danse, celle de la muerte !). Si les développeurs vous offrent finalement peu de possibilités pour effectuer votre basse besogne, les commandes ont le mérite d'être intuitives et la prise en main se fait immédiatement.

Par contre, le jeu connait de gros ralentissement lors du meurtre de masse. Tuez beaucoup, mais un par un. Car si vous tuez une trentaine d'individus en électrifiant une piste de danse ou en desserrant le frein à main d'un véhicule, le jeu saccade subitement et une maladresse est si vite arrivée que vous risquez de vous faire prendre à votre propre piège. Il est vrai que vous n'avez pas souvent l'occasion de tuer un si grand nombre de gens en une fois mais ça n'en reste pas moins désagréable.

L'IA des forces de l'ordre à votre poursuite connaît également quelques ratés. Elle n'est déjà pas très dégourdie à la base tombant facilement dans n'importe quel piège que vous lui tendez mais certaines maladresses ne font que rendre plus coulant un jeu déjà si facile. Ainsi, lorsqu'un policier vous poursuit, si vous passez à côté de son véhicule, il décide subitement d'y entrer et d’abandonner la scène du crime.

Quant à la musique, elle est assourdissante, l'échantillon même de la techno simpliste qu'on doit trouver dans n'importe quelle boîte de nuit standard. Soyons honnête : ce n'est pas mon style de musique et peut-être qu'un amateur plus chevronnée serait plus indulgent que moi.

 

Note : 2/5

Plaisir à jouer et à rejouer


La danse et le meurtre : les deux passions de l'Homme depuis le début des Temps.
 
« COME BACK TO ME »

Pour le joueur qui apprécie le genre, le style, la petite touche de folie et l'exubérance du jeu, le plaisir est inévitablement au rendez-vous. Malheureusement, la facilité et donc la rapidité avec laquelle chaque niveau se termine rendent ce plaisir de courte durée. Les personnages supplémentaires donnent un second souffre aux niveaux car ils obligent à revoir entièrement notre stratégie mais là aussi l'attrait de la nouveauté disparaît vite. Et si la disposition des pièges dans les niveaux est aléatoire, elle offre finalement un choix très restreint qui n'encourage pas longtemps à rejouer.

Nous en revenons inévitablement à parler des manques du soft. Rejouer pour améliorer les scores et les temps n'apporte rien puisque ceux-ci ne sont pas en ligne et que vous ne pouvez même pas les comparer à ceux de vos amis. Seuls les trophées manqués vous obligent à rejouer mais là encore c'est un exercice rapide. Cette absence constante de défis supplémentaires pour pousser le joueur à se dépasser ne donne aucune envie de refaire le jeu une fois le celui-ci achevé et les trophées empochés.

Précisons qu'à l'instant où ce test est écrit, les développeurs travaillent sur une suite qui devrait paraître cette année. S'ils réussissent à gommer tous les défauts du premier, à allonger la durée de vie, à diversifier réellement les niveaux, à proposer un vrai défi et pourquoi pas un joli platine, notre plaisir à répandre le sang de nos contemporains en sera décuplé. Apprendront-ils de leurs erreurs ? Espérons-le.

 

Note : 2/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Le bus : le lieu idéal pour de multiples trophées (là je m'apprête à tronçonner cette nana modestement vêtue, pour un trophée ? non, pour le plaisir !).
 
« ALORS ON DANSE »

Les trophées constituent à plus d'un titre un mystère et nous font poser une question toute simple : quand les développeurs comprendront-ils qu'aux yeux d'une catégorie de joueurs ils dévalorisent leur jeu en bâclant les trophées ? Certes, il était vain d'espérer un platine pour un jeu finalement si court (bien que cela se soit déjà vu et qu'une image de platine avec Darius dansant sur les corps de ses victimes aurait eu de l'allure sur nos Trophy Cards) mais les vingt-et-un petits trophées de bronze sont une bien maigre récompense pour le massacre des innocents.

N'attendez aucun défi, n'espérez aucune fantaisie, vous obtiendrez la plupart naturellement sans vous en apercevoir bien avant la fin du jeu. Quelques-uns peut-être (échapper cinq fois à la police, éviter le FBI ou tuer les voleurs du casino par exemple) vous demanderont de rejouer certains niveaux si vous avez été particulièrement rapide à les traverser. À moins d'être réellement très mauvais, le trophée des cent morts vous obligera à effectuer quelques suicides en série. Quant au trophée des cent parties, il mettra votre bonne humeur à rude épreuve. S'il avait fallu terminer cent niveaux, l'exercice aurait participé pleinement au plaisir du jeu, mais le joueur est ici condamné à perdre deux heures de sa vie à lancer le jeu, patienter le temps d'un long chargement, sélectionner un niveau, fermer l'application et recommencer, encore et encore, cent fois. Quel étrange plaisir sadique les développeurs ont-ils dû ressentir à imaginer un telle corvée...

Il était pourtant facile d'imaginer quelques trophées plaisants liés aux scores et aux temps, ou aux différents personnages jouables, ou encore à des actions contextuelles précises. Enfin, l'absence de tout trophée lié aux niveaux bonus est étonnante et n'encourage pas à poursuivre le jeu jusqu'à ses limites.

Ce tableau de chasse laisse donc un méchant souvenir et nous empêche définitivement de conseiller le jeu aux chasseurs de trophées qui se trouveraient obligés de passer un moment très long, pénible et ennuyeux, pour ne gagner que des nèfles.

 

Note : 1/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
8/20

Party Hard se révèle donc un petit jeu amusant qui propose un délassement de courte durée. S'il plaira à celles et ceux à la recherche d'une distraction facile et rapide entre deux jeux plus lourds, le joueur tenté doit se rappeler que le 100% à défaut d'être difficile est pénible à finaliser.

Je recommande ce jeu :
Aux curieux, À un public averti