Test : Ni no Kuni II : l'Avènement d'un nouveau royaume


Ni no Kuni II : l'Avènement d'un nouveau royaume
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Note des joueurs :
4.4/5 - 35 notes
Note des platineurs :
4.4/5 - 22 notes

Ni no Kuni II : l'Avènement d'un nouveau royaume

ps4


51 trophées au total
16 trophées cachés

803 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 328 joueurs (41 %)
100% par : 328 joueurs (41 %)
Note du jeu
17/20
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Test du jeu
Ni no Kuni II : l'Avènement d'un nouveau royaume

  • Test rédigé par DarkCid le 14-04-2018 - Modifié le 26-04-2018


Introduction


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En 2011 (ou plutôt 2013 par chez nous), le studio Level-5 nous présentait une collaboration des plus alléchante avec le studio d'animation japonaise Ghibli avec Ni no Kuni : La Vengeance de la Sorcière Céleste, un J-RPG faisant honneur au genre tout en proposant la patte graphique de films d'animations tels Princesse Mononoke, Le Château dans le Ciel et plein d'autres. Et cette association fut payante puisque cette nouvelle licence trouva facilement son public et c'est sans surprise qu'un deuxième épisode commença à pointer le bout de son nez. Si le Studio Ghibli ne souhaita pas continuer l'aventure, les développeurs de Level-5 décidèrent de garder malgré tout le même style graphique afin de nous livrer Ni no Kuni II : l'Avènement d'un nouveau royaume.

Dans notre monde, le président Roland assiste impuissant à une attaque nucléaire sur son pays. Au bord de la mort, il se retrouve téléporté dans un autre royaume existant en parallèle au notre. Rajeuni, il se retrouve dans le palais de Carabas et tombe sur le jeune prince Evan, peu de temps après que ce dernier ait perdu son père suite aux manigances de Ratoleon, ministre Ratocrate fomentant un coup d'état. Comprenant rapidement la situation, Roland prend le jeune Evan sous son aile et lui permet de quitter le royaume de Carabas. Ne rêvant que de paix et d'un royaume aux millions de sourires, Evan va prendre la décision de fonder un tout nouveau royaume, tandis que dans l'ombre, une force maléfique se répand sur le monde.

Contenu du jeu


Votre quête commencera par une simple promesse, celle d'un royaume aux millions de sourires...
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Si le principe du premier volet était celui de la plupart des J-RPGs classiques (la quête d'un héros pour sauver le monde), la base de Ni no Kuni II est légèrement différente cette fois-ci puisque le but premier est de fonder un tout nouveau royaume et surtout de le faire grandir. Il faudra toutefois s'armer d'un peu de patience pour en arriver là car on ne se lance pas dans ce genre de projet à la va-vite. Aussi, l'un des cœurs du jeu ne commencera vraiment qu'à partir de la fin du troisième chapitre (sur neuf au total, mais les premiers sont un peu plus courts). La gestion de votre royaume fera beaucoup penser aux jeux de gestion sur mobiles où vous accumulerez des richesses et du matériel avec le temps qui passe et devrez le récolter régulièrement. Vous pourrez construire divers bâtiments comme une forge, un restaurant, des lieux de récoltes (minerai, produits de la chasse, poissons, etc.) ou des lieux de recherches. Chaque bâtiment pourra être amélioré afin de le rendre plus performant. Vous pourrez aussi mener à bien des recherches permettant d’accéder à plus d'objets, à optimiser votre royaume ou à simplifier votre quête. Le (petit) point noir sera que vous ne pourrez pas placer vous-même les bâtiments. Non seulement les emplacements de construction sont fixes mais en plus dédiés à un bâtiment prédéfini. Du coup, au final, tous les joueurs auront exactement le même royaume.

Mais un royaume ce n'est pas un lieu, c'est un peuple. Et il vous revient de le créer, ce peuple, si je puis dire. Il ne sera pas question de jouer à Dieu mais plutôt de jouer les chasseurs de tête à travers le monde afin de recruter un peu partout pas moins de 100 personnages (y compris ceux qui sont obligatoires). Chaque personnage est lié à une quête qu'il vous faudra remplir pour le faire emménager chez vous. Le principe vous fait penser à la série des Suikoden ? Si oui, c'est que vous êtes des connaisseurs et que vous ne vous y êtes pas trompés (si non, jouez à Suikoden, surtout le deux !). Bref, une fois recrutés, vous pourrez les placer dans vos différents bâtiments, ce qui sera indispensable dans certains, soit pour pouvoir faire vos recherches soit pour pouvoir obtenir des matériaux divers et variés, très variés.

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La mécanique de recrutement n'est pas la seule chose d'inspiration suikodienne que propose Ni no Kuni II car la création d'un royaume vient avec sa protection. C'est donc tout naturellement que l'on retrouve un système de bataille militaire confrontant vos troupes à des troupes ennemies. Le principe est toutefois beaucoup plus simple qu'un mini jeu de stratégie comme pouvait le faire la saga de Konami. Ici pas question de gérer de nombreux bataillons au tour par tour. Vous contrôlez seulement le Roi Evan, entouré de quatre escadrons. Ces escadrons sont divisés en plusieurs types : épéistes, marteleurs, lanciers, archers/lanceurs de sort et défenseurs. La stratégie est assez simple et fait ici plutôt penser à la série Fire Emblem en reprenant le triangle des armes : les épées battent les marteaux, qui battent les lances, qui battent les épées. À vous donc de constituer une équipe équilibrée si vous ne voulez pas vous retrouver en position de faiblesse face à certains ennemis parfois coriaces.

Le champ de bataille sera parsemé d’éléments pouvant vous aider ou vous mettre des bâtons dans les roues, comme des tourelles, des canons ou des remparts. Seulement la plupart pourra être reconstruit sous votre bannière afin de vous offrir l'ascendant sur votre adversaire. Chaque escadron dispose également d'une compétence que vous pourrez utiliser plusieurs fois pendant la bataille comme un bombardement, une paralysie de l'ennemi, un boost d'attaque ou l'invocation d'alliés temporaires comme des dragons ou des canons laser. Mais les compétences, comme la construction de tourelles / canons / campements ou vos soins, ne sera pas gratuit. Vous disposez d'une jauge militaire baissant à chaque utilisation d'un élément précédemment cité. Il faudra bien la gérer, d'autant que dans certaines batailles vos possibilités de récupérer des points seront très limités.

Si ce mini-jeu a du mal à vous séduire une fois la manette en main, libre à vous d'utiliser quelques boosts en début de partie en échange d'une partie des ressources du royaume (l'argent du royaume étant différent de l'argent de votre groupe). Ainsi vous pourrez booster votre attaque, votre défense ou votre jauge militaire. Mais petit boost assez intéressant, vous pourrez aussi, si vous avez déjà gagné une première fois cette bataille (la plupart pouvant être refaites à l'infini), augmenter la difficulté du combat histoire de gagner d'avantage d'expérience.

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Jeu de gestion, jeu de stratégie, complétons donc le triplet avec le plus gros morceau mais aussi le plus classique finalement : la partie J-RPG en elle-même. C'est cette partie qui va lier le tout puisque c'est votre avancée dans l'histoire qui vous permettra de faire évoluer votre royaume (auquel vous avez accès pratiquement à tout moment via la téléportation) et vous confrontera aux armées ennemies se mettant au travers du projet du Roi Evan : unir le monde. C'est donc avec ce rêve certes utopiste en tête que vous parcourrez les royaumes afin de conclure des alliances, souvent précédées par la résolution de problèmes graves au sein de ces contrées lointaines.

Une bonne partie du jeu reprend certaines bases du premier Ni no Kuni. Vous contrôlez donc un petit groupe de combattants et parcourez le monde librement à pied, en bateau puis plus tard par les airs sur une carte du monde avec des ennemis apparents (pas que sur la carte d'ailleurs, c'est pareil dans les donjons). Pas de combats aléatoires donc. Vous pourrez d'ailleurs éviter autant de combats que vous voudrez à quelques exceptions près dans les endroits plus étroits. Les ennemis affichent d'ailleurs dès le début leur niveau vous permettant de jauger la difficulté d'un combat avant de l'entamer. Le jeu vous mâche même le travail puisque les ennemis en blanc seront estimé à votre niveau, ceux en bleus trop faibles pour vous et ceux en rouge ou orange seront estimés potentiellement dangereux.

Mais l'outil le plus intéressant et le plus sympathique sera votre armée de mousses. Qu'est ce que les mousses ? Il s'agit de petites créatures pouvant vous accompagner en combat et qui, selon chacun, pourront vous porter assistance en combattant les ennemis, en vous soignant, en boostant vos statistiques, etc. Chaque mousse créera un petit bataillon vous permettant de déclencher des compétences spéciales comme des canons ou des cercles de soins. Vous pourrez aussi les absorber pour augmenter l'attaque de vos propres compétences afin de décupler leurs effets. Vous pourrez choisir jusqu'à 4 mousses qui, s'ils sont compatibles entre eux, obtiendront des bonus parfois très intéressants. Et pour ne rien gâcher, ces petits monstres sont mignons comme tout avec leur langage d'enfant de 2 ans.

 

Note : 5/5

Aspect technique du jeu


Chaque ville aura une ambiance bien à elle, comme Gamblor, la ville des Wouafs et son style asiatique.
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La série Ni no Kuni a su se faire connaître pour ses graphismes. Pas des graphismes de haute voltige comme la série Final Fantasy, mais bien pour son aspect animé japonais si particulier que l'on a l'impression de manipuler directement les héros des films de Hayao Miyazaki. Et cette sensation, que l'on a pu aussi retrouver dans le récent Dragon Ball FighterZ, est toujours présente avec cette suite au point que parfois, on se demande si on assiste pas à une séquence animée, alors que tout est bien fait avec le moteur du jeu. Un pari encore une fois réussi donc, qui fait mouche, surtout si comme moi vous appréciez les productions Ghibli.

Le monde de Ni no Kuni II est assez bien réalisé, autant dans ses villes que dans sa carte. Si l'histoire se passe dans le même monde imaginaire que le premier épisode, celui-ci a bien changé malgré tout au point d'être méconnaissable, à l'exception de la région de Carabas qui est, elle, assez proche de la première aventure. Les autres régions ont chacune leur personnalité propre, comme Gamblor et ses tonalités asiatiques. Mais il y a cependant un petit point noir dans l'histoire : la quantité. Le monde est très grand et il y a beaucoup de lieux à visiter... mais niveau villes, c'est un peu le désert. En dehors de votre propre royaume que vous ne visitez pas de la même façon que les autres, il n'y a que 4 villes (plus un port et un camp de pirate). C'est tout de même assez léger. Surtout que pour rappel, vous allez recruter 100 personnages. Ils seront donc globalement répartis sur les 4 villes, ce qui donne une forte impression de dépeupler ces villes pour votre propre bénéfice.

Autre petit point noir, les divers lieux à explorer comme les forêts, les grottes et les sanctuaires sont très redondants. On a du mal à différencier une grotte d'une autre tant les textures sont recyclées à outrance. Et comme celle-ci sont très simples dans ce genre de lieu, cela saute vite au visage. Ceci est encore plus flagrant dans les labyrinthes imaginaires, des donjons générés aléatoirement où l'on repère très vite des modèles de structures revenant en boucle.

Les ennemis viennent ajouter une autre petite déception. En dehors des boss et ennemis puissants, on rencontre beaucoup d'ennemis qui reviennent sous une autre forme. Vous croiserez vite par exemple des ennemis de type blobs et vous en trouverez de toutes les couleurs : bleus, verts, oranges, noirs, etc. Au final, on a la sensation que les ennemis "communs" sont tous conçus dans un nombre assez limité de moules. Mais seule leur apparence dérange car niveau IA, ils sont très efficaces pour vous mettre des bâtons dans les roues à haut niveau. Les monstres maléfiques, versions évoluées de monstres commun, représenteront même un bon petit défi. Enfin, si vous les combattez en ayant à peu près le même niveau qu'eux, sinon cela sera une boucherie... dans un sens comme dans l'autre.

Heureusement, il n'y a pas d'autre point noir à signaler sur le plan technique, et les points cités ne sont pas vraiment handicapants. Les musiques sont superbes (un peu en dessous de celles du premier volet mais quand même dans le même ordre de qualité) et accompagnent bien l'action et le voyage de notre bon Roi Evan. Et les bugs sont pour ainsi dire inexistants (en tout cas je n'en ai jamais eu).

Les combats diffèrent du précédent volet puisque l'on dit adieu aux familiers. Cette fois, vous combattez directement, accompagné de deux alliés. Les combats se rapprochent plus d'un action-RPG que du classique RPG tour par tour en vous donnant accès à des coups classiques, puissants, des esquives, des parades, des attaques à distance et quatre compétences que vous devrez préalablement équiper. À vous de choisir le meilleur panel possible selon les situations. Vous aurez d'ailleurs très vite accès à l'égaliseur, un outil puissant vous permettant de modifier votre puissance face à certains type de monstres, votre résistance face à certains éléments ou de booster votre attaque ou votre défense. Cet outil n'est pas absolu puisque plusieurs statistiques vont par deux et vous devrez choisir entre les deux, par exemple être plus puissant face aux ennemis blindés OU face aux ennemis mous, mais pas les deux. Ces affinités pourront cependant êtres changées entre chaque combat à votre convenance.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Il faudra parfois jouer les stratèges militaires pour protéger votre royaume.
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Si vous avez bien suivi ce test, vous aurez compris que le plaisir fut au rendez-vous une fois manette en main. L'aspect recrutement est extrêmement prenant et constitue un très gros point positif, surtout si comme moi on est fan de la série Suikoden (et qu'on est conscient qu'il ne risque pas d'y en avoir de nouveau vu la politique actuelle de Konami). Faire grandir son royaume, le faire prospérer est également un point qui pourra peut-être en rebuter certains mais qui marche à fond de mon côté.

Les combats fonctionnent eux aussi très bien, et même mieux que le premier Ni no Kuni dans lequel les affrontements étaient un peu mous. Ici on a droit à une bonne dose de dynamisme qui fait plaisir. Et ce dynamisme s'étale sur une durée de vie plus que correct pour un RPG puisque vous en aurez pour 30-35 heures histoire de venir à bout de l'histoire en avançant tranquillement, plus de 70 heures pour faire le tour du jeu, voir plus si vous poussez le vis à l'extrême en voulant avoir le meilleur équipement possible pour vos 6 guerriers, en combattant les monstres les plus puissants, etc.

Mais il y a un point que je n'ai pas encore abordé dans ce test : l'histoire elle-même, aspect très important dans les J-RPG. Et il faut reconnaître que celle-ci pêche par excès de classicisme et de simplicité. Toute l'histoire est très prévisible et sans grosse surprise, y compris pendant le chapitre 7 qui veut surprendre mais sans y arriver. En fait, l'histoire est raccord avec le reste du jeu : enfantine. Si le scénario est rempli de naïveté, il est accompagné d'une difficulté globalement très simple. Mais on ne va pas lui faire de trop gros reproche car du coup, Ni no Kuni II est peut-être le jeu parfait pour faire découvrir le genre à de jeunes joueurs.

 

Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


À vous de gérer vos habitants, vos bâtiments, vos ressources et comment les dépenser pour vous mener à bien vers le platine tant convoité.
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Finissons donc avec ce qui intéresse tous nos chasseurs de trophées. La liste de Ni no Kuni II propose une dizaine de trophées obligatoires liés à l'histoire et à peu près autant qui sont pratiquement donnés comme le recrutement de votre premier habitant ou l'accomplissement de votre première mission annexe.

Si le jeu se divise en trois morceaux (gestion de royaume, batailles militaires et RPG), les trophées se répartissent moins bien. L'aspect militaire ne dispose que de deux trophées, dont un obligeant de finir toutes les missions militaires, ce qui est énervant car ces missions apparaissent un peu comme elles veulent sur la carte et rien n'indique depuis celle-ci ou le menu lesquelles ont déjà été faites ou non. La partie gestion n'est guère mieux lotie avec 5 trophées vous demandant globalement de développer votre royaume au maximum niveau peuple et bâtiments (mais rien pour ce qui est des recherches, un peu dommage).

C'est bel et bien l'aspect RPG qui est mis en avant avec les trophées. Beaucoup seront assez logiques vu le contenu du jeu, comme accomplir la plupart des missions (150 sur les 175 disponibles) ou battre la plupart des ennemis puissants du jeu (50 sur les 60). Mais deux trophées auraient pu être évités comme le fait d'avoir 500 000 florins sur soi et non cumulés ou le trophée demandant de récolter des orbes (HP et MP) en grosse quantité, trop grosse quantité. Mais globalement, c'est tout de même une belle liste.

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
17/20

Ni no Kuni II fait honneur à son grand frère en prenant la plupart des points positifs de son prédécesseur, en les conservant ou en les améliorant. On pourra cependant reprocher au titre un manque d'audace au niveau du scénario et de la difficulté, faisant du jeu un titre tout désigné pour les jeunes joueurs ou pour les joueurs débutants dans le monde des RPGs. Mais les autres ne seront pas forcément en reste face à la beauté du monde et surtout aux inspirations suikodienne de cet épisode qui fera plaisir à tous ceux ayant l'âme d'un souverain.

Je recommande ce jeu :
Aux enfants, Aux spécialistes du genre, Aux fans de la série