Test : Metal Gear Solid V : Ground Zeroes


Metal Gear Solid V : Ground Zeroes
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Note des joueurs :
4.1/5 - 97 notes
Note des 100% :
4.3/5 - 44 notes

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

ps4


15 trophées au total
0 trophée caché

8163 joueurs possèdent ce jeu

100% par : 1025 joueurs (13 %)
Note du jeu
11/20
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Test du jeu
Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

  • Test rédigé par matrobymat le 03-11-2014 - Modifié le 07-12-2016



Introduction


Il fait sombre, l'endroit est calme, paisible. La lune et les projecteurs éclairent le moindre recoin du campement. Un garde termine tranquillement sa ronde, lascivement, sans y penser. Il s'adosse à un véhicule de patrouille, sort une cigarette de son paquet, l'allume, et contemple les volutes de fumée qui s'échappent, poussés par une douce brise. Soudain, il sent une main, le saisir, l'agripper, et un bras s'enserrer autour de son cou. Il s'étouffe, essaie de se débattre, mais il est coincé. Il n'y a rien à faire, il est pris au piège. Et avant de sombrer dans l'inconscience, il a juste le temps d'apercevoir son agresseur, en tenue de camouflage, s'infiltrant encore un peu plus à travers la base. Tout s'est passé en un éclair. Il n'a rien vu venir. Et il pense : "Snake est là". Snake est là ? Pas tout à fait ...

Contenu du jeu


Il a l'air sympa ce camp de vacances
Commençons par rappeler que Ground Zeroes est un prologue, et qu'il faut le juger comme tel. Cela étant dit, continuons avec le pitch. Nous sommes en 1975, et le légendaire Big Boss s'apprête à infiltrer un camp de base ennemi en territoire cubain, sous vos doigts fébriles, pour sauver des otages. Je passe volontairement sous silence les "à-coté" du scénario, ne souhaitant pas gâcher le plaisir de la découverte. De plus, les raisons, explications, tenants et aboutissants de "l'histoire" sont décrits en long, en large et travers dans le jeu, que ce soit dans les menus, ou tout au long de l'histoire sous la forme d'items à récupérer, matérialisés par des cassettes audio. D'ailleurs, tout lire, et tout écouter vous prendra un certain temps. Cela traine un peu en longueur car le rythme est lent, mais les bases de The Phantom Pain sont bien posées.

Le titre se décompose donc en une mission principale scénarisée, et six missions secondaires. Ces missions secondaires se déroulent elles-aussi sur la seule et unique map du jeu. Le moment de la journée change, les conditions climatiques aussi, ainsi que l'état d'alerte initiale de la mission, mais le lieu est toujours le même. Je m'attarderai plus spécifiquement sur ces missions annexes plus tard, revenons à la mission principale. Celle-ci est plaisante à jouer, intéressante, et extrêmement bien scénarisée. Kojima maîtrise l'art de la narration à la perfection, et on sent qu'il aime ses héros. Il les chérit, et arrive à nous les rendre attachants immédiatement, même en si peu de temps. Il faut bien avouer que cette mission a de la gueule. Malheureusement, elle est seule, très seule, et l'inexistante diversité des missions annexes ne peut justifier le prix auquel était vendu le jeu.
À l'heure actuelle, le prix est plus décent par rapport au contenu, mais au moment de la sortie, il était bien trop élevé. À force de parcourir la map dans tous les sens, vous la connaitrez par cœur, et les objectifs des missions secondaires seront remplis très vite, car même si les patrouilles changent d'une mission à l'autre, vous savez très bien où vous pouvez foncer, et où vous devez faire attention.

 

Note : 2/5

Aspect technique du jeu


Plus belle sera la nuit
Techniquement, sur PS4, le titre est mi-figue mi-raisin. Développé à cheval sur deux générations de consoles, on sent que tout n'a pas été finalisé au mieux, mais laisse tout de même présager de bonnes choses pour la suite. La nuit, les décors et les effets de lumière sont excellents. Que ce soit les projecteurs des miradors, ou les lampes torche des gardes alertés qui vous aveuglent, c'est très bien rendu. La pluie est également très bien modélisée, le ruissellement de l'eau sur le sol ou sur les cirés des gardes est assez bluffant. De jour par contre, les décors paraissent ternes, la faute à des couleurs fadasses et à une lumière trop présente. Les animations sont sans reproche, et le jeu ne déplore aucun bug. L'IA des ennemis est condition de la difficulté. Vous pourrez quasiment passer sous leur nez en courant dans les difficultés basses, mais vous devrez être beaucoup plus prudent dans les difficultés élevées. Ceci concernant uniquement la mise en alerte des gardes. Une fois l'alerte déclenchée, ceux-ci sont globalement assez stupides, quelque soit la difficulté, pour sortir de leur cachette et se placer gentiment, devant votre ligne de mire.

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


C'est qui le patron ? Hein ?
Ne nous mentons pas : la rejouabilité est inexistante, car vous tournerez malheureusement bien vite en rond. Une fois la mission principale terminée, et les missions annexes bouclées, on ne voit pas pourquoi on aurait encore envie de jouer à Ground Zeroes. En effet, vous aurez déjà parcouru la map dans tous les sens, à plus forte raison si vous chassez les trophées (j'en parlerai dans la section suivante). Vous n'y rejouerez donc certainement pas.

Malgré tout, contrôler Big Boss est un réel plaisir. Ses déplacements sont un peu lourds, mais habituels pour les fans de la série. Le seul gros problème que j'ai noté est lorsque vous agrippez un ennemi par derrière. À ce moment-là, Big Boss utilise, pour se déplacer avec le garde, la technique du crabe unijambiste asthmatique. En effet, il se déplacera très lentement, pas à pas, en marquant un temps d'arrêt à chaque pas. Assez incompréhensible.

L'interface quant à elle est simple d'accès et plutôt claire. Vous pourrez également, au gré de vos infiltrations, conduire quelques véhicules. L'arsenal disponible va du couteau, au lance-roquette, en passant par le fusil sniper ou le fusil d'assaut, avec silencieux ou pas. Du classique pour un Call of Duty. What ? Call of Duty ? Oui oui, presque. En effet, l'infiltration n'est plus ici qu'un moyen parmi d'autres pour arriver à ses fins. La série a résolument pris un tournant action, presque TPS. Si la furtivité est la meilleure méthode pour arriver rapidement à ses fins, elle n'est pas du tout obligatoire. Vous pourrez y aller en fonçant, à coup de mitrailleuse, remplir vos objectifs, et partir. Les fans hardcore de la série auront du mal à s'y retrouver, mais il va falloir s'y faire.

 

Note : 2/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Toujours le même qui conduit pendant que les autres dorment
Heureusement, les trophées sont là pour rattraper le coup. Si vous voulez terminer le jeu à 100% (pas de trophée de platine ici), vous devrez réaliser une série d'objectifs. Nombre de ces objectifs auront attrait à l'infiltration. Vous devrez notamment réussir les missions avec un rang S, ce qui vous obligera la plupart du temps à terminer la mission rapidement, sans tuer personne, et sans se faire détecter (ou très peu). Il faudra donc se montrer un peu plus subtil dans son approche, et c'est une bonne chose. D'autres objectifs/trophées seront en rapport avec les otages présents sur la base, ou avec la manière de les sauver ou de terminer une mission. De quoi varier les plaisir donc, mais aussi et surtout doper la durée de vie artificiellement. Car non, tout n'est pas rose non plus au pays des trophées. Certains choix des développeurs n'ont pas été très pertinents. Ils auraient pu jouer le jeu à fond, et nous forcer réellement à sortir de notre zone de confort.

L'un des défis à réaliser, pour chaque mission, est de terminer celle-ci en marquant tous les ennemis. Il faut donc veiller à ne tuer aucun ennemi sans l'avoir marqué auparavant. Vous pouvez donc très bien marquer l'ennemi, et le tuer juste derrière, vous laissant le chemin libre pour le reste de la mission. Dommage, marquer tous les ennemis et finir la mission sans en tuer aucun aurait été beaucoup plus pertinent pour un jeu d'infiltration. Pour débloquer le 100%, vous devrez aussi terminer chaque mission en mode difficile... deux fois. Et ce afin de débloquer d'autres défis, que vous ne serez même pas obligé de réaliser. Pourquoi deux fois, quel est l'intérêt ? Dommage. Vous vous retrouverez globalement à faire chacune des missions 5 fois. Une fois normalement, une fois pour le rang S, une fois pour marquer les ennemis, et deux fois en difficile. Répétitif vous avez dit ?

 

Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
11/20

En conclusion, le rapport qualité/prix n'y était clairement pas à la sortie du jeu. C'est un peu plus le cas maintenant que les tarifs ont baissé. Si MGS V Ground Zeroes est un bon prologue qui nous laisse présager d'excellentes choses pour Phantom Pain, sa durée de vie trop courte et sa rejouabilité inexistante en font une expérience un peu frustrante. La seule chose dont on est sûr après l'avoir terminé, c'est que Kojima n'a rien perdu de son talent pour nous raconter les aventures de ses héros préférés. Il arrive tout de même à nous mettre l'eau à la bouche pour la suite, même si on se rend compte que cette suite devrait être un peu moins subtile que les épisodes originels de la série. Plus rentre-dedans, plus décomplexé, plus action. Ce prologue vous permettra donc, à mon avis, de jauger votre envie future d'acheter Phantom Pain ou non. Si vous êtes capable d'apprécier un MGS comme un jeu d'action avec un univers et un scénario parfaitement maîtrisés, et pas comme un simple jeu d'infiltration, alors à mon avis, ce sera le cas.

Je recommande ce jeu :
Aux fans de la série, Aux chasseurs de trophées/platine facile