Test : Hitman


Hitman
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Note des joueurs :
4.5/5 - 41 notes
Note des 100% :
4.8/5 - 19 notes

Hitman

ps4


69 trophées au total
19 trophées cachés 8 DLC's

2501 joueurs possèdent ce jeu

100% par : 169 joueurs (7 %)
Note du jeu
16/20
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Test du jeu
Hitman

  • Test rédigé par Troywarrior le 14-07-2017 - Modifié le 14-07-2017


Introduction


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"La première des qualités d'un tueur, l'art du caméléon, de s'adapter sans faire de vagues" M. Chattam (L'âme du mal)


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Licence mythique créée en 2000 par le développeur danois IO Interactive, filiale de Square Enix (à l'époque), le dernier opus, baptisé sobrement HITMAN, fera couler beaucoup d'encre, mais pas sur sa qualité malheureusement. Malgré le franc succès du jeu dès sa sortie en 2016, Square Enix annoncera, à la grande surprise de la communauté, sa séparation d'avec IOI pour des raisons financières. Beaucoup ont craint la fin de l'agent 47 jusqu'à ce qu'en Juin 2017, IOI annonce un accord trouvé avec Square Enix pour valider un rachat par ses dirigeants, permettant au studio de redevenir indépendant et surtout garder les droits de sa licence phare. En plus de son format inédit, cet opus marquera donc l'histoire de la licence HITMAN comme étant le dernier issu du duo IOI/Square Enix.

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Vous êtes l'agent 47, tueur à gages le plus prolifique de l'Agence. Mais comment votre légende a-t-elle commencé après la Roumanie?
Vous voici donc plongé 20 ans en arrière, dans un centre de formation top-secret de l'ICA situé en haute montagne, où vous rencontrez pour la première fois votre agent de liaison, Diana Burnwood. Sous sa supervision, et malgré les réticences du directeur, Erich Soders, vous êtes déclaré apte au service et êtes officiellement intronisé comme Agent. Il est donc temps pour vous de préparer votre équipement, votre première mission vous attend... bonne chance agent 47.


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Contenu du jeu


Un large panel de défis et d'objectifs variés
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Y'a quelque chose de nouveau au royaume du Danemark. Pour son dernier volet en date, IOI sort de ses propres sentiers battus et nous propose un HITMAN au format épisodique. Scindée en 6 chapitres correspondant chacun à une mission, l'histoire vous emmènera aux 4 coins du monde : d'un défilé de mode à Paris jusque dans les couloirs d'un complexe médical secret dans les montagnes d'Hokkaidō en passant par les ruelles pavées de Sapienza sur le littoral Italien et bien d'autres pérégrinations.

Les "basiques" de la licence sont quant à eux toujours ancrés : une ou plusieurs cibles à assassiner, sans vous faire repérer de préférence, à l'aide d'un arsenal toujours bien fourni (corde à piano, silencieux, explosifs, poison...) et bien évidemment tous les déguisements que vous jugerez nécessaires à l'accomplissement de votre contrat. Comme tout bon agent qui se respecte, vous saurez bien sûr utiliser l'environnement autour de vous à votre avantage et le rendre tout aussi meurtrier. Un lustre pourra devenir l'épée s'abattant sur votre cible, un câble électrique négligemment laissé à proximité d'un point d'eau, ou encore un décor de cinéma cracheur de flamme pourront autant sceller le destin de vos victimes qu'une balle de calibre .45 de votre AMT Hardballer préféré.

Chaque mission pourra être réalisée selon la méthode de votre choix, tant que les cibles sont atteintes. Un système intuitif d'opportunité vous permettra différents chemins possibles à l'accomplissement de votre contrat et un panel de défis vous proposera des challenges assez variés (méthode spécifique d'assassinat, pas de déguisement, ne pas se faire repérer une seule fois etc.). En fin de mission, un montant de points vous sera attribué en fonction de votre évaluation: défis réussis, victimes innocentes, temps de mission, seront autant d’éléments qui augmenteront ou diminueront votre score. Ces points développeront votre niveau de maîtrise (étalonné sur 20 par chapitre) et vous donnera accès à des récompenses spécifiques : commencer la mission depuis un endroit différent, débuter avec un déguisement particulier, armes et accessoires ou encore caches d'armes disséminées dans le niveau.

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En plus de la mission principale, chaque chapitre vous proposera un certain nombre de modes secondaires tels que les contrats cascades qui vous demanderont d'assassiner des cibles spécifiques, avec des armes ou déguisements imposés. Les contrat cascades se décomposent en 5 niveaux où des contraintes aléatoires vous seront infligées à chaque palier (tuer les 2 cibles en moins de 30 secondes d'intervalle, effacer les preuves vidéos etc.). Vous aurez aussi la possibilité de rejouer la mission principale mais avec des cibles différentes : cibles fugitives disponibles uniquement pendant quelques jours ou encore les "Six de Sarayevo" réparties dans les 6 chapitres.

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A défaut d'un mode coopératif direct, HITMAN vous offre une certaine forme d'échange sur la toile par la possibilité de créer vos propres contrats personnalisés, publiables en ligne et mis à disposition de la communauté de joueurs. Mode extrêmement simple à prendre main et très intuitif, il vous permettra de désigner vous même les cibles d'une mission (jusqu'à 5 maximum par contrat) et les paramètres de l'assassinat (déguisement à porter et manière de tuer). Un classement en ligne bien sûr présent vous permettra de défier vos amis ou les joueurs du monde entier afin de devenir l'agent n°1 (enfin 47... l'agent 47 n°1... ça d'vient compliqué...).

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Note : 5/5

Aspect technique du jeu


Des graphismes simples mais un gameplay terriblement efficace
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Comme l'a dit de Vinci : “La simplicité est la sophistication suprême". Il a sûrement trouvé cet aphorisme après avoir terminé HITMAN (si c'est possible!!). Rarement un jeu a aussi bien prouvé que la qualité peut être atteinte sans fioritures. Les graphismes sont beaux sans pour autant créer un saignement de la rétine. Les décors sont variés, détaillés et les PNJ aux actions aléatoires donnent une véritable impression de "vie" dans les différents niveaux. Vous pouvez très bien tomber sur une ruelle inconnue, ou un nouveau couloir, même après 5 reprises de la mission tant les niveaux sont travaillés et détaillés. En revanche, ne vous attendez pas à une claque visuelle comme nous l'avons dit. Autant en intérieur qu'en extérieur, les graphismes sont simples, épurés et, clairement, suffisent à donner l'impression du vrai mais si vous vous approchez pour observer en détail des faciès ou de certains décors, vous risquez de perdre cette impression. Retenez simplement que globalement, le rendu visuel est amplement satisfaisant pour une immersion plaisante.

Le moteur de jeu d'IOI, Glacier Engine v.2, fait le boulot et permet à HITMAN de ne souffrir d'aucun ralentissements ou autres freeze malgré la retranscription ultra réaliste des niveaux. En revanche, il faut reconnaître qu'il n'est pas non plus exempt de tout défaut : certaines de vos cibles pourront se désarticuler tel un pantin chutant lourdement sur le castelet. Le gameplay, quant à lui, est quand même rigide. Les déplacements de l'agent 47 restent lourds malgré la possibilité de courir. Enfin, les collisions avec les PNJ sont totalement ratées, une personne devant une porte vous bloquera le passage au même titre qu'un mur (c'est la que l'on regrette le (rond) d'Ezio).

Ces défauts mis à part, le gameplay reste très varié et intuitif, notamment sur les possibilités d'action et d’interaction avec le décor ou les PNJ. Toujours sous le credo du simple mais efficace, toutes vos actions combinent habilement réalisme et surtout crédibilité, permettant une immersion totale dans la partie. Mêmes les quelques phases d'escalades restent subtilement dans le domaine du "réalisable" pour une personne surentraînée tel que notre code barre en costume. La jouabilité, exception faite de cette sensation de lourdeur du personnage, est donc une très belle réussite.

Dernier élément à analyser : la bande-son. Respectant son paradigme, les musiques sont efficaces sans pour autant transcender. Les menus contextuels, sur lesquelles vous passerez quelques temps sur la globalité du jeu bénéficient d'une ambiance sonore collant parfaitement avec l'esprit HITMAN. Les effets sonores, aussi bien des armes que les sons ambiants collent aux actions auxquels ils sont rattachés. Seule petite ombre au tableau (il en faut bien une), la partie dialogues secondaires. Le nombre important de figurant virtuels étant assez conséquent, on peut aisément pardonner la répétitivité des paroles entendues çà et là pendant votre exploration. Disons que le jeu est victime de son propre fonctionnement. Comme nous le verrons après, vous pourrez facilement passer 8h à 10h sur chaque chapitre (sur des parties différentes bien sûr), et vous connaîtrez rapidement par cœur ce que le serveur dit à la cliente à côté de vous ou ce que le garde du corps racontera à son acolyte en bas de l'escalier. Défaut mineur certes mais suffisamment remarquable pour être cité.

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Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Un scénario digne des plus grands thrillers politiques
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Commençons sur le plan macroscopique : la trame de l'histoire. Un seul mot : un scenario parfait (oui bon d'accord...ça fait 3 mots...). Si vous êtes fan de thriller politique, foncez tête baissée. La complexité et la structure de l'histoire sont dignes du maître Robert Ludlum. Pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, nous ne rentrerons pas dans les détails bien sûr. Simplement pour vous donner le principe global, HITMAN vous emmènera au cœur d'une intrigue aux délicieuses effluves de la série des Matarèse. Vous comprenez rapidement que vos missions sont en fait issues d'un seul et même client de l'ombre aux motivations inconnues. Chaque cible que vous abattez parait servir un dessein qui vous échappe pour le moment mais qui semble converger vers une organisation secrète que tous pensaient être un mythe : Providence. "La main cachée" infiltrée dans les plus hautes instances des grands pôles mondiaux, peut-être de l'ICA elle-même. Mais que cherche véritablement ce client anonyme qui, apparemment, vous connait si bien? Se sert-il simplement de vous pour détruire de l'intérieur cette organisation ou au contraire essaye-t-il de vous prévenir de son existence? Est-il l'ennemi de votre ennemi ou un ami qui vous veut du bien? C'est par cette structure de scenario que l'on comprend mieux le choix d'IOI d'avoir opter pour le format épisodique. A l'instar d'une série télévisée, chaque épisode vous apporte un peu plus de réponses et amène également son lot d'interrogations. La construction intelligente des cliffhangers sert à parfaire la construction de l'histoire d'HITMAN qui est un véritable plaisir à suivre.

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Sur un plan plus détaillé, le jeu en lui même ne tarit pas non plus de qualités. L'incroyable liberté d'action combinée à l'immense zone de jeu de chaque destination vous promettent des heures de jeu sur la même mission sans jamais ressentir de lassitude. A chaque fois que vos cibles sont éliminées, vous n'avez qu'une envie, reprendre la mission pour essayer une autre méthode. Le nombre d'opportunité et de défis est raisonnable, juste ce qu'il faut pour apprécier la globalité du niveau sans exagérations. Tous les styles de joueur trouveront corde à leur piano dans au moins 3 à 4 méthodes : soyez un véritable agent et ne tuez que vos cibles, en camouflant leur mort en accident, sans qu'aucun PNJ assommé ne soit retrouvé. Les gardes du corps vous empêche de l'approcher? Un peu de vomitif dans le verre de votre victime lui fera se précipiter aux toilettes, l'isolant de sa garde rapprochée, et vous permettra de faire preuve d'imagination une fois seul avec lui, accroupi et la tête dans la cuvette. Vous êtes plutôt du genre à aimer le spectaculaire? Pas de problème, une fois votre enquête faite et que vous connaissez l'horaire où votre cible joue au golf, rien ne vous empêche de glisser un petit explosif dans une de ses balles et d’observer son dernier swing.

Quitte à passer à table, autant y mettre un mais (je vous laisse 2mn pour la comprendre). De même que pour la répétition des dialogues secondaires vu plus haut, la qualité et le réalisme que le gameplay nous propose nous rendent forcément plus pointilleux sur les petits détails. Les "parcours" des PNJ et principalement des cibles par exemple. Concrètement même si l'application d'un script de déplacement est nécessaire à ce type de jeu, cet aspect casse un peu l'impression du réel. Au bout de 2-3 parties, vous connaîtrez par cœur les rondes de chaque garde et de chacune de vos cibles qui sont quasiment tout le temps en mouvement, toujours sur le même schéma. Certes, une alarme ou autre "événement" chaotique non prévisible, que vous pourrez provoquer, détourneront votre cible de son parcours habituel mais cela donne presque une impression de robots sans raisonnement. Pour formaliser le propos, vous risquez de vous faire repérer en bousculant un garde pendant que vous courrez. De manière erratique, il pourra trouver ça suspect : aspect réaliste et qualitatif. En revanche, en lançant des pièces au sol, vous pourrez attirer l'attention de ce même garde, il ira systématiquement vérifier d'où vient le bruit, même si vous vous amusez à lancer 10 pièces à la suite pour lui faire traverser le bâtiment complet, à aucun moment il ne trouvera ça suspect que 10 pièces tombent à la suite : aspect scriptural et dépréciatif.

Dernier facteur perfectible, les sauvegardes automatiques qui ne sont pas vraiment en adéquation avec les moments forts de vos actions. Pensez donc bien à sauvegarder manuellement après avoir réussi à passer une zone. Le réflexe ne vient pas tout de suite mais croyez bien qu'après avoir passé 20 minutes à vider un secteur pour vous faire finalement repérer stupidement par un PNJ qui passait par là, c'est quelque peu frustrant de devoir tout recommencer (si vous avez pour objectif bien sûr de faire un sans faute sur le niveau).

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Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Une chasse intéressante mais moins fournie que le jeu lui-même
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Dernière marche trop souvent ratée par négligence ou oisiveté, mais c'est sans compter sur le professionnalisme de l'Agent 47 qui réussi parfaitement à la franchir et accède ainsi au sommet.

La chasse au 100% ne possède qu'un seul défaut, elle se limite justement au 100% sans proposer de Platine. Absence d'autant plus frustrante que l'intégralité des trophées réclame quand même un certain investissement de temps et de compétences.

Outre ce regretté absent, rien n'est à reprocher à la liste. Les trophées récompensent principalement les défis et les opportunités des différentes missions, vous demandant notamment un 20/20 en maîtrise de chaque destination. Ainsi, votre quête vous permettra d'explorer les moindres recoins de chaque zone, de découvrir toutes les manières de remplir vos contrats.

La structure est quasiment la même pour chaque chapitre : manières spécifiques de tuer vos cibles, remplir les 5 paliers d'un contrat cascade, réaliser toutes les opportunités de meurtre, débuter d'un endroit annexe dans la mission et enfin obtenir 20/20 en maîtrise. La qualité du jeu et des chapitres alimente d'elle même le plaisir de la quête des trophées qui devient, au final, un bonus secondaire de votre partie.

Peut-être un dernier regret à ajouter, la difficulté technique aurait pu être mise un peu plus à l'honneur. En effet, outre le contrat cascade aux 5 paliers, il n'y a pas vraiment de récompenses pour des challenges spécifiques. On aurait par exemple apprécié un trophée demandant de terminer une mission du scénario principal en un temps limité, ou obtenir un score minimum de 200 000 points pour un contrat. Il ne s'agit pas là de défauts à proprement parler, plus d'un manque qui pourrait être ressenti par les vrais challengers.

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Note : 4/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
16/20

Malgré la réserve qu'il avait suscité, le format épisodique choisi par IOI se comprend finalement dès la première mission terminée. Séparer chaque contrat en épisode nous donne en fait la possibilité d'explorer et d'apprécier l'immensité de la zone de jeu et de ses opportunités. HITMAN offre une rare intelligence de gameplay qui aurait été beaucoup trop lourde en un seul bloc tant les possibilités sont énormes. Une trame de scénario captivante couplée à une chasse de trophées pertinente forment la clé de voûte d'un édifice à l'architecture globalement réussie. Une structure simple mais épurée, privilégiant le pratique au superficiel. En bref, une franche réussite et de très rares facteurs perfectibles. On ne peut qu'être ravi de la décision d'IOI de conserver son indépendance et surtout sa licence tant la saison 2 est attendue après avoir terminé la dernière cinématique.

Je recommande ce jeu :
Aux acharnés, Aux fans de la série, Aux curieux