Test : Final Fantasy Type-0 HD


Final Fantasy Type-0 HD
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Note des joueurs :
4.2/5 - 112 notes
Note des platineurs :
4.1/5 - 85 notes

Final Fantasy Type-0 HD

ps4


50 trophées au total
17 trophées cachés

3681 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 1409 joueurs (38 %)
100% par : 1409 joueurs (38 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
Final Fantasy Type-0 HD

  • Test rédigé par V-Phantomhive le 09-05-2015 - Modifié le 07-12-2016


Introduction


"Quand 9 et 9 rencontreront 9, le fond de la raison tremblera. Quand le sceau de la création se brisera, une voix tonnante résonnera, et vous saurez... Nous sommes venus."
Dans le monde d’Orience, la légende dit que : "À l’aube de Tempus Finis, le cristal guidera Agito, qui restaurera l’équilibre du monde."
Pour beaucoup, cette prophétie signifie : "Des sauveurs, appelés Agito, apparaîtront lorsque la catastrophe connue sous le nom de Tempus Finis s’abattra sur le monde."



Difficile de faire preuve d'originalité lorsqu'il s'agit de traiter Final Fantasy Type-0 HD. Sorti pour la première fois au Japon en Octobre 2011 sur PlayStation Portable (PSP), ce Final Fantasy "d'un nouveau genre" inscrit dans la Fabula Nova Crystallis (série de jeux Final Fantasy réunis autour de la thématique commune du Cristal) resta pendant très longtemps cloisonné à l'archipel nippon même s'il fut favorablement accueilli par les fans et la critique. Il fallut attendre près de trois années entières (Juin 2014) pour que Square Enix annonce enfin sa volonté de l'exporter sur les continents Nord-Américain et Européen dans une édition Haute Définition à destination (entre autres) de la PlayStation 4. Le 20 Mars 2015, le jeu devenait enfin accessible à tous les joueurs de l'Union Européenne.

Final Fantasy Type-0 HD vous plonge en plein cœur d'un conflit séculaire. Dans le monde d'Orience, quatre civilisations distinctes coexistent, chacune d'entre elles étant réunie autour d'un peristylium. La fonction première d'un peristylium est d'abriter un Cristal qui constitue à la fois la source principale d'énergie du royaume mais également une idéologie, la voie que l'on suit tout au long de sa vie.
Le jeu s'ouvre alors que l'Empire de Milites (détenteur du Cristal du Tigre Blanc) envahit le Dominion de Rubrum (détenteur du Cristal de l'Oiseau Vermillon). À la suite de divers événements que nous vous laisserons le plaisir de découvrir, le Dominion de Rubrum se retrouve très vite acculé et dépourvu de sa magie. Tout semble perdu jusqu'à ce qu'une personne, ou plus exactement douze, fassent leur apparition : il s'agit de la légendaire Classe Zéro, l'élite des soldats du Dominion. Aux commandes de ces élèves officiers, votre mission consistera à repousser l'envahisseur Milites au-dehors de votre territoire mais aussi à sauver le monde d'Orience d'un mal bien plus grand encore.

Contenu du jeu


Impériale, la mise en scène du jeu vous fera vivre une guerre des nations intense et déchirante.
Il faut sauver le soldat Orience

De manière relativement analogue à Crisis Core : Final Fantasy VII, Type-0 organise sa progression narrative sous forme de missions à accomplir possédant toutes un objectif clairement défini. Comprenez par là que même si le jeu dispose d'une intrigue solide, son cheminement sera balisé par un ensemble de missions se déroulant à intervalle régulier. À raison d'une à deux missions principales par chapitre (c'est-à-dire celles qui sont directement liées à l'histoire), le jeu mise sur un réalisme propre à tout état de guerre : ici, il n'est pas tant question de vous balader librement sur toute la map du jeu (nous développerons ce point dans le paragraphe subséquent) que de recevoir vos ordres de votre commandant avant de vous préparer à partir combattre.

Si ces missions sont globalement similaires quant à leur objectif (infiltrer un lieu, éliminer tous les soldats puis le leader ennemi), elles divergent néanmoins en ce qui concerne leur approche. Les missions principales liées à l'histoire, elles, constituent l'ossature du jeu. Soutenues par des cinématiques intenses, leur vocation est de faire progresser la trame narrative en vous faisant conquérir des points stratégiques incontournables. Sauf exception, elles sont toutes obligatoires puisqu'elles font office d'enchâssement à l'ensemble des chapitres. En marge de ces missions principales, on trouve les opérations qui, à la différence des premières, ne sont absolument pas obligatoires. Chaque chapitre en comporte entre deux et cinq. L'objectif desdites opérations est de vous amener à étoffer votre expérience de jeu en partant à la conquête de lieux mineurs telles que des villes secondaires ou des sanctuaires sacrés. Par exemple, si une mission du scénario vous conduit à vous emparer d'une capitale, une opération viendra la seconder afin de vous permettre d'acquérir toutes les villes alentours. En règle générale, les opérations sont plus difficiles que les missions principales, mais elles octroient également des bonus importants, et surtout, elles permettent d'avoir une vision d'ensemble du conflit qui ravage Orience.

En tant que A-RPG, Final Fantasy Type-0 HD délaisse l'approche classique du tour par tour pour proposer des combats dynamiques mettant en scène trois membres de votre équipe + tous vos adversaires. Avant chaque mission, vous aurez la possibilité de préparer votre "classe" en sélectionnant les combattants dits actifs (ceux qui apparaissent à l'écran) et les combattants passifs (les renforts). Seuls les combattants actifs gagnent de l'expérience au combat. S'il n'est possible de contrôler qu'un personnage à la fois, vous pouvez intervertir votre valeureux guerrier (ou guerrière) à tout moment avec l'un de ses deux coéquipiers, ou bien le remplacer en cas de mort par l'un des combattants en réserve.
Chaque personnage de l'équipe représente une classe connue de Final Fantasy. On retrouvera ainsi Deuce dans le rôle de la Barde, Trey dans celui du Rôdeur, Jack dans celui du Samouraï... etc. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que tous les membres de la classe zéro disposent d'une manière de combat qui leur est propre. La clé de la victoire viendra donc d'une rotation constante de votre équipe en fonction des ennemis rencontrés, mais également d'un développement personnel approfondi pour que tous gagnent en expérience et améliorent leurs aptitudes.

Différents composants viendront apporter du piment aux affrontements, évitant ainsi toute redondance. Cela passe notamment par les attaques. En combattant, vous accumulerez des PC (points de compétence) pour vos personnages. Ces PC vous permettent d'acquérir des capacités uniques à chacun des membres de la classe zéro. C'est un point capital : si les magies peuvent être utilisées indifféremment par tous vos soldats, les capacités, elles, dépendent de l'équipement de l'élève (un arc pour Trey, des cartes pour Ace, une paire de pistolets pour King...). Il est possible d'équiper jusqu'à 4 attaques et/ou sort simultanément (chacune correspondant à une touche de la manette).
Au cours des combats, vous serez également en mesure d'invoquer des Eidolons (créatures dimensionnelles surpuissantes), d'attaquer un ennemi conjointement avec vos alliés ou de lancer le sort suprême Phénix. Ces trois configurations (non cumulables) viendront diversifier encore davantage vos affrontements. Le traditionnel inventaire est également de la partie. Enfin, certaines phases stratégiques de conquête apporteront une dimension tactique au jeu en vous demandant d'attaquer des villes depuis la mappemonde en contrôlant une armée selon une vue aérienne à la troisième personne.



Un peu de silence en cours !

Si Final Fantasy Type-0 HD vous amènera très fréquemment sur le champ de bataille, un temps non négligeable (mais limité) est néanmoins laissé à la discrétion du joueur. Comme dit plus haut, les missions principales liées à l'histoire interviennent à un intervalle régulier identifié à l'écran. Pour le dire autrement, dès que vous aurez terminé une mission, un nombre de jours et d'heures s'affichera vous informant le temps mis à votre disposition avant le déclenchement de la mission suivante. Durant tout ce temps, vous pourrez vaquer comme bon vous semble au sein d'Akademeia (l'école des élèves officiers) ainsi que dans les zones délivrées du joug de l'envahisseur. Cette alternance entre temps de combat et temps libre est LA mécanique principale du jeu.

Nombre de joueurs seront tentés de rester au sein d'Akademeia. Il faut dire que les occupations sont multiples : cours sous l'égide du Mog 0 (nécessitant deux heures de votre temps libre), discussion(s) avec les autres élèves de l'institution (deux heures chacune), simulations de combat, élevage de Chocobos, approfondissement de l'univers du jeu via les archives de la bibliothèque... toutes ces activités viendront apporter un peu de légèreté entre deux missions sanglantes. C'est également au sein de votre école qu'il vous sera possible de contracter la plupart des requêtes présentes dans le jeu, ou de participer aux opérations précédemment mentionnées nécessitant chacune douze heures de votre temps libre.

Si vous décidiez malgré tout de sortir sur la mappemonde (contre six heures de votre temps de loisir), vous accéderez à l'ensemble des villes et zones géographiques débloquées en fonction de votre avancement dans le scénario principal. Au départ, bien sûr, les surfaces à explorer seront minimes mais celles-ci s'accroîtront au fur et à mesure de vos victoires. Ces pérégrinations vous donneront notamment l'occasion d'affronter le bestiaire du jeu via des combats aléatoires mais aussi de commercer avec les marchands présents dans les villes ou encore d'explorer les donjons secrets du jeu.



Bien qu'amputé de son mode multijoueur, Final Fantasy Type-0 HD offre un contenu réellement satisfaisant. Néanmoins, le constat est à nuancer, au moins pour deux raisons. Si, sur le papier, tout promet de nombreuses heures de jeu (une multitude de quêtes secondaires, quatre niveaux de difficultés, quatorze personnages à maîtriser et un grand nombre de missions), il faut savoir que les 3/4 des éléments présents dans le jeu ne sont pas indispensables pour terminer votre première partie. Pour résumer les choses, il est tout à fait possible de jouer en facile et de se concentrer sur les missions obligatoires en laissant toutes les autres de côté et en annulant systématiquement le temps mis à votre disposition entre deux batailles (possibilité offerte par le jeu). Dans ce cas de figure, comptez à peine dix à quinze heures pour boucler le jeu. Si, à l'inverse, vous jouez dans un mode de difficulté modéré et que vous prenez le temps de faire les missions parallèles et de parler aux PNJ (en accomplissant des requêtes notamment), vous pouvez facilement doubler ce temps, voire le tripler pour certains. La note de section tient compte de cette dualité.

 

Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Nerveux et dynamiques, les affrontements souffrent néanmoins de petits défauts irritants.
Une esthétique racée mais inégale

À une époque où les productions rivalisent de haute définition et emploient des moteurs graphiques de plus en plus perfectionnés, il va être bien difficile pour notre Final Fantasy Type-0 HD de tenir la comparaison avec qui que ce soit. Tâchons d'être le plus objectif possible.

La direction artistique empruntée par cet épisode a de quoi séduire. À front renversé d'une grande quantité de RPG (et ce même au sein de la lignée des Final Fantasy), Type-0 impose d'emblée son univers sombre et mature à la fois. Vous n'y trouverez pas des forêts luxuriantes, des plaines verdoyantes ou bien des fontaines ruisselantes : le monde d'Orience est en guerre, et cela implique des effusions de sang, des abus militaires et des villes en ruines. Les cinématiques sont présentées sous le filtrat d'un documentaire presque vieilli de manière à accentuer davantage le réalisme d'une époque déliquescente. Toujours magistrales, ces dernières n'exploitent évidemment pas toutes les capacités de la PlayStation 4 mais demeurent très honorables. Les teintes, chaudes et chatoyantes, convainquent totalement.

La modélisation des personnages, elle, est plus contrastée. Si tous les personnages principaux (c'est-à-dire la classe zéro, vos professeurs et les antagonistes majeurs) sont bien constitués, quoique disposant d'animations parfois rigides, il en va tout autrement lorsqu'il s'agit des PNJ du jeu et des soldats de base. Là, on est clairement dans une modélisation carrée, angulaire, uniforme et insipide au possible. Les soldats se ressemblent tellement que vous aurez l'impression d'affronter sans cesse la photocopie d'une photocopie d'une photocopie d'une photocopie... d'un original pas franchement très beau à la base.

S'agissant des environnements, on entre dans le domaine du médiocre. Si l'on met de côté Akademeia et une partie du chapitre 5, TOUTES les villes que vous explorerez se ressembleront comme deux gouttes d'eau. Les missions effectuées dans le royaume de Concordia ou dans l'empire de Milites généreront là encore un sentiment récurrent de déjà-vu tant les agencements des habitations, la disposition des bâtiments et la conception des villes suivent un schéma quasiment identique. Villes qui, par ailleurs, sont peuplées de PNJ à l'aspect visuel tout aussi déplorable. Dommage...



Un gameplay approximatif desservi par une intelligence artificielle plus artificielle qu'intelligente

À l'instar de l'aspect visuel, le gameplay mis en oeuvre dans Final Fantasy Type-0 HD présente un bilan en demi-teinte. Là encore, de bonnes choses et de moins bonnes choses sont à relever.

Globalement, les affrontements sont réussis et suffisamment entraînants pour que l'on se prenne au jeu. Dès lors que l'on a personnalisé un membre de la classe zéro, l'envie nous gagne d'aller sur le champ de bataille pour expérimenter ses nouvelles capacités. La possibilité de passer d'un personnage à l'autre en une touche apporte un réel dynamisme aux combats, dynamisme encore accru par l'apparition ponctuelle des renforts d'Akademeia. Si l'on passera très vite sur l'inventaire de jeu (qui, pour l'anecdote, ne met pas l'écran de jeu en pause lorsque vous y accédez vous obligeant ainsi à manoeuvrer votre personnage dans le même temps que vous sélectionnez vos objets), les différentes capacités spéciales (invocation d'Eidolons, trio Vermillon ou sort suprême Phénix) apportent une plus-value non négligeable à vos joutes. Oui, mais voilà : bon nombre d'Eidolons sont patauds, le trio vermillon désynchronise totalement les attaques préalablement enclenchées et le sort suprême Phénix met si longtemps pour être lancé que vos alliés meurent très souvent lors de sa préparation. Si bien que, dans la pratique, ces bonnes idées tombent rapidement en désuétude, en particulier si vous jouez dans les niveaux de difficulté les plus élevés.

L'Intelligence Artificielle n'est malheureusement pas de nature à rattraper les imperfections liées au gameplay. Pour caricaturer, celle-ci est purement anecdotique concernant vos alliés et redoutable lorsqu'il s'agit de vos ennemis. Sur vos alliés, tout d'abord. Ceux-ci peuvent être de deux types : soit il peut s'agir des membres de votre groupe, soit il peut s'agir des renforts d'Akademeia. Dans le premier cas, le principal problème est qu'ils ne tiennent absolument pas compte de votre stratégie de jeu ni même des compétences qui leur ont été assignées. Par exemple, il arrivera que vous ayez à traverser des zones peuplées d'ennemis beaucoup plus fort que vous. Dans cette hypothèse, la meilleure stratégie consiste à ranger votre arme et à courir pour vous échapper. Sauf que vos alliés ne vous suivront pas. En effet, ceux-ci se jettent systématiquement sur le premier ennemi qui s'aventure à leur portée, quand bien même celui-ci aurait 100 niveaux de plus qu'eux. C'est ainsi la certitude de voir mourir de manière particulièrement stupide des membres de votre équipe. Autre exemple : même à supposer que vous ayez assigné le sort de magie "Soin" à l'un de vos camarades, ce dernier préférera parfois continuer à combattre plutôt que de vous soigner alors même qu'il ne vous reste qu'un point de vie. À l'inverse, votre équipe pourra décider d'utiliser un sort de résurrection nonobstant votre propre auréole (qui vous permet de vous relever en cas de mort). Les soutiens d'Akademeia ne sont pas en reste puisqu'ils sont tout aussi capables de tuer un boss en un coup que de rester inactifs pendant cinq minutes. Tout ceci pour dire que vous vous retrouverez très souvent seul à combattre sans pouvoir compter sur le soutien de vos alliés alors que vos adversaires, eux, ne vous feront aucun cadeau.

La caméra aggrave encore un peu plus cet exposé technique. Correcte dans les lieux ouverts (bien que fébrile), votre angle de vue deviendra très vite incontrôlable dans les espaces clos, particulièrement lors des phases de combat. Cibler un ennemi dans une petite pièce, c'est la certitude de voir tous les recoins de la pièce... sauf l'ennemi ciblé. Même si l'on finit par s'accoutumer à cette témérité, cela n'en demeure pas moins préjudiciable à plus forte raison lorsque vous jouez en Difficile et que le moindre coup vous tue.



Une bande-son de prestige accompagnée d'un doublage convainquant

Mais alors, qu'est-ce qui peut bien justifier une note de section à 3/5 plutôt qu'à 2/5 ? La réponse est simple : le médium musical du jeu.

On peut affirmer sans se tromper que la musique de Final Fantasy Type-0 HD constitue le gage d'une immersion totale. Les thèmes principaux du titre, graves mais jamais austères, épiques sans être pompeux et mélancoliques tout en évitant le larmoyant sont bluffants de justesse et accompagnent parfaitement les émotions véhiculées au joueur. Toujours entraînants, ceux-ci nous exaltent aussi bien qu'ils nous attristent mais ne nous laissent jamais indifférents. La composition musicale de cet opus témoigne indéniablement d'un savant mélange entre tonalités militaires propres à la guerre et sonorités fantaisistes, indispensables pour ne pas accabler le joueur. Un sans-faute pour une bande sonore que l'on prend plaisir à ré-écouter même en dehors des sessions de jeu.

Le doublage conserve cette haute valeur qualitative en nous proposant des dialogues inspirés retranscrits par des voix humaines de qualité. Chaque membre de la classe zéro dispose ainsi de vocalises en parfaite adéquation avec sa personnalité (aussi bien en version japonaise qu'en version américaine) et la voix-off du narrateur des cinématiques, elle, est tout simplement impériale. Si là encore, la voix et les dialogues des soldats de base laissent à désirer, vos supérieurs ainsi que les adversaires majeurs du jeu ont bénéficié d'un traitement tout particulier à la hauteur de leur rang et de leur fonction. Vous prendrez autant de plaisir à les lire qu'à les écouter sans jamais relever la moindre dissonance. Parole de Deuce !



Difficile de conclure sur cette section consacrée à l'aspect technique du jeu. Si certains joueurs accordent une importance toute particulière aux graphismes, d'autres, au contraire, attendent un gameplay irréprochable. D'autres encore peuvent pardonner des errements de maniement si la bande sonore les transporte. Comme vous l'aurez compris, le problème est qu'avec Final Fantasy Type-0 HD, rien n'est jamais totalement noir ni totalement blanc, à plus forte raison dans cette section. Il serait néanmoins regrettable de s'arrêter à ces quelques éléments (n'oublions pas que le jeu est issu de la PlayStation Portable), car comme vous allez le constater, le plaisir de jeu est bien réel.

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Conjuguant personnages attachants et intrigues captivantes,Type-0 est un puzzle complexe nécessitant plusieurs parties pour être entièrement reconstitué.
Une quête prenante, subtile et complète

Prenante, votre aventure le sera à plusieurs égards. Pour peu que vous eussiez adhéré aux premières minutes de jeu, ou de manière plus étendue au premier chapitre, vous plongerez de plein pied dans une aventure épique et poignante. Conjuguant mise en scène impeccable et personnages charismatiques, mariant musiques envoûtantes et dialogues ciselés, le tout saupoudré de combats de haute volée, ce Final Fantasy propose une expérience de jeu réellement addictive. Tout nous pousse à aller toujours plus avant, à connaître en profondeur les membres de la Classe Zéro et à conquérir de nouveaux territoires. Vous ne disposerez d'aucun temps mort : à l'école, tout vous rappellera que la dévastation est à votre porte tandis qu'à l'extérieur, les ravages provoqués par la guerre s'imposeront à vous que vous le vouliez ou non.
Pour autant, des reproches raisonnables peuvent être formulés. Certes emblématiques, certains personnages principaux ne s'affichent qu'à de rares occasions dans le jeu. Certaines psychologies s'esquissent sans vraiment s'affirmer, des personnalités s'ébauchent sans être approfondies. Le scénario lui-même emprunte de nombreux raccourcis scénaristiques parfois frustrants. Mais à bien y réfléchir, tous ces procédés ne sont finalement que des fuites en avant visant à pousser à le joueur à s'impliquer toujours davantage.

Car en effet, l'aventure que vous vivrez sera subtile. Bien étoffé, le background ne se dévoilera que corrélativement à un investissement conséquent. Si vous prenez le temps d'explorer les méandres du jeu et de consulter les archives, vous vous apercevrez que les protagonistes en apparence archétypaux sont bien plus complexes qu'il n'y paraît et que les non-dit renferment parfois plus de sens que les paroles. Même si nous aurons l'occasion de revenir sur la re-jouabilité, sachez d'ores et déjà qu'il vous faudra plus d'une partie pour assimiler toutes les nuances présentes dans Type-0 HD. Une par une, les roues se meuvent et ce n'est qu'au fil de votre aventure, via différentes quêtes et dialogues que vous parviendrez à cerner les fils qui relient toutes les choses entre elles et à tisser la toile de fond de la spirale d'Orience. Bien sûr, on pourra arguer à juste titre que l'opus eût gagné à proposer des environnements plus variés, que de nombreuses villes ont été matérialisées sans pour autant être accessibles et que certains aspects du scénario eurent bonifié le jeu s'ils avaient été étayé avec force détails. Si on le considère comme un RPG de console de salon, Final Fantasy Type-0 HD manque indéniablement de consistance sur certains aspects. Mais si on le replace dans son contexte d'origine (à savoir un jeu conçu pour la PlayStation Portable), ces reproches s'amenuisent déjà grandement. Et, au bout du compte, les diverses gratifications apportées au joueur persévérant finissent par excuser ces éléments lacunaires.

Si le jeu présente des motifs d'insatisfaction légitimes, la quête qui vous est proposée n'en demeure pas moins complète. En vous faisant contrôler une équipe de 14 personnages, Type-0 offre une belle diversité du point de vue de la gestion. Si les premiers temps on se cantonne à manipuler nos élèves favoris, on apprend assez vite à composer avec les autres membres de la classe zéro et à apprivoiser les compétences de ces derniers. Si certains personnages demeurent plus récurrents que d'autres, toutes et tous possèdent leur propre vision des choses et leur propre façon d'appréhender les événements qui s'imposent à eux. Dans ce contexte, ces destins entremêlés sont autant d'intrigues que l'on prend plaisir à suivre. Alternant scènes d'humour et situations beaucoup plus sérieuses, on finit par s'attacher à cette classe zéro prise au piège dans des intrigues politiques qui la dépassent totalement.
En parallèle de ce versant scénaristique, le plaisir de jeu est intimement lié aux affrontements. Outre la possibilité d'intervertir vos combattants à tout moment, Type-0 propose un système de "défis" que vous pouvez accomplir à chaque mission. Ces défis revêtent deux habillages différents : les premiers, souvent simples, vous demandent d'éliminer un ou plusieurs ennemis dans un laps de temps limité et selon des conditions spécifiques. En cas de réussite, vous obtiendrez des bonus temporaires (régénération de votre barre de vie, bouclier...). Les seconds, plus difficiles, sont souvent liés à un boss ou à une situation précise. Dans cette configuration, les récompenses obtenues seront bien plus conséquentes, allant de l'obtention d'équipement à l'autorisation d'invoquer de nouveaux Eidolons. Autant de petits challenges propres à stimuler l'intérêt du joueur.
Enfin, les phases stratégiques de conquête évoquées plus haut parachèvent cet épanchement sur la diversité. Proposant une approche tactique grâce à la gestion d'une petite armée, ces opérations militaires vous demanderont de prendre d'assaut différentes bases ennemies tout en défendant vos positions. Proposant une altérité dans votre manière de jouer, ces phases toujours plaisantes contribueront à vous impliquer dans le monde d'Orience.



Une VRAIE rejouabilité

Si le plaisir à jouer est déjà très bon, la rejouabilité, elle, est excellente. Tour d'horizon de cette "replay value".

Premièrement, l'écran du menu principal vous permettra d'accéder à l'ensemble des missions réalisées et de les rejouer à volonté dans la difficulté de votre choix. Cette sélection couvre à la fois les missions principales mais aussi les opérations. Comme vous devez vous en douter, chaque niveau de difficulté possède ses propres subtilités, et les récompenses sont naturellement plus importantes dans les niveaux supérieurs. D'ailleurs, sachez que Final Fantasy Type-0 HD comporte quatre modes de difficulté bien distincts allant de "Facile" à "Très Difficile". Pour vous donner un éventail des configurations, le mode "Facile" réduit les dégâts subis tandis que le mode "Très Difficile" augmente de 60 le niveau de vos ennemis et les fait systématiquement entrer dans un état de rage (ils sont plus rapides et plus puissants). Soyez assurés que même si vous connaissez bien le jeu, le terminer en "Très Difficile" (à savoir en Tempus Finis/Agito) n'est pas une sinécure.

Deuxièmement, cet épisode contient bon nombre de quêtes secondaires consistantes. Même avec la meilleure volonté du monde, il est strictement impossible de toutes les réaliser sur une partie. En effet, comme vous l'avez probablement intégré, le temps mis à votre disposition n'est pas infini : or, beaucoup de ces quêtes vous demanderont de parler à un nombre considérable de personnages, ce qu'il ne sera pas possible d'accomplir lors de votre première session ; il en va de même pour les opérations. En dehors cette contrainte temporelle, l'autre obstacle à cette complétion vient du niveau de votre équipe. À la fin de votre première partie, estimez-vous heureux si vos personnages atteignent le niveau 40 : mais, même dans cette hypothèse, ce sera toujours loin d'être suffisant pour conquérir les différents "donjons" majeurs tels que la Vallée des Monstres, les Grottes Ultima et bien plus encore la Tour Agito, cette dernière comportant des monstres de niveau 130. Tour dont la visite est obligatoire pour compléter la quête des cristaux des L'Cie qui est certainement LA plus importante du jeu.
Vous l'aurez compris, Final Fantasy Type-0 HD vous "obligera" à effectuer une ou plusieurs Nouvelle Partie + avant de pouvoir prétendre maîtriser le jeu dans son intégralité. Et ce n'est pas fini.

Dernier point de cette plaidoirie en faveur de la rejouabilité, mais non des moindres : les missions exclusives aux NG+. À ce stade de la lecture, vous devriez avoir cerné les deux types de missions présentes dans le jeu : les missions principales liées à l'histoire, incontournables, et les missions secondaires facultatives se déroulant sous la forme d'opérations. S'il n'est pas possible d'effectuer toutes les opérations lors de sa première partie (faute de temps), sachez que les missions principales vous réservent une surprise de taille : vous en découvrirez de nouvelles lors de votre deuxième partie. Prenons un exemple très concret. Au chapitre 3, l'une des missions principales vous demande de prendre d'assaut une forteresse. Aucun choix n'est possible. Toutefois, lorsque vous accéderez à cette mission pour la seconde fois, un choix s'offrira à vous : Prendre d'assaut la Forteresse OU Passer par-derrière. Et là, c'est toute une nouvelle mission inédite que vous devrez accomplir, avec des dialogues et des cinématiques auxquels il était impossible d'accéder durant votre première partie. S'il serait quelque peu présomptueux de parler de "nouvelle expérience de jeu", ces alternatives permettent d'étoffer considérablement votre connaissance d'Orience et la compréhension de moments-clé en approfondissant des zones initialement laissées dans l'ombre. La "Nouvelle Partie +" n'aura jamais aussi bien porté son nom.



Section toujours subjective, la note de 5/5 attribuée ici à l'encart Plaisir à jouer et à rejouer au jeu pourra paraître excessive à certains. Cependant, celle-ci se justifie à la fois par une aventure de départ plaisante et profonde mais aussi (et surtout) par l'excellente rejouabilité du titre. Rejouabilité qui elle, pour le coup, est parfaitement objective.

 

Note : 5/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Quelle dommage que la liste des trophées ne tiennent absolument pas compte de tous les secrets, événements et quêtes annexes émaillant le jeu !
Ça c'est du platine facile, kupo !

Plusieurs mois avant la sortie du jeu, Hajime Tabata (directeur de l'épisode) avait annoncé la couleur concernant les trophées de Type-0 HD : ces derniers seraient accessibles. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le monsieur n'a pas menti : le platine est simple et rapide à obtenir. Si cette simplicité (déconcertante) ravira les amoureux des trophées faciles, elle nous semble néanmoins profondément décevante. Panorama de cette liste bien loin de couvrir tout le contenu proposé par le jeu...

En premier lieu, on trouve les trophées liés à l'histoire. Au nombre de huit, ces derniers vous demanderont tout bonnement de venir à bout du jeu et ce dans n'importe quel niveau de difficulté. Oui, vous avez bien lu. Alors même que le jeu comporte quatre niveaux de difficulté, la liste des trophées les dénigre totalement. Résultat : il est tout à fait possible d'obtenir cette première section en parcourant le jeu d'un bout à l'autre en "Facile". Une aubaine pour certains, une incompréhension pour d'autres.

Ensuite, viennent les trophées liés aux missions, beaucoup plus nombreux. Là, il s'agit le plus souvent de réussir une mission selon certaines conditions (avec une équipe réduite, par exemple) ou en effectuant quelques actions contextuelles telles que fouiller des soldats ou ramasser des plaques d'identité. Rien de bien transcendant comme vous en conviendrez, d'autant plus que les seuils à attendre (300 ennemis tués, 15 soldats à fouiller) sont tout simplement ridicules comparés aux totaux que vous cumulerez sur votre ou vos partie(s) (vous pouvez aisément atteindre les 1000 ennemis tués et les 50 fouilles). Niveau accessibilité, on ne peut pas faire "mieux".

Enfin, on dénombre différentes récompenses liées aux spécificités d'Akademeia. Pèle-mêle : élever des Chocobos, participer à des simulations de combat, assister à un cours (alors qu'il y en a une bonne vingtaine), parler aux Mogs... Des peccadilles pour quiconque s'investit un minimum.

Dans cette liste, seuls deux trophées sont réellement manquables car nécessitant de participer à une opération spécifique : il s'agit de "Vol en Classe Zéro" et de "Patrouilleurs Célestes". Pour le reste, tous les trophées peuvent être obtenus depuis la sélection des missions, sachant par ailleurs que les statistiques se cumulent d'une partie à l'autre.



Cette liste des trophées nous paraît-elle satisfaisante ? Non, clairement pas. Final Fantasy Type-0 HD est un RPG, par conséquent il est aberrant de constater que son platine peut se débloquer en un temps extrêmement court (moins de vingt heures). Cette politique est d'autant plus critiquable lorsque l'on compare cette liste à celle d'un autre "remaster", à savoir Final Fantasy X HD, qui, en l'occurrence, dispose d'un platine à la hauteur du jeu, c'est-à-dire chronophage et exhaustif. Ce n'est pourtant pas les éléments qui manquaient pour produire des récompenses dignes de la classe zéro : entre les quatre niveaux de difficulté présents dans le jeu, les quêtes et requêtes annexes, les donjons secrets et bien sûr les spécificités propres à chaque élève, il y avait de quoi faire. Mais au final, les développeurs ont préféré jouer la carte de la sécurité en proposant un platine à la portée du plus grand nombre.

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Pour les joueurs européens que nous sommes, il aura fallu attendre bien longtemps avant d'avoir le privilège de jouer à Final Fantasy Type-0 (HD). Salué sur PlayStation Portable, le titre inaugure l'arrivée de la célèbre licence de Square Enix sur les consoles de nouvelle génération dans une mouture qui n'a rien perdu de sa superbe. Proposant un univers inspiré à la direction artistique admirable, la progéniture rebelle de la Fabula Nova Crystallis nous plonge dans une guerre des nations dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Malgré quelques insuffisances techniques perfectibles, le titre nous embarque dans une aventure sans concession à la fois dynamique et complète. Ce Final Fantasy d'un nouveau genre impose son style, et on aime ça. Un épisode très classe, dans tous les sens du terme.

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux chasseurs de trophées/platine facile