Test : Fe


Fe
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Note des joueurs :
3.5/5 - 2 notes
Note des platineurs :
4/5 - 1 note

Fe

ps4


13 trophées au total
1 trophée caché

82 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 35 joueurs (43 %)
100% par : 35 joueurs (43 %)
Note du jeu
16/20
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Test du jeu
Fe

  • Test rédigé par Crocdeloup le 27-02-2018 - Modifié le 27-02-2018


Introduction


Après Mononoke, Yggdrasil ? Les sources d'inspiration sont nombreuses dans Fe.
Zoink !

Si le studio inscrivait ses productions (Zombie Vikings, Stick it to The Man!, Flipping Death) dans une continuité certaine, avec Fe, il opère un revirement total. Exit le morbide dépeint avec humour et souligné par une histoire loufoque. La dernière production des suédois amène poésie et douceur dans un univers graphique qui repose sur une seule palette, spécialement créée pour charmer. Avec l’absence totale de dialogues à proprement parler, on quitte le fun du divertissement pour entamer un voyage onirique.

EA Originals

Pour une sortie mi-février 2018, Fe n’a bénéficié que d’une communication tardive depuis son annonce au cours de l’E3 2016. Classé parmi les jeux de plateforme, cet indépendant succède à Unravel sous l’égide de Electronic Arts et son programme Originals. Il introduit une créature plongée en pleine forêt mystique, où la communication avec la flore et la faune passe par les sons (grognements, chants). Or, des êtres nommés Silencieux persécutent cet écosystème, et il ne tient qu’au joueur de délivrer les animaux qu'ils emprisonnent, tout en découvrant le pourquoi de leurs opérations et le comment de votre arrivée ici.

Contenu du jeu


Sont ici gravées les réelles clés de l'histoire.
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Vous incarnez un Fe, une des espèces peuplant l’univers du jeu. Chacune possède son propre cri qu’elle utilise pour communiquer avec ses pairs. Jusque-là, rien de surnaturel. S’il est possible de grogner avec les plus jeunes, apprendre le langage de chacune des espèces se révèle obligatoire pour obtenir l’aide des adultes et progresser dans l’aventure.

Cette dernière s’étend grosso modo sur cinq territoires. Chacun héberge le représentant d’une race, souvent en position délicate, qui partagera ses connaissances linguistiques une fois aidé. Fidèles au concept d’un jeu de plateforme, certaines zones ne pourront être atteintes qu’à travers un chant spécifique et/ou par le biais d’une capacité précise. Ces dernières peuvent être obtenues via la récolte de cristaux roses éparpillés dans tout l’univers.

Le nécessaire s’obtient tout naturellement en suivant le fil narratif, qui emmènera le joueur sur l’ensemble de la carte (R1). Comptez environ 6H pour en voir le bout, si vous ne vous éparpillez pas trop et que votre instinct vous guide rapidement au bon endroit.

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En effet, Fe bénéficie d’une interface et d’une assistance minimes. Les tutoriels interviennent uniquement à l'apparition d’une nouvelle manœuvre, de manière discrète et soignée. Seul l’objectif à suivre est signalé sur la carte, et les plus débrouillards pourront désactiver cette même balise.

En parallèle, trois collectibles s’intègrent au jeu et au scénario de façon harmonieuse. Les cristaux ayant déjà été abordés, il nous reste les Heaumes de Silencieux et les Stèles (cf. image - elles n’ont pas de nom officiel ceci dit). Les premiers, une fois trouvés, vous feront vivre des bribes de souvenirs à travers l’œil des ennemis, les Silencieux. Contre eux, seule la ruse et la discrétion vous évitera de succomber puisque le titre fait l’impasse sur la notion de combat. Quant aux stèles, elles constituent des éléments de réponse à cette histoire agréable bien qu’assez libre d’interprétation.

Les joueurs favorisant l’exploration, la contemplation et la récolte parfaite de ces éléments pourront facilement monter le compteur à 10H de jeu. Sans doute moins avec un guide.

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Note : 4/5

Aspect technique du jeu


Déjà Silencieux, en plus cyclope, c'est quand même pas la joie.
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Graphiquement, le parti pris en bichromie est réussi. Tirant d’une part constamment sur le noir, la seconde teinte change au gré des territoires et de la présence d’ennemis. Le résultat offre une impression mystérieuse et étonnamment chaleureuse. Ni trop sombre, ni trop vif, le contraste final flatte la rétine.

L’immersion passe par un level design majoritairement horizontal, pas si complexe, mais intelligemment pensé. Certains niveaux se présentent comme des vallées. Au sol, l’immensité des arbres fait vraiment prendre conscience de notre petitesse. Quant aux chemins sur les hauteurs, ils sont plus sinueux et détaillés qu’il n’y paraît. La technique souligne donc agréablement les sensations d’exploration et de découverte. Idem pour les lieux plus en longueur, qui jouent sur l’absence de perspectives d’ensemble pour introduire davantage de plateformes.
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Bien que fidèlement retranscrits, les sons de la forêt et l'ambiance demeurent trop discrets. L'univers est convaincant mais pas assez vivant. Certains environs, lorsqu'on s'attarde, tombent dans un silence plus vide qu'oppressant. On aurait aimé que l'ambiance et la narration soient mieux portées, à l'instar de la trame finale qui bénéficie d’un accompagnement relevé et d'une réelle mise en scène. Mais qu'elles le soient aussi différemment, car la musique s'apparente (trop) fortement aux airs du compositeur Austin Wintory (Flow, Journey, Abzû, Absolver, entre autres). Fe possède de fait une identité bien trop timide.

Enfin, un petit mot sur les bugs mineurs présents. Assez divers, ils ne sont pas foncièrement gênants puisqu’il suffit de quitter puis recharger la partie pour que les choses rentrent dans l’ordre. Ils sont en revanche un poil frustrants dans la mesure où une meilleure finition aurait permis de les éliminer facilement.

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Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Nan ts’ngonyaaaaaa... ma bakithiiii babaaaa...
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À l’aide d’une pression plus ou moins appuyée sur la touche (R2), Fe module sa voix pour se synchroniser à celles des autres créatures. Difficile de se lasser de tous ces gazouillis et ululements poussés par le mignonnet, qui saura ainsi charmer bon nombre de joueurs.

L’émerveillement est présent d’entrée de jeu. Tout l’environnement (il n’est pas si peuplé non plus) vous répond, les créatures vous suivent et les champignons chantonnent en retour. La musicalité est agréable et rappellera dans l’idée Flower. La découverte du concept s’étire à chaque espèce et environnement inédits, mais ne dure qu’un temps. Néanmoins, même si par la suite on en vient à simplement saluer ceux sur le passage, cela suffit à maintenir le plaisir. Rien que pour ses mécaniques et son identité graphique, retourner dans la forêt de Fe pour se balader fera toujours son effet.

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Il est vrai, le concept aurait gagné à être plus développé. Or pour un premier jet du genre, le studio Zoink! s'en sort très honorablement. Novatrices sans être transcendantes, les interactions sonores doivent continuellement être combinées aux diverses capacités (grimper aux arbres, planer, etc.) pour progresser. Par contre, l’excès de zèle dont fait preuve Fe donne des sauts parfois hasardeux. Rien d'enrageant, mais la caméra n'aide pas tout le temps. Quoique simple, le gameplay n'en est pas moins fun et relaxant. Les territoires étant suffisamment variés et la map n'étant pas si grande, la répétitivité ne se fait pas trop sentir.

Le gameplay, bien équilibré entre l’usage des dialectes et des compétences, ne délivre son plein potentiel qu’une fois toutes les clés en main. Et quel plaisir alors ! Plus celui-ci est maîtrisé, plus l'amusement survient, quelle que soit l'avancée dans le jeu. La collecte finie (voire le platine), la dernière capacité déverrouillée ajoute encore un autre intérêt. En somme, Fe se joue à merveille même s'il n’atteint clairement pas la portée émotionnelle de ses inspirations.

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Note : 4/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Choisir sa Voix n'est que le début.
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Bien que le degré d’exploration se manifeste selon l’envie de chacun, Fe offre un déroulement naturel qui met sans conteste la chasse en avant.

Deux capacités (sur six) sont nécessaires pour la progression, et la quantité de cristaux à récolter pour les débloquer est insignifiante. Les Stèles constituent le seul collectible optionnel, et les Heaumes figurent uniquement dans la vitrine de trophées. Rien ne vient donc entraver le fil narratif. Certaines zones demeurent inaccessibles jusqu’à l’obtention de la dernière voix, et ceci survient peu avant l’emballée épique de la trame finale. Les amoureux de ce types de jeu indé seront donc servis en s’arrêtant là, sans autre obligation.

Mais Fe, lui, continue après les crédits. Proposant alors (Or) Retrouvailles, le jeu se livre bras ouverts aux chasseurs et amateurs de plateformes. Avec enfin toutes les cartes en main, ils pourront revisiter l’ensemble des zones librement et l’esprit tranquille. Le monde étant désormais légèrement différent, il donne l’impression de pouvoir suivre son évolution après la fin.

D’ordinaire, les indépendants proposent un 100% ou un platine fort simple. Fe, en jouant sur le côté technique d’un plateformer, soumet une liste de 13 généreux trophées, obtenue grâce à un challenge accessible. Entre manœuvres particulières et fouille, l’ensemble est équilibré et accorde la satisfaction d’avoir tout testé dans le jeu. Le plus « retors » reste (Or) L’ennemi de mon ennemi, qui peut obliger à recommencer une partie (il y a trois emplacements de sauvegardes). Mais le réel investissement sera la collecte des 75 cristaux pour (Or) Citoyen de la forêt. Pourtant, l’enjeu de débloquer une capacité motive, surtout qu’au bout de 50 ramassés se débloque une petite aide pour récolter ceux restants.

Si certains cristaux sont assez évidents à trouver, il faudra pour d’autres se creuser un peu les méninges et rivaliser de pirouettes créatives afin de trouver le bon chemin vers le cristal. Vous découvrirez en ce faisant bon nombre de sentiers et de cavernes cachés, qui regorgent de Stèles et donnent ainsi toujours plus de bribes d’informations sur l’histoire.

Franchement, le titre fait tout pour éviter les prises de tête sans non plus donner les réponses trop facilement. Les joueurs louant ce genre de chasse plutôt rare vont être ravis.

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Note : 5/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
16/20

Fe rejoint cette catégorie de jeux indépendants à la direction artistique marquée, désireuse d’offrir une aventure sensorielle et une histoire poétique. Moins imprégnant que ses pairs, il propose toutefois un concept de gameplay original, un personnage débordant de charme, et un contenu solide dont l'aspect plateforme est sublimé par une chasse qui va de réjouissances en réjouissances.

Je recommande ce jeu :
Aux spécialistes du genre, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile