Test : Black The Fall


Black The Fall
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Note des joueurs :
4.5/5 - 6 notes
Note des platineurs :
5/5 - 5 notes

Black The Fall

ps4


15 trophées au total
0 trophée caché

119 joueurs possèdent ce jeu

Platiné par : 113 joueurs (95 %)
100% par : 113 joueurs (95 %)
Note du jeu
11/20
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Test du jeu
Black The Fall

  • Test rédigé par monsieur_P le 18-11-2017 - Modifié le 19-11-2017


Introduction


Avant même la fin de la seconde guerre mondiale et avec le soutien de l’Armée rouge, le parti communiste roumain renversa le roi Michel et instaura deux ans plus tard, le 9 décembre 1947, ce que l’on appelle communément en occident, une « république ». Dans les faits, ce coup d’état donna naissance à un régime fasciste qui dura jusqu’à la chute du bloc de l’Est (1989-1991) pendant laquelle les révolutionnaires roumains mirent un terme aux fonctions du président Nicolae Ceaușescu, exécuté sommairement sur la place publique.

Vraisemblablement marqués par des années de privation des libertés individuelles qui résultaient d'une dictature féroce, oppressante et ancrée dans l'inconscient collectif, les développeurs bucarestois du petit studio indé, Sand Sailor, s’inspirèrent de l’histoire de leur propre pays pour donner naissance au sombre et énigmatique jeu de plateforme et de réflexion, Black the Fall.

Contenu du jeu


Et dire que tout commença par une simple ballade en bicyclette...
Le procédé qui consiste à livrer un récit sous forme de fiction dépeignant une société imaginaire est, il est vrai, très fréquemment utilisé en littérature, en cinéma et même, dans le domaine du jeu vidéo. À travers BTF, les développeurs ont tenté de retranscrire le triste quotidien de millions de personnes vivant dans la misère et la peur de la répression gouvernementale au cours de la deuxième moitié du 20è siècle.

Au delà de ce constat, c’est tout une idéologie qui est mise à mal, nul besoin de rappeler ici les dérives et les conséquences néfastes des régimes communistes totalitaires. Le monde imaginé par Sand Sailor s’en inspire très largement donc, mais la société futuriste parallèle dans laquelle évolue le personnage principal rappelle étrangement celle dépeinte dans un autre jeu ; vous l’aurez surement deviné si vous avez suivi la sortie du soft, je veux bien sûr parler de l’excellent Inside. Nous verrons à travers ce test que, d’une manière ou d’une autre, tout nous y renvoie.

Il nous est proposé ici d’incarner un parfait anonyme, un homme à priori d’âge mûr, qui se met en évidence en se détachant d’un groupe d’une vingtaine d’ouvriers agglutinés dans un ascenseur venant à peine de s’arrêter à l’un des nombreux étages d’une usine. Après s’être mis au travail en actionnant un mécanisme à l’aide d’un simple vélo, notre périple débute quand ce mystérieux inconnu profite d’une faille du système de sécurité pour entamer sa longue évasion. Sans surprise et à l’instar du modèle dont il s’inspire, BTF s’articule essentiellement autour de phases de plateforme 2D entremêlant séquences de sauts, de poursuite et de réflexion.

S'il est vrai que le studio roumain reprend très largement les caractéristiques du petit frère de Limbo, sachez que le mimétisme ne s'arrête pas là puisque l'on y retrouve le même défaut principal : une durée de vie bien trop courte ! Étalée sur cinq chapitres, l’aventure ne devrait ainsi pas vous prendre plus de trois heures pour être terminée… allez, disons cinq grand maximum, pour ceux qui aiment prendre leur temps ou encore pour ceux qui bûchent quelque peu sur les différents puzzles proposés. Pour être franc, il serait difficile pour moi de vous le conseiller au tarif de base auquel il est affiché sur le PS Store, à savoir 14,99 euros.

 

Note : 2/5

Aspect technique du jeu


Visuellement, Black the Fall s'en tire plutôt bien.
Sans grande surprise, la patte graphique de BTF se veut très proche de celle du dernier né du studio danois Playdead. Très correct visuellement, le jeu s’appuie essentiellement sur des teintes sombres se mêlant à des reflets ternes plus ou moins clairs selon la source de lumière proposée. Le tout est plutôt convaincant, disons-le franchement, même si on peut regretter un certain manque de finesse sur certains plans, notamment dans quelques endroits confinés qui affichent des textures assez pauvres et qui manquent parfois cruellement de contraste. S'il est vrai que la fuite en avant se fait essentiellement sur fond de décor industriel, on appréciera sans retenue un panorama extérieur plus coloré disposant d'une réelle profondeur de champ.

Ainsi, BTF s’en sort plutôt honorablement d’un point de vue esthétique, c'est indéniable ; néanmoins, on notera une animation du fugitif que nous contrôlons pas assez maîtrisée. La façon dont il se déplace n’a, en ce sens, rien de naturel : le voir courir et sauter est assez risible, d’autant plus qu’il dégage une certaine lourdeur notamment lorsqu'il doit interagir avec des objets et surtout, lors de certains sauts plus complexes. Pour le reste la bande-son minimaliste fait le job et retranscrit assez bien l’ambiance pesante voulue par le studio indépendant. Le moment où l'Internationale retentit dans l’usine est assez bien vu et ne manquera certainement pas de faire sourire les sympathisants du mouvement La France Insoumise.

 

Note : 3/5

Plaisir à jouer et à rejouer


Les différents pièges proposés sont souvent d'un très grand classicisme.
Notre cher bon vieux « camarade » dispose d’une palette de commandes à peine plus fournie que celle du jeune homme dans Inside. En plus de pouvoir sauter et interagir avec des objets, le joueur peut dans cet opus, courir et s’accroupir... Bien entendu l’intérêt du jeu est ailleurs : l’enchaînement des phases de course, de sauts, de résolution d’énigmes et d’infiltration pèsent tout de même bien plus lourd dans la balance qu’une simple description technique des touches utilisées. Le rythme auquel on enchaîne les différents casse-têtes est assez soutenu et ponctué par des temps morts bienvenus qui traînent malgré tout parfois en longueur. Les puzzles proposés sont quant à eux bien pensés et se montrent même, à quelques reprises, assez ingénieux. Cependant, d’une manière générale, ils sont moins bien mis en scène et n’atteignent jamais le degré de génie de ceux proposés par le studio Playdead.

Pour être un peu plus complet, je me dois de souligner la possibilité qui nous est offerte, un peu plus loin dans l’aventure, de pouvoir s’appuyer sur les services d’un chien mécanique particulièrement souple et robuste ; ce qui, disons-le, permet au gameplay de gagner quelque peu en profondeur. On apprécie ainsi, à l’aide d’un simple outil électronique futuriste, de pouvoir donner des ordres au robot sur pattes qui nous accompagne afin qu’il puisse, par exemple, nous aider à avancer en déjouant certains pièges ou encore en attirant l'attention de certains ennemis. D’un point de vue global, on progresse plutôt agréablement malgré une certaine répétitivité des énigmes durant lesquelles on a parfois du mal à comprendre ce que les développeurs attendent de nous. Comme il est coutume pour ce type de jeu, la re-jouabilité est quant à elle quasi-inexistante.

 

Note : 3/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


J'espère que vous n'avez pas peur du ridicule !
Hmm… Que dire !? Vous voulez un platine facile à obtenir, accompagné de dix trophées en or cadeaux, sans avoir à fournir le moindre petit effort ou presque, le tout réalisable en moins de trois heures (voire deux avec la vidéo qui va bien) !? Ne cherchez plus, ce jeu est fait pour vous…

Les membres qui me connaissent savent que, à l’image d’un garde soviétique dans un goulag de Sibérie, j’ai tendance à être parfois à cran quand on élabore une liste de trophées qui n’a à ce point ni queue ni tête. M'enfin, j’arrête là mes sarcasmes, d’autant plus que, pour être franc, tout n’est pas si noir. Au delà du fait qu’aucun trophée ne puisse être manqué et que quatre d’entre eux sont liés à l’histoire, l’essentiel des actions à mener consiste à découvrir des cachettes secrètes qui ont, pour la plupart, une résonance directe avec le contexte historique d’époque. Cela a au moins le mérite de pousser le joueur à explorer un minimum les cinq petits chapitres du jeu.

S’il est inutile de s’attarder outre mesure sur le fait que cette liste ne propose aucun challenge, n’oublions pas de mentionner le trophée qui est de loin le plus agréable à obtenir : (Or) Héros de la classe ouvrière. En effet, celui-ci réclame de pédaler - en maintenant la touche (carre) enfoncée - sur un vélo électrique pendant quinze minutes ! Vous l’aurez compris, il s’agit du moment parfait pour caler un objet lourd sur la touche en question afin de vous permettre d'aller préparer un délicieux sandwich maison. Le temps de le déguster, le trophée sera vôtre. Félicitations pour le platine et surtout, bon appétit !

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
11/20

Il y a de grandes chances que Black the Fall puisse paraître comme étant à peine plus qu'une pâle copie d'Inside aux yeux de nombreux observateurs. S'ils n'ont pas vraiment tort sur le fond, nous devrions prendre le titre de Sand Sailor pour ce qu'il est, à savoir, un bon petit jeu indépendant sans prétention qui a été pour votre serviteur, une plutôt bonne surprise.

Je recommande ce jeu :
Aux spécialistes du genre, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile